"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 48
    16 juin
    2004
     

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    Actualités de l'UBE

     


    Le programme des cours et stages
    de l'
    année 2004-05
    sera mis en ligne au mois d'ao
    ût prochain

    Les inscriptions auront lieu à partir du 10 septembre
    et les cours reprendront le samedi 30 octobre 2004

    à noter :
    "Journées Portes ouvertes"
    au "Forum 104" : 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
    samedi 18 septembre 2004
    de 10 h à 18 h
    avec une conférence-débat sur le thème
    "Croyance et expérience dans le bouddhisme"
    de 16 h à 18 h
    (entrée libre et gratuite)
     

 



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    du jeudi 24 au dimanche 27 juin
    Etude du Kyérim et du Dzogrim
    , par la Vénérable Khandro Rinpoché. Renseignements : Kagyu Dzong, 40 route de la Ceinture du Lac Daumesnil 75012 Paris. Tél. 01.40.04.98.06.

    du vendredi 25 au dimanche 27 juin
    Les piliers de la psychologie contemplative
    , enseignement par Barbara Martens. Horaire : du vendredi à 19 h 30 au dimanche en fin d'après-midi. Renseignements : Centre Shambhala de Paris, 23/25 rue Titon 75011 Paris. Tél. 01.43.73.65.77. Inscriptions : Jean-Marc Perdrix - 01.60.07.36.03. 

    du dimanche 27 juin au dimanche 4 juillet
    Sesshin d'été
    , animée par Jiken Kakudo Sensei.
    Renseignements : Geneve Zen Center (école : Zen sôtô), 15 quai du Cheval blanc 1227 Les Acacias Genève. Tél. (00.41) 79-449.48.19. Courriel : contact@zengeneve.ch

    mercredi 30 juin
    Etre bouddhiste en Occident aujourd'hui
    , enseignement de Michel-Henri Dufour et Gabriel Bittar, à 20 h. Renseignements : Centre Bouddhiste International de Genève, 8 avenue de la Croisette - 1205 Genève - Suisse. Tél. (00.41) 22-321.59.21.

    du samedi 3 au mercredi 7 juillet
    L'art et la peinture bouddhistes
    , par Tharphen, fils de Géga lama, un des maîtres de peinture tibétaine les plus iomportant. Renseignements : Institut Yeuten Ling (école Karma-kagyu), Château du Fond l'Evêque Promenade St Jean l'Agneau, 4 - 4500 Huy, Belgique. Tél. (00.32) (0)85-271.188.

    du samedi 3 au samedi 24 juillet
    Retraite annuelle d'été à Vajradhara Ling
      (près de Vimoutiers, Normandie) dirigée par Catherine Genno Pagès Sensei Renseignements : Centre Dana, 22 avenue Pasteur 93100 Montreuil. Tél. 01.49.88.91.65.

    dimanche 4 juillet
    Xe festival "Himalaya en Bourgogne"
    avec danses sacrées. Renseignements : Dashang Kagyu Ling, Temple des mille Bouddhas, 71320 La Boulaye. Tél. 03.85.79.62.53.  

    du jeudi 8 au dimanche 11 juillet
    Illumination ou névrose, clés pour une vie spirituelle saine
    , séminaire  dans le cadre des programmes Dharma et psychologie,organisés par l'Udhao (Université Dharma Occident). Enseignant : Dokushô Villalba, maître Zen et directeur spirituel de la communauté bouddhiste Soto Zen espagnole et du temple Luz Serena. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.

     


     
    Que faire de la douleur pendant la méditation ?
     

       

    Quel méditant n'a pas souhaité, aussi vite que possible, atteindre à la sérénité du Bouddha au cours de ses méditations ? Le sourire sur les lèvres, les traits détendus, la posture qui semble agréable...
    Mais la douleur physique fait partie intégrante de cette expérience ! Comment la gérer ? Qu'en faire ?
    Nous vous proposons, pour aborder plus efficacement ce sujet, deux textes présentant le point de vue d'instructeurs de méditation contemporains : le premier est extrait de l'enseignement d'une nonne thaïlandaise de la tradition Theravâda, Achaan Naeb, le second d'un échange entre plusieurs enseignants américains du Zen. Deux prises de paroles complémentaires...
     



    Ce qu'apprend la douleur pendant la méditation

Achaan Naeb

    Le texte que nous vous proposons ci-dessous est extrait d'un enseignement intitulé "Le développement de la vision intérieure", donné par Achaan Naeb, nonne thaïlandaise née au début du siècle, qui résida longtemps à Bangkok, entouré d'un grand nombre d'« étudiants ». La version intégrale de ce texte a été publié dans le livre de Jack Kornfield, « Dharma vivant », éd. Vivez soleil, Genève, 2001.


    Si [le méditant] est attentif à une position, celle-ci doit tôt ou tard devenir douloureuse. Lorsque la douleur apparaît, il doit être attentif à la douleur sans tenter de la faire disparaître. Il en est de même en ce qui concerne l'attention portée  à l'esprit qui vagabonde. Si nous nous concentrons sur la douleur pour supprimer la douleur, le désir s'installe et remplace l'attention à l'objet. Le facteur mental correct pour la voie moyenne de l'équilibre mental est absent, car notre conscience est tournée vers un sentiment de plaisir ou d'aversion. Vouloir que la douleur disparaisse est encore une marque d'attachement. Et lorsque nous éprouvons un sentiment de déplaisir parce que la douleur n'a pas encore disparu, nous ressentons de l'aversion. Si la douleur disparaît comme nous l'avions souhaité, nous voici encore davantage soumis à l'attachement, et telle n'est pas la bonne pratique : nous ne percevons pas l'objet « présent » puisque nous nous projetons dans le futur. Nous nous écartons alors de la voie moyenne.
    Nous constatons qu'il n'est pas facile d'atteindre à l'équilibre de cette voie. C'est pourquoi il est essentiel de comprendre dès le départ ce dont il s'agit. Nous devons réaliser que la vision intérieure ne dépend pas seulement de nos efforts ou de l'intensité de notre concentration, mais aussi de la justesse de la prise de conscience.
    Si nous ne parvenons pas à ce type de prise de conscience, quels que soient nos efforts de concentration, nous ne parviendrons pas à la sagesse. (...) Si vous avez la juste perception et la juste compréhension, vous pouvez méditer en tous lieux sur la « réalité présente » (ce qui existe indépendamment de nos désirs).

    Réaliser la nature de la souffrance

    Pourquoi devons-nous être attentifs à notre posture ? Pour pouvoir réaliser la nature de la souffrance. (...) Lorsque nous changeons de position, si nous n'avons pas conscience du fait que la posture précédente était pénible, la nouvelle posture peut dissimuler la réalité de la souffrance. Nous devons donc toujours être sur le qui-vive et utiliser notre sagesse pour comprendre la raison de ce changement de position. Si nous découvrons cette raison avant de changer, la nouvelle posture ne dissimulera pas la réalité de la douleur.
    Si nous sommes toujours conscients de la posture, nous nous apercevons que la douleur n'apparaît qu'après un certain temps, et que ce n'est qu'à ce moment-là que nous souhaitons changer de position. Lorsque nous souffrons dans une posture donnée, nous n'aimons pas cette posture, et lorsque nous n'aimons pas cette posture, parce qu'elle est inconfortable, tout désir de l'adopter disparaît. Lorsque le désir de l'adopter disparaît, il se peut que l'aversion vienne prendre la place du goût que nous éprouvions initialement pour elle. Lorsque l'aversion envahit l'esprit, le désir s'attache aussitôt à une nouvelle posture, parce qu'elle paraît confortable.
    Nous constatons donc qu'il y a de l'attachement ou de l'aversion attachés à toutes les positions. Cependant, la plupart du temps, le méditant ne reconnaît pas cela. Pour être conscient d'une position, il doit comprendre que, avant d'en changer, il doit savoir à tout moment la raison pour laquelle il doit procéder à ce changement. Si nous ne connaissons pas la cause de ce changement, nous ne pouvons pas reconnaître la douleur en tant que douleur.

    Souffrance et impermanence

    Envisageons maintenant la question sous un autre angle. Est-il possible d'adopter une position et de ne jamais en changer ? Naturellement, la réponse est non. Même si nous ne voulons pas en changer, nous y sommes obligés. Auparavant, nous disions que nous nous asseyions parce que nous voulions nous asseoir, ou nous nous tenions debout parce que nous voulions être debouts. Mais pouvons-nous dire maintenant que nous voulons changer de position parce que tel est notre souhait ? Nous pouvons dire maintenant que nous changeons de position à cause de la douleur, parce que nous sommes mal à l'aise. (...)
    Nous devons maintenant comprendre pleinement les raisons pour lesquelles nous sommes contraints à changer de position. Est-ce uniquement à cause de la douleur ? Si nous répondons que nous changeons pour nous sentir plus à l'aise, cette réponse est fausse, car elle fait appel à une distorsion de l'idée de bonheur. La réponse juste est que nous bougeons pour éliminer la douleur, et non pour être heureux. Et si nous ne comprenons pas bien pourquoi nous changeons de position, les états mentaux négatifs se manifestent immédiatement.
    Si les changements de position sont destinés à éliminer la douleur, cela revient à dire que nous devons sans cesse remédier à une situation mauvaise. C'est comme si nous devions prendre des médicaments en permanence. Comme si nous étions en train de soigner une maladie. Or nous ne considérons pas comme le bonheur le fait de se soigner.
    Il est facile de constater la douleur dans une posture que nous tenons depuis un certain temps, mais cela devient plus difficile dans la nouvelle posture adoptée. Mais la sagesse nous permet de le faire. Sans la sagesse, le désir se manifeste sans cesse. C'est pourquoi nous devons être capables de reconnaître la souffrance dans la nouvelle posture. Comment ? En réalisant que nous avons changé de posture à cause de la douleur, nous sommes forcés de comprendre que la douleur est présente dans toutes les postures. Etre assis devient douloureux, se tenir debout devient douloureux, et c'est pourquoi nous changeons. Toutes les postures deviennent douloureuses à un moment donné, et c'est pourquoi nous changeons. (...) Nous comprenons alors que ce que nous appelons le bonheur finit toujours pas disparaître. La sagesse est ce qui permet de comprendre que la douleur est inhérente à toutes les formations de l'esprit et de la matière.
    (...)
     


    Assise et douleur

    Une discussion d'enseignants zen américains

    Ce texte est extrait de la traduction française d'une série d'échanges entre plusieurs enseignants zen américains qui explore le rapport à la douleur durant la méditation. La discussion est reprise de la liste de diffusion de l'American Zen Teachers Association. Elle a été publiée, en anglais, dans le numéro de l'été 2002 du magazine Prairie Wind.  
    Le texte intégral peut être consulté sur le site "Un zen occidental" :
    http://www.zen-occidental.net/
     

    Barry Magid, enseignant, "Ordinary Mind Zendo" :
    J'ai récemment trouvé un petit livre, Zen Buddhist English Sutras publié en 1948 par la Hawaii Soto Mission Association. Dans la partie consacrée aux explications concernant le zazen, qui fut d'abord écrite en japonais par le révérend Kurebayashi, professeur de bouddhisme Zen à l'université bouddhiste de Komazawa et distribuée par l'administration de l'école Sôtô (ce n'était donc pas un ouvrage uniquement destiné à des occidentaux), je suis tombé sur ces lignes : "Dans tous les livres sur le Zen, on trouve un passage : `Zazen est une pratique aisée et confortable du Buddha-dharma.' [d'après le Fukanzazengi de Dôgen] On ne doit pas s'y adonner de telle façon que cela induise une douleur physique. Si on le fait en force, en supportant la douleur, ce ne peut être une pratique aisée, mais une sorte d'auto-mortification." Je me demande si quelqu'un peut me donner une autre référence qui dise si clairement que zazen doit être libre de toute douleur ? Inutile de dire que ça n'a pas été exactement mon expérience de pratiquant [dans le Zen américain] et que je n'ai jamais lu de récit d'un séjour dans un monastère japonais (Rinzai ou Sôtô), où les mots "aisé et confortable" apparaissent d'une manière saillante.

    Seirin Barbara Kohn, supérieure de l' "Austin Zen Center" :
    Une pratique "aisée et confortable" ? C'est intéressant. En 1948, je sais que les Japonais ne pensaient pas que les occidentaux puissent faire zazen et les rapports avec l'Occident avaient une orientation "missionnaire". Je sais que quelques enseignants japonais pensent que nous autres Occidentaux prenons trop au sérieux le "ne bougez jamais". Je crois que, malgré la tendance japonaise pour un enseignement non-individualiste, il y a des enseignants stricts et d'autres qui le sont moins. J'enseigne évidemment aux gens à bouger si nécessaire, mais dans le cadre d'un "restez tranquille."

    Taigen Dan Leighton, enseignant Zen, chercheur :
    Dans le Fukanzazengi ("Recommandations générales pour le zazen"), l'un de ses tous premiers écrits, Dôgen dit de zazen qu'il s'agit de "la porte du dharma de la paix et du bonheur", ce qu'on pourrait également traduire par "tranquillité joyeuse." Je crois que c'est ce qu'il a voulu dire. Il y a d'autres allusions au zazen comme étant agréable, ou au moins joyeux, dans son Eihei Kôroku. Par exemple, dans son tout dernier jôdô, ou enseignement dans la salle du dharma, peut-être ses dernières instructions à avoir été mises par écrit, Dôgen dit : "Souriant sur notre coussin, rien ne manque."

    Barry Magid :
    Bien entendu, j'ai pensé que cela devait être repris de Dôgen, mais les instructions de Dôgen n'abordent pas spécifiquement la question de la douleur physique et l'un des mots de ses instructions qui semble avoir été mis en avant aux Etats-Unis est bien "immobile". J'ai été étonné que ce texte de l'école Sôtô dise si précisément qu' "on ne doit pas s'y adonner de telle façon que cela induise une douleur physique". Personne ne m'a jamais dit cela, à MOI ! Tant mon éducation - dans la lignée de Yasutani - a été remplie de l'imagerie martiale et de cette culture de l'endurance et du volontarisme. C'est un héritage inconscient dont j'essaye toujours de me débarrasser dans la manière dont je pratique, particulièrement lors des sesshin. C'est pourquoi j'ai été si intrigué de lire quelque chose - tout particulièrement quelque chose de japonais! - qui mette l'accent sur une attitude aussi différente. Il va sans dire que "la porte du dharma de la joie et de la paix" exige de laisser ce que la vie apporte à cette porte, la mentalité du Zen samourai, bien que sûrement certains de ces vieux enseignants diront qu'un Zen sans douleur n'est qu'un Zen light !

    Kyoki Roberts, supérieure du "Zen Center of Pittsburgh" :
    Ah oui, à chaque fois que je vais dans le zendô, je me rappelle le "NE BOUGEZ PAS !" Et je ne le faisais pas. J'étais toute en sueur, puis je me suis levée et j'ai subi ma première intervention chirurgicale pour opérer un ménisque abîmé.

    Shosan Vicki Austin, présidente du "San Francisco Zen Center" :
    Je suis d'accord avec Taigen. Je pense qu'il s'agit [la phrase du livre de 1948] d'une adaptation de l'expression du Fukanzazengi, "la porte du dharma de la paix joyeuse." Cette expression a réellement une longue histoire qui remonte aux leçons du yoga. On définit l'"asâna" comme une "posture facile et confortable." Pendant de nombreuses années ma pratique a consisté à vivre cela comme un mystère sacré. Après mes dix premières années de pratique j'ai eu une série de blessures pour avoir forcé la posture. Les dix années suivantes, je les ai soigné, et ces dix dernières années j'ai été assez chanceuse pour pouvoir commencer à étudier certaines des causes et des conditions de ces traumatismes. Je suis devenue professeur de yoga pour comprendre ces questions, et je donne des ateliers de yoga pour aider ceux qui veulent les comprendre. C'est une partie fondamentale de la pratique de zazen... Je ne pense pas que le Bouddha avait le préjugé que les questions physiques n'ont pas d'importance et que seules les questions de perceptions et d'émotions le sont. Yogi lui-même, il avait dépassé le yoga mais il ne l'a pas rejeté. Il n'aurait pas autrement enseigné la voie moyenne.

    Kyogen Carlson, abbé du "Dharma Rain Zen Center" :
    Mon maître, Jiyu Kennett, nous disait toujours que l'on prenait les postures du lotus car elles étaient très confortables. Je me rappelle que je me disais, "Quel est le sadique qui a inventé cette explication ?" Elle racontait que le spécialiste du zazen de Sôjiji, un vieux moine qui lui donnait des directives personnelles, lui disait que cela ne devait pas provoquer de douleur. Son expérience avec les jeunes instructeurs dans le zendô était bien différente. En se fondant sur l'enseignement du vieux moine, elle nous disait de nous asseoir aussi longtemps que c'était confortable, d'aller un peu dans la douleur puis de changer tranquillement de position. Après des mois de pratique, la posture devient plus facile. Cela m'a pris plusieurs mois pour devenir à peu près à l'aise dans la position birmane, puis encore une autre année et quelque pour que le demi-lotus devienne facile. Ce qui m'émerveillait vraiment, c'était l'absence d'effort nécessaire pour rester droit et tranquille. J'étais étonné de découvrir le grand confort et le calme de cette posture. Il était merveilleux de découvrir la vérité de cette explication.

    Nonin Chowaney, abbé du "Nebraska Zen Center" :
    Lorsque j'ai pratiqué au Japon, nous avons fait l'expérience de la méditation marchée libre. Nos assises du matin et du soir étaient d'environ deux heures, et nous pouvions marcher comme nous le voulions à l'extérieur du zendô. Des études indiquent que c'est comme ça que Dôgen faisait. Je n'ai jamais été très souple et j'ai eu un tas de problèmes avec mes genoux et mes chevilles à causes d'anciennes blessures sportives. Dès le début, les longues séances étaient un supplice. Et j'en suis venu à aimer ma méditation marchée libre et j'ai continué cette pratique ici au Nebraska. Les longues assises, particulièrement pendant les sesshin, sont beaucoup moins éprouvantes (et douloureuses) que ce que j'avais vécu auparavant. Je continuerai de cette manière jusqu'à ce que je meure !

    Taitaku Pat Phelan, abbesse du "Chapel Hill Zen Center" :
    J'ai constaté qu'être tranquille en s'ouvrant à la douleur physique, en essayant d'être proche d'elle, en travaillant avec elle, en finissant par connaître sa nature est un bon modèle pour s'ouvrir à la douleur émotive, devenir intime avec elle, travailler avec, et finir par connaître sa nature. De cette manière, s'asseoir avec la douleur m'a été utile, bien qu'il y ait naturellement des limites. Plutôt que de me brutaliser, de me violenter, ou de comprimer mon corps, je regarde l'immobilité comme une façon de toucher mon corps dans le calme et de l'écouter. Parfois cela signifie lui répondre par un mouvement. Le processus est plus efficace si je me dis de me calmer et de vivre ce moment plutôt que de me faire violence.
    L'année dernière, le Centre Zen de Berkeley a publié ce dialogue sur l'immobilité :

    Un moine a demandé à Sôjun [Mel Weitsman] : "Qu'est-ce que la pratique difficile ?"
    Sôjun a répondu : "Ne pas bouger."
    Le moine a demandé : "Qu'est-ce que ce ne pas bouger?"
    Sôjun a répondu : "En zazen, cela signifie ne pas bouger. Quand votre jambe a mal, laissez la jambe pratiquer avec sa douleur. Si l'envie de vous en débarrasser survient, notez-la mais ne réagissez pas. Néanmoins, si une douleur aigüe vous donne un signal d'alarme, vous pouvez décider d'ajuster votre posture. Dans ce cas, mobilisez seulement l'attention. Ajustez soigneusement votre posture. Ne vous laissez pas aller à vous justifier ou à vous faire des reproches. C'est cela ne pas bouger. Dans la vie quotidienne, vivez chaque situation selon ses conditions, fraîchement, avec coeur. Abstenez-vous de juger, de rejeter, d'exiger, ou de réagir. Par exemple, quand une forte émotion comme la peur apparaît, ne la détournez pas, ne l'analysez, ne l'excusez, ne l'exagérez, ne la réprimez, ne la rejettez ni ne vous identifiez pas avec elle. Ne vous brimez pas vous-même. Au besoin, prenez une profonde respiration, relâchez votre ventre et votre visage. Mais ne vous préoccuper pas de vous féliciter ou de vous réconforter. C'est cela ne pas bouger. De cette manière, l'immobilité du zazen se poursuit dans l'immobilité de la vie quotidienne. Une rivière coule, une montagne est fixe. La fixité de la montagne est son écoulement. L'écoulement de la rivière est sa fixité. Quelle est votre fixité ? Ne bougez pas !

    [...]

    Lire la suite de cet échange : http://www.zen-occidental.net/textesmeditation/douleur2.html

     

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