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L'empereur indien Açoka :
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L'empereur Açoka est l'une des grandes figures emblématiques de l'histoire du bouddhisme : le souverain vertueux et pacifique des édits, l'artisan de l'expansion de la doctrine au-delà des limites du sous continent... Mais la légende qui s'est bâtie autour de ce monarque, certes exceptionnel, qui régna au milieu du IIIe siècle avant l'ère chrétienne, cache une réalité infiniment plus complexe, qui a ses faces claires et ses faces plus obscures. |
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Rois de Thaïlande et du Cambodge
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Bien que le bouddhisme soit présent en Asie du sud-est depuis le Ve s. de notre ère, les principes monarchiques des royautés thaïe et cambodgienne ont surtout été largement dominés par la culture indienne brahmanique et ses grands personnages épiques tels que Rama. Les souverains siamois et khmers n'en ont pas moins souvent « utilisé » le bouddhisme pour asseoir leur pouvoir ou influer directement sur le sangha bouddhique, à l'image du célèbre roi thaïlandais Mongkut Rama IV (1804-1868). |
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Bouddhisme et politique :
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Cet article se propose d'éclaircir, à titre préliminaire, la question de la réalité du social ou du politique du point de vue de la philosophie bouddhique, dont les auteurs ont été amenés à bousculer plusieurs notions fondamentales. Une fois construit un modèle qui permet de penser une certaine réalité des collectifs, les auteurs s'attachent à la question de savoir s'il y a un sens à parler de « souffrances sociales ». L'article ne prétend pas régler en pratique les questions à l'égard desquelles il ne veut montrer qu'une chose : qu'elles se posent, que l'on peut les poser, que l'on pourrait donc éventuellement les résoudre, et que les instruments conceptuels ne sont pas donnés tout faits dans la tradition, mais qu'on ne devrait pas, pour autant, en emprunter à des analyses qui ne sont pas compatibles avec la logique d'ensemble des doctrines bouddhiques. Bref, que le bouddhisme n'est pas nécessairement condamné à l'apolitisme en théorie et au sentimentalisme social en pratique. en complément |
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Les écrits d'Henri de Lubac |
A l'heure où le dialogue religieux entre chrétiens et bouddhistes entre dans les moeurs, la réédition des études consacrées au bouddhisme par le théologien jésuite Henri de Lubac tombe à pic. Bien documentées, elles ont en effet le mérite d'exposer le point de vue catholique dans une démarche aussi sincère qu'exigeante, sans concession mais non sans sympathie, et dans un style à la fois clair et précis. Ces études constituent en outre un témoignage précieux sur la profonde spiritualité animant cette personnalité attachante, qu'une modernité un peu trop expéditive tendait à reléguer aux oubliettes. Toujours d'actualité malgré le demi-siècle écoulé depuis leur première publication, elles devraient donc alimenter de manière fructueuse le dialogue entre gens de bonne volonté. |
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EXTRAIT Les écrits d'Henri de Lubac
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La part occupée par l'étude du bouddhisme dans l'oeuvre du cardinal Henri de Lubac (1896-1991) peut paraître maigre face au reste de sa production colossale : elle n'occupera que deux des cinquante volumes qui constitueront l'édition de ses OEuvres complètes en cours de réalisation (Sixième section : Bouddhisme, t. XXI-XXII). Cependant, leur valeur intrinsèque et leur actualité - le premier volume a été publié en 2000, et le second le sera prochainement - méritent une présentation qui replace cette étude dans son contexte et tente d'esquisser sa place dans l'ouvre de celui qui reste l'un des plus grands théologiens catholiques du XXe siècle. A l'étudiant du bouddhisme qui ne se laissera rebuter ni par leur haute tenue ni par leur style apologétique, les écrits lubaciens sur le bouddhisme fourniront certainement la matière d'une réflexion originale et enrichissante. La rencontre du bouddhisme et d'Henri de Lubac se produisit fortuitement. C'est en 1930, un an après avoir débuté comme professeur de théologie fondamentale aux Facultés catholiques de Lyon, que le jeune chercheur est sollicité par son doyen, Emmanuel Podechard, afin d'enseigner un cours spécial d'histoire des religions [note 1]. Pour autant, il n'est pas question de créer une nouvelle chaire, et le « professeur improvisé » a lui-même exprimé l'embarras que lui causa cet enseignement supplémentaire : « J'eus la faiblesse d'accepter. Sans préparation, sans livres, sans connaissance d'aucunes langues, européenne ou asiatique (...), c'était une gageure. » [note 2] Mais l'un de ses confrères, le P. Zupan, lui vient à l'aide le jour même, en l'adressant à l'abbé Monchanin [note 3], qu'il rencontre dès le lendemain. Ce dernier l'initie aussitôt au bouddhisme d'une manière aussi abrupte qu'efficace : « Au bout de cinq minutes il nous mettait en mains le Mahayanasutralamkara. Il y avait heureusement une traduction de Sylvain Lévi. Ce chef-d'ouvre conjugué de la pensée mahayanique et de l'indianisme occidental était le stimulant rêvé. » [note 4] Au-delà de l'anecdote, on retiendra que de Lubac restera toute sa vie profondément marqué par l'abbé Monchanin, « cet homme extraordinaire, ce prêtre génial qui fut un mystique et un saint », et à propos duquel il écrira : « sa rencontre et l'amitié qui s'ensuivit furent pour moi déterminantes » (Mémoire, p. 113-114). Quelques années plus tard, la découverte du bouddhisme par de Lubac connaît une seconde impulsion avec sa lecture du Barabudur de Paul Mus, qu'il qualifiera de « monument admirable, digne du monument de pierre qu'il commente. » [note 5] Et c'est cet ouvrage touffu qui lui fournira la matière de ses premières réflexions originales [note 6]. Pour le reste, son apprentissage du bouddhisme est celui d'un autodidacte méthodique, servi par sa mémoire et sa puissance de travail légendaires. Jusqu'en 1950, de Lubac allait traiter dans ses cours d'histoire des religions de thèmes aussi divers que les théories sur l'origine de la religion, le christianisme et les cultes à mystères, le bouddhisme, la mystique comparée ou la religion positiviste d'Auguste Comte. Certes, le bouddhisme devait y occuper une place particulière, car, ainsi qu'il le rappellera lui-même : « J'avais toujours eu un certain attrait pour l'étude du bouddhisme, que je considère comme le plus grand fait humain, à la fois par son originalité, son expansion multiforme à travers l'espace et le temps, sa profondeur spirituelle » (Mémoire, p. 30). Néanmoins, au cours des vingt années que dura son enseignement, le P. de Lubac ne publia que trois articles sur le bouddhisme : « Textes alexandrins et bouddhiques » (1937), « L'arbre cosmique » (1945) et « La charité bouddhique » (1950) [note 7]. C'est que ses recherches l'accaparaient à bien d'autres travaux, soit comme auteur soit comme éditeur. Ainsi, sans parler de ses articles, le premier de ses nombreux livres, Catholicisme, paraît en 1938, tandis que les collections Théologie et Sources chrétiennes démarrent deux ans plus tard, malgré les affres de la guerre. Mais en 1950, selon la formule consacrée, « la foudre tomba sur Fourvière » [note 8]. Suspectés de « théologie nouvelle », le P. de Lubac ainsi que quatre de ses collègues sont relevés de leurs enseignements et changés de résidence. Interdit de théologie, le père voit aussi trois de ses livres retirés des bibliothèques et du commerce [note 9]. Soucieux cependant qu'il puisse continuer son travail intellectuel et ses publications, son Provincial, le P. André Ravier, l'autorise à écrire sur le bouddhisme. Replié à Paris, de Lubac met ainsi à profit ce qu'il appelait « les larges loisirs que m'a procurés la Providence » en publiant les trois livres qui nous concernent [note 10]. Achevé la même année, Aspects du Bouddhisme I paraît en 1951. Il s'agit, en fait, d'une réédition profondément remaniée des trois articles publiés entre 1937 et 1950, dont deux sous des titres nouveaux. « Directement comparatiste » [note 11], le recueil fait encore largement appel aux ressources de la patristique, où notre auteur excellait. De fait, un retour en grâce progressif permet au théologien de revenir à ses thèmes de prédilection : en 1956, il publie Sur les chemins de Dieu et amorce une histoire de l'exégèse spirituelle au cours des siècles chrétiens, qui deviendra Exégèse médiévale. La même année, il est autorisé à donner ad experimentum un enseignement sur l'hindouisme et le bouddhisme aux Facultés catholiques de Lyon [note 17] ; mais ce n'est qu'au premier semestre de l'année universitaire 1959-1960 qu'il reprend, pour la forme, quelques heures de cours, avant de démissionner [note 18]. Par la suite, il participe activement au concile Vatican II et devient membre de certaines des structures qui en sont issues, dont le Secrétariat pour les non-chrétiens. Mais on reste étonné de ne pas voir son nom figurer parmi les auteurs du guide publié en 1970 par cet organe, sous ce titre pourtant évocateur : À la rencontre du bouddhisme [note 19]. Tout au plus, de Lubac présentera-t-il l'année suivante une ultime communication sur « Foi et dévotion dans l'amidisme », au cours d'une réunion tenue à Paris par ce Secrétariat [note 20]. Expliquant pourquoi ses écrits concernant l'histoire des religions traitaient presque exclusivement du bouddhisme, de Lubac indique : « C'est qu'il s'agit là du fait spirituel le plus vaste et le plus complexe de toute l'histoire humaine, en dehors de la révélation judéo-chrétienne. » [note 21]. Mais de Lubac ne se contente pas de constater que le bouddhisme « est désormais entré dans le courant de la pensée universelle » : il lui apparaît aussi « comme l'une des forces spirituelles vivantes qui se proposent à la conscience de l'Europe. » [note 22] Pour le théologien catholique, il y a là réellement un défit urgent à relever, comme l'explique l'avant-propos de La rencontre, où de Lubac exprime sa conviction que la découverte occidentale du bouddhisme venait juste « d'entrer dans sa phase essentielle» ; et de prévenir : « Elle impose à l'intelligence chrétienne une réflexion qui ne saurait être éludée sans dommage». Or, l'enquête historique de notre auteur finit par constater que les rares théologiens intéressés à l'histoire des religions avaient négligé les religions historiques et que, de surcroît, plusieurs d'entre eux sous-estimaient étrangement le bouddhisme [note 23] : « ils allaient jusqu'à lui refuser, pour des raisons qui était plutôt le signe de leur incompréhension, le nom de religion » [note 24]. C'est donc bien ici que se trouve la motivation profonde des écrits consacrés par de Lubac au bouddhisme, dont on voit aussi la réelle originalité. Les trois ouvrages du P. de Lubac sur le bouddhisme ont bénéficié de sa méthode rigoureuse, jointe à sa parfaite maîtrise de la langue française. Mieux qu'une simple réfutation, cette méthode se définit elle-même comme une « méthode d'opposition » : « En faisant surgir les contrastes, elle procure au croyant une intelligence plus nette et plus distincte de sa foi, en même temps qu'elle le stimule et l'élève au-dessus de toute interprétation médiocre » [note 29]. Concrètement, cette méthode commence par une lecture aussi complète que possible de la littérature existante, et la suite en a été résumée comme suit par Balthasar : « Cette minutieuse enquête peut alors donner lieu à un jugement de valeur très différencié ; dans un premier temps, le P. de Lubac paraît pris par son sujet; puis il prend ses distances et, au terme, sa vision est d'une objectivité inattaquable » [note 30]. Concernant l'enquête initiale, il convient de relever que de Lubac parvient à se retrouver avec une aisance remarquable dans les sources bouddhiques, le plus souvent difficiles, et, dans tous les cas, étrangères à sa formation. Sa rigueur intellectuelle lui permet d'éviter bien des écueils, à commencer par celui qui aurait pu lui faire prendre le nirvâna pour le néant, comme ce fut le cas pour nombre de ses prédécesseurs [note 31]. Ses travaux sur le bouddhisme sont des synthèses aussi documentées que perspicaces. En particulier, La rencontre et Amida constituent des bibliographies quasi exhaustives des sources occidentales disponibles jusqu'au milieu des années Cinquante, et les index qui les accompagnent en font des outils appréciables aujourd'hui encore [note 32]. « Le Moi, poursuivi avec critique, est reconnu comme un pur néant » (p. 49). Certes, de Lubac aurait pu citer, de préférence, la traduction de La Vallée Poussin, qui dit plus justement : « Le moi n'est pas réel [asadbhûto] pour celui qui l'examine avec critique » [note 34]. Mais qu'importe, son siège est fait. À travers cette doctrine de l'insubstantialité de l'individu (pudgalanairâtmya), de Lubac considère que c'est toute la personne qui est niée par le bouddhisme, à l'encontre de l'un des fondements de la théologie chrétienne : « L'essentiel qui met entre charité bouddhique et charité chrétienne un abîme, c'est que, dans celle-ci, le prochain est aimé en lui-même, tandis que dans celle-là il n'en saurait être question. (...) La bienveillance bouddhique (...) ne s'adresse pas, elle ne peut pas s'adresser à l'être même. » [note 35] Le reste de la démonstration lubacienne est impeccable : « Par l'image divine qui est au fond de lui, tout homme participe en effet à l'éternité de Dieu. Sa ressemblance est ce qui fonde sa distinction, la solidité définitive de son être. (...) Or dans le bouddhisme, rien de tel. Là où manque au fond de l'être cette solidité ontologique qui lui vient du Dieu créateur, là où l'on ne rencontre plus qu'agrégats sans consistance, il n'y a rien qui appelle et qui rende possible un amour définitif » (p. 41). Bref, la conclusion ne surprendra pas : dans le bouddhisme « manque l'unique Fondement : Dieu, Amour créateur. Toute l'insuffisance - toute la fausseté - de la religion bouddhique vient d'abord de là » (p. 53). [1] Cette initiative était novatrice, puisque l'«Historia religionis» ne fut officiellement introduite dans les «disciplines spéciales» des facultés de théologie que l'année suivante, par la Constitution apostolique Deus scientiarium Dominus de Pie XI. (retour au texte) |
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