L'école "des Anciens" est essentiellement
représentée en France par les communautés émigrées
du Sud-est asiatique, issues du Sri-Lanka ou des anciens protectorats français
: Cambodge et Laos.
On compte environ une dizaine de pagodes, dont les plus importantes sont
situées en banlieue parisienne. Elles sont généralement
constituées d'un temple construit selon les traditions architecturales
nationales, très souvent sur un terrain attenant à un pavillon
de banlieue, parfois agrandi, qui accueille une petite communautés
de moines asiatiques, ne parlant généralement pas ou mal le
français. La pagode constitue alors autant un lieu de culte qu'un
point de rendez-vous pour la communauté en exil qui y trouve un lieu
privilégié pour y célébrer les fêtes nationales,
religieuses ou laïques.
Mais l'enseignement et la pratique du Theravâda sont aussi présents
désormais, indépendamment des structures monastiques traditionnelles,
avec l'existence de centres de pratique de la méditation Vipassana.
A l'instar de ce qui se produit depuis quelques décennies déjà
en Asie même, ces centres s'adressent uniquement à des laïcs,
parfois même sans référence explicite au bouddhisme.
Cependant, quelques rares occidentaux ont aussi fait le choix de prendre
des voeux monastiques et, vivant dans les pagodes "asiatiques",
les rendent ainsi plus accessibles aux francophones.
=> plus
de détails
La communauté vietnamienne en France, de loin la
plus importante communauté asiatique en nombre, est très majoritairement
adepte de l'Amidisme, une école du Mahâyâna surtout présente
dans les pays d'Extrême-Orient (Vietnam, Japon, Chine et Corée).
Très structurée, et fidèle à sa culture, la
communauté vietnamienne s'est montrée aussi très généreuse
vis-à-vis des moines bouddhistes. L'importance accordée au
culte des ancêtres, dans l'Amidisme vietnamien, explique en grande
partie cet attachement : la pagode constitue ainsi un lieu privilégié
pour rendre hommage aux ancêtres ou à la famille restée
au pays et, de manière générale, aux racines culturelles.
Les cérémonies d'ordre familial y sont particulièrement
nombreuses et largement commémorées.
On compte environ une vingtaine de pagodes vietnamiennes en France, dont
les principales se situent en région parisienne ou autour de Marseille
(port d'arrivée des boat-people). Les bâtiments respectent
généralement les règles architecturales nationales
et ont souvent été construites de toutes pièces, grâce
à l'extrême générosité de la communauté.
Certaines accueillent une communauté de moines, d'autres ne servent
que de lieux de culte temporaires, lors des grandes fêtes nationales
ou familiales.
Les Occidentaux fréquentent rarement ces pagodes, sauf s'ils sont
mariés à un vietnamien ou une vietnamienne. Dans la plupart
d'entre elles, pourtant, des moines ou des laïcs assurent un enseignement
de la méditation, surtout dans la tradition du zen (ou "thiên",
en vietnamien).
=> plus de détails
L'implantation du zen en France est dominé
par la figure du japonais Taisen Deshimaru, représentant de l'école
Sôtô. Près de 80% des Français se réclamant
du zen fréquentent les centres qu'il a fondés ou qui se rattachent
à l'association qu'il a créée, l'AZI (Association Zen
Internationale).
D'autres représentants du Zen sôtô, asiatiques ou occidentaux,
ont néanmoins fondé des lieux de pratique et d'enseignement
mais ils sont encore assez peu connus du public ; c'est aussi le cas pour
le Suisse francophone Taikan Jyoji, seul représentant en France de
l'école Zen rinzaï, ou - plus encore - du moine vietnamien Thich
Nhat Hanh, représentant de l'école Thiên (forme vietnamienne
du zen), qui a fondé en France son "Ordre de l'Inter-être",
mondialement connu et réputé.
S'il existe en France des lieux perpétuant la tradition monastique
du zen, la grande majorité des centres est surtout constituée
d'appartement ou de maisons privés, appartenant aux membres des associations,
qu'ils ouvrent à leurs condisciples pour la pratique de la méditation.
Cette organisation, très souple, permet ainsi à l'AZI d'être
présente dans la quasi totalité du territoire, même
si certains de ces "centres" ne comptent en fait que quelques
membres (parfois moins d'une dizaine) qui se retrouvent deux à trois
fois par semaine, pendant quelques heures, pour une séance de "zazen".
Des écoles japonaises traditionnelles, autres que le zen, seule l'école
tantrique "Shingon" est représentée en France -
l'école de la Terre Pure, elle, est présente à Genève.
On trouve aussi des représentants des "nouvelles religions japonaises"
: bouddhisme Reiyukai et Soka Gakkai - cette dernière faisant l'objet
de nombreuses controverses.
=> plus de détails
Le bouddhisme tibétain est de loin le plus populaire
aujourd'hui auprès des Français. Si la communauté tibétaine
ne représente qu'un petit nombre de personnes, les monastères
et centres d'enseignement du Vajrayâna et du Dzogchen sont très
largement majoritaires dans le pays. La plupart de ces communautés
ont bénéficié de l'aide financière de mécènes
ou de la diaspora tibétaine et disposent de bâtiments importants.
Les temples - d'une décoration aussi "exotique" que les
pagodes vietnamiennes - et les stupas blancs ponctuent désormais
le paysage français.
Des cinq écoles tibétaines,
la plus implantée est celle des Kagyu. La personnalité de Kalou Rinpoché, l'un de ces plus éminents
représentants au XXe siècle, a beaucoup fait pour la diffusion
de l'enseignement bouddhiste vajrayâna en France. Plusieurs séjours
en France du Dalaï-Lama (de l'école Guélug, mais aussi
chef temporel du Tibet) n'ont fait que renforcer cette popularité.
On compte aujourd'hui une soixantaine d'associations, présentes un
peu partout en France, représentant les cinq écoles tibétaines
(Nyigma, Kagyu, Sakya, Guélug et Bön).
Si la région parisienne accueille de nombreux centres d'enseignement,
les plus importants se situent en province, notamment en Dordogne où
plusieurs communautés d'écoles différentes se sont
implantées dans un rayon de quelques kilomètres. Certains
de ces centres possèdent des monastères qui accueillent régulièrement
des Français s'engageant dans une retraite traditionnelle de "trois
ans, trois mois, trois jours" (environ 300 personnes ont déjà
effectué une ou plusieurs retraites de ce type).
=> plus
de détails