LCB n°5

 

Les cahiers bouddhiques n° 5

sommaire

diffusion en janvier 2008

 

Bouddhisme et politique

    • L'empereur indien Açoka : légendes et réalités  -  Véronique Crombé
    • Rois de Thaïlande et du Cambodge  -  Alain Forest
    • Bouddhisme et politique : quelques éléments de réflexion  
      Stéphane Arguillère et Raphaël Liogier

      en complément :

    • Les écrits d'Henri de Lubac sur le bouddhisme - Jérôme Ducor

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    Bouddhisme et politique
     

    L'empereur indien Açoka :     
    légendes et réalités      

    Véronique Crombé      

     

    L'empereur Açoka est l'une des grandes figures emblématiques de l'histoire du bouddhisme : le souverain vertueux et pacifique des édits, l'artisan de l'expansion de la doctrine au-delà des limites du sous continent... Mais la légende qui s'est bâtie autour de ce monarque, certes exceptionnel, qui régna au milieu du IIIe siècle avant l'ère chrétienne, cache une réalité infiniment plus complexe, qui a ses faces claires et ses faces plus obscures.
     

    Rois de Thaïlande et du Cambodge     
    Alain Forest     

     

    Bien que le bouddhisme soit présent en Asie du sud-est depuis le Ve s. de notre ère, les principes monarchiques des royautés thaïe et cambodgienne ont surtout été largement dominés par la culture indienne brahmanique et ses grands personnages épiques tels que Rama. Les souverains siamois et khmers n'en ont pas moins souvent « utilisé » le bouddhisme pour asseoir leur pouvoir ou influer directement sur le sangha bouddhique, à l'image du célèbre roi thaïlandais Mongkut Rama IV (1804-1868).
     

    Bouddhisme et politique :     
    éléments de réflexion     

    Stéphane Arguillère et Raphaël Liogier     

     

    Cet article se propose d'éclaircir, à titre préliminaire, la question de la réalité du social ou du politique du point de vue de la philosophie bouddhique, dont les auteurs ont été amenés à bousculer plusieurs notions fondamentales. Une fois construit un modèle qui permet de penser une certaine réalité des collectifs, les auteurs s'attachent à la question de savoir s'il y a un sens à parler de « souffrances sociales ». L'article ne prétend pas régler en pratique les questions à l'égard desquelles il ne veut montrer qu'une chose : qu'elles se posent, que l'on peut les poser, que l'on pourrait donc éventuellement les résoudre, et que les instruments conceptuels ne sont pas donnés tout faits dans la tradition, mais qu'on ne devrait pas, pour autant, en emprunter à des analyses qui ne sont pas compatibles avec la logique d'ensemble des doctrines bouddhiques. Bref, que le bouddhisme n'est pas nécessairement condamné à l'apolitisme en théorie et au sentimentalisme social en pratique.

    en complément
     

    Les écrits d'Henri de Lubac     
    sur le bouddhisme     

    Jérôme Ducor     

    A l'heure où le dialogue religieux entre chrétiens et bouddhistes entre dans les moeurs, la réédition des études consacrées au bouddhisme par le théologien jésuite Henri de Lubac tombe à pic. Bien documentées, elles ont en effet le mérite d'exposer le point de vue catholique dans une démarche aussi sincère qu'exigeante, sans concession mais non sans sympathie, et dans un style à la fois clair et précis. Ces études constituent en outre un témoignage précieux sur la profonde spiritualité animant cette personnalité attachante, qu'une modernité un peu trop expéditive tendait à reléguer aux oubliettes. Toujours d'actualité malgré le demi-siècle écoulé depuis leur première publication, elles devraient donc alimenter de manière fructueuse le dialogue entre gens de bonne volonté.

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    EXTRAIT
     

    Les écrits d'Henri de Lubac
    sur le bouddhisme

    par Jérôme Ducor

     

     

    La part occupée par l'étude du bouddhisme dans l'oeuvre du cardinal Henri de Lubac (1896-1991) peut paraître maigre face au reste de sa production colossale : elle n'occupera que deux des cinquante volumes qui constitueront l'édition de ses OEuvres complètes en cours de réalisation (Sixième section : Bouddhisme, t. XXI-XXII). Cependant, leur valeur intrinsèque et leur actualité - le premier volume a été publié en 2000, et le second le sera prochainement - méritent une présentation qui replace cette étude dans son contexte et tente d'esquisser sa place dans l'ouvre de celui qui reste l'un des plus grands théologiens catholiques du XXe siècle. A l'étudiant du bouddhisme qui ne se laissera rebuter ni par leur haute tenue ni par leur style apologétique, les écrits lubaciens sur le bouddhisme fourniront certainement la matière d'une réflexion originale et enrichissante.

    La rencontre du bouddhisme et d'Henri de Lubac se produisit fortuitement. C'est en 1930, un an après avoir débuté comme professeur de théologie fondamentale aux Facultés catholiques de Lyon, que le jeune chercheur est sollicité par son doyen, Emmanuel Podechard, afin d'enseigner un cours spécial d'histoire des religions [note 1]. Pour autant, il n'est pas question de créer une nouvelle chaire, et le « professeur improvisé » a lui-même exprimé l'embarras que lui causa cet enseignement supplémentaire :

    « J'eus la faiblesse d'accepter. Sans préparation, sans livres, sans connaissance d'aucunes langues, européenne ou asiatique (...), c'était une gageure. » [note 2]

      Mais l'un de ses confrères, le P. Zupan, lui vient à l'aide le jour même, en l'adressant à l'abbé Monchanin [note 3], qu'il rencontre dès le lendemain. Ce dernier l'initie aussitôt au bouddhisme d'une manière aussi abrupte qu'efficace :

      « Au bout de cinq minutes il nous mettait en mains le Mahayanasutralamkara. Il y avait heureusement une traduction de Sylvain Lévi. Ce chef-d'ouvre conjugué de la pensée mahayanique et de l'indianisme occidental était le stimulant rêvé. » [note 4]

        Au-delà de l'anecdote, on retiendra que de Lubac restera toute sa vie profondément marqué par l'abbé Monchanin, « cet homme extraordinaire, ce prêtre génial qui fut un mystique et un saint », et à propos duquel il écrira : « sa rencontre et l'amitié qui s'ensuivit furent pour moi déterminantes » (Mémoire, p. 113-114).

        Quelques années plus tard, la découverte du bouddhisme par de Lubac connaît une seconde impulsion avec sa lecture du Barabudur de Paul Mus, qu'il qualifiera de « monument admirable, digne du monument de pierre qu'il commente. » [note 5] Et c'est cet ouvrage touffu qui lui fournira la matière de ses premières réflexions originales [note 6]. Pour le reste, son apprentissage du bouddhisme est celui d'un autodidacte méthodique, servi par sa mémoire et sa puissance de travail légendaires.

        Jusqu'en 1950, de Lubac allait traiter dans ses cours d'histoire des religions de thèmes aussi divers que les théories sur l'origine de la religion, le christianisme et les cultes à mystères, le bouddhisme, la mystique comparée ou la religion positiviste d'Auguste Comte. Certes, le bouddhisme devait y occuper une place particulière, car, ainsi qu'il le rappellera lui-même :

        « J'avais toujours eu un certain attrait pour l'étude du bouddhisme, que je considère comme le plus grand fait humain, à la fois par son originalité, son expansion multiforme à travers l'espace et le temps, sa profondeur spirituelle » (Mémoire, p. 30).

          Néanmoins, au cours des vingt années que dura son enseignement, le P. de Lubac ne publia que trois articles sur le bouddhisme : « Textes alexandrins et bouddhiques » (1937), « L'arbre cosmique » (1945) et « La charité bouddhique » (1950) [note 7]. C'est que ses recherches l'accaparaient à bien d'autres travaux, soit comme auteur soit comme éditeur. Ainsi, sans parler de ses articles, le premier de ses nombreux livres, Catholicisme, paraît en 1938, tandis que les collections Théologie et Sources chrétiennes démarrent deux ans plus tard, malgré les affres de la guerre.

          Mais en 1950, selon la formule consacrée, « la foudre tomba sur Fourvière » [note 8]. Suspectés de « théologie nouvelle », le P. de Lubac ainsi que quatre de ses collègues sont relevés de leurs enseignements et changés de résidence. Interdit de théologie, le père voit aussi trois de ses livres retirés des bibliothèques et du commerce [note 9]. Soucieux cependant qu'il puisse continuer son travail intellectuel et ses publications, son Provincial, le P. André Ravier, l'autorise à écrire sur le bouddhisme. Replié à Paris, de Lubac met ainsi à profit ce qu'il appelait « les larges loisirs que m'a procurés la Providence » en publiant les trois livres qui nous concernent [note 10].

          Achevé la même année, Aspects du Bouddhisme I paraît en 1951. Il s'agit, en fait, d'une réédition profondément remaniée des trois articles publiés entre 1937 et 1950, dont deux sous des titres nouveaux. « Directement comparatiste » [note 11], le recueil fait encore largement appel aux ressources de la patristique, où notre auteur excellait.
          Comme ce premier ouvrage, les deux livres suivants sont tirés de ses notes de cours mais notablement enrichis de l'énorme documentation qu'il a entre-temps moissonnée à la Bibliothèque nationale et, surtout, à la bibliothèque du Musée Guimet
          [note 12]. Durant l'année de la publication d'Aspects I, de Lubac achève ainsi La rencontre du bouddhisme et de l'Occident [note 13]. Dès mars 1952, sa conclusion est publiée en avant-première dans la revue Études [note 14], tandis que le livre sort quelques mois plus tard. Lors de la récente réédition de cette somme, on a pu souligner - à cinquante ans de distance ! - qu'elle constituait non seulement un précieux répertoire, mais aussi une véritable contribution à l'histoire des mentalités [note 15]. L'auteur lui-même en avait prévu une réédition augmentée, pour laquelle il avait « amassé pendant plusieurs années de nombreuses notes, tirées soit de l'ancienne littérature des missionnaires, soit d'auteurs plus récents ; mais la lenteur de la vente ne le permit pas » (Mémoire, p. 32).
          Deux ans plus tard, il achève Amida et donne ensuite un rapport aux Journées Ethnologie et Chrétienté sur « La notion du bien et du mal dans le bouddhisme et spécialement dans l'amidisme » [note 16]. Publié en 1955, Amida sera cependant son dernier livre sur le bouddhisme. Certes, à la demande d'un éditeur, le P. de Lubac avait envisagé un quatrième ouvrage, mais le projet n'aboutit malheureusement point : « C'était un exposé d'ensemble, résumant les cours professés à Lyon, suivi d'un choix copieux de textes ; pris par d'autres tâches, j'ai renoncé à la mettre au point » (Mémoire, p. 31).

          De fait, un retour en grâce progressif permet au théologien de revenir à ses thèmes de prédilection : en 1956, il publie Sur les chemins de Dieu et amorce une histoire de l'exégèse spirituelle au cours des siècles chrétiens, qui deviendra Exégèse médiévale. La même année, il est autorisé à donner ad experimentum un enseignement sur l'hindouisme et le bouddhisme aux Facultés catholiques de Lyon [note 17] ; mais ce n'est qu'au premier semestre de l'année universitaire 1959-1960 qu'il reprend, pour la forme, quelques heures de cours, avant de démissionner [note 18]. Par la suite, il participe activement au concile Vatican II et devient membre de certaines des structures qui en sont issues, dont le Secrétariat pour les non-chrétiens. Mais on reste étonné de ne pas voir son nom figurer parmi les auteurs du guide publié en 1970 par cet organe, sous ce titre pourtant évocateur : À la rencontre du bouddhisme [note 19]. Tout au plus, de Lubac présentera-t-il l'année suivante une ultime communication sur « Foi et dévotion dans l'amidisme », au cours d'une réunion tenue à Paris par ce Secrétariat [note 20].

          *

          Expliquant pourquoi ses écrits concernant l'histoire des religions traitaient presque exclusivement du bouddhisme, de Lubac indique :

          « C'est qu'il s'agit là du fait spirituel le plus vaste et le plus complexe de toute l'histoire humaine, en dehors de la révélation judéo-chrétienne. » [note 21].

            Mais de Lubac ne se contente pas de constater que le bouddhisme « est désormais entré dans le courant de la pensée universelle » : il lui apparaît aussi « comme l'une des forces spirituelles vivantes qui se proposent à la conscience de l'Europe. » [note 22]

            Pour le théologien catholique, il y a là réellement un défit urgent à relever, comme l'explique l'avant-propos de La rencontre, où de Lubac exprime sa conviction que la découverte occidentale du bouddhisme venait juste « d'entrer dans sa phase essentielle» ; et de prévenir :  « Elle impose à l'intelligence chrétienne une réflexion qui ne saurait être éludée sans dommage». Or, l'enquête historique de notre auteur finit par constater que les rares théologiens intéressés à l'histoire des religions avaient négligé les religions historiques et que, de surcroît, plusieurs d'entre eux sous-estimaient étrangement le bouddhisme [note 23] : « ils allaient jusqu'à lui refuser, pour des raisons qui était plutôt le signe de leur incompréhension, le nom de religion » [note 24]. C'est donc bien ici que se trouve la motivation profonde des écrits consacrés par de Lubac au bouddhisme, dont on voit aussi la réelle originalité.
            L'avant-propos de La rencontre précise également que si cette découverte touche à l'histoire des religions, c'est à travers l'histoire des missions chrétiennes et l'apologétique [note 25]. Il est d'ailleurs significatif que de Lubac ait publié cet ouvrage dans la collection « Théologie », tandis que Aspects I le fut dans la collection «La Sphère et la Croix », consacrée aux problèmes missionnaires, son avant-propos le rangeant résolument dans « le genre si décrié de l'apologétique » (p. 8). Les écrits d'Henri de Lubac sur le bouddhisme sont donc l'ouvre d'un théologien catholique responsable, un « Porte-Christ » qui s'affirme honnêtement en tant que tel [note 26]. Cependant, si l'histoire des missions chrétiennes, traitée dans deux chapitres de La rencontre et d'Amida [note 27],  ne nécessite pas de commentaires particuliers [note 28], il convient de revenir ici sur l'apologétique.

            *

            Les trois ouvrages du P. de Lubac sur le bouddhisme ont bénéficié de sa méthode rigoureuse, jointe à sa parfaite maîtrise de la langue française. Mieux qu'une simple réfutation, cette méthode se définit elle-même comme une « méthode d'opposition » : « En faisant surgir les contrastes, elle procure au croyant une intelligence plus nette et plus distincte de sa foi, en même temps qu'elle le stimule et l'élève au-dessus de toute interprétation médiocre » [note 29]. Concrètement, cette méthode commence par une lecture aussi complète que possible de la littérature existante, et la suite en a été résumée comme suit par Balthasar : « Cette minutieuse enquête peut alors donner lieu à un jugement de valeur très différencié ; dans un premier temps, le P. de Lubac paraît pris par son sujet; puis il prend ses distances et, au terme, sa vision est d'une objectivité inattaquable » [note 30].

            Concernant l'enquête initiale, il convient de relever que de Lubac parvient à se retrouver avec une aisance remarquable dans les sources bouddhiques, le plus souvent difficiles, et, dans tous les cas, étrangères à sa formation. Sa rigueur intellectuelle lui permet d'éviter bien des écueils, à commencer par celui qui aurait pu lui faire prendre le nirvâna pour le néant, comme ce fut le cas pour nombre de ses prédécesseurs [note 31]. Ses travaux sur le bouddhisme sont des synthèses aussi documentées que perspicaces. En particulier, La rencontre et Amida constituent des bibliographies quasi exhaustives des sources occidentales disponibles jusqu'au milieu des années Cinquante, et les index qui les accompagnent en font des outils appréciables aujourd'hui encore [note 32].
            Quant au jugement de valeur à deux temps, il se distingue déjà bien dans le chapitre « La charité bouddhique », le plus théologique du recueil Aspects I. Dans sa première partie (p. 11-28), de Lubac témoigne de cette « sympathie admirative » annoncée par son avant-propos (p. 8), notamment à travers les textes bouddhiques qu'il cite et dont il juge certains « si proches des nôtres » (p. 27). Une vertu comme la maitrî, ou comme la karunâ (« compassion, pitié »), n'est pas toute négative ; le don  «n'est pas un altruisme superficiel », et le transfert des mérites (« effet de retou r», parinâma) est une « pratique excellente » (p. 16, 21, 35). De même, de Lubac est visiblement ému par les hymnes d'Asanga et ceux de Sântideva, allant jusqu'à dire : « Nous touchons ici au sommet du bouddhisme, - à l'un des sommets de l'humanité » (p. 25). Enfin, il n'a pas oublié de scruter l'art bouddhique, où il reconnaît volontiers que « l'idéal du Grand Véhicule a trouvé une admirable expression esthétique dans les peintures indiennes des grands Bodhisattva » (p. 25).
            Mais, dans un second temps, de Lubac déchante du tout au tout lorsqu'il découvre le chapitre IX du Bodhicaryâvatâra de Sântideva - ce « chantre sublime de la charité bodhisattvique » - où il peut lire dans la traduction de Finot [note 33] :

            « Le Moi, poursuivi avec critique, est reconnu comme un pur néant » (p. 49).

              Certes, de Lubac aurait pu citer, de préférence, la traduction de La Vallée Poussin, qui dit plus justement :

              « Le moi n'est pas réel [asadbhûto] pour celui qui l'examine avec critique » [note 34].

                Mais qu'importe, son siège est fait. À travers cette doctrine de l'insubstantialité de l'individu (pudgalanairâtmya), de Lubac considère que c'est toute la personne qui est niée par le bouddhisme, à l'encontre de l'un des fondements de la théologie chrétienne :

                « L'essentiel qui met entre charité bouddhique et charité chrétienne un abîme, c'est que, dans celle-ci, le prochain est aimé en lui-même, tandis que dans celle-là il n'en saurait être question. (...) La bienveillance bouddhique (...) ne s'adresse pas, elle ne peut pas s'adresser à l'être même. » [note 35]

                  Le reste de la démonstration lubacienne est impeccable :

                  « Par l'image divine qui est au fond de lui, tout homme participe en effet à l'éternité de Dieu. Sa ressemblance est ce qui fonde sa distinction, la solidité définitive de son être. (...) Or dans le bouddhisme, rien de tel. Là où manque au fond de l'être cette solidité ontologique qui lui vient du Dieu créateur, là où l'on ne rencontre plus qu'agrégats sans consistance, il n'y a rien qui appelle et qui rende possible un amour définitif » (p. 41).

                    Bref, la conclusion ne surprendra pas : dans le bouddhisme « manque l'unique Fondement : Dieu, Amour créateur. Toute l'insuffisance - toute la fausseté - de la religion bouddhique vient d'abord de là » (p. 53).

                    [1] Cette initiative était novatrice, puisque l'«Historia religionis» ne fut officiellement introduite dans les «disciplines spéciales» des facultés de théologie que l'année suivante, par la Constitution apostolique Deus scientiarium Dominus de Pie XI.  (retour au texte)
                    [2] Mémoire, p. 30, 261; cf. Aspects I, p. 7.
                     (retour au texte)
                    [3] De Lubac a rendu hommage à ces deux figures héroïques que sont Jules Monchanin (1895-1957) et Jean Zupan (1899-1968), dans Images de l'Abbé Monchanin (1968) et Trois jésuites nous parlent (1980; cf. Mémoire, p. 159).
                     (retour au texte)
                    [4] Aspects I, p. 7-8 ; Images de l'Abbé Monchanin, p. 11-16. V. Sylvain Lévi : Asanga, Mahâyâna-Sûtrâlamkâra (v. biblio.) ; cf. de Lubac, La rencontre, p. 221-222.
                     (retour au texte)
                    [5] De Lubac, préface à Aspetti del Buddismo (coll. Opera Omnia, t. XXI, 1980); la version originelle de «Textes alexandrins et bouddhiques» (p. 336-337) fait également l'éloge de cette somme. Cf. Paul Mus : Barabudur (v. biblio.).
                     (retour au texte)
                    [6] Celles-ci sont déjà pointues, puisqu'elles portent sur des analogies entre des textes chrétiens alexandrins et la doctrine du triple corps du buddha, notamment sur le sambhogakâya et la Transfiguration; cf. de Lubac, «Textes alexandrins et bouddhiques» (1937).
                     (retour au texte)
                    [7] V. biblio. En 1936, de Lubac produisit aussi un polycopié de 89 pages sur «Quelques aspects du bouddhisme» (Neufeld, p. 10).
                     (retour au texte)
                    [8] Le P. de Lubac s'était installé, quinze ans auparavant, au scolasticat de théologie jésuite de Lyon-Fourvière, où il donna également un cours spécial d'histoire des religions, entre 1935 et 1940, «pour justifier ma présence dans la maison»; cf. Mémoire, p. 68-69.
                     (retour au texte)
                    [9] Ce sont Corpus mysticum (1944), Surnaturel (1946) et De la connaissance de Dieu (1946); cf. Mémoire, p. 75.
                     (retour au texte)
                    [10] Mémoire, p. 73, 146. Selon Balthasar, les dix années qui suivirent furent un «calvaire» et une «solitude complète» pour son ami de Lubac, «victime de la persécution et de la détraction injustes» (p. 53, 119).
                     (retour au texte)
                    [11] Mémoire, p. 31.
                     (retour au texte)
                    [12] Mémoire, p. 30 ; Amida, p. 9.  (
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                    [13] L'avant-propos date d'octobre 1951.
                     (
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                    [14] Sous le titre «Le bouddhisme et l'occident moderne» (v. biblio.).
                     (
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                    [15] Jean-Noël Robert, présentation de la réédition, p. v.
                     (
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                    [16] V. biblio. Comme «lamaïsme» pour le bouddhisme tibétain, le terme «amidisme» - voire «amidaïsme» - n'est pas satisfaisant puisqu'il laisse accroire qu'il s'agirait d'un enseignement distinct du bouddhisme. L'Extrême-Orient utilise l'expression «enseignement de la Terre Pure» (jap. jôdokyô).
                     (
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                    [17] En 1958, quatre de ses livres, dont deux «sur le bouddhisme», sont offerts à Pie XII (Mémoire, p. 89).
                     (
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                    [18] Mémoire, p. 81-84; 89, 91-92.
                     (
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                    [19] V. biblio.; on y trouve des contributions de Pierre Humbertclaude, Étienne Lamotte, Joseph Masson et David L. Snellgrove. Le P. de Lubac ne semble pas non plus avoir été associé à la rédaction de la Déclaration Nostra aetate sur les religions non chrétiennes, adoptée par le Concile Vatican II en 1965, dont la version finale (§ 2) fait allusion à un thème important de la Terre Pure : la distinction entre «pouvoir personnel» (propriis conatibus < jiriki) et «Pouvoir autre» (superiore auxilio < tariki); cf. Masson, p. 189. V. aussi Fédou, p. 114-115, n. 7.
                     (
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                    [20] Communication publiée sous le même titre en 1972 dans le Bulletin du Secrétariat (v. biblio.).
                     (
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                    [21] Rapport à l'Académie des sciences morales et politiques (1959), cité in Mémoire, p. 94. Dans Aspects I, de Lubac disait déjà : «Mis à part le Fait unique où nous adorons la trace et la Présence même de Dieu, le bouddhisme est sans doute le plus grand fait spirituel de l'histoire» (avant-propos, p. 8).
                     (
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                    [22] La rencontre, p. 262 et 272. On se demande donc comment Stephen Batchelor a pu écrire du P. de Lubac : «He had not the slightest inkling of the rapid extension of Buddhism that would occur in the following decade» (The Awakening of the West, Berkeley 1994, p. 379).
                     (
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                    [23] Sur la «persistante inattention des écrivains catholiques» face au bouddhisme après sa découverte scientifique au milieu du XIXe siècle, v. La rencontre, p. 197-202. De Lubac relève cependant deux exceptions : Félix Nève (1816-1893) et, avant lui, Frédéric Ozanam (1813-1853), lequel voyait le bouddhisme comme «le plus grand péril religieux de nos jours» (ibid. p. 181-183).
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                    [24] La rencontre, p. 256. La déclaration conciliaire Nostra aetate de 1965 (§ 2) reconnaîtra le statut de religion au bouddhisme, en le rangeant dans les «diverses religions non chrétiennes», et plus particulièrement parmi celles «liées au progrès de la culture».
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                    [25] Car, pour le théologien de Lubac, l'étude comparée des religions «est autre chose que l'ethnologie religieuse, par exemple, ou la sociologie religieuse» (Amida, p. 10).
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                    [26] Amida, p. 8. Il paraît donc mal venu de reprocher au P. de Lubac de rester «trop souvent tributaire de ses convictions chrétiennes» (Frédéric Lenoir, La rencontre du bouddhisme et de l'Occident [!], Fayard 1999, p. 14, n. 1).
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                    [27] Cf. La rencontre, p. 49-104; et Amida, p. 308-336. De Lubac signale aussi l'apport des missionnaires chrétiens de l'Inde dans l'étude du sanskrit : avec une légitime fierté, il y relève la part des jésuites, notamment français, laquelle n'avait pas été reconnue avant Sylvain Lévi (La rencontre, p. 109-113).
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                    [28] Les deux livres ignorent Antoine Possevino (1533-1611) S.J., qui sera traité dans l'article co-signé par de Lubac et Bernard-Maitre : «La découverte du bouddhisme», p. 105-107.
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                    [29] La rencontre, p. 283, n. 70. De Lubac fut le premier bénéficiaire de cette méthode : «j'y fus confirmé, dans une clarté toujours plus convaincante, de l'extraordinaire unicité du Fait chrétien dans l'immensité touffue qu'offre au regard l'histoire spirituelle de notre humanité» (Mémoire, p. 30). V. aussi Aspects I, p. 8-9 ; Amida, p. 254.
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                    [30] Balthasar, p. 80. Sur «l'art de la typologie comparée» du P. de Lubac, v. Wagner, p. 76-77.
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                    [31] Dans Amida, de Lubac pourra déclarer avec assurance qu'une telle interprétation «ne se rencontre plus que chez des auteurs sans compétences réelle» (p. 293).
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                    [32] Dans son compte rendu de La rencontre, Guillaumont évoque une «érudition déconcertante» et «une masse de lectures devant laquelle on est confondu» (p. 234, 238).
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                    [33] Louis Finot : La marche à la Lumière, p. 138 ; rééd. p. 102-103.
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                    [34] Louis de La Vallée Poussin : Introduction à la pratique des futurs bouddhas, p. 127. À noter que la profondeur de ce ch. IX a nécessité un plein livre de commentaire de la part du Dalai-Lama (Tant que durera l'espace, Paris, Albin Michel, 1996), alors qu'il n'avait consacré qu'un seul volume à l'ensemble des huit premiers chapitres (Comme un éclair déchire la nuit, id., 1992).
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                    [35] Aspects I, p. 36. Pour des références à d'autres auteurs catholiques, v. mon article «L'amour et la compassion dans le bouddhisme», p. 7, 10-11.  (
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