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Actualité
de l'édition
Quelques
livres nouvellement parus et à paraître prochainement Journal de mon jardin
zen
Luce Bachoux (Joshin Sensei)
Editions : Desclée De Brouwer, coll. « La vie » - Date de parution : 16/04/2009
N° ISBN : 978-2-220-06106-1 - Prix de
vente : 18,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Nonne bouddhiste, proche de la nature et
du silence, l'auteure propose de retrouver calme et sérénité et de cultiver son
jardin intérieur. Un autre regard sur le monde qui invite à y trouver amour et
sagesse.
Niveau de lecture : Tout public
Bardo : au-delà de la folie
Chogyam Trungpa, trad. de l'américain par Stéphane Bédard
Editions : Le Seuil, coll. Points Sagesses » n° 85 - Date de
parution : 08/04/2009 (Nouv. éd.)
N° ISBN : 978-2-7578-1150-4 - Prix de
vente : 10,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Partant de la tradition bouddhique,
l'auteur examine la folie présente dans nos tendances psychologiques habituelles
et montre comment elle offre l'occasion de transmuer l'expérience quotidienne
en liberté.
Niveau de lecture : Tout public
Religion et société en Chine ancienne
et médiévale
Sous la direction de John Lagerwey
Editions : Cerf - Institut Ricci, coll. « Patrimoines – Chine »
- Date de parution : 09/04/2009
N° ISBN : 978-2-204-08400-0 - Prix de
vente : 54,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Une histoire de l'émergence de la religion
chinoise depuis la haute Antiquité jusqu'à l'avènement en 589 de la dynastie
Sui. Les contributions rassemblées s'appuient sur les données de l'archéologie,
de la philosophie et de la littérature pour montrer le rôle joué par la
religion dans l'édification de l'Etat et de la société.
Niveau de lecture : Public motivé
La Chine pense-t-elle ?
Anne Cheng
Editions : Fayard, coll. « Leçons inaugurales du Collège de
France » - Date de parution : 22/04/2009
N° ISBN : 978-2-213-64292-5 - Prix de
vente : 10,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Depuis les Lumières, le monde occidental
s'est fait et se fait encore une idée fausse de la Chine, entre la Chine éternelle, esthétique
et consensuelle, et une autre, imprévisible et inquiétante. La Chine ne serait-elle pas
capable, après tout, de penser et de se penser par elle-même ?
Niveau de lecture : Public motivé
Comment être heureux
Thubten Zopa rinpoché
Editions : Vajra Yogini - Date de parution : 23/04/2009
N° ISBN : 978-2-911582-73-8 - Prix de
vente : 9,90 €
Présentation du livre par l’éditeur : Un condensé des 78 conférences de ce
maître du bouddhisme tibétain permettant une compréhension rapide de cette sagesse
millénaire et de sa psychologie qui mène au bonheur.
Niveau de lecture : Tout public
Moine zen en Occident
Roland Yuno Rech - entretiens avec Bruno et Romana Solt
Editions : Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes » n° 208
- Date de parution : 04/05/2009 (Nouv. éd.)
N° ISBN : 978-2-226-19111-3 - Prix de
vente : 7,50 €
Présentation du livre par l’éditeur : A travers ces entretiens, Roland Rech
tente de transmettre l'essence d'une philosophie orientale du zen qu'il a
lui-même reçue de Taisen Deshimaru.
Niveau de lecture : Tout public
Le bonheur passe par les autres :
pratique du bouddhisme tibétain
Lorne Ladner, trad. de l'américain par Larry Cohen et Brigitte Vadé
Editions : Eyrolles, coll. « Comprendre et agir » - Date de
parution : 07/05/2009 (Nouv. éd.)
N° ISBN : 978-2-212-54361-2 - Prix de
vente : 18,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Recourant à la fois à la psychologie
occidentale et à la psychologie bouddhique, un psychologue clinicien explique
les bases du bonheur : abandon des illusions, moi stable et autonome, recherche
du bonheur des autres, conscience des liens interdépendants et réciproques
entre les individus. Avec des exercices bouddhiques pour développer son art de
la compassion.
Niveau de lecture : Tout public
Le dialogue interreligieux : le
christianisme face aux autres traditions
dir. François Bousquet et Henri de La Hougue
avec les contributions de François Bousquet, Geneviève Comeau, Claude Geffré et
al.
Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Institut catholique de Paris
Editions : Desclée De Brouwer, coll. « Théologie à l'université »
- Date de parution : 07/05/2009
N° ISBN : 978-2-220-06093-4 - Prix de
vente : 19,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Le dialogue interreligieux a été marqué ces
vingt dernières années par le rassemblement d'Assise en 1986 et par la
conférence de Ratisbonne en 2006. Ces contributions font un point sur cette
question et analysent les relations entre les chrétiens et les juifs, les
musulmans, les hindouistes, les bouddhistes, etc. Elles font un point sur la
théologie de la mission dans le monde contemporain.
Niveau de lecture : Public motivé
Chants du coeur
Thich Nhât Hanh
Editions : Sully - Date de parution : 12/05/2009
N° ISBN : 978-2-35432-032-4 - Prix de
vente : 20,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Recueil de textes de méditation et de
chants pour les cérémonies.
Niveau de lecture : Tout public
Tout apparaît, tout disparaît :
enseignement sur l'impermanence et la fin de la souffrance
Ajahn Chah, trad. de l'anglais Jeanne Shut
Editions : Sully - Date de parution : 19/05/2009
N° ISBN : 978-2-35432-031-7 - Prix de
vente : 18,00 €
Présentation du livre : pas de présentation
par l’éditeur [Ajahn Chah est l'un des représentants
les plus éminents de la tradition des moines de forêt
de Thaïlande, décédé en 1992 ; l'un de
ses disciples occidentaux, Ajahn Sumedho, est à l'origine
de l'implantation de sa tradition en Occident, qui compte aujourd'hui
plusieurs monastères en Europe]
Niveau de lecture : Tout public
Les convergences chrétiennes et bouddhistes
Dominique Lormier
Editions : Oxus - Date de parution : 20/05/2009
N° ISBN : 978-2-84898-120-8 - Prix de
vente : 24,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : Présente les convergences spirituelles
qui existent entre le bouddhisme et le christianisme en s'appuyant sur de
nombreux témoignages de pratiquants des deux religions. L'auteur expose avec
précisions les étapes de la vie d'un chrétien et d'un bouddhiste à travers la
pratique de l'oraison et de la médiation. Les exemples abondent pour démontrer
que les deux religions mènent au bonheur.
Niveau de lecture : Tout public
La mort est-elle une fin ?
Thierry-Marie Courau, Dominique Trotignon
Editions : Salvator - Date de parution : 20/05/2009
N° ISBN : 978-2-7067-0652-3 - Prix de
vente : 10,00 €
Présentation du livre par l’éditeur : D. Trotignon est directeur de l'Université
Bouddhique Européenne, tandis que T.-M. Courau, dominicain, est directeur de
l'Institut de Science et Théologie des Religions de l'institut catholique de
Paris. Ils confrontent leur point de vue sur la mort et ses suites. Cette
discussion-débat (qui s’est tenue en public, le 31 mai 2008, dans la cathédrale
de Rouen) bouscule les idées reçues et permet de mieux mesurer les enjeux du
rapport qu’entretiennent la vie et la mort, selon le bouddhisme et le
christianisme
Niveau de lecture : Tout public
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Actualités
du bouddhisme en France
Vesak
2009 : des reliques du Bouddha historique offertes à l'Union
Bouddhiste de France les 15, 16 et 17 mai 2009
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Il y a 111 ans, le roi
Rama V de Thaïlande a fait déposer des reliques du Bouddha historique, Siddharta
Gautama Sakyamuni, provenant de son lieu
de naissance en Inde, dans le stûpa "La Montagne Dorée"
à Wat Saket, le 23 mai 1899 (23 mai 2442 en Thaïlande).
Pour symboliser le
passage du bouddhisme de l'Orient vers l'Occident, le Patriarche de Thaïlande
souhaite qu'une partie de ces reliques soit placée définitivement à Paris lors
du Vesak 2552 (2009), qui sera célèbré les 15, 16 et 17 mai 2009.
La Mairie
de Paris est partenaire de l'Union Bouddhiste de France dans cet événement et
une partie des festivités se déroulera le 16 mai à l'Hôtel de Ville de Paris,
en présence d'importantes personnalités religieuses et politiques. L'offre inattendue et précieuse du grand Patriarche thaï
investit l'Union Bouddhiste de France de grandes responsabilités car le succès de cette manifestation
rejaillira sur l'ensemble du bouddhisme français et de toutes ses communautés.
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stûpa
de la Montagne dorée de Wat Saket
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Les actions que l'UBF doit mener à bien dans un délai très
court sont considérables. Elles requièrent notamment des moyens financiers qui
dépassent largement les capacités actuelles de l'UBF (aménagement/décoration de
la Pagode,
organisation de très nombreuses réunions sur Paris, invitation des
personnalités, frais divers d’impression des documents et affiches...). Les membres du conseil d’administration et du bureau de l’UBF
travaillent intensément depuis deux mois à la préparation des multiples
manifestations qui auront lieu pendant ces trois journées : cérémonies inter-traditions,
exposition, réception officielle et spectacle à l’Hôtel de Ville, installations
des reliques à la Grande
Pagode de Vincennes et Fête du Bouddhisme. C'est pourquoi l'UBF a aujourd'hui besoin d'une
participation financière exceptionnelle et fait appel à la générosité
de toutes les personnes qui souhaitent s'associer au plein succès
de cet événement. Si vous le désirez, un bulletin
de don (document PDF à télécharger) est
à votre disposition...
Le déroulement des cérémonies
aura lieu comme suit :
- jeudi 14 mai 2009
:
arrivée des reliques sur le sol français, premier rassemblement des religieux à
l6 heures à la pagode de Vitry-sur-Seine pour accueillir les reliques.
- vendredi 15 mai
2009 : une célébration aura lieu à l'Institut Bouddhique Hoc
Viên Huyen Vi de
Vitry-sur-Seine (86 rue Pasteur 94400 Vitry sur Seine) pour accueillir ces reliques en présence des différentes délégations
religieuses.
- samedi 16 mai 2009
:
les reliques seront exposées à l'Hôtel de Ville de Paris,
salon des Tapisseries (accès rue de Lobau) ; autour des Reliques du Bouddha, exposition exceptionnelle d’art bouddhique - avec le concours du Musée Guimet
: « De Bodhgaya à Paris, 25 siècles de cultures bouddhiques ».
- dimanche 17 mai
2009 : les reliques seront déplacées à la Pagode du Bois de Vincennes (40 route de la Ceinture du Lac Daumesnil 75012 Paris -
M° Porte Dorée) : 8 h 30 - Procession solennelle depuis la Porte Dorée jusqu'à la Pagode ;
10 h – 11 h 30 : Cérémonies en l'honneur des Reliques
; 12 h 30 – 18 h : « Fête du Bouddhisme » :
Présentation de l’univers culturel bouddhique en France
-
Cérémonies, spectacles, stands, ateliers, expositions.
=>
pour en savoir plus sur la dévotion
au Bouddha et à ses reliques : consultez les archives du
Micro-Hebdo
n° 74
Dvâravatî
: aux sources du bouddhisme en Thaïlande du 11 février au 25 mai 2009
exposition
au Musée Guimet plus de détails :
http://www.guimet.fr/Dvaravati-Aux-sources-de-l-art

de février
à juin 2009 "Au
fil du Mékong" au Musée Guimet à
la découverte des pays bouddhistes d'Asie du sud-est
Films documentaires et
conférences pour découvrir la Birmanie, la Thaïlande
et le Laos à travers
les diverses manifestations du bouddhisme.
lundi 4 mai à 12 h 15 - documentaire : Esprit, es-tu
là ? jeudi 7 mai à 12 h 15 - conférence
: Des villages à la ville - le temple dans l'espace urbain mercredi
13 mai à 12 h 15 - 2 documentaires : Thilashins, les
moniales de Birmanie ; Sur la route de Mandalay mercredi 20 mai
à 12 h 15 - documentaire : Thamanya, un espoir pour la Birmanie mercredi
10 juin à 12 h 15 - documentaire : Le bouddhisme au village plus de détails : http://www.guimet.fr/-Auditorium-
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| "Ethique
et société"
dimanche
7 juin 2009, à 14 h
Conférence
publique de SS le Dalaï-Lama
au
Palais Omnisport de Bercy 75012 Paris
conférence organisée sous l’égide de la Maison du Tibet avec la participation des associations Songtsen
et Ganden Ling =>
plus
de renseignements
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Journées
"Vimalakîrti"
20 juin 2009 : La réconciliation et la non-violence
Dans le Sûtra de Vimalakîrti,
l’un des textes les plus généreux du bouddhisme du Grand Véhicule,
Vimalakîrti, son héros, invite à oeuvrer avec intelligence et amour dans le
monde. Il témoigne que la voie du Bouddha est une pratique de la responsabilité
engagée : le bodhisattva soigne
les corps et protège les esprits ; il oeuvre à la réconciliation des êtres
et dissipe leurs peurs ; il libère les victimes de l’injustice ; il
répand la non-violence et protège la Terre.
Inspirés par l'enseignement de Vimalakîrti, Jean-Paul
Ribes et Eric Rommeluère proposent deux journées d'introduction et de réflexion à l'engagement bouddhiste,
le samedi 18 avril et le samedi 20 juin 2009, de 9 h 30 à 17 h 30,
au 80 rue Philippe de Girard
75018 Paris (M° Max Dormoy) Ces journées préfigurent la création d’une organisation de réflexion,
d’action et de formation à l’engagement bouddhiste. Toutes les personnes
intéressées sont les bienvenues. L’initiative est soutenue par l’Union
Bouddhiste de France, fédération nationale des associations bouddhistes de
France.
Il est possible de participer à l’une ou l’autre de ces journées ou les deux.
plus de détails : http://www.zen-occidental.net/journeejuin-vimalakirti.html
Sagesses
bouddhistes
émission de l'Union
Bouddhiste de France diffusée sur France 2, le dimanche matin
de 8 h 30 à 8 h 45 (l'émission peut être
visionnée la semaine suivante sur le site de France
2)
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Mai 2009
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dimanche 3 mai
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L'esprit du débutant dans le zen Invité : Laurent
Strim
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dimanche 10 mai
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Lama TEMPA, un grand méditant
(1/2) Invité : lama Tempa Gyatso
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dimanche 17
mai
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Lama TEMPA, un
grand méditant (2/2) Invité : Lama tempa Gyatso
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dimanche 24
mai
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Hommage
à Jacques BROSSE, un bouddhiste naturaliste Documentaire de Bénédicte
Niogret |
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dimanche 31
mai
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Le bouddhisme est-t-il athée ? Invité : Eric
Vinson
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«
Transformer
notre esprit »
Un
enseignement du Dalaï-Lama
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« Bonheur et
souffrance sont principalement des expériences qui appartiennent au domaine de
notre conscience. C’est pourquoi il est si important de comprendre dans sa
totalité la nature des sensations et des émotions, ainsi que les causes et les
conditions qui les régissent. [...] Puisque nous cherchons le moyen de dissiper la souffrance ou de
trouver le bonheur, nous devons donc nous demander : "Quelle est la
nature de la souffrance ? quelle est la nature du bonheur ? quelles sont les
causes et les conditions qui les régissent ?" [...] C’est ainsi que fonctionnent les enseignements
bouddhistes. »
Le
texte que nous vous proposons ci-dessous est extrait
du livre "La grande paix de l'Esprit"
(éditions de La Table Ronde, Paris, 2008) qui
reprend les enseignements donnés par le Dalaï-Lama,
durant l'été 2000, au centre de Lérab
Ling, dans le Languedoc, sur le texte du maître
tibétain Longchenpa : "Trouver le confort
et l'aise dans la méditation de la Grande Perfection".
Notre extrait est issu de
la première partie de l'ouvrage,
dans lesquels le Dalaï-Lama rappelle "les
principes-clés de l'enseignement du Bouddha"
et, notamment dans son chapitre 2, comment "Transformer
l'esprit".
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Transformer
notre esprit
Le
jeu des contraires
Le but des enseignements bouddhistes est de
transformer notre esprit. Mais comment notre esprit peut-il être transformé ?
Si l’on doit changer ou transformer quelque chose qui nous est extérieur, on
commence par étudier la manière dont deux éléments incompatibles s’opposent l’un
à l’autre. Si l’on a besoin d’obtenir une certaine propriété ou un certain
résultat, il faudra donc limiter son contraire, quel qu’il soit. À l’inverse,
si un élément n’est pas nécessaire, on pourra l’éliminer en augmentant son contraire. Prenons l’exemple d’une maladie. Parmi toutes les
substances chimiques et les organismes qu’abrite notre corps, certains sont
bénéfiques et d’autres nocifs. Une fois qu’on les a identifiés et qu’on a vu
comment ils agissaient et se détruisaient les uns les autres, on peut
introduire une nouvelle substance qui viendra neutraliser celle qui est à l’origine
de la maladie ou de la douleur et détruire ainsi son pouvoir. Par ailleurs,
nous savons que le simple fait de réciter : « Puissent les cellules qui me
font souffrir être éliminées ! » ne les fera pas disparaître pour autant, pas
plus que de rester assis là en pensant : « Pourvu qu’elles disparaissent !
» Il faut chercher le facteur contraire et le renforcer de façon à ce qu’il
affaiblisse la maladie. Transformer l’esprit procède du même principe : on
recherche le contrepoison dans notre esprit même. Mais étant donné que notre
esprit est impalpable, on pourrait se demander à quoi peut bien ressembler ce «
contrepoison ». En fait, il s’agit d’une manière différente de percevoir les
choses, d’une attitude d’esprit ou d’une polarisation mentale autres. Prenons
un exemple quotidien : quand nous entendons ou voyons quelque chose,
selon notre état d’esprit du moment, nous pourrons percevoir la chose comme merveilleuse
ou horrible. Or, ces deux états d’esprit appartiennent à la même conscience et
s’intéressent au même objet. Leur perception en est néanmoins totalement
opposée. On voit donc que pour limiter ou affaiblir un certain
état d’esprit, il faut rechercher l’état d’esprit contraire. Prenons par
exemple la colère, la convoitise ou la malveillance. Une fois que vous avez
pris conscience des inconvénients de ce genre de disposition mentale, si vous
tenez à les limiter, vous devez cultiver leur opposé, à savoir l’amour et l’affection.
Considérons la convoitise et la malveillance : il s’agit d’états d’esprit
où l’on souhaite du mal aux autres, où l’on ressent de l’animosité à leur
égard. L’antidote à ce genre d’attitude est d’envisager les autres en pensant
sincèrement : « Si seulement ils pouvaient se sentir bien ! si
seulement ils pouvaient être heureux ! si seulement ils pouvaient déborder de
joie ! » Cette disposition d’esprit étant totalement contraire à la colère
ou à la malveillance, elle aura pour effet de l’affaiblir. En règle générale
donc, lorsqu’on est en présence de deux attitudes opposées, l’une finit par
affaiblir l’autre. Ainsi, à mesure que les pensées de colère ou de malveillance
augmentent, l’amour et l’affection diminuent en proportion. Et si ce sont les
attitudes d’amour et d’affection qui se renforcent, les états d’esprit
malveillants se réduiront d’autant. Par conséquent, de même qu’on peut
identifier l’opposé d’un phénomène dans le monde extérieur et s’en servir pour
le modifier, c’est en cherchant des agents contraires à l’intérieur même de
notre esprit que nous pourrons transformer ce dernier.
Prévenir les problèmes avant qu’ils ne se posent
Une méthode pour y parvenir consiste à anticiper et à
stopper un phénomène avant même qu’il ne se manifeste. La souffrance, par
exemple, est une chose dont personne ne veut mais, quand une souffrance s’est
déjà installée, il est bon d’avoir une méthode pour l’apaiser. Plus efficace et
plus important encore est d’agir avant même que la souffrance ne frappe
et de s’assurer ainsi qu’elle ne surviendra pas. Qu’il s’agisse des problèmes
du monde qui nous entoure ou de nos difficultés psychologiques ou
émotionnelles, il est possible de les anticiper et de les empêcher de se
produire, ce qui permet ainsi d’éviter les choses dont on ne veut pas. Voyons comment. Que le problème dont on parle soit
extérieur ou intérieur, il n’y a rien qui soit totalement indépendant, rien qui
ne dépende pas de causes et de conditions. Qu’il s’agisse d’une expérience
intérieure ou de phénomènes matériels extérieurs, tout survient uniquement du
fait de causes et de conditions. Puisqu’il en est ainsi, pour éliminer un
problème ou une souffrance, il faut d’abord déterminer les causes et les
conditions qui les régissent, puis veiller à ce qu’elles ne soient pas toutes
réunies ou n’arrivent pas à maturité. Avec cette méthode, on empêche un
résultat qui serait, sinon, inévitable. De même que rien dans le monde extérieur ou dans
notre expérience intérieure ne se produit indépendamment de causes et de
conditions, rien non plus n’est le fruit d’une cause ou d’une condition
uniques. Les choses, en fait, dépendent d’un très grand nombre de causes et de
conditions. Puisque nous cherchons le moyen de dissiper la souffrance ou de
trouver le bonheur, nous devons donc nous demander : « Quelle est la
nature de la souffrance ? quelle est la nature du bonheur ? quelles sont les
causes et les conditions qui les régissent ? » Nous devons trouver ces causes
et ces conditions et, dans le cas de la souffrance, les bloquer avant qu’elles
ne se mettent en place. Si nous sommes incapables d’intervenir pour empêcher
une chose de se produire, son résultat continuera inexorablement de mûrir et,
quand il arrivera à maturité, nous n’aurons d’autre choix que de revenir à une
méthode qui permette au moins de réduire la souffrance. C’est ainsi que fonctionnent les enseignements
bouddhistes. Il va de soi que le bonheur et la souffrance sont essentiellement
des sensations et des émotions éprouvées par la conscience intérieure. Les
stimuli extérieurs, les objets visibles par exemple, peuvent dans une certaine
mesure être des facteurs de bonheur ou de souffrance ; mais bonheur et
souffrance sont principalement des expériences qui appartiennent au domaine de
notre conscience. C’est pourquoi il est si important de comprendre dans sa
totalité la nature des sensations et des émotions, ainsi que les causes et les
conditions qui les régissent. L’exploration systématique de notre esprit peut
révéler bien des détails ! Une fois que nous aurons trouvé les facteurs
contraires dont nous avons déjà parlé, nous pourrons nous en servir comme
remèdes afin de renforcer l’aspect souhaité de notre esprit, quel qu’il soit.
Voici comment il est possible de transformer son esprit.
Ce qui est nécessaire pour transformer son esprit
Mais pour que tout ceci se produise, un effort est
nécessaire. Nous ne pouvons pas espérer changer notre esprit en restant assis
là les bras croisés. Quand on fait l’inventaire des éléments négatifs qu’abrite
notre esprit, on peut les regrouper en trois grandes catégories, le désir, l’aversion
et l’ignorance, qu’on appelle « les trois poisons » ou polluants. Notre esprit
est habitué depuis si longtemps à ces poisons qu’ils sont maintenant
profondément et intimement enracinés en lui. Même si nous parlons de « ne pas
avoir de désir », de « ne pas ressentir d’aversion » ou d’« être exempt d’ignorance
» bref, d’être libre des trois poisons, jusqu’à présent nous n’avons pratiquement
jamais fait l’expérience d’un tel état. En réalité, nous n’en avons quasiment
aucune idée. Comme nous connaissons très mal l’antidote qu’il faudrait
renforcer pour transformer notre esprit, nous devons fournir un effort et une
détermination d’autant plus grands. Il y a peu de chances que la
transformation se produise aisément ou simplement par hasard. Ce genre d’effort demande de l’assiduité et de la
persévérance et, pour développer un tel enthousiasme, il faut d’abord être
animé d’une volonté très ferme qui nous fasse dire : « Je dois absolument y
arriver ! » Si cette motivation nous habite profondément, nous irons jusqu’au
bout, quelles que soient les difficultés. Lorsque nous avons compris les
bienfaits qui découlent de la transformation de l’esprit et les dangers qui
nous menacent si nous restons comme nous sommes, cela ne peut que susciter
notre enthousiasme et notre inspiration. Ceci souligne l’importance de
comprendre les désastres et les souffrances que les aspects négatifs de notre
esprit nous infligent, et les bienfaits que nous apportent ses aspects
positifs. Transformer son esprit nécessite donc un effort, ce
qui exige qu’on y prenne goût et qu’on s’implique personnellement ; et
pour que cette implication soit suffisamment forte, il faut être extrêmement
motivé. En effet, si vous n’avez pas ce moteur en vous, ce n’est pas quelqu’un
ou quelque chose d’extérieur qui pourra vous pousser à transformer votre
esprit. Toute tentative en ce sens venant de l’extérieur pourrait même avoir l’effet
inverse. Car l’esprit est très curieux : un événement même mineur peut y déclencher
un changement, mais si quelqu’un tente de nous forcer la main, plus il s’y
efforcera, plus nous nous buterons. A l’inverse, si la motivation habite à la
fois notre coeur et notre esprit, nous irons inlassablement de l’avant, sans
prêter grande attention aux difficultés.
Motivation, raison et croyance
Comme notre motivation est le moteur et l’inspiration
de nos actes, nous devons examiner de près le raisonnement ou les pensées qui
la fondent. Ceci implique de comparer les bienfaits de cette motivation aux
défauts de l’attitude opposée, mais aussi d’évaluer dans les deux cas l’impact
possible à court et à long terme, et en particulier les effets négatifs à long
terme. Dans les deux cas, l’esprit a tendance à faire confiance à ce qui lui
est familier. S’il a une raison pour cela, on doit y réfléchir et vérifier à
plusieurs reprises la nature de cette raison : cela permettra à notre
esprit de se sentir plus fort et plus stable dans sa certitude. Si, au
contraire, aucune raison valable ne sous-tend la confiance que nous plaçons en
quelque chose, cela revient, en fait, à entretenir une simple croyance. On se
borne à présumer telle ou telle chose, mais on est incapable d’acquérir la
certitude née de la vérification des raisons qui la sous-tendent. Nous devons
nous assurer que nos actes se fondent sur des raisons valables. La clé de cette certitude, c’est la connaissance de
la vraie nature des choses. Que ce soit du point de vue relatif ou absolu, nous
devons comprendre le pourquoi et le comment des choses. Faute de quoi aucune de
nos présomptions du style « ce-doit-sûrement-être-le-cas » ne reflétera jamais
la réalité. En fait, que nos croyances soient fondées ou non sur
un raisonnement valable, plus elles nous sont familières, plus elles ont
tendance à devenir fortes et vigoureuses. Néanmoins, il sera plus difficile de
renforcer une croyance par la force de l’habitude si elle n’est pas sous-tendue
par une raison valable. Il est
donc capital de comprendre comment les choses sont en réalité.
Le pouvoir du raisonnement
Revenons à ce qui nous procure du bien-être ou nous
fait du mal. C’est un fait : qui que nous soyons, nous souhaitons être
heureux et ne pas souffrir. Ce phénomène ne se limite pas à nos contemporains ;
depuis l’aube de l’humanité, il n’est pas un seul être humain qui n’ait
souhaité jouir du bonheur et échapper à la souffrance. De surcroît, toute
créature sensible au plaisir et à la douleur ne désire qu’une chose : trouver
le bonheur et éviter la souffrance. Un certain type de bonheur et de souffrance est
principalement lié à nos consciences sensorielles ; nous partageons avec
les animaux ce type de plaisir ou de souffrance. Selon les formes que nous
voyons, les sons que nous entendons, les odeurs que nous sentons, les saveurs
que nous goûtons ou les textures que nous touchons, nous pouvons avoir toutes
sortes d’expériences indésirables que nous essayons de maintenir à distance, ou
jouir d’expériences tout à fait agréables et enviables qui nous donnent
satisfaction. Rechercher ce type de satisfaction est une motivation commune à
tous les animaux. Par exemple, savourer le plaisir de manger ou de boire,
rechercher la jouissance sexuelle, éprouver plaisir ou inconfort du fait de la
chaleur et du froid sont autant d’expériences que les êtres humains partagent
avec les animaux. Si l’on se demande alors ce qui différencie l’être
humain de l’animal, il semble que cela réside dans notre pouvoir de pensée.
Nous avons une immense faculté de réflexion et de raisonnement et, conjointement
à cela, une grande capacité de mémoire à long terme. Ainsi, nous pouvons nous
souvenir des expériences de notre présente vie humaine, parfois de nombreuses
années en arrière, mais notre mémoire peut aussi comprendre et se rappeler l’histoire
de l’humanité sur de nombreuses générations. Nous pouvons de même anticiper l’avenir :
notre conscience ne se limite pas à l’instant présent. Notez que certains
animaux ont eux aussi la capacité de se rappeler certains événements passés
et, dans une certaine mesure, d’anticiper l’avenir. Par exemple, quand ils
élèvent leurs petits, les animaux semblent savoir ce qui leur sera nécessaire
dans les mois à venir. Ce n’est pas rien, n’estce pas ? Néanmoins, les animaux
ne sont pas comme les êtres humains. Pouvoir se rappeler la signification de
plusieurs décennies, voire plusieurs siècles d’histoire s’avère une
particularité humaine. Ce qui sépare l’être humain du reste du monde vivant
semble donc être sa capacité de raisonnement. Venons-en à l’intelligence critique. Ironiquement, c’est
justement notre grande faculté d’intelligence qui explique pour beaucoup notre
souffrance. Les animaux vivent dans l’instant et n’éprouvent principalement que
le plaisir et la souffrance émanant des consciences sensorielles. Par contre,
nous autres êtres humains pensons toujours à mille concepts, nous avons la
mémoire pleine de souvenirs susceptibles de nous perturber, et les peurs et
les attentes liées à l’avenir nous hantent et nous angoissent à l’infini. Il suffit d’y réfléchir un instant
pour voir à quel point c’est vrai. Ceci explique pourquoi des gens qui ont «
tout ce qu’il faut pour être heureux » et une situation parfaite sont néanmoins
dans la confusion, déprimés, voire dépressifs. Ainsi, notre prodigieuse capacité à raisonner
intelligemment a un revers de la médaille : le fait même de réfléchir
peut déstabiliser notre esprit et nous plonger parfois dans des abîmes de
souffrance. Les souffrances que nous percevons par nos cinq sens sont assez
franches par nature et donc assez simples à éliminer. Mais on ne peut supprimer
la souffrance liée aux cohortes de pensées que produit l’intellect humain qu’en
domestiquant ce même pouvoir de raisonnement. Lorsqu’on est mal parce qu’on a l’esprit
agité, il est très difficile de vaincre ce malaise à l’aide d’un plaisir
physique, sensoriel, comme par exemple un son agréable, n’est-ce pas ? Voilà
pourquoi on peut être financièrement très à l’aise, à la tête d’un beau
patrimoine, entouré d’une famille parfaite et d’amis merveilleux, et se trouver
néanmoins malheureux. La souffrance psychologique, émotionnelle, qui est
profonde en nous et provient de nos pensées, ne peut pas être neutralisée par
le type de bonheur que procurent les facteurs extérieurs. Il est
toutefois possible de renverser la situation. Si l’on parvient à découvrir au
sein même de notre esprit un sentiment
de bien-être, de contentement et de satisfaction, notre esprit sera en paix
même si les conditions extérieures ne sont pas idéales et nous causent un
désagrément physique. Prenons l’exemple de la maladie. On gérera mieux les
problèmes physiques qu’elle engendre si l’on sait qu’ils nous protègent, nous
immunisent contre quelque chose de pire. Une vaccination contre la variole peut
provoquer pendant un certain temps des désagréments et des effets secondaires
indésirables, mais si nous comprenons que le vaccin nous aide à ne pas
succomber à cette maladie et donc à échapper à une souffrance future, nous
serons contents et soulagés. Pour les mêmes raisons, un soldat se sentira fier
de blessures de guerre qui témoignent de son courage au combat. Les pratiquants
spirituels aussi peuvent rencontrer certaines souffrances au cours de leur
pratique, mais le fait de savoir que ces épreuves auront pour effet de purifier
leurs actes négatifs renforcera leur résolution. Notre attitude mentale à l’égard
de la douleur physique nous permet donc d’accepter un léger sentiment d’inconfort
et de nous dire que cela en vaut vraiment la peine. Il est clair que le plaisir ou la douleur éprouvés par l’esprit
peuvent prendre le pas sur les plaisirs et les douleurs d’ordre sensoriel. Les
joies ou les souffrances liées à notre esprit conceptuel et aux pensées ont un
impact plus fort sur nous et nous affectent davantage, en bien ou en mal.
Sa
Sainteté le Quatorzième Dalaï-Lama
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