
"micro-hebdo"
de l'UBE - N°4 15 juillet 2002
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numéros
Actualité
du bouddhisme dans le monde
Le
bouddhisme et les femmes, en débat à Taïwan
 Photo de Marlies
Bosch
La 7e conference internationale sur les femmes et
le bouddhisme se tient actuellement à Taiwan, du 11 au 17 juillet. Depuis 1987,
date de sa fondation à Bodhgaya, l'association Sakyadhita ("les filles du
Sakya" - le Bouddha) a organisé six conférences en Inde, Thaïlande, Sri Lanka,
Ladakh, Cambodge et Népal (photo)... ainsi qu'une conférence européenne
à Cologne, en Allemagne, en avril 2000. Des représentantes de plusieurs religions seront
présentes cette année puisque la conférence se donne comme but de
développer le dialogue interreligieux, notamment sur la question de l'égalite du
rôle des femmes. A l'ordre du jour se trouve également l'étude des
moyens de développement d'actions sociales inspirées par la sollicitude
bouddhiste, ainsi que l'action pour la paix dans le monde. Une information plus
complète est disponible (en anglais) sur le site www.sakyadhita.org.
Actualité
du bouddhisme en France (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
vendredi
19 et samedi 20 juillet
La Bodhicitta relative et la Bodhicitta ultime,
enseignement de la Vénérable Kandro Rinpoche.
Renseignements
: Dhagpo Kagyu Ling,
Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.
[=> voir ci-dessous]
samedi
20 et dimanche 21 juillet
Développer l'Esprit d'Eveil : les Quatre
incommensurables, enseignement de Philippe Penot. Renseignements :
Centre
Kalachakra, 5 passage Delessert 75010 Paris. Tél. 01.40.05.02.22. [=>
voir ci-dessous]
du dimanche 28 juillet au
samedi 3 août
Sesshin zen rinzaï. Renseignements
: La
Falaise verte, La Riaille 07800 St-Laurent-du-Pape. Tél. 04.75.85.10.39.
du samedi 3 au vendredi 9 août
Retraite au prieuré de Marcevol (66320 Arboussols), animée par Tarab Tulku. L'homme
et la nature : harmoniser
l'homme à la nature dans la tradition ancienne du bouddhisme tibétain et du
chamanisme. Renseignements : Institut Tarab France, c/o Marie-Pierre Coeuignart, 69 rue de
la Paroisse 78000 Versailles. Tél./Fax : (+33) 01.39.49.90.21 ou par e-mail.
Bodhicitta
relative et absolue
Le texte ci-dessous est extrait du "Cours
en ligne"
que l'UBE propose sur Internet (Unité
de Cours 4 : "Les pratiques")
La
bodhicitta - littéralement l'esprit (citta)
d'Eveil (bodhi) - est au coeur de
la pratique du
Mahâyâna. Dès
le départ, c'est le voeu que prononce un bodhisattva,
son désir d'atteindre l'Eveil pour le bien de tous
les êtres, la production ou l'engendrement de la "pensée d'Eveil" qu'il doit cultiver, renforcer et développer chaque jour,
tout au long de son cheminement. Cette intention constitue la motivation unique qui embrasse
et pénètre toutes les pratiques et toutes les activités du bodhisattva.
Même dans les épreuves les plus grandes, un bodhisattva n'abandonne
jamais la bodhicitta : c'est son moteur, sa raison d'être.
Selon sa nature, la bodhicitta
revêt deux aspects, relatif et absolu, qui sont à
mettre en relation directe avec la réalité relative et la réalité ultime.
1. La bodhicitta absolue (paramârthabodhicitta) est la vue de
l'ainsité (tathâta), la reconnaissance de la vacuité universelle (sunyâta)
mais aussi celle de la
nature de Bouddha (tathâgathagarbha) présente en chacun des êtres. Comme elle ne peut être
appréhendée que par ceux qui ont réalisé la vacuité des phénomènes, on commence
habituellement par étudier et pratiquer la bodhicitta relative, qui est plus
abordable.
2. La bodhicitta relative
(samvritibodhicitta) comporte
elle-même deux étapes : a) la bodhicitta
"d'aspiration",
qui est le voeu d'atteindre la bouddhéité pour le bien de tous les êtres. b) la bodhicitta "de mise
en oeuvre", qui
est la mise en application de ce voeu, par la pratique des six vertus
transcendantes (pâramitâ).
En d'autres mots, la bodhicitta
d'aspiration est l'identification du but que l'on se fixe ; l'action est
l'ensemble des moyens qui permettent d'atteindre ce but. La
caractéristique essentielle du Grand Véhicule (Mahâyâna) réside dans le fait
qu'aspiration et action ne sont pas dirigées vers soi-même ou vers quelques
êtres chers, mais vers la totalité des êtres, et ce, tant qu'ils erreront dans
le samsâra. Alors que le bodhisattva
progresse dans sa pratique, les deux aspects de la bodhicitta, relatif
et absolu, se renforcent mutuellement. La compréhension, même partielle, de la
nature vide et absolue de l'esprit comme des phénomènes permettra de pratiquer la bodhicitta
relative sans attachement ni partialité. Et la pratique de la bodhicitta
relative élargira la réalisation de la bodhicitta absolue, en imprégnant
de compassion la compréhension de la vacuité.
Les
"Quatre incommensurables"
Nous reproduisons
ci-dessous un "compte rendu de lecture" paru dans
la Lettre
de l'UBE n°12, de février 2002
"A coeur
ouvert. Méditation et développement des quatre
Pensées Infinies" de B. Allan Wallace, éditions
Kunchab, 2001
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Ce que l'on traduit généralement
par les "Quatre Illimités" ou "Quatre
incommensurables" - que le bouddhisme ancien
appelle les "Quatre Demeures de Brahmâ"
- constituent une pratique centrale de samatha,
la méditation de "calme mental".
Développer l'amour bienveillant (maitrî),
la compassion (karunâ),
la joie sympathique (muditâ)
et l'équanimité (upeksâ)
est considéré, depuis les origines
du bouddhisme, comme une éducation "positive"
et nécessaire de l'esprit, en regard de l'éducation
"négative" que proposent les Cinq
Préceptes éthiques, prônant
de "s'abstenir" de nuire aux êtres.
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Dans cet ouvrage au titre
évocateur ("A coeur ouvert"), qui
reprend une série d'enseignements oraux,
Alan Wallace ne manque pas de replacer les "Quatres
Illimités" dans le contexte général
de la pratique bouddhique : entre sîla,
la discipline, et vipashyana,
la vision profonde. Il rappelle l'importance de
la stabilisation de l'esprit, sans laquelle les
autres pratiques risquent de ne jamais se développer
correctement, et consacre une cinquantaine de pages
à en présenter les principes avant
d'aborder chacune des quatre "pensées
infinies".
La compassion (karunâ)
y est naturellement développée mais
pas autant, pourtant, que la bonté (maitrî)...
L'enseignant américain souhaite en effet
réconcilier ses auditeurs avec leur propre
aspiration au bonheur, et lutter ainsi contre un
sentiment de culpabilité typiquement occidental
!
Il ne manque pas non plus, en
contrepoint d'une interprétation essentiellement
mahayaniste, d'évoquer ces pratiques à
la lumière du "Visuddhimagga", célèbre
synthèse de la tradition Theravâda.
La pratique des "Quatre Illimités"
est en effet réellement commune aux diverses
écoles bouddhistes du monde indien, et les
Tibétains se réfèrent fréquemment,
dans ce domaine, à l'ouvrage de Buddhaghosa.
Un livre "oecuménique",
donc, sur un sujet fondamental, dont on ne peut
que recommander la lecture.
Docteur
en sciences religieuses, mais aussi physicien, Alan
Wallace a déjà publié en français
"Science et bouddhisme, à chacun sa
réalité", chez Calmann-Lévy,
1998.
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