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La Lettre de l'UBE février
2009 |
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Actualité
de l'UBE
Les prochains cours à Paris
jeudi 12 mars 2009,
de 9 h à 17 h30 Titres
et fonctions dans les traditions bouddhiques et chrétiennes
: Colloque organisé
par le Centre de recherche sur le bouddhisme contemporain
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Actualité
de l'édition Quelques livres nouvellement parus et à paraître prochainement Nagarjuna et la
doctrine de la vacuité Tout l'univers dans
un atome : science et bouddhisme, une invitation au dialogue Méditer zen : une
anthologie spirituelle Se voir tel qu'on est Le bonheur est entre
vos mains The spirit of Buddha Mon autobiographie spirituelle
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Actualités
du bouddhisme en France Dvâravatî
: aux sources du bouddhisme en Thaïlande exposition
au Musée Guimet
de février
à juin 2009 Films documentaires et
conférences pour découvrir la Birmanie, la Thaïlande
et le Laos jeudi
19 février à 12 h 15 - conférence : La roue
de la Loi, tradition indienne et spécificité mône
émission de l'Union
Bouddhiste de France
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Actualités du bouddhisme sur Internet Le site "Buddhachannel"
propose, depuis trois ans, de nombreux articles Les
"Dossiers" thématiques hebdomadaires à venir...
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Du stûpa indien à la pagode d'Extrême-orient Evolutions d'un monument emblématique du bouddhisme et du Buddha
Reconstitution du grand stûpa d'Amaravâti (Inde) et pagode du temple Horyu-ji de Nara (Japon)
le grand stûpa de Sâncî En dépit d’une riche décoration, les stûpa de
Sâncî représentent au fond le type encore essentiellement originel. Premières évolutions du stûpa Toutes les autres formes du stûpa et de la pagode, dans l’ensemble des pays bouddhiques d’Asie, peuvent être dérivées directement ou indirectement du type fondamental que nous venons de décrire. L’évolution qui s’accomplit ainsi est remarquablement conséquente, exemple idéal de la vie et de la croissance d’une forme artistique selon sa loi substantielle innée, son sens et sa destination, et les circonstances de chaque climat culturel donné. Les premiers
stades de son évolution s’observent en particulier au Gandhâra et dans les
sites voisins, mais aussi dans la région d’Amarâvatî et dans les temples
rupestres de l’ouest de l’Inde (Bedsâ et Kârlî; maintenant à dater de 50-100 et
d’env. 120 ap. J.-C.).
De plus, au Gandhâra devait apparaître déjà assez
anciennement un élément nouveau : le soubassement circulaire du type
ancien se transforma en une base carrée, qui allait bientôt présenter plusieurs
degrés, recevoir des escaliers sur ses quatre côtés, escaliers conduisant au
chemin de procession aménagé au pied du stûpa proprement dit, et être
également articulée par des pilastres, des arcades et des niches à
figures ; sur cette substruction s’élèvera le véritable stûpa, avec les étages cylindriques
inférieurs et la calotte qui les surmonte (p. ex. Bhamâla près de
Taxila ; Top-i-Rustam à Balkh ; le stûpa de Rawak près de
Khotan). A Ceylan et en Indochine A Ceylan et en Indochine, spécialement en Thaïlande, le stûpa s’inspire du type originel et ignore totalement toutes ces métamorphoses survenues dans le nord. Certes, il témoigne également de la tendance à la verticalité et développe des formes extrêmement monumentales, mais en dépit de toutes les légères différences dans le détail, il perpétue le type fondamental de la demisphère avec couronnement érigée sur un soubassement circulaire assez bas, avec des voies d’accès limitées aux quatre points cardinaux, comme jadis pour le stûpa de Sâncî.
Malgré un étirement en hauteur prononcé, le rapport de grandeur entre le soubassement, le corps principal et le couronnement reste en faveur du corps principal ; entre le contour de ce dernier et l’assise supérieure du soubassement on aime ménager une douce transition, pour obtenir par la gorge ainsi créée une forme rappelant celle de la cloche (européenne) ; c’est aussi elle que nous observons au Borobudur. L’élégance due à cette particularité et aussi à la flèche très mince, souvent en aiguille, l’élancement curviligne du contour, le mouvement progressivement ascendant avec repos simultané sur le large soubassement adhérant fermement au sol - ces traits différencient sensiblement le type du stûpa sud-asiatique du type indien et de la pagode extrême-orientale.
La pagode lamaïque au Tibet et en Chine respecte également le caractère fondamental du vieux stûpa indien, avec le corps sphéroïdal comme élément constitutif dominant entre le soubassement et la cime. Un autre type d’édifice sacré bouddhique cinghalais et indochinois, type totalement différent, est constitué par l’étroite tour à degrés, composée d’étages cubiques décroissants avec des murs verticaux et des niches encadrées par des pilastres destinées à de grandes effigies du Bouddha, et représentée, par exemple, par le Wat Phra Pathom et le Wat Kukut, et - sous influence dvâravatienne - par le Sat Mahal Pâsâda à Polonnâruwa (Ceylan), qui datent du XIIe siècle.
Mais comment donc ce type d’édifice a-t-il pu dériver
du stûpa indien, dont il est apparemment si différent ? Pagode de Longhua à Shangaï (vue générale et détail du sommet)
L’orientation suivant les quatre points cardinaux, et corrélativement le plan carré, avait déjà été appliquée au Gandhâra ; la pagode extrême-orientale adopte ce principe - déjà en raison de la conception du monde essentiellement cosmologique des Chinois - mais augmente fréquemment le nombre des côtés, aboutissant ainsi au plan polygonal particulièrement apprécié en Chine. A l’Inde ou à l’Asie centrale aura pu être empruntée la conception générale du type d’édifice, mais pas ces détails de l’exécution technique et son idiome formel. Deux types architecturaux autochtones auront exercé une influence au moins secondaire : la tour de guet à étages, à plan rectangulaire ou carré, avec des toitures largement débordantes, soutenues par un système de consoles, et avec de petites galeries à chaque étage ; et, apparenté à la tour de guet et construit le plus souvent sur plan polygonal, le pavillon à étages, qui avait été de tout temps une forme préférée de l’architecture chinoise. La grande popularité de la pagode polygonale en Chine s’explique peut-être par le fait que les apports stimulants venus des monuments turriformes indiens y rencontraient un type d’édifice de la même famille, lequel avait depuis longtemps résolu les problèmes de la construction de bois - qui excluait tout bâtiment à plan circulaire dans le genre du stûpa indien - et correspondait dans tous les détails au goût chinois. La pagode chinoise, dont le plus ancien type identifiable nous apparaît dans les reliefs de Yünkang et de Lungmên (vers 500), fut progressivement développée dans de nombreuses variantes, lesquelles accusent aussi de fortes différences régionales ; ce qui frappe, c’est la préférence accordée au plan polygonal, à la solide construction de brique ou de pierre de taille, à un riche décor sculpté, à un puissant effet de couleur - surtout obtenu par les tuiles fréquemment vernissées aux vives couleurs - et, notamment dans le sud, aux toits souplement incurvés. Dans le cas de la plupart des pagodes monumentales, l’édifice ou bien consiste dans sa totalité en maçonnerie - et alors il ne présente que d’étroites lignes de toiture affectant la forme de corniches en encorbellement - ou bien se compose d’un noyau de maçonnerie et d’une enveloppe de bois avec des galeries et des toitures en plus forte saillie. Sur la petite base hémisphérique que nous avons déjà évoquée, le bâtiment porte toujours une hampe culminale de pierre ou de métal, d’une hauteur variable, avec plusieurs disques ou anneaux. De son sommet et jusqu’aux angles de la toiture supérieure, pendent fréquemment des chaînes avec des clochettes, et aux toits des autres étages de telles clochettes font également retentir au loin le message de la Bonne Loi. L’illumination très populaire - déjà dans l’Inde - des pagodes avec un grand nombre de lampes avait à l’origine le même sens, ces édifices étant considérés comme des « Phares de la Doctrine ».
Le centre des pagodes chinoises est occupé soit par
un massif pilier axial, autour duquel sont aménagés des escaliers conduisant
vers le haut et permettant en même temps le rite de la circumambulation ; soit
par un puits dont le milieu est constitué par un Bouddha sculpté, figure qui
est aussi isolée pour rendre possible la circumambulation et à partir de
laquelle, à chaque étage, d’étroits passages en forme de tunnels rayonnent vers
l’extérieur, débouchant sur des fenêtres. D’autres passages, des niches et même
de petites chapelles pour des statues peuvent être gagnés sur la bâtisse. Cela
démontre que la pagode est foncièrement un corps plastique, qui s’épanouit dans
tous les sens à partir d’un noyau parfaitement achevé en soi-même, qui ne
contient cependant aucun local proprement dit, mais est uniquement évidé et
quasiment sculpté. Ce noyau, c’est le Bouddha en effigie ou le pilier central,
qui monte du fondement à travers tout l’édifice pour supporter à son extrémité
supérieure le pinacle, pilier enfin où sont murées les reliques et contre lequel
s’adossent des bouddhas sculptés, qui, par les passages rayonnants et selon les
quatre ou huit Orients, regardent vers l’extérieur et illuminent l’Univers.
L’effigie du Bouddha, le corps du Bouddha sous forme de reliques - corporelles
ou spirituelles, c’est-à-dire des sûtra et des formules sacrées - et le
pilier axial sont interchangeables, identiques selon leur sens. Beaucoup de
pagodes présentent aussi sur leurs murs extérieurs des effigies en relief de
bouddhas, lesquelles figurent les « Mille Bouddhas » de tous les éons
qui se révèlent à la contemplation méditative et visionnaire. En Corée et au Japon La Corée connaît principalement deux types de pagodes : la pagode de pierre, que nous avons déjà mentionnée, et la pagode de bois à étages ; la première a certes subi l’influence de la Chine, mais a néanmoins été développée d’une manière très autonome, tandis que la seconde imite probablement sans grande originalité le modèle chinois.
La pagode
japonaise, de même, s’inspire d’abord pour tous ses traits essentiels des
exemples primitivement coréens, par la suite aussi chinois, et cela en dépit de
notables particularités. Mais les Japonais firent preuve d’une volonté propre
en choisissant dans le répertoire de types de pagodes déjà assez varié que la Chine offrait au VIe/VIIe
siècle, avec une préférence presque exclusive, deux modèles, types qu’ils ont
conservés à travers toutes les époques, et dont l’un se vit presque accorder un
monopole : à savoir la pagode à étages et galeries, construite presque
exclusivement en bois sur plan carré, avec le plus fréquemment cinq, souvent
trois, occasionnellement sept ou neuf étages, et des toitures très largement
débordantes, couronnée d’un haut mât de bronze comprenant le plus souvent neuf
anneaux ; le même type existait sur plan polygonal, mais bien plus rarement.
Ce type principal et fondamental de la pagode japonaise fut importé tel quel de Chine, par la voie de la Corée, et nous apparaît encore de nos jours, avec la pagode du Hôryûji, sous sa forme du VIIe siècle, laquelle représente probablement l’édifice chinois du Ve/VIe siècle. Il en résultera une longue succession de pagodes allant jusqu’au XVIIIe/XIXe siècle. La particularité la plus importante de la pagode de bois japonaise est constituée par le pilier central ou axial - aussi emprunté à la Chine, probablement, où il ne s’est toutefois conservé que d’une façon rudimentaire, c’est-à-dire au dernier étage, dans la construction de bois - ; ce pilier central, qui est en quelque sorte un gigantesque mât, s’appuie sur la pierre fondamentale enfoncée sous terre et a surtout pour fonction de supporter la très haute (dans le cas de la pagode du Hôryûji, haute de près de 10 m) et très lourde flèche de bronze, d’alléger la construction de bois finement articulée de cette charge en la reportant sur la pierre fondamentale. D’ailleurs, la construction ne relie pas le pilier central aux étages : ceux-ci ne font que l’encercler et lui laissent un peu de jeu, afin que son léger balancement, lors des typhons ou des tremblements de terre, ne mette pas en péril le complexe assemblage.
Tout édifice sacré est porteur d’un sens, et le
monument bouddhique, qui partout en Asie, en tant que stûpa ou pagode,
nous apparaît dans de si multiples métamorphoses de son type foncièrement
immuable, est véritablement chargé de significations religieuses. Comme
reliquaire, le stûpa ou le pilier central de la pagode enveloppe le
corps du Parfait dans son essence, il représente le Bouddha dans l’état
nirvânique et devient lui-même symbole du nirvâna, ce qui veut dire
signe de l’Absolu. Dans la pensée mahâyâniste, la manifestation personnelle de
l’Absolu est la figure du Bouddha, qui peut par conséquent former le centre
d’un stûpa. Si sur des stûpa
élevés dans des caitya indiens ultérieurs (p. ex. Ajantâ ou Elûrâ)
ou sur des représentations de stûpa, nous voyons ainsi une effigie du Bouddha, il faut
toujours l’interpréter comme noyau du monument dans son centre et non pas
comme figure placée devant lui, contre sa façade. Pareillement, un
Bouddha peut constituer le centre d’une pagode et s’y trouver en identité
corporelle avec le pilier central. Car aussi bien le Bouddha, au niveau suprême
l’Adi-Bouddha Vairocana, que l’axe du stûpa ou de la pagode se situent
au centre du Cosmos, et cet axe du Monde repose sur son ultime tréfonds pour
s’élever par multiples degrés jusqu’aux plus hautes sphères célestes. A partir
du centre s’épanouissent les Orients, auxquels la pensée mahâyâniste a attribué
des bouddhas particuliers et auxquels se réfèrent également les formes
architecturales du stûpa et de la pagode : l’ancien stûpa avec
ses quatre portes et escaliers, la pagode extrêmeorientale avec les côtés de
son plan carré ou polygonal. Cette disposition autour du centre avec une
rigoureuse référence aux quatre ou huit points de l’espace se retrouve dans le mandala, et le plan d’un stûpa ou
d’une pagode ne présente pas souvent par hasard une grande analogie avec ce
cosmogramme métaphysique Le temple-montagne de Borobudur, à Java (Indonésie)
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