Conférences exceptionnelles

samedi 20 juin 2015
de 14 h 30 à 17 h 30
au "Forum 104"
, 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
Tarif unique (adhérents et non-adhérents) : 10 € ; accès possible sans inscription préalable

 

"La méditation laïque, phénomène de société", avec Éric Rommeluère

La méditation de pleine conscience, parfois qualifiée de méditation laïque, connaît un formidable essor depuis quelques années. Il s’agit d’une pratique de santé ou de mieux-être, dont les techniques sont inspirées du Dharma (l’enseignement du Buddha), mais qui s’en détache résolument. L’engouement qu’elle suscite est si puissant qu’il peut corriger les discours et les pratiques des instructeurs bouddhistes qui parlent désormais de méditation comme s’il s’agissait de cette seule pratique de pleine conscience. Il s’agit d’un véritable phénomène de société. La pleine conscience est légitimée par des médecins qui font figure d’autorités sociales, elle est relayée par des prescripteurs sociaux, par les medias qui en vantent les bienfaits, elle est intégrée par l’entreprise. Une question surgit inévitablement : cette nouvelle forme de méditation remplit-elle une fonction sociale ?
La pleine conscience est à l’origine un outil développé et utilisé dans le cadre de programmes paramédicaux par un médecin américain, étudiant du dharma, Jon Kabat-Zinn. Ces protocoles codifiés répondaient implicitement aux normes modernes de la rationalité. Efficaces au moindre coût, ils devaient pouvoir s’appliquer à tous. Du programme au produit, il n’y a qu’un pas. Il a été franchi au début des années 2000, tout d’abord aux États-Unis.
La méditation est désormais vendue comme un produit de consommation courant. Livres et CD inondent le marché. Formatée, elle est nécessairement simple, immédiate, compatible avec toutes les formes du désir, neutre d’un point de vue philosophique ou idéologique. Les programmes, repris tels quels, adaptés, revisités sont désormais proposés aux cadres d’entreprise, aux employés et à tout un chacun. Depuis peu, cette marchandisation de la méditation suscite des interrogations légitimes à la fois des instructeurs de pleine conscience formés par Kabat-Zinn et ses collaborateurs dans le champ de la prise en charge thérapeutique, soucieux de déontologie, mais également des pratiquants du Dharma. Nombre de ceux qui se réjouissaient hier de l’adoption de cet outil sont désormais perplexes devant une industrie qui a pour ainsi dire confisqué le mot de méditation.
Dans cette conférence proposée par l’Institut d’Études Bouddhiques, Éric Rommeluère vous propose de réfléchir à toutes les questions soulevées par le développement de ces nouvelles formes de méditation détachées du Dharma.

Rommeluere-Eric_Le-Seuil.jpgRommeluere-Eric_S-asseoir-tout-simplement.jpgÉric Rommeluère est un enseignant bouddhiste formé dans la tradition zen. Il a été ou reste toujours actif au sein de plusieurs organisations bouddhistes nationales ou internationales et collabore régulièrement avec l'Institut d'Études Bouddhiques. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et essais où il explore les enseignements du Buddha, leurs interprétations et leurs adaptations en Occident.
Son prochain livre, S’asseoir tout simplement, consacré à la méditation, paraîtra en septembre 2015 aux Éditions du Seuil.

 

 


 

  • samedi 29 novembre 2014
    de 15 h à 18 h
    au CIDEB
    , 29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris

Le maître Zen Keizan et le pouvoir des rêves – Bernard Faure
Keizan Jōkin est, après Dōgen, le principal patriarche de la secte Sôtô du Zen japonais. Il est l'auteur de divers ouvrages de facture assez classique, ainsi que d'une Règle monastique. Mais on lui est également redevable d'un texte relatif à la fondation du monastère Yōkōji dans la péninsule de Noto, ouvrage qui constitue entre autres choses une sorte de recueil des rêves et visions qui guidèrent sa pratique pendant la seconde partie de sa vie. C'est sur la base de ce recueil que j'essaie d'examiner la place du rêve dans le bouddhisme japonais, et ses rapports eventuels avec l'Éveil.

FAURE_Bernard.jpgBernard Faure enseigne l'histoire des religions d'Asie à l'Université Columbia (USA). Il est spécialiste du bouddhisme sino-japonais (en particulier le Zen et le bouddhisme tantrique) dans ses rapports avec la religion japonaise. Il a publié un certain nombre d'ouvrages en anglais et en français, parmi lesquels Sexualités bouddhiques (Flammarion), Bouddhismes, philosophies et religions (Flammarion), L'imaginaire Zen (Les Belles Lettres), Bouddhisme et violence (Le Cavalier Bleu). Il termine actuellement une série de quatre livres sur les dieux et les démons du Japon médiéval et travaille sur deux autres projets : "Les Vies indiennes et sino-japonaises du Buddha", et "Bouddhisme, philosophie de l'esprit et neurosciences".

Tarif à la séance : adhérents : 22 € ; non adhérents : 25 €

 

Inscriptions

Vous pouvez vous inscrire en remplissant le bulletin d'inscription en ligne ou en vous présentant dans nos locaux, au CIDEB (29 boulebard Edgar-Quinet 75014 Paris) aux jours et heures d'ouverture, ainsi que le jour même

Chaque inscription est effective à réception du règlement (chèque libellé à l'ordre de "Institut d'Etudes Bouddhiques" ou "IEB").

L'adhésion à l'association est obligatoire pour s'inscrire aux cycles entiers.
Elle couvre l'année universitaire, du 1er octobre au 30 septembre.
Elle comprend l'accès réservé à l'"Espace adhérents" du site de l'IEB.
L'adhésion n'est pas nécessaire pour assister aux cours accessibles à la séance (dans la limite des places disponibles).

Adhésion annuelle

cotisation simple : 36 €
cotisation de soutien : 55  ou plus

Les sommes versées au titre des cotisations de soutien contribuent à l'achat d'ouvrages pour la bibliothèque de l'Institut.