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Une nouvelle terre de mission…
Bouddhisme_Shinnyo-en_au_Kenya.jpgLe bouddhisme s’implante en Afrique !

Quand on évoque la diffusion du bouddhisme à travers le monde, on pense rarement à l’Afrique… Et pourtant, depuis quelques années, le bouddhisme s’y implante de manière significative et, apparemment, de façon durable ! Au point que certains pays d’Afrique occidentale ou orientale - le Kenya, le Cameroun, le Mali ou le Congo… - comptent aujourd’hui plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de bouddhistes !

Thaïlande
L’implication des moines bouddhistes en politique

Thailande_Bouddhisme-et-politique.jpgContrairement à d’autres pays du bouddhisme Theravāda, comme le Sri Lanka ou la Birmanie, les moines bouddhistes de Thaïlande ont rarement joué un rôle politique actif de contestation de l’ordre établi. Cela s’explique en partie par l’emprise de croyances anciennes dans la nécessité d’une séparation stricte entre le domaine du temporel et celui du spirituel. Mais des facteurs historiques ont aussi joué, notamment l’utilisation habile - par la monarchie, puis par les régimes qui ont suivi la « révolution » de 1932 -, de la communauté monastique comme d’un instrument de légitimation et de construction d’une identité nationale uniforme définie par le pouvoir central.
Cela ne veut donc pas dire, loin de là, que le bouddhisme thaïlandais est apolitique. D’une part, en participant docilement aux dessins de l’Etat politique, la communauté monastique s’est inscrite dans un champ nationaliste. D’autre part, certains courants au sein de la communauté des bhikkhu se sont, à diverses époques, opposés aux politiques du pouvoir central, soit pour protéger les identités locales, soit dans la défense de certains intérêts communautaires.
L’implication des moines bouddhistes en politique semble s’être accentuée dans la période la plus récente, à mesure que le paysage politique thaïlandais s’est polarisé dans le cadre d’une difficile transition entre un modèle de société qui ne fonctionne plus et un avenir politique incertain.

Myanmar - Birmanie
Myanmar_Bhikkhu-psalmodiant.jpgLe président donne son feu vert à des lois discriminant les non-bouddhistes

Le président Thein Sein a approuvé un ensemble de projets de lois très controversés, imposant des restrictions sévères aux mariages interreligieux ainsi qu'aux conversions du bouddhisme à une autre confession, et visant également à restreindre les naissances au sein de la population musulmane. Cet ensemble de quatre lois a été élaboré par une coalition de bonzes radicaux proche du pouvoir, regroupés sous la bannière de l’Organization for the Protection of Race, Religion, and Belief (OPRRB).
Présentés pour la première fois en juin dernier sous la forme d’une pétition qui avait réuni 1,3 million de signatures, ces projets de loi font suite à une campagne de haine et de violence contre les musulmans, orchestrée par les nationalistes du « mouvement 969 » dirigés par le bhikkhu Wirathu.
Selon les thèses défendues par le mouvement extrémiste qui a récemment gagné en popularité dans le pays, la nation birmane et bouddhiste, qui représente plus des deux tiers de la population du pays, serait menacée par une poussée démographique et religieuse des musulmans venus du Bangladesh voisin.
Le projet de loi a pour but avoué de mettre fin à l’augmentation numérique des adeptes de l’islam en Birmanie. Parmi les mesures préconisées par les bhikkhu, figure en première ligne la limitation des naissances dans « certaines régions du pays », où les musulmans sont majoritaires.

Japon
Kyoto_mariage-gay.jpgCouple gay : soyez "Zen" !

Le Temple Shunkoin de Kyôtô est devenu le premier temple bouddhiste zen du Japon à marier symboliquement deux personnes du même sexe ! Bien que le mariage homosexuel ne soit pas légal au Japon, le pays tolère ces cérémonies (un mariage de deux femmes a déjà été célébré au parc Tôkyô Disney Resort...) ; mais si le temple a officiellement commencé à célébrer de telles cérémonies en 2011, compte tenu de la nature conservatrice du Japon, l’information n’a été que peu diffusée. Créé en 1590, le Temple Shunkoin suit le bouddhisme zen. Ce temple tient une position ferme sur les droits de l’homme et communique fièrement à ce sujet sur son site Internet, où il est déclaré : « Le temple Shunkoin est contre toutes formes de violations des droits humains dans le monde. Aucune religion n’enseigne la haine des autres. La religion nous apprend à aimer et à respecter son prochain. ».

Sri-Lanka
Pape-François-visite-un-temple-bouddhiste-a-Colombo.jpegLe pape François visite "impromptu" un temple bouddhiste à Colombo

Le 14 janvier dernier, à la fin d'une visite pastorale de deux jours au Sri-Lanka, le pape François a effectué une visite-surprise dans un temple bouddhiste de la capitale, Colombo, visite qui n’était pas inscrite au programme officiel... Il répondait ainsi à l'invitation du chef de la Société Mahabodhi, l'une des branches importantes du bouddhisme au Sri Lanka. Ce n’est pas la première fois qu’un pape se rend dans un temple bouddhiste, mais le geste posé par le pape actuel s’inscrit dans un contexte particulier. Dans les semaines précédant son arrivée, des bhikkhu appartenant à la frange radicale et nationaliste du Sangha cinghalais avaient déclaré vouloir entendre le Souverain Pontife prononcer des excuses pour les violences commises envers le bouddhisme par les puissances occidentales qui ont colonisé le pays durant près de cinq siècles. Par ailleurs, lors de la précédente visite de Jean-Paul II, en 1995, des bhikkhu avaient refusé de le rencontrer au motif qu'il avait écrit dans son livre « Entrez dans l'espérance ! » que « la tradition bouddhique et les méthodes qui en découlent possèdent une sotériologie presque entièrement négative » ou bien encore que « les doctrines du salut dans le bouddhisme et le christianisme étaient opposées »...

Turquie

istanbul-technique-universite.jpgDes étudiants turcs demandent la construction d'un temple bouddhiste dans leur université...

En signe de protestation contre la construction de mosquées dans toutes les universités de Turquie, des étudiants de l’Université Technique d’Istanbul (ITÜ - photo ci-contre) ont lancé une pétition sur le site change.org pour réclamer la construction d’un temple bouddhiste dans leur université ! Les étudiants expliquent leur motivation en ces termes : « Le temple le plus proche est situé à plus de 2.000 kilomètres du campus, un petit temple conviendrait car nous ne sommes pas nombreux... ».
En fait, les étudiants ne se retrouvent pas dans ces construction en masse d’édifice religieux et considèrent que « si (l’université) ne peut pas être religieusement libre, alors elle doit prendre en charge toutes les religions ». En effet, selon eux, si l’université soutient une religion elle devrait les supporter toutes, sinon elle ne devrait en soutenir aucune. Leur pétition a déjà reçu plus de 19.700 signatures en moins de deux semaines...

Indonésie

2015-03_Conference-Yogdjakarta-1.jpgBouddhistes et musulmans
signent une déclaration contre la violence

Réunis à Yogyakarta et au temple bouddhiste de Borobudur, en Indonésie, les 3 et 4 mars dernier, une cinquantaine de responsables religieux bouddhistes et musulmans venus de quinze pays d’Asie du Sud et du Sud-Est ont signé une "Déclaration de Yogyakarta" par laquelle ils disent refuser l’instrumentalisation à des fins politiques et violentes de leurs religions respectives. Le texte est intitulé : « Surmonter l’extrémisme et promouvoir la paix par la justice ».
Affirmant que les fidèles bouddhistes et musulmans ont "développé des relations harmonieuses qui sont devenues les fondations sur lesquelles sont bâties la paix et la prospérité dans de nombreuses régions du monde", ces responsables religieux "réaffirment que l’islam et le bouddhisme sont des religions de miséricorde et de compassion attachées au service de la justice pour toute l’humanité".