Une première approche du bouddhisme

3) L'enseignement du Bouddha

Les fondements de la Doctrine
Les grands courants du bouddhisme


L'enseignement du Bouddha (appelé Dharma) est issu de sa propre expérience.
Il trouve son origine dans l'Éveil (la Bodhi) : expérience de l'esprit - libre de toute déformation, erreur ou illusion - dans le plein épanouissement de toutes ses qualités.

1) Les fondements de la Doctrine

La Doctrine (Dharma) a été exposée par le Bouddha dans un discours connu sous le nom de "Quatre Nobles Vérités".
Il se présente comme un exposé médical :

Si le constat dressé par le Bouddha semble pessimiste (toute existence est soumise à la souffrance), son enseignement, lui, est optimiste puisqu'il affirme que chacun peut retrouver la santé, où toute souffrance est abolie.
Pour parvenir à retrouver la santé (sa propre "nature de Bouddha"), il faut s'adonner à l'étude et à la pratique.
L'étude permet de comprendre l'origine de la souffrance (la nature de l'esprit et des phénomènes) et explique pourquoi notre expérience habituelle est "erronée".
La pratique est l'application concrète de méthodes aptes à transformer l'expérience habituelle en expérience d'éveil, libre de toute déformation et confusion.

Pourquoi tant de "bouddhismes" différents ?

D'après la tradition, le Bouddha a enseigné pendant 45 ans à un public nombreux et varié, savants brahmanes ou femmes et hommes sans culture. Les textes les plus anciens le montrent très soucieux de pédagogie, adaptant ses discours et son enseignement aux qualités et aux connaissances de chacun.
Très vite après sa mort, ses disciples ont ressenti le besoin de fixer ses enseignements (les Sûtras) ainsi que leur interprétation et d'y ajouter des commentaires (l'Abhidharma). De nombreux points de la doctrine ont donné lieu à des discussions et des interprétations différentes, donnant ainsi naissance à plusieurs "écoles".
La mise en pratique de ces enseignements a, elle aussi, évolué et s'est diversifiée, tant du point de vue des règles de vie (monastiques et laïques) que des techniques de méditation. Au fil des générations ces courants sont devenus des ordres religieux, des écoles de pensée philosophique, des écoles pratiques de méditation etc.
Pendant de nombreux siècles, en Inde, les disciples de ces écoles différentes vivaient ensemble, dans les mêmes monastères. Ils se regroupaient davantage selon la règle de vie monastique (le Vinaya) qu'ils adoptaient que selon leur appartenance à telle ou telle école de philosophie ou de méditation.
Lors de la diffusion du Dharma du Bouddha dans les différents pays d'Asie, les enseignements transmis par des représentants de ces écoles se sont greffés sur les traditions et la culture de chaque pays, donnant lieu à une nouvelle évolution des styles et des caractéristiques de la pratique.

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2) Les grands courants du bouddhisme

On regroupe généralement ces multiples écoles en trois grands courants :

1) les écoles du Theravâda ("Voie des Anciens")

Elles ont développé l'enseignement des Quatres Nobles Vérités en insistant sur la connaissance systématique des phénomènes. Elles mettent l'accent sur la discipline, l'importance du détachement et du renoncement, la valeur de la vie monastique. Elles pratiquent essentiellement la méditation "sans référence".
Surtout présentes dans les pays du sud-est asiatique (Sri-Lanka, Birmanie, Thaïlande, Laos et Cambodge), on les regroupe sous le nom de "Bouddhisme du Sud". Elles comptent environ 100 millions de fidèles.

2) les écoles du Mahâyâna ("Grand Véhicule")

Elles ont approfondi l'enseignement philosophique originel. Elles considèrent que la nature des phénomènes est d'être "vide" de nature propre (shunyata) et qu'on peut en faire l'expérience grâce à l'intelligence supérieure (prajna). Elles mettent l'accent sur la motivation altruiste et développent des pratiques centrées sur l'intelligence ou la dévotion. De la réalisation de cet enseignement vient l'expérience de la compassion.
Les principales écoles de ce courant sont l'école Tientaï (Tendaï en japonais), le Bouddhisme de la Terre Pure (appelé aussi "Amidisme") et l'école du Dhyâna ("Chan" en Chinois, "Zen" en japonais). Elles sont surtout présentes dans les pays d'Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée et Viet-Nâm), d'où leur appelation de "Bouddhisme de l'Est". On estime le nombre de leurs fidèles de 200 à 350 millions.

3) les écoles du Vajrayâna ("Véhicule de Diamant")

Elles se caractérisent surtout par les nombreuses pratiques de méditation formelle qu'elles ont développées, à partir du même enseignement philosophique que les écoles du Mahâyâna. Ces pratiques s'appuient sur la notion de pureté fondamentale de toute expérience - qui est pourtant voilée par les effets de l'illusion - et proposent une voie qui peut faire réaliser l'éveil très rapidement (le Vajra, diamant ou foudre, symbolise cette efficacité et cette rapidité). Les enseignements de ces écoles sont aussi appelés Tantra (continuité) pour exprimer, d'une part leur transmission sans interruption, d'autre part la possibilité du passage immédiat de l'expérience habituelle et l'expérience d'éveil, dans la continuité du même esprit.
Elles se sont développées notamment en Inde, puis en Asie hymalayenne et centrale (Tibet, Népal, Mongolie), ainsi qu'au Japon (école du Shingon). On les regroupent souvent sous le nom de "Bouddhisme du Nord" ou Tantrisme. Elles compteraient de 25 à 50 millions de fidèles.

Il n'existe aucune hiérarchie entre ces écoles. Aucune d'entre elles ne peut sérieusement revendiquer une authenticité ou une supériorité par rapport aux autres, ni être légitimée à influencer ou contrôler les autres.
Toutes ces écoles contribuent, par leurs méthodes et styles différents, à offrir un très vaste éventail de possibilités pratiques au plus grand nombre de personnes. Comme les rayons d'une roue, elles convergent vers un "moyeu-origine" commun (l'enseignement du Bouddha), mais se singularisent et divergent pour rejoindre la jante (la mise en pratique adaptée à tout mode de vie et à toute circonstance).
Les différentes traditions ne devraient donc pas être considérées en contradiction ou en compétition entre elles mais comme l'expression d'une complémentarité et d'une synergie dont le but est unique : l'éveil pour tous. En Occident - où elles sont aujourd'hui quasiment toutes représentées - le choix et l'adoption de l'enseignement d'une école ou d'une autre est l'affaire de chaque pratiquant, en fonction de ses tendances particulières, de ses affinités pour le style ou avec un ou des maîtres.

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