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La Lettre de l'UBE n° 17 - novembre 2009 |
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Actualité
de l'UBE Les prochains cours à Paris
Le bouddhisme se présente comme un non-théisme : une « religion »
n’exigeant la croyance en aucun Dieu créateur. Mais si cette absence
permet de le distinguer des religions révélées (judaïsme,
christianisme, islam), le bouddhisme n’a jamais nié, pour autant, l’existence
des dieux et des états divins qui leur sont associés ; et ceux-ci
sont multiples et nombreux...
Attention ! Les inscriptions aux deux premiers séminaires ne seront acceptées que jusqu'au 15 novembre prochain (les séminaires seront annulés si le nombre d'inscrits est insuffisant) 1er cycle : Bouddhisme
tantrique et alchimie 2e cycle - La Base primordiale de l'esprit, selon l'approche
du Dzogchen
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Actualité
de l'édition Quelques livres nouvellement parus et à paraître prochainement Bouddhisme et re-naissances dans la tradition Theravada Commentaire de la pratique du Nyoung-nè Bouddhismes d'Asie : monuments et littératures Chan & zen : le jardin des iconoclastes Le bouddhisme en 50 clés Bouddha : le diamant et le feu Les revenants de l'au-delà dans le monde tibétain : sources
littéraires et tradition vivante Zen, simple assise : le Fukanzazengi de maître Dôgen Le Bouddha à la rencontre de Socrate L'art du pardon, de la bonté et de la paix Le yoga de la sagesse Le miroir au sens limpide : trésor du dzogchen Le Vessantara-jataka Petit traité de zen à l'usage des femmes
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Actualités
du bouddhisme en France Expositions Musée
Cernuschi Les buddhas du shandong
Au pays du Dragon : arts sacrés du Bhoutan
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Actualités
du bouddhisme sur Internet
http://www.bouddhisme-france.org/ On y trouvera plusieurs rubriques présentant :
Le site "Buddhachannel"
propose, depuis trois ans, de nombreux articles Les
"Dossiers" thématiques hebdomadaires à venir...
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Bardo Thödröl " traduit du tibétain et commenté par Philippe Cornu
Pourquoi le Bardo
thödröl, rebaptisé Le Livre des morts
tibétain lors de sa première traduction en 1927, continue-t-il de fasciner
les esprits occidentaux à l’aube au XXIe siècle ? Au XXe siècle, l’Occident et le monde à sa suite ont connu de profondes transformations, d’immenses progrès matériels, mais aussi de grands traumatismes historiques et un net recul de la spiritualité. Dans ce contexte, un élément essentiel de l’existence humaine, la mort, est devenu tabou dans nos sociétés. Pourtant son écho nous parvient chaque jour sous forme d’images médiatisées d’une violence parfois insoutenable. Au lieu de susciter la moindre réflexion sur le sens de la mort, ce phénomène, pardoxalement, la rend encore plus abstraite, la relègue au plus loin de nos préoccupations. Des facteurs socioculturels ont joué dans ce sens. L’éclatement de la famille et la fin de vie en milieu hospitalier font que bien peu de gens assistent à la mort d’un proche. Le mourant, maintenu jusqu’au bout dans l’ignorance de son état, est dépossédé de ses derniers instants par le non-dit. Dans les établissements de soins, la mort est encore vécue comme une défaite médicale face à la maladie. Le corps du défunt est vite escamoté et les cortèges funéraires se font discrets - on préfère un doux grisé au noir des corbillards d’antan... Le deuil lui-même se doit d’être invisible. La disparition de ces rituels laisse les vivants face à un vide désespérant et douloureux, qui les incite à l’oubli et au refoulement. Malgré un intérêt récent pour l’accompagnement et les soins palliatifs, ainsi qu’un timide retour des préoccupations spirituelles, le déni de la mort persiste. Dépouillée de toute vision du sacré, cette dernière est devenue synonyme de non-sens et de désespoir sans appel. La lecture du Livre des morts tibétain nous invite à sortir de cette amnésie, à voir la mort comme un passage et non une fin. Dans le bouddhisme, celle-ci est non seulement un fait accepté, mais elle est aussi et surtout un sujet central de réflexion, d’étude et d’entraînement spirituel pour penser autrement notre existence et notre devenir. C’est pourquoi, comme nous allons le voir, le Bardo Thödröl prend autant soin de la vie actuelle que de la mort et de l’après-mort. S’il est un guide pour les défunts, il l’est aussi pour les vivants, futurs défunts. [...]
Il est deux façons d’aborder le Bardo
Thödröl. La première revient à considérer celui-ci comme un objet d’intérêt
anthropologique. Cette approche, d’ordre purement intellectuel, peut aller de
la simple curiosité jusqu’à l’analyse méthodique et scientifique du texte. Elle
permet de mieux connaître l’histoire des idées et des pratiques spirituelles
dans la culture tibétaine. A ce titre, le Bardo
Thödröl peut être considéré comme une mine d’or tibétologique et
philologique. Une autre vision de la vie et de la mort Penchons-nous à présent sur la seconde approche du Bardo Thödröl. Aussi étrange que cela puisse nous paraître de prime abord, il ouvre d’extraordinaires perspectives sur le sens de l’existence, bien au-delà des limites imposées par les cadres culturels habituels. En proposant un large éventail de pratiques spirituelles, il nous dit qu’il est possible d’atteindre la liberté du Plein Éveil, dans cette vie même ou après la mort. C’est pourquoi il embrasse tous les aspects de l’existence — la naissance, la vie, la mort et la période entre la mort et la renaissance. Toutes les pratiques du Vajrayåna n’ont qu’un seul but : révéler au yogi sa nature éveillée, un prodigieux potentiel enfoui sous les souillures et les voiles de l’ignorance immémoriale. Le Bardo Thödröl nous encourage à ne pas nous abandonner à la confusion et à la souffrance, à envisager notre existence en prenant de la hauteur. Notre vie d’être humain, au lieu de se réduire à une lutte sans espoir contre les vicissitudes d’une existence incertaine et chaotique, peut au contraire devenir l’occasion de nous affranchir des constructions artificielles de l’esprit conditionné et d’accéder directement à l’Éveil inconditionné, qui sommeille au plus profond de nous — notre nature de bouddha. Les divers moyens proposés ici n’ont d’autre but que de nous relier à cette vacuité lumineuse et atemporelle, qui sous-tend tous les aspects de l’existence. Loin d’être un néant, la vacuité est l’Ouvert. Ce qui en jaillit est la vie dans sa spontanéité naturelle, c’est-à-dire l’énergie même de l’amour inconditionné que nous avons tous au plus profond de nous-mêmes. Mais, par une tragique méprise, nous ne comprenons pas cette réalité généreuse : l’éclat de la vie pâlit donc sous l’épais brouillard de la confusion. Détournée de sa nature première, la vie se densifie sous l’effet des conditionnements ; elle se réduit bientôt au fruit du mûrissement des forces opérantes du karma. À la manière d’un rêve ou d’un cauchemar, elle est alors vécue comme un scénario omnubilant résultant de nos actes passés et nous empêche de découvrir ce que nous sommes véritablement. Empruntant la fausse identité d’un soi individuel, les êtres errent ainsi de vie en vie, incapables de retrouver la force vive de l’esprit inconditionné spacieux et bienveillant, qui est à la source même de leurs existences. Chaque vie conditionnée a cependant une fin et ce qui meurt alors est précisément la gangue compacte des conditionnements karmiques et des fausses identifications — les cinq agrégats d’appropriation. Et, pour tous les êtres sans exception, la claire lumière, la Base primordiale de l’esprit se dévoile à cet instant. Ce moment de la mort est bien le moment de vérité, à la croisée des chemins entre l’Éveil et le retour vers l’aliénation du cycle des existences douloureuses. Toutefois, le choix lui-même dépend de la pratique antérieure, car on ne peut re-connaître que ce que l’on connaît déjà. Ainsi des aperçus, sinon une expérience fiable de la claire lumière pendant la vie, sont-ils la condition nécessaire pour la reconnaître et s’y absorber à la fin du processus de la mort. L’objectif des pratiques tantriques et dzogchen est donc de proposer toute une panoplie de méthodes ou de moyens habiles donnant accès à cette expérience première. Le grand dessein qui sous-tend le Karling shitro est de permettre au pratiquant de découvrir la vraie nature de son esprit, de la reconnaître et d’y demeurer. Pour cela, les enseignements tantriques disposent pour cela de tout un arsenal de méthodes utilisant la visualisation, la récitation de mantra et surtout les pratiques de la phase de perfection qui induisent un processus de dissolution semblable à celui qui se produit au moment de la mort. Le yogi peut ainsi se familiariser avec la claire lumière de la voie, ce qui, s’il est un pratiquant aux facultés supérieures, lui permet de s’éveiller dès cette vie ou au moment de sa mort. S’il est un pratiquant plus médiocre, il pourra malgré tout reconnaître la claire lumière fondamentale quand elle lui sera présentée par son maître ou un compagnon de pratique au moment de sa mort ou dans les jours qui suivent. Les textes principaux du Bardo Thödröl se présentent précisément comme un guide de la voie de l’Éveil dans ces moments cruciaux. Plus direct, le Dzogchen propose d’approcher l’Esprit éveillé par un procédé qui ouvre instantanément une brèche dans l’esprit conceptuel et illusionné, et permet au yogi de reconnaître sa propre Présence vide et lumineuse. Par la méditation, le pratiquant prolonge et entretient la fraîcheur de cet état naturel entrevu, et quand il l’a suffisamment stabilisé, il devient capable de s’y relier en toutes circonstances. Plus sa Présence s’affirme, plus il se détend dans cet espace primordialement pur et plus sa confusion se libère naturellement. Puis, sans donner prise à la dualité, il contemple le déploiement visionnaire de l’énergie de la Présence, ce qui l’amène peu à peu à fondre toutes ses visions impures dans la Réalité primordialement pure. S’il est un pratiquant aux facultés supérieures, il peut accomplir dans cette vie les Trois Corps d’un bouddha. Sinon, il rejoindra la claire lumière fondamentale en mêlant sa Présence à l’espace au moment de sa mort. Et s’il est familier des visions lumineuses, il aura aussi le loisir de se libérer lors des déploiements visionnaires du bardo de la Réalité. S’il est peu expérimenté, il pourra rejoindre une terre pure de bouddha lors du bardo du devenir, de sorte qu’en séjournant dans ce champ pur il atteindra progressivement l’Éveil sans plus renaître dans le saµsåra. Au pire, il pourra renaître en choisissant une bonne matrice humaine, ce qui lui permettra de poursuivre sa pratique dans la vie suivante et de parvenir finalement à l’Éveil. Toutes ces méthodes sont présentes dans la collection du Bardo Thödröl qui les associe pour offrir à l’être humain toutes les chances de se libérer. La compassion, le souhait que les êtres s’affranchissent de la souffrance et de ses causes, sous-tend donc l’œuvre dans son ensemùble. Les conseils spirituels ne sont certes pas très faciles à appliquer, mais ils indiquent une direction de vie. Ils nous suggèrent qu’il ne tient qu’à nous d’entreprendre de nous détourner des voies de l’illusion pour accéder à notre être fondamental. La confusion et la souffrance ne sont pas inéluctables, nous avons le choix entre le conditionnement et la liberté, la souffrance et le bonheur, le ressentiment et l’amour, et le discours du Bouddha sur les Quatre Nobles Vérités prend tout son sens : la cessation de la souffrance est possible parce que notre vraie nature est étrangère à la douleur. Prodigieux déploiement jailli d’une source toujours pure, la vie peut soit nous étourdir et nous égarer très loin de notre être véritable, soit devenir la précieuse occasion de réintégrer à jamais cette source éveillée. Dans cette perspective, le bouddhisme n’a rien de pessimiste. Il n’est pas un « non » à la vie comme l’ont souvent cru ses détracteurs. C’est un « oui » qui ouvre toutes grandes les portes d’accès à nos qualités les plus fondamentales, la sagesse innée et la compassion universelle.
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