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"Micro-Hebdo"
de l'UBE - n° 100 1er décembre 2007
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"Micro-Hebdo" de l'UBE change et devient
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Actualités de l'UBE
Mise à jour mensuelle
du
site
Rubrique Actualités mise à jour de l'agenda : mois de
décembre 2007, janvier et février 2008
Cours à
Paris
samedi 15 décembre 2007 Le karma, selon les écoles du Mahâyâna
sino-japonais,
cours public donné par Jérôme Ducor, au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de l'UBE (Niveau
2). Renseignements : UBE,
29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77. Moteur des
renaissances aussi bien que de la délivrance, le principe du karma se trouve au
coeur de toute la doctrine bouddhique. Mais dans le monde sino-japonais, sa
présentation a reçu un éclairage propre, tant dans son interprétation théorique
que dans ses implications pour la pratique. Ce cours s’efforcera de le
présenter, notamment, à travers les écoles Huayen, Tiantai et Terre Pure
suite
du cycle :
samedi
19 janvier 2008 Le karma, selon les écoles du Mahâyâna
indo-tibétain,
cours public donné par Philippe Cornu. Le karma
pose le problème de la continuité au sein de l’impermanence
et de l’inexistence du soi individuel. C’est dans les abhidharma que
la question du karma va être creusée, puis au sein du Yogâcara
où une théorie généralisée du karma
apparaît. Cette vision, qui va se répercuter sur toute
la philosophie bouddhiste indienne tardive, y compris certains courants
du Madhyamaka, va être adoptée par les courants tantriques
et sera transplantée au Tibet où elle connaîtra
de nouveaux développements dans le Dzogchen.
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
samedi 15 et dimanche 16 décembre Alpes Maritimes
Amour et Compassion. Enseignements et questions-réponses avec Lama Rabzang. Renseignements : Institut Karmapa (école Karma-kagyü), 35 chemin rural de la Ferrière 06750 Valderoure. Tél. 04.93.60.90.16.
mardi 18 décembre Paris
La
méditation face à la confusion. Comment faire quand tout fout le camp ? Cours mensuels : une série
de soirées pour apprendre à méditer, assurés par Fabrice Midal.
Lieu :
3, rue Aubriot 75004 Paris (entre le BHV et le Centre Georges Pompidou).
Organisé par Association Prajna & Philia (créée par
Fabrice Midal).
jeudi 20 décembre Seine et Marne
Introduction au bouddhisme. Renseignements : Institut Ganden
Ling (école : Guéloug), Chemin de la Passerelle 77250 Veneux-les-Sablons.
Tél. 01.64.31.14.82.
du samedi 22 décembre 2007 au mercredi 2 janvier 2008 Ardèche
Plonger dans l’immensité de l’existence, retraite
de méditation zen et enseignement avec Jokei Ni, d’après le chapitre
« Etre-Temps » du Shobogenzo, et les commentaires de Katagiri Roshi.
Renseignements : La
Demeure sans Limites, Riou La Selle 07320 Saint-Agrève. Tél. 04.75.30.13.62.
du mercredi 26
décembre au samedi 5 janvier Belgique : Bruxelles Retraite intensive
de méditation vipassana (tradition vipassana de Birmanie) sous la direction du
Vén. Sayadaw U Pannasami de Manchester. Renseignements : Dhamma Group, c/o
Marie-Cécile Forget, 2 rue de la Duchesse, 1040 Bruxelles. Tél. (00.32)
(0)474.59.00.21.
jeudi 3 janvier Belgique : Province de Liège (près de Namur)
Présentation de ngöndro, les pratiques préliminaires. Lama Tashi Nyima donnera des explications sur cette pratique et un aperçu sur l’importance de ces exercices préparatoires. Il est demandé de rester au minimum cinq jours entre le 4 et 31 janvier. Renseignements : Institut Yeunten Ling (école Karma-kagyu), Château du Fond l'Evêque Promenade St Jean l'Agneau, 4 - 4500 Huy, Belgique. Tél. (00.32) (0)85-271.188.
samedi 5 et dimanche 6 janvier Saône et Loire
La relation au Dharma et au Maître spirituel, enseignement dirigé par Neljorma Tsulzang dans le cadre du cycle d’études, de réflexion et de méditation. (9ème volet/10). Renseignements : Dashang Kagyu
Ling (école Shangpa-kagyü), Temple des mille Bouddhas, 71320 La Boulaye. Tél. 03.85.79.62.53.
du mercredi 9 janvier au mercredi 13 février Suisse : Genève
La Nature de Bouddha chez Dogen - Cycle II. Lieu : Genève Prieuré Soto Zen Genève à 19 h. Renseignements : Centre Zen Sôtô de Genève (école : Zen sôtô), 15 quai du Cheval blanc 1227 Les Acacias - Genève. Tél. (00.41) 79-449.48.19.
vendredi 11 janvier Paris
Le bouddhisme sur la Route de la Soie, conférence donnée par
Etienne de La Vaissière. Lieu des conférences : Maison des Mines 270 rue
Saint Jacques, 75005 Paris. Organisation et renseignements : Association
Clio, 27 rue du Hameau, 75015 Paris. Tél : 01 53 68 82
82.
samedi 12 et dimanche 13 janvier Paris
La mort, miroir de la naissance - le savoir-faire
bouddhiste, séminaire exceptionnel du Vénérable Dagpo Rinpoché qui rappellera
l'essence des instructions bouddhistes relatives à la mort et développera les
applications concrètes susceptibles de faciliter la tâche des soignants et des
accompagnants. Il évoquera également les diverses manières dont les bouddhistes
s'efforcent d'aider les défunts. Lieu : Paris, Maison de la mutualité.
Renseignements : Institut Ganden Ling
(école : Guéloug), Chemin de la Passerelle 77250 Veneux-les-Sablons. Tél.
01.64.31.14.82
Les
grottes Mogao de Dunhuang
(Touenhouang) un
site bouddhique exceptionnel
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Aux confins
nord-ouest de la Chine,
les
grottes Mogao (situées à 25 km de la ville de Dunhuang) sont célèbres pour leurs statues
et leurs peintures murales. Elles constituent l'un des fleurons de l'art bouddhique
et ont d'ailleurs été inscrites au "Patrimoine
mondial" de l'Unesco, en 1987.
Le site de Dunhuang, dans l’actuelle province du Gansu, fut d’abord un poste
militaire chinois stratégique avant de devenir un des hauts lieux du
bouddhisme en Asie centrale. Cette ville-oasis est en
effet située au départ des deux "Routes
de la soie" qui, vers l'ouest, contournent le désert
du Takla-Makan par le sud et le nord, et, à l'est,
ouvre l'accès à l'Empire du Milieu et
à sa capitale ancienne Chang'an (actuelle Xi'an). Les
grottes ont été creusées sur la pente
abrupte orientale de la colline Mingsha. Elles comptent cinq étages et
s’étendent, du nord au sud, sur une longueur d’1,6 km.
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Grâce à la
richesse commerciale que drainaient les Routes de la Soie, ce lieu est devenu un centre religieux très prospère. Une
communauté monastique était installée à Dunhuang dès la fin du IIIe siècle,
dont le moine le plus célèbre fut Dharmaraksa, traducteur de la première
version connue du « Sûtra du lotus ». La falaise rocheuse sise le
long d’une rivière, qui rappelle les sites indiens tels celui d'Ajanta, vit se développer un
complexe religieux majeur, comparable à ceux de Yungang et de Longmen. Cette
falaise fut percée de grottes, la première en 366. Le lieu compta jusqu’à 18
monastères en activité et jusqu’à 1 400 moines et nonnes. On dénombre aujourd'hui un total de 492 grottes, datant
de seize différentes dynasties (les Seize Etats, les Wei du Nord, les Wei de
l'Ouest, les Zhou du Nord, les Sui, les Tang, les Cinq dynasties, les Song, les
Xixia et les Yuan.), dans lesquelles on a
découvert plus de 45.000 m² de fresques, 2.415 sculptures
peintes, 4.000 représentations d’apsara volantes, cinq constructions de bois
datant des Tang et des Song, ainsi que plus de 50.000 manuscrits et autres
vestiges culturels... Des sûtra rapportés
d’Inde y furent traduits, copiés, et enseignés pendant plus d’un
demi-millénaire tandis que des artisans peintres y travaillaient en grand
nombre. La communauté artistique de très haut niveau qui s’y maintint au cours
des siècles rivalisa avec les meilleurs peintres de la capitale chinoise. Le bouddhisme étant une religion
très largement fondée sur les textes, les bibliothèques monastiques
conservaient une abondante littérature religieuse ; les sûtra étaient
copiés dans les ateliers de scribes, pour la communauté ou à titre d’offrande de
pieux fidèles.
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Frontispice
d'une édition xylographique du « Sûtra
du Diamant »,
datée de 868.
Un brassage culturel
étonnant
Ce site, où les
Tibétains, Ouïgours, Khotanais et Sogdiens côtoyaient les Chinois et où des
documents en une dizaine de langues ont été retrouvés, témoigne d’un brassage
culturel étonnant. Les bouddhistes virent défiler les chrétiens
nestoriens, les
manichéens et les zoroastriens, tout en vivant au contact quotidien des
taoïstes et des confucéens. On a même retrouvé une prière d’indulgence en
hébreu, sans doute portée par un voyageur juif en provenance de Perse ou d’Afghanistan.
Le moine Xuanzang, revenant d’Inde chargé de reliques et de plus de 650 sûtra
en sanscrit et en pali qu’il allait traduire, séjourna à Dunhuang où il fut
accueilli par les émissaires impériaux. La communauté de colons chinois y
introduisit ses valeurs culturelles et éducatives.
Fresque
du IXe siècle représentant des personnages fréquentant
Dunhuang issus de diverses origines géographiques : Chine,
Asie centrale, Tibet, Iran... (agrandir
l'image)
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Les conditions économiques
furent très favorables au bouddhisme, les temples étant notamment exemptés
d’impôts et largement pourvus par les dons des fidèles, ce qui permit
l’accumulation des richesses et explique la profusion artistique de Dunhuang.
L’art du trait y était omniprésent : outre les multiples copies de textes
sacrés, les dessins couvraient les fresques, les plafonds, les piliers, les
autels, mais aussi les bannières, les peintures qui s’accrochent au mur ou se
déroulent lentement, et ornaient encore les rouleaux ou les livrets.
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Le
bodhisattva Maitreya : ronde-bosse sur fond
de fresques( grotte 275, IVe-VIe s.)
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Le
bodhisattva Avalokitesvara détail d'un rouleau
peint du IXe s.
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Homme
tenant un cheval par la bride, détail d'une fresque
de la grotte 288 (VIe-VIIe s.)
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Du fait de son
isolement géographique et de son occupation par les forces tibétaines, le site
fut préservé de la persécution contre le bouddhisme qui atteignit son paroxysme
en 845, lorsqu’un édit impérial imposa la destruction de 40 000 temples de
Chine centrale et le retour à la laïcité de plusieurs centaines de milliers de
religieux.

Le
site du Dunhuang au début du XXe s. (photo de Paul Pelliot)
La découverte de la
grotte 17
À l’extrême fin
du XIXe siècle survint un événement dont tout
archéologue a sans doute rêvé un jour. Le prêtre taoïste Wang Yuanlu, gardien
du site, découvrit fortuitement une grotte qui avait été scellée au début du XIe siècle (entre 1002 et 1006, en 1027 ou en 1035 selon les
différentes hypothèses) puis oubliée. Dans cet espace de dimension réduite,
plusieurs dizaines de milliers de rouleaux manuscrits et quelques imprimés sur
papier, ainsi qu’environ 300 bannières sur soie se trouvaient entassés.
Beaucoup étaient dans un état de préservation remarquable dû au climat aride de
cette région. Il ne s’agissait pas d’une bibliothèque mais du
dépôt d’un certain nombre de collections monastiques, qui conservaient aussi
des documents séculiers de toute nature constituant un ensemble d’archives
d’une valeur inestimable. Cette grotte, qui porte le numéro 17, creusée entre
851 et 862, avait servi de cellule de méditation au moine Hong Bian. La raison
pour laquelle elle devint une salle de stockage continue à faire l’objet
d’hypothèses. Les documents y auraient été mis à l’abri soit au moment où les
Khotanais se sentirent en péril vers 1002-1006, soit lorsque Dunhuang fut
menacé d’une invasion par les Ouïgours en 1027 ou par les Xixia en 1035, à moins
qu’ils n’aient été simplement mis au rebut au fur et à mesure qu’ils n’étaient
plus utilisés, à partir de la première moitié du Xe
siècle. En effet, beaucoup sont incomplets ; souvent manque le début qui
est la partie la plus exposée et la plus fragilisée. Au fil du temps, les
rouleaux usés et les versions obsolètes étaient remplacés par d’autres
exemplaires manuscrits ou imprimés. Ne pouvant être jetés ou détruits en raison
de leur caractère sacré, ils auraient été entassés dans ce lieu saint. Le plus
ancien daterait de 270, le plus récent du début de 1002.
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Paul
Pelliot étudiant une niche de la grotte 163 contenant
des dizaines de manuscrits
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Photo
de Paul Pélliot réalisée entre
1906 et 1909 : un moine bouddhiste célébrant
un office
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En préservant
bon nombre de documents perdus au cours des âges et d’humbles vestiges qui ne
sont habituellement pas transmis, cette découverte exceptionnelle a révélé des
pans inconnus de l’histoire médiévale de la Chine. Au début du XXe siècle, l’Asie centrale était le terrain de prédilection des
missions d’exploration européennes. L’une d’entre elles, dirigée par le
sinologue Paul Pelliot (1878-1945), acquit une partie de la collection de la
grotte n° 17 et la rapporta à la Bibliothèque nationale où elle fut enregistrée en
1910. Le reste est actuellement conservé dans différents musées
et bibliothèques à Paris (musée Guimet), Londres, Saint-Pétersbourg, New Delhi,
Pékin, Shanghai, Tianjin, ainsi qu’au Japon.
La période la plus importante
de création et de décoration des grottes s'étend
du IVe au Xe siècle et couvre les dynasties des Wei (386-534),
des Sui (581-618) et des Tang (618-907).
Pendant
la première période, celle des Wei (du IVe au VIe
s.), on trouvera principalement
deux types de grottes, assez proches de celles creusées en
Inde, suivant à peu près le même plan que celui
des vihâra (les "monastères")
rupestres d'Ajanta : au fond d'une salle rectangulaire s'élève
une niche principale accueillant une statue du Bouddha, encadrée
de niches plus petites abritant des personnages secondaires ; les
murs latéraux de la salle sont creusés de cellules
destinées, sans doute, à la pratique de la méditation
ou à l'exécution de divers rituels ; au centre, on
trouve généralement un socle qui devait accueillir
un stûpa autour duquel pouvait
s'effectuer la circumambulation traditionnelle.
-2.JPG)
Grotte
285, datant de la dynastie des Wei occidentaux (535-556) (en
cliquant sur l'image, découvrez une vue panoramique à
360° de cette salle)
Le
deuxième type de grotte a sans doute été influencé
par le modèle des monastères des "pays de l'Ouest",
c'est-à-dire de l'Afghanistan ou du Turkestan. Plus longue,
la salle est divisée par un large pilier carré. La
partie antérieure, plus vaste, possède un plafond
en forme de toile de tente tandis que la seconde a un plafond plat.
Des niches sont creusées dans les murs latéraux tandis
que le pilier central, face à l'entrée, accueille
une grande composition formée d'un personnage principal (buddha
ou bodhisattva) encadré de personnages secondaires. Les fresques
prolongent la statuaire en trompe-l'oeil et le thème des
"mille Bouddhas" ou des scènes tirées des
vies antérieures du Bouddha (jataka) décorent les
parties basses des murs et des piliers.
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.jpg)
grotte
285 : personnages secondaires
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grotte
259 : Bouddha en méditation
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Les
peintures de Dunhuang datant de l'époque Wei
sont parmi les plus anciennes que conservent la Chine
; elles sont sensiblement influencées par les
techniques des peintres d'Asie centrale et se rapprochent
de celles qu'on trouve en Afghanistan ou au Tarim ;
un soin tout particulier a été apporté
à leur liaison avec les statues auxquelles elles
servent de fond comme si les éléments
en relief surgissaient des fresques. Souvent très
constratées, elles utilisent des traits noirs
et blancs pour rehausser les personnages ou certains
détails comme les yeux, les pommettes, les muscles
de la poitrine... C'est dans le traitement des animaux
- fins et nerveux - et les scènes de mouvement
que l'influence des artistes "de l'ouest"
- notamment d'Iran - est la plus visible, certaines
scènes (comme "la chasse") semblant
annoncer les miniatures persanes. Quant à la
statuaire, elle frappe par la sérénité
et la douceur des visages.

grotte
249 : scène de chasse
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A
l'époque suivante de la dynastie des Sui (fin du VIe - VIIe
s.), le pilier central des grottes se tranforme en piédestal ou disparaît
complètement et libère ainsi des surfaces de
mur encore plus vastes que couvrent de gigantesques compositions ; le plafond s'orne
en son centre, très généralement, d'un caisson
central richement décoré.

caisson
central de la grotte 407 au motif des trois lapins (voir détail)
Les techniques
picturales et le style évoluent... Cette période est
surtout connu par ses personnages "drapés dans des vêtements
aux plis ondoyants, comme s'ils avaient été emportés
par le vent" qui donnent aux scènes une intensité
de mouvement tout à fait remarquable. Ce style, proprement
chinois, s'oppose au style d'origine indienne ou gréco-bouddhique,
dans lequel les personnages semblent habillés de vêtements
au "drapé mouillé", qui adhèrent
au corps comme s'ils avaient été trempés dans
l'eau.

détail
du plafond de la grotte 296 (agrandir
l'image)
Les
peintures de l'époque Sui frappent par leur grâce et
leur raffinement technique, l'abondance des détails et le
jeu des couleurs franches, sans aucun souci réaliste. Les
personnages sont ramenés, avec une étonnante sobriété
de moyens, à leurs attitudes fondamentales ; traités
en touches larges et vigoureuses, ils se dégagent le plus
souvent d'un fond clair parsemé de nombreux éléments
végétaux, de montagnes et de nuages aux formes élaborées.
Le thème des "mille bouddhas" donnent lieu à
des jeux de contraste de couleur étonnament "modernes"
!
Sous la dynastie des Tang (VIIe-Xe s.), l'architecture
des grottes poursuit son évolution : le pilier central est
supprimé ainsi que les niches latérales, les peintures
atteignent des dimensions pouvant aller jusqu'à 10 mètres
sur 4. L'autel, surélevé, quitte le mur du fond et
avance vers le centre de la grotte, libérant ainsi le quatrième
mur qui peut lui aussi accueillir de vastes fresques. Deux grandes
périodes peuvent être distinguées : de 618 à
777, le bouddhisme connaît un apogée et l'art de Dunhuang
devient de plus en plus raffiné. Après l'occupation
tibétaine (777-851), qui marqua un net ralentissement de
l'activité du site, la seconde période Tang se révèle
moins brillante : entre temps, le bouddhisme a été
l'objet de persécutions en Chine et plus de 4.500 temples
et monastères détruits !

grotte
328 : le Bouddha Sâkyamuni entouré d'Ananada (à
gauche) et Mahâkasyapa (à droite) et de deux bodhisattva
(au premier plan)
Le
bouddhisme connaît alors une importante évolution avec
le développement des écoles de la "Terre pure"
: aux scènes de la vie du Bouddha on préfère
désormais la présentation des "paradis"
et des "terres pures" des bouddha
et des bodhisattva. Ceux-ci sont le
plus souvent traités de manière à exalter leurs
qualités par un traitement tout en rondeur, idéal
de plénitude et d'équilibre.
| .jpg)
le
bodhisattva Avalokitesvara (grotte
57)
|
.jpg)
le
bodhisattva Avalokitesvara (grotte
45)
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A côté d'eux apparaissent de véritables
portraits - dont le réalisme frise la caricature - présentant
de "grands disciples" au visage émaciés,
tendus par l'effort de la pensée et de la volonté.
Les personnages, quoique très nombreux, sont cependant élégamment
répartis dans l'espace et les vastes compositions sont l'occasion
de présenter des scènes de la vie quotidienne où
les paysages et les éléments architecturaux prennent
de l'importance (palais, pavillons, ponts...).
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grotte
323 : légende de l'empereur Woudi
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grotte
202 : un moine lisant un manuscrit
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Après l'occupation tibétaine, le site de Dunhuang
perd de son importance mais reste néanmoins soutenu, financièrement,
par de grandes familles de lettrés : les vastes compositions
les présentent en donateurs, devant une assemblée
de buddha et de bodhisattva
recevant leur hommage. L'ensemble est souvent plus raide, plus "académique",
mais de petites scènes profanes, introduites à l'intérieur
des grandes compositions ou alentour, présentent plus de
charme et fournissent de nombreuses indications sur la vie quotidienne
de l'époque.

motif
central aux apsara
du plafond de la grotte 329
Pour
en savoir plus...
- Le
site "World Heritage Tour" (http://www.world-heritage-tour.org/
; en anglais ; ce site nécessite le logiciel Quick
Time) propose des panoramas photographiques (360° dans
toutes les directions...) de sites inscrits au "Patrimoine
mondial" de l'Unesco.
On n'y trouvera qu'une seule
vue extérieure du site de Dunhuang
(il est désormais interdit de photographier à
l'intérieur !) mais aussi d'intéressantes
photos intérieures des sites de Yungang
et Longmen.
- Le
site de "Digital Silk Road Project" (http://dsr.nii.ac.jp/
; en anglais et japonais) propose notamment la reproduction
de nombreux ouvrages anciens de missions archéologiques
menées sur les "Routes de la Soie".
On
y trouvera la reproduction (photographique et sous format
PDF) de l'ouvrage de Paul Pelliot "Les
grottes de Touen Houang" dont les six volumes
proposent chacun une centaine de photographies des grottes
(en noir et blanc) prise lors de la mission de 1906-1909
: http://dsr.nii.ac.jp/toyobunko/VIII-5-B6-3/
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