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Actualité
de l'édition
Quelques
livres nouvellement parus et à paraître prochainement Pourquoi n'y a-t-il pas de chemin spirituel sans
un maître ? Le sceau de la
tradition, l'inouï de la modernité Fabrice
Midal Editions du Grand
Est - Date de
parution : 03/03/2009
N° ISBN : 978-2-916885-07-0 - Prix de
vente : 13,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : La relation directe
entre un maître et son disciple joue un
rôle essentiel dans la plupart des
traditions spirituelles, excepté
dans la religion catholique qui considère la figure du maître archaïque. F.
Midal redéfinit la notion de maître,
son rôle et la façon d'entrer en relation
avec lui, à la lumière
particulière de la tradition tantrique
du bouddhisme indo-tibétain. Niveau de lecture : Tout public
La sérénité de l'instant : paix et joie à chaque pas Thich Nhât Hanh
Editions J'ai lu, n° 8863 ; coll. « Aventure secrète » - Date de
parution : 04/03/2009 N° ISBN : 978-2-290-01477-6 - Prix de
vente : 5,60 € Présentation du livre par l’éditeur : L'auteur, maître zen,
poète et avocat de la paix, propose des expériences tirées de sa propre vie et
permettant d'accéder au bonheur et à la paix intérieure. Niveau de lecture : Tout public
The spirit of Buddha
Kyte-Coles Robin ; préf.
Dalaï Lama
Editions : Te Neues, coll. « Photography » - Date de
parution : 05/03/2009
N° ISBN : 978-3-8327-9315-9 - Prix de
vente : 35,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Panorama des représentations de Buddha à
travers l'Inde, le Vietnam, le Cambodge, la Birmanie, le Népal...
Niveau de lecture : Tout public
Mon autobiographie spirituelle
Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama
Editions : Presses de la
Renaissance - Date de parution : 05/03/2009
N° ISBN : 978-2-7509-0434-0 - Prix de
vente : 19,50 €
Présentation du livre par l’éditeur : A un moment où le Dalaï-Lama s'interroge
sur l'avenir et sur sa succession, Sofia Stril-Rever recueille ses paroles
empreintes de réalisme sur les enjeux présents et son regard sur le monde de
demain.
Niveau de lecture : Tout public
Réflexions d'une nonne bouddhiste
Tenzin Palmo
Editions : G. Trédaniel - Date de parution : 17/03/2009
N° ISBN : 978-2-84445-915-2 - Prix de
vente : 18,00 € Présentation du livre par l’éditeur : Conférences de la nonne d'origine britannique, Diane Perry,
ordonnée en 1964, sur son initiation au bouddhisme tibétain, son étude des
textes sacrés et sa pratique de la méditation.
Niveau de lecture : : Tout public
Sagesses d'Orient
Taisen Deshimaru, Galal al-Din Rumi, Thich Nhât Hanh
Editions : Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes -
Date de parution : 28/03/2009
N° ISBN : 978-2-226-14529-1 - Prix de
vente : 24,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Ensemble de 3 recueils de textes
comprenant : des contes zen à la fois truculents, poétiques et sages, des contes
soufis commentant le Coran et des contes bouddhistes pour transformer les peurs
et les souffrances en paix intérieure.
Niveau de lecture : Tout public
Bonheur de la
méditation
Yongey Mingyur Rinpoché ; collab. Eric Swanson et avant-propos de Daniel
Goleman ; préf. Matthieu
Ricard ; trad. de l'anglais (Etats-Unis) Christian Bruyat
Editions : Le Livre de poche ; coll. « Pratique » n° 31349 -
Date de parution : 08/04/2009
N° ISBN : 978-2-253-08494-5 - Prix de
vente : 6,50 €
Présentation du livre par l’éditeur : Etude sur les relations entre les enseignements
du bouddhisme et la science moderne et plus particulièrement les neurosciences.
D'après l'auteur, la mécanique quantique semble corroborer les paroles du
Bouddha sur la nature de la réalité et les neurosciences peuvent prouver que
les pratiques comme la méditation exercent une action sur le fonctionnement du
cerveau.
Niveau de lecture : Tout public
Journal de mon jardin
zen
Luce Bachoux (Joshin Sensei)
Editions : Desclée De Brouwer, coll. « La vie » - Date de parution : 16/04/2009
N° ISBN : 978-2-220-06106-1 - Prix de
vente : 18,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Nonne bouddhiste, proche de la nature et
du silence, l'auteure propose de retrouver calme et sérénité et de cultiver son
jardin intérieur. Un autre regard sur le monde qui invite à y trouver amour et
sagesse.
Niveau de lecture : Tout public
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Actualités
du bouddhisme en France
Vesak
2009 : des reliques du Bouddha historique offertes à l'Union
Bouddhiste de France les 15, 16 et 17 mai 2009
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Il y a 111 ans, le roi
Rama V de Thaïlande a fait déposer des reliques du Bouddha historique, Siddharta
Gautama Sakyamuni, provenant de son lieu
de naissance en Inde, dans le stûpa "La Montagne Dorée"
à Wat Saket, le 23 mai 1899 (23 mai 2442 en Thaïlande).
Pour symboliser le
passage du bouddhisme de l'Orient vers l'Occident, le Patriarche de Thaïlande
souhaite qu'une partie de ces reliques soit placée définitivement à Paris lors
du Vesak 2552 (2009), qui sera célèbré les 15, 16 et 17 mai 2009.
La Mairie
de Paris est partenaire de l'Union Bouddhiste de France dans cet événement et
une partie des festivités se déroulera le 16 mai à l'Hôtel de Ville de Paris,
en présence d'importantes personnalités religieuses et politiques. L'offre inattendue et précieuse du grand Patriarche thaï
investit l'Union Bouddhiste de France de grandes responsabilités car le succès de cette manifestation
rejaillira sur l'ensemble du bouddhisme français et de toutes ses communautés.
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stûpa
de la Montagne dorée de Wat Saket
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Les actions que l'UBF doit mener à bien dans un délai très
court sont considérables. Elles requièrent notamment des moyens financiers qui
dépassent largement les capacités actuelles de l'UBF (aménagement/décoration de
la Pagode,
organisation de très nombreuses réunions sur Paris, invitation des
personnalités, frais divers d’impression des documents et affiches...). Les membres du conseil d’administration et du bureau de l’UBF
travaillent intensément depuis deux mois à la préparation des multiples
manifestations qui auront lieu pendant ces trois journées : cérémonies inter-traditions,
exposition, réception officielle et spectacle à l’Hôtel de Ville, installations
des reliques à la Grande
Pagode de Vincennes et Fête du Bouddhisme. C'est pourquoi l'UBF a aujourd'hui besoin d'une
participation financière exceptionnelle et fait appel à la générosité
de toutes les personnes qui souhaitent s'associer au plein succès
de cet événement. Si vous le désirez, un bulletin
de don (document PDF à télécharger) est
à votre disposition...
Le déroulement des cérémonies
aura lieu comme suit :
- jeudi 14 mai 2009
:
arrivée des reliques sur le sol français, premier rassemblement des religieux à
l6 heures à la pagode de Vitry-sur-Seine pour accueillir les reliques.
- vendredi 15 mai
2009 : une célébration aura lieu à l'Institut Bouddhique Hoc
Viên Huyen Vi de
Vitry-sur-Seine (86 rue Pasteur 94400 Vitry sur Seine) pour accueillir ces reliques en présence des différentes délégations
religieuses.
- samedi 16 mai 2009
:
les reliques seront exposées à l'Hôtel de Ville de Paris,
salon des Tapisseries (accès rue de Lobau) ; autour des Reliques du Bouddha, exposition exceptionnelle d’art bouddhique - avec le concours du Musée Guimet
: « De Bodhgaya à Paris, 25 siècles de cultures bouddhiques ».
- dimanche 17 mai
2009 : les reliques seront déplacées à la Pagode du Bois de Vincennes (40 route de la Ceinture du Lac Daumesnil 75012 Paris -
M° Porte Dorée) : 8 h 30 - Procession solennelle depuis la Porte Dorée jusqu'à la Pagode ;
10 h – 11 h 30 : Cérémonies en l'honneur des Reliques
; 12 h 30 – 18 h : « Fête du Bouddhisme » :
Présentation de l’univers culturel bouddhique en France
-
Cérémonies, spectacles, stands, ateliers, expositions.
=>
pour en savoir plus sur la dévotion
au Bouddha et à ses reliques : consultez les archives du
Micro-Hebdo
n° 74
Dvâravatî
: aux sources du bouddhisme en Thaïlande du 11 février au 25 mai 2009
exposition
au Musée Guimet plus de détails :
http://www.guimet.fr/Dvaravati-Aux-sources-de-l-art

de février
à juin 2009 "Au
fil du Mékong" au Musée Guimet à
la découverte des pays bouddhistes d'Asie du sud-est
Films documentaires et
conférences pour découvrir la Birmanie, la Thaïlande
et le Laos à travers
les diverses manifestations du bouddhisme.
jeudi
19 mars à 15 h 00 - conférence : A propos de l'art
de Dvâravatî jeudi 2 avril à 12 h 15 - conférence
: Les décors des monuments de Dvâravatî mercredi
22 avril à 12 h 15 - documentaire : Le pays des bouddha d'or lundi
27 avril à 12 h 15 - documentaire : Un peuple en quête
de mérites jeudi 30 avril à 12 h 15 - conférence
: Nakhon Pathom, une ancienne capitale de Dvâravatî
? lundi 4 mai à 12 h 15 - documentaire : Esprit, es-tu
là ? jeudi 7 mai à 12 h 15 - conférence
: Des villages à la ville - le temple dans l'espace urbain mercredi
13 mai à 12 h 15 - 2 documentaires : Thilashins, les
moniales de Birmanie ; Sur la route de Mandalay mercredi 20 mai
à 12 h 15 - documentaire : Thamanya, un espoir pour la Birmanie mercredi
10 juin à 12 h 15 - documentaire : Le bouddhisme au village vendredi
12 avril à 12 h 15 - documentaire : Bun Lan Xang, rites festifs
au Laos plus de détails : http://www.guimet.fr/-Auditorium-
Journées
"Vimalakîrti"
18 avril 2009 : Bouddhisme et engagement 20 juin 2009 : La réconciliation et la non-violence
Dans le Sûtra de Vimalakîrti,
l’un des textes les plus généreux du bouddhisme du Grand Véhicule,
Vimalakîrti, son héros, invite à oeuvrer avec intelligence et amour dans le
monde. Il témoigne que la voie du Bouddha est une pratique de la responsabilité
engagée : le bodhisattva soigne
les corps et protège les esprits ; il oeuvre à la réconciliation des êtres
et dissipe leurs peurs ; il libère les victimes de l’injustice ; il
répand la non-violence et protège la Terre.
Inspirés par l'enseignement de Vimalakîrti, Jean-Paul
Ribes et Eric Rommeluère proposent deux journées d'introduction et de réflexion à l'engagement bouddhiste,
le samedi 18 avril et le samedi 20 juin 2009, de 9 h 30 à 17 h 30,
au 80 rue Philippe de Girard
75018 Paris (M° Max Dormoy) Ces journées préfigurent la création d’une organisation de réflexion,
d’action et de formation à l’engagement bouddhiste. Toutes les personnes
intéressées sont les bienvenues. L’initiative est soutenue par l’Union
Bouddhiste de France, fédération nationale des associations bouddhistes de
France.
Il est possible de participer à l’une ou l’autre de ces journées ou les deux.
plus de détails : http://www.zen-occidental.net/journeeavril-vimalakirti.html
Sagesses
bouddhistes
émission de l'Union
Bouddhiste de France diffusée sur France 2, le dimanche matin
de 8 h 30 à 8 h 45 (l'émission peut être
visionnée la semaine suivante sur le site de France
2)
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Avril 2009
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dimanche 5 avril
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Ryôkan, maître zen et poète Invité : Dominique Blain
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dimanche 12 avril
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Aux origines de l¹Art bouddhique de Thaïlande Invité : Thierry Zéphir |
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dimanche 19
avril
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L¹engagement bouddhiste dans la société actuelle A la lumière du
sûtra de Vimalakîrti (1/2) Invités : Jean-Paul Ribes
et Eric Rommeluère |
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dimanche 26
avril
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L¹engagement bouddhiste dans la société actuelle A la lumière du
sûtra de Vimalakîrti (2/2) Invités : Jean-Paul
Ribes et Eric Rommeluère |
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"Le
monastère est en nous"
Etre moine dans la vie quotidienne, selon la pratique
du Zen
un enseignement de Roland Yuno Rech
| "Etre
moine", dans la tradition bouddhique, peut être compris
de diverses manières selon les traditions... Dans les
écoles tibétaines, comme dans l'école du Theravâda,
en Asie du sud-est, le "moine" (bhikkhu,
bhikshu) est avant tout celui qui réside
dans un monastère, suivant des préceptes qui comportent
les voeux de pauvreté et de chasteté, qui impliquent
le port d'un vêtement particulier et une vie de type communautaire
- à l'instar des moines chrétiens en Occident... Le
Zen japonais, pour diverses raisons historiques, s'est éloigné
de ce modèle mais n'en a pas perdu pour autant l'esprit essentiel
: ceux que l'on nomme "moines Zen" sont désormais
le plus souvent mariés mais, qu'ils vivent dans des monastères
ou dans la société ordinaire, ils continuent néanmoins
de suivre l'état d'esprit de ce qui fait un vrai disciple du Bouddha : le détachement, la
disponibilité, la pratique de chaque instant... Pour mieux
connaître cette démarche, nous
vous proposons ci-dessous un enseignement ("kusen")
de Roland Yuno Rech, l'un des principaux disciples français
du maître japonais Taisen Deshimaru, responsable du Dojo Zen
de Nice et vice-président de l'Association Zen Internationale.
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"Le
monastère est en nous"
Le bouddhisme Mahâyâna, et donc le Zen, enseigne
que tous les êtres ont la nature de Bouddha. On pourrait donc penser qu’il
est inutile de pratiquer et, en particulier, de devenir moine et d’entrer dans un
monastère. Mais avoir la nature de Bouddha signifie avoir la capacité de
s’éveiller. Sans pratique, cette nature demeure virtuelle et ne s’actualise pas
vraiment. Devenir moine veut dire être seul et aussi être Un. Seul, c’est-à-dire laisser tomber nos objets d’attachement
et être totalement disponible pour la pratique de la voie vingt-quatre heures
sur vingt-quatre. "Un" veut dire "un avec le Dharma", la vérité
universelle qui fonde nos existences. Devenir un vrai moine, c’est donc déjà
réaliser l’éveil, devenir Bouddha, devenir ce que nous sommes en réalité depuis
toujours, actualiser notre véritable nature.
S’il est recommandé de pratiquer dans un monastère, c’est
parce que la vie y est organisée suivant une règle qui permet de faire de
chaque moment et de chaque action une occasion de pratiquer. Cette pratique
consiste à être vigilant, un avec ce que l’on fait, mais aussi un avec les
autres, de s’harmoniser avec les autres comme le lait et l’eau ; ce qu’apporte
une vie de moine, c’est donc cette unité retrouvée dans notre existence, alors
que la pratique d’un laïc est souvent vécue comme une heureuse parenthèse dans
une vie quotidienne partagée entre de multiples obligations : le travail dans
une entreprise toujours plus stressant, une vie de famille avec toutes ses
exigences, avec des personnes qui ne partagent pas forcément la même
aspiration. Pratiquer la voie en étant laïc est possible mais bien plus
difficile qu’en étant moine. Cependant, depuis plus d’un siècle, les moines zen de la tradition japonaise
ont reçu l’autorisation de se marier, de fonder une famille et même d’avoir un
travail dans la société civile. C’est aussi le cas pour les moines zen qui vivent
en Occident. Faire ce choix ne signifie pas pratiquer la voie à temps partiel,
lorsqu’on se retrouve en méditation dans le dojo. Cela signifie qu’à partir de la
pratique régulière de cette méditation, le zazen, toute la vie devient le
lieu de la pratique. Cela est plus difficile mais pas impossible et
c’est le défi que nous tentons de relever, pas seulement pour nous-même, mais
pour rendre à la pratique son caractère universel et permettre à tous de s’y
engager, au lieu de la réserver à une élite.

Mener une vie de moine en famille paraît une contradiction
si on considère que le moine doit vivre seul. Mais si on réalise que la vraie
nature de notre vie est d’être un avec tous les êtres, solidaire, alors la vie
de famille peut devenir une excellente occasion de pratique. Par exemple,
Maître Dôgen recommandait aux moines qui avaient des responsabilités dans le
monastère de développer un esprit de parent vis-à-vis des autres moines et même
avec les objets de la vie quotidienne, en en prenant soin avec la même
attention bienveillante qu’un parent s’occupe de ses enfants. C’est dire que la
responsabilité de parent correspond bien à un aspect essentiel de l’esprit du
moine. Certains craignent parfois que celui ou celle qui devient
moine finisse par délaisser sa famille ou son travail. Mais ce que le moine "délaisse"
c’est l’attachement à la famille, c’est-à-dire le coté égoïste de l’amour. En
revanche, il continue à donner son affection et à assurer ses responsabilités
avec bienveillance pour tous les membres de sa famille. De même le moine
"délaisse" ses ambitions professionnelles en ne cherchant plus à
faire carrière. Mais il s’occupe de son travail avec beaucoup d’attention et avec
l’esprit d’en faire un service rendu à la société.
Pour vivre en société comme dans un monastère, il faut
pouvoir mener une vie suffisamment régulière. Cela ne peut que nous inciter à
laisser toutes les activités superflues mais qui encombrent notre emploi du
temps. Mais il faut surtout pouvoir se concentrer sur chaque instant. Ce qui
est a priori possible partout, mais est parfois très difficile - même dans un
véritable monastère. De plus, les moines qui ne vivent pas dans un monastère ont
la possibilité d’y faire des retraites périodiques ; ce ressourcement va aider
à faire de la vie quotidienne la pratique de la voie. Comment ? En commençant chaque journée par une séance de méditation
assise (zazen)
qui consiste essentiellement à se concentrer sur la posture de son corps et à
être très attentif à ses respirations. Le calme de l’esprit ainsi retrouvé va
aider à y voir plus clair, à mieux se comprendre soi-même et à moins s’attacher
à ses constructions mentales. Le moine est appelé "unsui" (nuage et eau),
car il réalise un esprit qui ne stagne sur rien, mais qui n’est pas non plus
distrait. Dans le reste de la journée, il est bon de recourir le plus souvent
possible à l’attention au corps et à la respiration, en étant assis, en
marchant, en conduisant sa voiture, en travaillant.
Les règles de la vie monastique ne concernent pas seulement
la pratique de la méditation et des cérémonies, elles concernent aussi la façon
de préparer et de prendre les repas. Même si on ne peut pas les transposer
intégralement dans la vie quotidienne, on peut en retenir l’essentiel. Pour la
cuisine, cela consistera à préparer les repas en veillant à la variété de la
nourriture, à son équilibre au niveau des différentes saveurs et des propriétés
des aliments. Il s’agit aussi de se concerter avec les autres pour les menus et
de ne pas seulement suivre sa propre idée. Il conviendra d’utiliser au mieux
les ingrédients disponibles et de ne pas les gaspiller : rien ne doit être
perdu, l’eau doit être épargnée, les aliments qui ne respectent pas
l’environnement seront évités.

Les repas seront pris avec concentration sur le fait de
manger : aussi silencieusement que possible, sans laisser de restes, en
respectant le rythme des autres, attendant que chacun ait fini le plat en cours
avant de passer au suivant, commencer et finir le repas tous ensemble et en
même temps. On évitera bien sur de lire le journal, de regarder la télévision
en mangeant, mais aussi de s’engager dans des discussions qui agitent l’esprit.
On participera à la vaisselle et au rangement des ustensiles et de la table.
On veillera à la régularité des périodes de repos et au
respect du repos de chacun en particulier en établissant un horaire pour le
coucher et le réveil qui assure le silence pendant le temps réservé au sommeil.
Dans la façon de faire sa toilette, on se concentrera sur ses gestes, on
évitera de gaspiller l’eau et on laissera les lieux utilisés aussi propres que
possible. On prendra soin de ranger ses affaires et de ne rien laisser traîner.
Cela évitera à chacun de perdre du temps à la recherche d’objets égarés et cela
permettra surtout de vivre dans un environnement ordonné et harmonieux qui
favorisera la concentration de l’esprit. C’est ce que les parents essaient
d’inculquer à leurs enfants, mais que même les adultes ont souvent du mal à
pratiquer.
Les règles de vie monastiques concernent aussi les relations avec les autres.
Elles visent à favoriser le respect réciproque des membres de la communauté
quelle que soit sa position. Dans un monde où l’incivilité augmente de jour en
jour, cet aspect de la vie de moine mérite d’être mieux connu et pratiqué.
Par contre, il peut paraître utopique de vouloir répandre
la pratique de la pauvreté monastique dans une société en quête d’une perpétuelle
augmentation des richesses. On peut néanmoins en favoriser une meilleure répartition et
remédier ainsi à une pauvreté réelle et involontaire d’une part importante de
la population, et ceci pas seulement dans ce qu’on appelle le tiers-monde.
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Surtout il conviendrait de s’interroger davantage sur le
vrai sens de la richesse et de voir qu’elle n’est pas forcément liée à la
possession de beaucoup de choses matérielles. Combien de gens dépensent leur
temps et leur énergie à poursuivre des objets qui les laissent finalement
insatisfaits ! Parmi ce qu’on appelle les paramita, c’est-à-dire les six
pratiques qui permettent de s’éveiller, de se libérer de ses attachements et de
vivre une vie heureuse en harmonie avec l’interdépendance des êtres, il en est
une, le don, qui est éminemment pratiquée dans le monastère.
Le moine donne tout son temps et son énergie à la pratique de la vie avec les
autres. De plus, il donne l’occasion aux autres de donner lorsqu’il demande
l’aumône. Dans notre société, la pratique du don devra se développer
de façon importante. En effet, le libéralisme qui se généralise à l’échelle
planétaire va favoriser l’accroissement des inégalités et rendre d’autant plus
urgent le développement d’une économie du don et des actions de solidarité.
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Un des aspects de la discipline monastique que l’on peut
pratiquer dans la vie sociale est ce qu’on appelle zanshin, la concentration qui va
jusqu’au bout d’une action entreprise ou même d’un simple geste, tel que fermer
une porte en étant attentif à ne pas la faire claquer bruyamment, à ranger ses
outils après le travail, laver et ranger la vaisselle après chaque repas. Cela
signifie ne pas être négligent. Un autre aspect essentiel est la pratique de shikan qui consiste
à ne faire qu’une seule chose à la fois, et à la faire complètement. Par
exemple être complètement assis et se concentrer totalement sur sa posture sans
penser à autre chose, en ne s’attachant pas même au but ou au résultat de
l’action. Dans la vie quotidienne, cette pratique trouve de nombreuses
applications, comme ne faire que conduire quand on est au volant - ce qui
éviterait bien des accidents !
Ces façons de faire sont certes différentes de certaines
mauvaises habitudes, mais loin de conduire à une sorte de marginalisation de
ceux qui les pratiquent, elles les rendent plus présents et efficaces dans
toutes leurs activités. Mais il faut bien sûr faire attention à ne pas devenir
rigide dans son comportement et à ne pas développer de l’orgueil spirituel à se
croire plus dans le juste que les autres ; cela ne ferait que renforcer
l’attachement à l’ego alors que le sens de la pratique est de nous en libérer. Mener une vie de moine dans un monastère ne devrait pas
aboutir à nous isoler, mais à découvrir par-delà la solitude assumée, notre
non-séparation d’avec tous les êtres. Et même si cela conduit à un comportement
parfois différent, cette différence n’est ni recherchée ni affichée. Elle
résulte simplement d’un effort pour revenir à un mode de vie plus juste, auquel
beaucoup de gens aspirent sans y avoir accès. C’est ce qui donne à notre vie de
chaque jour un sens plus profond en nous harmonisant avec la réalité
fondamentale de toutes les existences : non ego et solidarité avec les
autres.
Roland Yuno
Rech Dojo zen de
Nice
Pour
en savoir plus :
=>
le site du Dojo Zen de Nice : http://zen-nice.org/index.htm
=> "Zen et vie professionnelle" (Roland
Yuno Rech) : Zen-et-vie-professionnelle.html
=> "Journée dans un temple zen" (Joshin
Bachoux) : http://www.larbredeleveil.org/lavietelle.htm
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