Bouddhisme ancien

  • Bareau-Andre_En-suivant-Bouddha.jpgAndré Bareau
    En suivant Bouddha
    éd. Philippe Lebaud, 1985

André Bareau (1921-1993) fut l'un des derniers grands "bouddhologues encyclopédiques" français et il propose, dans cet ouvrage, une anthologie de textes tirés de plusieurs canons du bouddhisme ancien de l'Inde - traduits du pali et du chinois, pour l'essentiel. Son souhait était d'offrir aux lecteurs une biographie et un condensé de l'enseignement du Buddha "dans son jus" : c'est-à-dire tels que les disciples des premiers siècles ont souhaité les transmettre à leurs successeurs. On est donc loin, ici, des approches "sèches" des historiens modernes mais bien au coeur de la culture indienne d'avant l'ère chrétienne, riche en miracles comme aussi en notations pitorresques...
Dans son Introduction, Bareau replace rapidement le Buddha dans son contexte indien mais prend surtout soin d'expliquer la nature des sources qu'il utilise et les genres littéraires particuliers dont elles sont issues.
Le corps de l'ouvrage distribue les textes en fonction des grandes périodes de la vie du Buddha : jeunesse, Eveil et débuts de sa carrière de prédicateur (livre 1) ; puis il propose une anthologie d'enseignements répartis comme autant d'illustrations-développements des Quatre Nobles Vérités, ainsi que quelques textes tirés du recueil considéré comme le plus ancien du Canon, le Sutta-Nipata (livre 2) ; il clôt enfin l'ensemble par les récits de la fin de vie du Buddha et les événements qui suivirent immédiatement sa "disparition complète" (livre 3). Quand il le juge nécessaire, une introduction et quelques notes permettent d'éclaircir les points les plus délicats...
Un ouvrage idéal pour se plonger dans l'univers de la spiritualité indienne et du bouddhisme originel.

reproduction intégrale, 308 pages
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  • Bronkhorst-Johannes_Origines-philosophie-indienne.jpgJohannes Bronkhorst
    Aux origines de la philosophie indienne
    éd. Infolio, 2008

Sanskritiste, longtemps professeur à l'université de Lausanne, Johannes Bronkhorst est un spécialiste internationalement reconnu de la littérature de l'Inde ancienne et, notamment, du bouddhisme et du jaïnisme. Dans cet ouvrage, l'auteur propose sa vision des origines des débats philosophiques indiens ; il replace tout d'abord le lecteur dans le contexte géographique du nord du sous-continent en distinguant trois grandes régions : l'Aryavarta, où vivent en majorité les populations brahmaniques suivant les Veda ; le "Grand Magadha", plus à l'est, où se développeront les mouvements "ascétiques" (jaïnisme, ajivikisme et bouddhisme) ; le nord-ouest enfin, autour du Gandhara, où le bouddhisme connaîtra un développement important. Il explique ensuite comment, en raison des déplacements de populations, ces différentes voies spirituelles s'influenceront mutuellement au fil des siècles : le brahmanisme védique subissant l'influence des mouvements ascétiques et inversement, donnant ainsi naissance à des débats philosophiques (autour de l'atomisme, du langage, de l'idée d'un dieu créateur, etc.) comme aussi à des "écoles" ou des courants de pensée multiples (les écoles bouddhistes du Mahâyâna, le Samkhya hindou...).
Nous avons eu l'occasion de présenter le point de Johannes Bronkhorst sur les origines les plus ancienens de ces influences multiples dans l'un de nos "Dossiers de l'IEB" : "Bouddhisme et renaissances (suite...).

reproduction intégrale, 156 pages
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  • Grands-disciples-du-Buddha-1.jpgNyanaponika Thera & Hellmuth Hecker
    Les grands disciples du Bouddha (2 tomes)
    éd. Claire Lumière, 2000

De 1979 à 1989, la revue "The Wheel", de la Buddhist Publication Society de Ceylan, proposait des portraits des principaux grands disciples du Buddha. C'est la compilation de ces biographies, révisée et augmentée, que propose dans ces deux volumes les éditions Claire Lumière. Initialement rédigées par Helmutt Hecker, un savant allemand spécialiste reconnu du canon pâli, elles furent d'abord complétées par Nyanaponika Thera, l'un des premiers allemands à adopter les préceptes de bhikkhu, puis à nouveau complétées par Bhikkhu Bodhi, un américain considéré comme l'un des meilleurs spécialistes actuels de la littérature du Theravâda... C'est dire que l'ouvrage est né sous les meilleurs auspices !
C'est sans doute le seul ouvrage destiné au grand public à présenter ces grandes figures du bouddhisme ancien, disciples directs du Buddha, tels que la littérature du Canon et des Commentaires nous permet de les découvrir. Ces récits donnent une image vivante du Sangha originel, des conditions de vie et du parcours personnel de chacun de ces personnages hors du commun, qui alimentent l'imaginaire de tout bouddhiste en Asie et offrent autant de modèles aux pratiquants.
Grands-disciples-du-Buddha-2.jpgLe premier volume est consacré aux quatre "Grands" : Sariputta et Mahâmoggalâna, les deux "disciples principaux", premiers dans la sagesse et les pouvoirs, Mahâkassapa, l'ascète, qui deviendra une figure éminente dans la tradition sino-japonaise du Chan-Zen, et Ananda, le "fidèle disciple", auquel la tradition attribue la récitation de tous les enseignements du Buddha lors du premier concile... Le second volume présente quelques-uns des autres grands disciples, dont les femmes et quelques laïcs parmi les plus connus et, surtout, les plus représentatifs.
Un ouvrage idéal pour se plonger dans l'univers du bouddhisme indien.

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(vol. 1 : Introduction ; Sariputta ; pp. 1-128)
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=> consulter le document (vol. 1 : Ananda ; notes ; pp. 217-285)
=> consulter le document (vol. 2 : Anuruddha, Mahâkaccana, Femmes grands disciples ; pp. 1-183)
=> consulter le document (vol. 2 : Angulimâla, Anâthapindika..., notes, bibliographie pp. 184-275)
 

  • Nolot-Edith_Entretiens-Milinda-Nagasena.jpgEdith Nolot (traduction et annotations)
    Entretiens de Milinda et Nâgasena
    éd. Gallimard, 1995

Les "Entretiens de Milinda et Nâgasena", tels qu'on les connaît aujourd'hui, sont une compilation de plusieurs textes rédigés entre le IIe s. avant J-C. et le Ve s. après J.-C.
Milinda est la transcription en pâli du nom d'un roi indo-grec bien connu : Ménandre Ier. Successeur lointain d'Alexandre-le-Grand, Ménandre régna sur le royaume de Bactriane, qui recouvrait une partie de l'Inde du nord-ouest et des territoires actuels du Pakistan et de l'Afghanistan. On estime que son règne dut se dérouler de ~160 à ~135. Contrairement à ce qu'affirme le texte bouddhique, il ne s'est sans doute jamais "converti" au bouddhisme, mais il dut faire preuve d'une tolérance religieuse qui servait la paix civile de son royaume et, donc, ses intérêts politiques...  En fait, le Milinda des "Entretiens" est aussi historique que le Louis XIII des "Trois Mousquetaires" d'Alexandre Dumas !
Quant au Vénérable Nâgasena, aucune trace de lui en dehors de la fiction qui le met en scène... Il est le prototype du "savant docteur" bouddhiste, capable de réfuter les arguments de ses contradicteurs et son discours est un stéréotype des controverses à la mode indienne, dans lesquelles les comparaisons et les analogies font argumentation...
Les thèmes abordés dans ce "dialogue" permettent d'exposer les fondements de la doctrine et de la pratique, ainsi que quelques points de bouddhologie classiques. On y retrouvera notamment la très célèbre comparaison du char qui sert à exposer l'impossibilité de découvrir un "Moi" dans le complexe physico-psychique auquel l'individu s'identifie. Le roi Milinda y est le plus souvent réduit au rôle de questionneur, laissant le beau rôle à son enseignant (plutôt qu'à son contradicteur), exposant l'orthodoxie selon des formules consacrées, y ajoutant toutes ces comparaisons qui ont fait la célébrité du texte.
Mais de quelle orthodoxie s'agit-il ici ? Si le texte est conservé dans le corpus littéraire de l'école Theravâda sous le titre de "Milindapaña" ("Les questions de Milinda"), il n'est considéré comme canonique que par les seuls Birmans... En fait, on a tout lieu de penser que le noyau original de l'ouvrage - les trois premiers Livres, qui seuls ont été traduits en chinois, mais auxquels la version pâlie ajoute quatre autres Livres - a été rédigé au sein de l'école Sarvâstivâda, qui fut considérée souvent comme hétérodoxe, voire hérétique, aussi bien par les Theravadins que par les différentes écoles du Mahâyâna !

reproduction intégrale, 385 pages
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  • Wijayaratna-Mohan_Philosophie-du-Bouddha.jpgMôhan Wijayaratna
    La philosophie du Bouddha
    (avec la traduction intégrale de dix textes du Canon bouddhique)
    éd. LIS, 1995, rééd. 2000

Môhan Wijayaratna, universitaire cinghalais résidant en France depuis de nombreuses années, s'est d'abord fait connaître par plusieurs travaux sur le Vinaya puis les premières traductions en français du Canon pâli, dont l'intégralité des deux premiers recueils du Dîgha-Nikâya et du Majjhima-Nikâya, ainsi que plusieurs anthologies...
Dans cet ouvrage, il offre au lecteur une approche érudite mais accessible de la plupart des questions "philosophiques" débattues dans le Canon ancien, indépendamment des développements que leur ont donné les différentes écoles du bouddhisme indien. C'est là le grand avantage de ce livre... C'est aux sources mêmes de l'enseignement, tel que délivré par le Buddha (selon la tradition), qu'il emmène le lecteur à travers neuf chapitres construits sur le même schéma : une introduction présentant une question "philosophique", la traduction intégrale d'un sutta exposant un enseignement du Buddha sur cette question, une explication complémentaire développée, appuyée sur des citations tirées de nombreux autres textes afin de "faire le tour" de la question.
Sont ainsi abordées successivement - et logiquement... - la position du Buddha face aux opinions diverses (chap. 1), la "personnalité" selon le bouddhisme (chap. 2), la "Soif" (chap 3), la place de l'expérience dans le processus de connaissance (chap. 4), la difficile question du "Moi", du "Soi" et du "non-Soi" (chap. 5), la base structurelle des opinions erronées (chap. 6), l'Ignorance (chap. 7), l'épineuse question de la "renaissance" et du kamma (chap. 8) et, enfin, "le Bien et le Mal" (chap. 9).
Un ouvrage recommandé pour effectuer un véritable "retour aux sources" de toutes les écoles bouddhiques, anciennes et modernes !

reproduction intégrale, 329 pages
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