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Actualité
de l'édition (source
: Electre)
Quelques
livres nouvellement parus et à paraître prochainement
L'inévitable dialogue
: Dieu, Yahweh, Allah, Bouddha... Raimundo Panikkar Editions du Relié - Date de parution : 07/04/2008 N° ISBN : 978-2-35490-014-4
- Prix de vente : 9,00 € Présentation du livre par l’éditeur : Réflexions sur la
rencontre des cultures et des religions et sur l'instauration d'un dialogue
inter-religieux. Niveau de lecture : Tout public
Les quatre nobles
vérités du Bouddha et le yoga du souffle en six points
Longri Namgyel rinpoché, trad. du tibétain par Françoise Wang-Toutan
Editions : Dervy, coll. « L'être et l'esprit » - Date de
parution : 21/04/2008 (Nouv. éd.)
N° ISBN : 978-2-84454-540-4 - Prix de vente : 11,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : L'ancien abbé du monastère tantrique de
Gyuteu et du monastère de Ganden présente les quatre nobles vérités qui
constituent l'essence de l'enseignement du Bouddha ainsi que la pratique du
yoga du souffle et du calme mental. Niveau de lecture : Tout public
Les maîtres du Tch'an
en Chine (volume 2)
Maryse et Masumi Shibata
Editions : Maisonneuve et Larose
- Date de parution :
24/04/2008
N° ISBN : 978-2-7068-1946-9 - Prix de vente : 15,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Les auteurs livrent ici le fruit de leurs
recherches de textes consacrés au Tch'an chinois et du Zen japonais.
Présentation des kôans principaux tirés du
'Recueil de la Falaise
verte' la bible des phrases énigmatiques
parfois employées par les maîtres du bouddhisme extrême-oriental pour éveiller
leurs disciples. Ces kôans sont commentés par des grands maîtres de la
tradition. Niveau de lecture : Public motivé
Ma vie avec Chögyam
Trungpa : le grondement du dragon
Diana J. Mukpo
Editions : Table ronde, coll. « Les Chemins de la Sagesse » - Date de
parution : 02/05/2008
N° ISBN : 978-2-7103-2980-0 - Prix de vente : 22,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Chögyam Trungpa est l'une des figures du
bouddhisme tibétain du XXe siècle. Elevé au Tibet, il s'installe à 23 ans à
Oxford, renonçant à ses voeux monastiques, puis s'installe aux Etats-Unis. Son
épouse raconte dix-sept ans de vie commune avec cet être sage mais au
comportement souvent imprévisible, qui s'était donné pour mission d'implanter
l'essence de la tradition bouddhiste en Occident. Niveau de lecture : Tout
public
Les huit marches vers
le bonheur
Henepola Gunaratana, préf. Arnaud Desjardins
Editions : Albin Michel - Date de parution : 02/05/2008
N° ISBN : 978-2-226-18288-3 - Prix de vente : 22,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : S'adressant à ceux qui veulent découvrir
le bouddhisme sans s'encombrer de questions d'écoles ou de concepts
ésotériques, ce livre explore les implications de la pratique bouddhique dans
la vie quotidienne : compréhension, pensée, parole, action, mode de vie,
effort, conscience, concentration. Huit chapitres exposent la pratique de ces
voies, sur un mode pédagogique adapté à l'homme moderne. Niveau de
lecture : Tout public
Pour faire la paix en
temps de guerre : un point de vue bouddhiste
Pema Chödrön ; trad. de l'anglais par Stéphane Bédard
Editions Pocket, coll. « Best » n° 13487 - Date
de parution : 07/05/2008
N° ISBN : 978-2-266-17754-2 - Prix
de vente : 4,60 €
Présentation du livre par l’éditeur : A l'aide de nombreux exemples tirés notamment
d'échanges avec ses lecteurs ou étudiants, l'auteure, moniale bouddhiste
américaine, offre des moyens concrets de mieux saisir ce qui se cache derrière
les multiples conflits qui caractérisent notre époque et propose une pratique
de l'harmonie. Niveau de lecture : Tout public
Au coeur de la
compassion
Dilgo Khyents Rinpoché
Editions : Padmakara - Date de parution : 15/05/2008
N° ISBN : 978-2-916915-38-8 - Prix de vente : pas d’indication de prix
Présentation du livre par l’éditeur : Maître bouddhiste tibétain, Dilgo Khyentsé
Rinpoché propose des méthodes pour découvrir la force de la compassion, à
partir d'un programme d'entraînement spirituel composé au XIVe siècle par
l'ermite bouddhiste Thogmé Zangpo de Ngultchou. Niveau de lecture : Tout public
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Une
recette "zen" pour un repas suprême !
Les ouvrages consacrés au bouddhisme par des auteurs
américains ont souvent quelque chose de rafraîchissant. Un pragmatisme évident,
une certaine liberté de ton, une simplicité bon enfant en sont généralement la
« marque de fabrique », et les situent parfois très loin des ratiocinations
intellectuelles si fréquentes dans les ouvrages européens. Dans ce domaine, un livre de Bernie Glassman, publié
en français il y a déjà six ans, est assez réjouissant. Sans prétention, malgré
un « titre-programme » qui peut déconcerter, cet atypique enseignant zen,
d'origine juive et new-yorkaise, propose une réflexion très quotidienne sur
la manière de mettre en pratique les « Instructions au cuisinier » rédigées au
XIIIe siecle par maître Dôgen, fondateur de l'école Sôtô zen japonaise.
En prenant très simplement exemple sur sa propre vie
et celle de la communauté qui s'est réunie autour de lui, Bernie Glassman décline
les cinq « recettes » essentielles pour « vivre zen ». On pourrait craindre un
certain matérialisme spirituel... On découvre au contraire, au fil des pages,
des conseils frappés au coin du bon sens, dont l'apparente simplicité n'ôte
rien à leur exigence fondamentale : vivre zen ne consiste pas seulement en
la pratique de la méditation assise, le zazen, ni même à « ce que nous
pouvons en retirer », mais à manifester pleinement une vie de présence à
chaque instant, en toutes circonstances, dans le « rapport quotidien aux
autres, au marché ou sur [son] lieu de travail, au temple ou dans la salle de méditation
». Le « repas suprême » accomodé à la manière zen, «
votre propre vie - le plus beau cadeau que vous puissiez recevoir et la plus
belle offrande que vous puissiez faire », se déclinent donc en cinq plats
principaux que « nous devons préparer au bon moment et dans le bon ordre » : la
spiritualité, l'étude, les moyens d'existence, l'action sociale et les
relations humaines au sein d'une communauté. Si le menu vous paraît au-dessus de vos moyens
(spirituels et matériels...) c'est que vous aurez oublié l'élément peut-être le
plus essentiel : « Pour préparer ce repas suprême, nous considérons quels
sont les ingrédients disponibles, nous préparons avec ceux-ci le meilleur
repas possible, que nous offrons », rien de plus ! Car il ne s'agit pas de
devenir le « Bocuse du zen » mais, plus humblement, de suivre ces instructions
de Dôgen pour qui « la tâche du cuisinier zen était de préparer le meilleur et
le plus somptueux des repas à partir de n'importe quel ingrédient disponible, même
s'il n'avait que du riz et de l'eau. Le cuisinier zen utilisait ce qu'il
avait, au lieu de se plaindre ou de s'excuser pour ce qu'il n'avait pas ».
Tout est dans le tour de main qui manifeste la présence
d'esprit !
Comment accomoder sa vie à la manière zen selon
les "Instructions au cuisinier" de maître Dôgen
de Bernie Glassman, éd. Albin Michel, 2002
extrait du chapitre 3
Nettoyer
la cuisine c'est nettoyer l'esprit
« Le zen peut vous aider à retrouver votre tête, mais
le zen ne va pas nécessairement résoudre tous vos problèmes. Je me rappelle
avoir entendu un maître zen dire : « Le zen ne vous débarrassera pas de vos problèmes
; tout au plus, il peut vous apprendre à les gérer. ») Ma belle-mère, présente
ce jour-là dans la salle, demanda: « A quoi ça sert, alors ? A quoi bon, si l'on
ne se débarrasse pas de ses problèmes ! » Le cuisinier zen ne croit pas aux utopies. Des problèmes
vont continuer à se poser, dans notre vie personnelle et dans la société. La tâche
incombe au cuisinier de préparer un repas et de faire ensuite la vaisselle. On
pourrait penser que faire la vaisselle résout le problème de la vaisselle sale.
Mais c'est faux, car nous allons prendre un autre repas. Le travail du
cuisinier zen est de faire à manger et de faire la vaisselle. Ce processus est
sans fin. En réalité, le vrai problème est de trouver un moyen de nous défaire
de cette idée que nous allons nous débarrasser de nos problèmes. C'est
seulement après nous en être défaits que nous sommes capables d'être
directement en contact avec les véritables problèmes de notre vie.
La clarté de
notre vision détermine l'ensemble des ingrédients en présence. La plupart
d'entre nous s'accorderaient à dire que plus nous avons une perception claire
de la situation, meilleurs sont nos projets et nos actions.
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Pour autant, cela
ne signifie pas que nous devons dire : « Je n'ai pas les idées encore assez
claires pour distinguer les différents ingrédients ; je vais donc patienter
jusqu'à ce que je sois en mesure de les voir distinctement. » Ce que nous
voyons, c'est ce que nous devons utiliser. Peu importe quoi, tant que c'est ce
que nous voyons. A partir de notre clarté du moment et de ce que nous sommes
en mesure de distinguer, nous pouvons agir. [...]
Le moment où vous n'aurez plus à laver de verres n’arrive
jamais. Nous faisons la vaisselle, et une nouvelle pile se forme un peu plus
tard. Cependant, il est très important de se rappeler que nous ne balayons pas
le sol dans le seul but d'avoir un sol propre. Nous lavons les choses pour
pouvoir les utiliser à nouveau. Nous lavons le sol pour pouvoir marcher dessus
; nous passons un coup d'éponge sur le plan de travail pour y couper des légumes;
nous lavons les casseroles et les poêles pour pouvoir les utiliser pour la
cuisson ; nous lavons les assiettes pour y servir un repas. Et nous nettoyons
notre esprit pour aborder chaque instant avec fraîcheur. »
extrait
du chapitre 18
Débarrasser la
table
Un koan raconte l'histoire d'un moine se rendant auprès
du maître zen Joshu, et qui l'implore : - Je vous en prie, donnez-moi une pratique. - As-tu mangé ? lui demande alors Joshu, ce qui veut
dire dans le langage zen : « As-tu goûté à l'éveil ? » - Oui, j'ai mangé, répond le moine. - Bien, dit
Joshu. Alors va laver tes bols.
Le « va laver tes bols » de Joshu signifie que l'éveil
ne doit pas laisser de trace. Mais Joshu indique aussi combien il est
difficile, voire impossible, d'éliminer toute trace. De même cette histoire de
la tortue, dans un autre conte zen : la tortue laisse toujours des empreintes
sur le sable, et la queue de la tortue efface les traces de pas. Mais dès
lors, la queue de la tortue laisse des traces de queue ! Il est
par conséquent presque impossible d'éliminer toute trace. Nous pouvons manger
toute la nourriture, laver les plans de travail, faire la vaisselle et récurer
les casseroles, mais nous devons alors rincer le savon des plans de travail et
laver les éviers; et du coup, nous nous retrouvons avec des éponges sales. Et
en faisant un pas en arrière, nous nous apercevons que de l'eau sale s'est répandue
sur le sol de la cuisine.
De même, le fait de lâcher le conditionnement ou l'attitude
qui nous maintient séparés de l'instant suivant crée luimême une certaine quantité
de conditionnement, et cela aussi doit être abandonné. Le « va laver tes bols » de Joshu renvoie à ce
processus. Même si ce n'est pas forcément possible, nous devons essayer de ne
laisser aucune trace de ce que nous avons fait. Par conséquent, on ne se promène
pas en criant à tue-tête « je suis éveillé » ou « je suis l'auteur de ce produit
fantastique ». Si notre éveil est authentique, il s'exprimera dans la vie de
lui-même au travers de notre comportement quotidien.
Dans un monastère zen, après avoir mangé tout le
contenu de leurs bols, les moines les nettoient avec du thé ou de l'eau chaude.
Ils boivent ensuite l'eau. L'eau restante est alors jetée dans le jardin. Ce « rien ne reste » sans traces a une signification
spirituelle très profonde, mais aussi une application écologique très pratique.
Si une quelconque trace demeure, il faut lui trouver une nouvelle utilisation,
jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Si vous êtes un fabricant, vous devez
tenir compte de l'avenir de vos produits après leur consommation. Vous devez
songer à la manière dont votre produit va disparaître. Que vous fabriquiez une
nouvelle voiture, un nouveau réfrigérateur ou une nouvelle boîte à gâteaux,
vous devez trouver un moyen de recycler votre création. Si vous vous comportez ainsi, si vous vous débarrassez
des traces de la voiture fabriquée, ou du merveilleux banquet que vous venez de
manger, vous faites de la place, et vous êtes alors en mesure de distinguer un
nouvel assortiment d'ingrédients. Éliminer les traces est par conséquent une
autre manière de dire que nous nettoyons, ce qui était notre point de départ.
[...]
Dogen ne suggère d'ailleurs pas de préparer un repas
et de nettoyer ensuite. Il nous dit qu'il ne devrait pas y avoir de traces pendant
la préparation, pour que personne ne sache ce que nous avons fait. Nous
nettoyons donc pendant que nous préparons à manger. Nous éliminons les traces
au fur et à mesure. Et malgré tout, à la fin, il reste toujours une phase de
nettoyage, tout comme il yen a une au début. Même si nous avons créé cette
phase de non-traces, même si nous allons devoir tout recommencer, nous commençons
toujours par nettoyer - quand bien même nous entrerions dans la cuisine et que
tout aurait l'air déjà propre. Nous avons beau nous sentir très calmes, dans
un état de profonde concentration, la voie du cuisinier zen consiste toujours à
commencer par se recentrer un peu, et à retourner à l'Esprit du Débutant, pour
être en mesure de nettoyer et de faire l'inventaire de nos ingrédients.
Et dès lors, nous sommes prêts à tout recommencer.
Pour
en savoir plus...
Sur
le sujet de "Cuisine et Zen", on pourra aussi consulter
le site du Dojo Zen de Nice : => http://zen-nice.org/sangha/-Cuisine-et-zen-.html
Sur
l'ouvrage de Maître Dôgen "Les Instructions au
cuisinier" (Tenzo Kyôkun), on pourra consulter le
site "Un Zen occidental" : => http://www.zen-occidental.net/texteszen/tenzokyokun.html
ou, encore sur le site du Dojo Zen de Nice, un enseignement
de Roland Yuno Rech lié à ce texte : => http://zen-nice.org/enseignements/kusen-nice/dogen2/index.htm
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