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Thaïlande
L’implication des moines bouddhistes en politique

Thailande_Bouddhisme-et-politique.jpgContrairement à d’autres pays du bouddhisme Theravāda, comme le Sri Lanka ou la Birmanie, les moines bouddhistes de Thaïlande ont rarement joué un rôle politique actif de contestation de l’ordre établi. Cela s’explique en partie par l’emprise de croyances anciennes dans la nécessité d’une séparation stricte entre le domaine du temporel et celui du spirituel. Mais des facteurs historiques ont aussi joué, notamment l’utilisation habile - par la monarchie, puis par les régimes qui ont suivi la « révolution » de 1932 -, de la communauté monastique comme d’un instrument de légitimation et de construction d’une identité nationale uniforme définie par le pouvoir central.
Cela ne veut donc pas dire, loin de là, que le bouddhisme thaïlandais est apolitique. D’une part, en participant docilement aux dessins de l’Etat politique, la communauté monastique s’est inscrite dans un champ nationaliste. D’autre part, certains courants au sein de la communauté des bhikkhu se sont, à diverses époques, opposés aux politiques du pouvoir central, soit pour protéger les identités locales, soit dans la défense de certains intérêts communautaires.
L’implication des moines bouddhistes en politique semble s’être accentuée dans la période la plus récente, à mesure que le paysage politique thaïlandais s’est polarisé dans le cadre d’une difficile transition entre un modèle de société qui ne fonctionne plus et un avenir politique incertain.

Myanmar - Birmanie
Myanmar_Bhikkhu-psalmodiant.jpgLe président donne son feu vert à des lois discriminant les non-bouddhistes

Le président Thein Sein a approuvé un ensemble de projets de lois très controversés, imposant des restrictions sévères aux mariages interreligieux ainsi qu'aux conversions du bouddhisme à une autre confession, et visant également à restreindre les naissances au sein de la population musulmane. Cet ensemble de quatre lois a été élaboré par une coalition de bonzes radicaux proche du pouvoir, regroupés sous la bannière de l’Organization for the Protection of Race, Religion, and Belief (OPRRB).
Présentés pour la première fois en juin dernier sous la forme d’une pétition qui avait réuni 1,3 million de signatures, ces projets de loi font suite à une campagne de haine et de violence contre les musulmans, orchestrée par les nationalistes du « mouvement 969 » dirigés par le bhikkhu Wirathu.
Selon les thèses défendues par le mouvement extrémiste qui a récemment gagné en popularité dans le pays, la nation birmane et bouddhiste, qui représente plus des deux tiers de la population du pays, serait menacée par une poussée démographique et religieuse des musulmans venus du Bangladesh voisin.
Le projet de loi a pour but avoué de mettre fin à l’augmentation numérique des adeptes de l’islam en Birmanie. Parmi les mesures préconisées par les bhikkhu, figure en première ligne la limitation des naissances dans « certaines régions du pays », où les musulmans sont majoritaires.