La diffusion en Asie

Connu aujourd'hui en Occident surtout à travers les écoles tibétaines et l'école japonaise du Zen, le bouddhisme est né et s'est d'abord développé en Inde. C'est dans ce pays que l'enseignement a pris forme et s'est diversifié. Du Ve siècle avant Jésus-Christ jusqu'au XIIe siècle de notre ère, de multiples écoles y ont vu le jour et, de là, ont répandu les enseignements du Bouddha dans l'ensemble du continent asiatique.
 

C'est en Inde que sont nées et se sont développées les grands courants auxquels se rattachent aujourd'hui toutes les écoles bouddhistes. Le contact permanent entre toutes les écoles est une caractéristique de cette période. L'université bouddhiste de Nalanda, en cela, est exemplaire. Fondée aux environs de 440, elle sera l'un des principaux centres d'enseignement et de diffusion du bouddhisme, réunissant dans un même monastère plusieurs centaines d'enseignants et de pratiquants de toutes traditions. Sa destruction au XIIe siècle, par les propagateurs de l'Islam en Inde, correspondra d'ailleurs avec l'extinction du bouddhisme dans son pays d'origine.

Entre temps le bouddhisme s'était déjà répandu hors de l'Inde, dès le IIIe siècle avant Jésus-Christ. Aujourd'hui, l'implantation des trois grandes traditions correspond à des aires géographiques bien précises : Theravâda en Asie du Sud-est, Mahayâna en Asie extrême-orientale et Vajrayâna en Asie centrale et himalayenne.
Pourtant, ces rattachements "officiels" sont parfois assez récents, comme par exemple en Asie du Sud-est où le Theravâda ne s'est réellement imposé qu'entre le Xe et le XIVe siècle, alors que le Mahayâna y était florissant auparavant. Plusieurs traditions ont pu aussi cohabiter dans un même pays, comme c'est encore le cas aujourd'hui au Japon ou au Vietnam.

Si toutes les écoles se réclament unanimement de l'enseignement originel du Bouddha et reconnaissent le canon rédigé en langue palie à Ceylan (actuel Sri Lanka), le bouddhisme a pourtant connu, hors de son pays d'origine, des adaptations liées aux religions préexistantes, aux traditions philosophiques et aux cultures propres à chaque pays d'accueil.
Au sein du Mahayâna, le Chan/Zen doit ainsi beaucoup à la pensée chinoise puis à la pensée japonaise ; de son côté le Vajrayâna a été influencé par la culture tibétaine.
Les conditions politiques et les contraintes géographiques ont peu à peu distendu les relations entre les trois grandes traditions qui continuèrent d'évoluer, parfois séparément, autour de trois grands centres de diffusion : le Sri Lanka pour le Theravâda, la Chine pour le Mahayâna et le Tibet pour le Vajrayâna.

C'est par l'intervention des Européens - et notamment les colonisations - que ces différentes écoles renoueront des contacts plus étroits, surtout au XXe siècle. La décolonisation, les réactions contre l'occidentalisation et la christianisation, ont joué leur rôle dans l'organisation de conciles inter-écoles, dont le premier s'est tenu en Birmanie, à Rangoon, en 1955.
C'est à cette occasion que l'ensemble des écoles bouddhistes ont rappelé leur unité autour de l'enseignement fondamental du Bouddha et ont adopté le "drapeau bouddhiste" aux couleurs de l'arc-en-ciel.