Histoire et diffusion du bouddhisme

Le bouddhisme s’est toujours voulu une religion missionnaire, quoique non prosélyte. Une règle impose d’ailleurs aux moines de n’enseigner que si la demande leur en a été faite par trois fois. Cela dit, dès que la communauté a compté soixante disciples parvenus à l’Eveil, le Bouddha les a poussés à « parcourir le monde et diffuser la Bonne Loi, pour le bonheur et le profit du plus grand nombre ».

Au Ve siècle av. J.-C., cette diffusion n’a guère dépassé la vallée du Gange que le Bouddha a parcouru durant quarante ans de prédication. Quelques disciples semblent avoir été jusqu’à la côte ouest de l’Inde, peut-être aussi jusqu’aux premiers contreforts de l’Himalaya. Durant un siècle, la Communauté monastique se divise en « citadins », installés dans les grandes villes, et en « itinérants » qui parcourent le reste du pays. Ces derniers trouvent les premiers laxistes et trop proches des laïcs dans leur mode de vie ; ils souhaitent plus de rigueur dans le respect des règles instituées par le Bouddha, car les moines sont sensés prêcher par l’exemple autant que par la parole… Très minoritaires encore, ils entendent frapper les esprits par leur droiture !

La situation va considérablement changer au IIIe s. av. J.-C., avec l’avènement d’Ashoka, premier souverain qui parvient à réunir sous son autorité la quasi totalité du sous-continent indien. Après avoir conquis par la force son vaste territoire, Ashoka regrette sa violence et se convertit au bouddhisme. La paix qui règne désormais profite aux bouddhistes. Ashoka lui-même se targue d’avoir envoyé des missions jusqu’en Grèce et en Egypte – mais nul ne sait si elles y sont parvenues… On est sûr, en revanche, que son fils et sa fille « évangélisent » Ceylan (Sri-Lanka), où le bouddhisme est aussitôt adopté. D’autres missions parviennent en Birmanie et au Gandhara, un territoire recouvrant une partie de l’Afghanistan et du Pakistan actuels, porte d’entrée des Routes de la Soie.