
"micro-hebdo"
de l'UBE - N°15 1er janvier 2003
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numéros
- Mise à jour mensuelle du site de l'UBE
:
Rubrique "Actualités"
- mise à jour de l'agenda
: mois de janvier, février et mars 2003
- nouvelle rubrique de "l'agenda
thématique" : activités
diverses
dans le domaine de la santé,
de la relation d'aide, de l'action sociale et éducative...
- au programme de l'UBE :
mardi 7 janvier Le bouddhisme en Occident est-il orthodoxe ?
Soirée-débat, avec Philippe Cornu, Eric Rommeluère, Dominique Trotignon de
l'Université Bouddhique Européenne, Michel Fédou et Paul Magnin, du Centre
Sèvres. De 19 h 30 à 21h 30, au Centre Sèvres (Facultés Jésuites de
Paris), 35 bis rue de Sèvres 75006 Paris. Téléphone : 01.44.39.75.00. =>
en savoir plus
samedi 18 janvier Les quatre établissements de
l'attention. Cours de Fabrice Midal, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard
75006 Paris, de 15 h à 18 h, dans le cadre du cycle de cours de Niveau 2 de
l'Université Bouddhique Européenne. Renseignements : UBE - Tél. 01.46.55.33.19 Pour la plupart des écoles bouddhistes, la méditation
consiste (au moins pour une large part) en l'établissement et le développement
de l'attention. Si l'on veut comprendre le coeur de l'expérience méditative,
l'étude de ses quatre fondements est essentielle.
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
à
savoir : la
page index
du site de l'UBE propose désormais des informations
d'actualité, mises à jour régulièrement.
jeudi 9
janvier Soirée Portes ouvertes au
Centre Shambala de Paris. Renseignements : Centre Shambhala de Paris,
23-25 rue Titon 75011 Paris. Tél. 01.43.73.65.77.
samedi
11 et dimanche 12 janvier Enseignement avec
Sogyal Rinpoché.
Renseignements : Rigpa Paris (école : Nyingma), 6bis rue Vergniaud 92300
Levallois-Perret. Tél. 01.46.39.01.02.
dimanche 12
janvier Journée de Pleine Conscience,
en région parisienne. Pratique de l'enseignement de Thich Nath Hanh, animée par
des moines et moniales du Village
des Pruniers. Renseignements : Fleur de Cactus, 7 allée des Belles-Vues, 93
160 Noisy le Grand. Tél.01.43.05.80.03.
dimanche
12 janvier Journées d'étude et
de méditation, dans la
tradition des "moines de forêt" du Theravâda (lignée d'Ajahn Chah), à Paris.
Renseignements : Association Bouddhique
Theravâda "Vivekârâma", c/o
Dominique Trotignon. Tél. 01.46.55.33.19 (email : dominique.trotignon@club-internet.fr)
mercredi 15 et vendredi 17 janvier Le message des Tibétains : le
Bouddhisme (mercredi 15), le
Tantrisme (vendredi 17), par Arnaud Desjardins. Dans le cadre des projections de films (projections à 12 h 15) du
programme : Le "Toit du monde", programme
culturel sur les cultures et religions himalayennes, au Musée national des Arts asiatiques-Guimet, 6 place d'Iéna 75016 Paris.
Tél. 01.56.52.53.00.
vendredi 17 et samedi 18
janvier Sesshin Zen sôtô, avec Jôshin Sensei ou ses disciples.
Organisé par le Zendo de la Montagne Bleue, 7, rue Vicq d'Azir, 75010 PARIS, lié
à La Demeure sans
Limites.
Renseignements et inscriptions : Fabrice (répondeur) 01.39.12.48.12 ou Laurent
01.39.46.52.73 (le soir).
samedi 18 et dimanche 19
janvier Enseignement et pratique de Gourou Rinpoché, par Lama
Shérab (école
: Kagyu :Dhagpo et Changpa). Renseignements : Dashang Kagyu Ling, Temple
des mille Bouddhas, 71320 La Boulaye. Tél. 03.85.79.62.53.
Le
bouddhisme en Occident est-il orthodoxe ?
Le
texte ci-dessous est un article publié dans "La
Lettre de l'UBE" n°16
Depuis que le bouddhisme s'est implanté
en Occident, on entend répéter à l'envi
qu'il n'a que faire d'orthodoxie - car il ignorerait tout «
dogme » - mais qu'il faudrait plutôt parler à
son sujet d'orthopraxie, car des pratiques seraient communes
à toutes les écoles et constitueraient
ainsi un critère d'authenticité, reconnu par toutes...
Comment faut-il comprendre ces termes, si spécifiques
de la culture occidentale, et sont-ils appliquables au bouddhisme
? Comment les bouddhistes eux-mêmes ont-ils vécu
- et vivent-ils aujourd'hui - la diversité de leurs doctrines
et de leurs pratiques, leur « authenticité »
? Le bouddhisme, comme le christianisme, a connu plusieurs
schismes au cours de son histoire et les controverses doctrinales
occupent de nombreux volumes de son imposante littérature...
mais, dans le même temps, les représentants d'écoles
parfois opposées s'accueillaient les uns les autres et,
le plus souvent - mais pas toujours ! - vivaient en paix les
uns à côté des autres, dans les mêmes
pays, parfois les mêmes monastères... La propagation
du bouddhisme en Occident a accentué ce phénomène
de coexistence géographique en élargissant encore
le nombre d'écoles concernées. Des Unions nationales
ont été créées et, parfois, interpellées
par les pouvoirs publics des états laïques européens
(notamment dans le cadre des luttes anti-sectes), celles-ci
ont été amené à définir des
« critères d'authenticité »... Or
leurs réponses à cette question sont loin d'être
unanimes en Europe ! N'assiste-t-on pas ainsi à l'émergence
d'une « orthodoxie bouddhiste » définie
selon des critères occidentaux, différents
de ceux retenus par la tradition et, parfois même, différents
selon les pays concernés ? Comment comprendre et analyser
cette tentative moderne de définir le bouddhisme ?
Soirée débat,
mardi 7 janvier 2003, de 19 h 30 à 21 h 30 (entrée
libre et gratuite) Avec Philippe Cornu, Eric Rommeluère
et Dominique Trotignon, de l'UBE, Michel Fédou et Paul
Magnin, du Centre Sèvres - Facultés Jésuites
de Paris, 35bis rue de Sèvres 75006 Paris (M° Sèvres-Babylone).
Le
combat de Marâ
Le
texte suivant est extrait du Cours en Ligne de l'UBE - 1er module
: "le Bouddha Sâkyamuni" Certaines pages
de ce premier module sont accessibles dans la rubrique "Cours
en Ligne" - "Le matériel pédagogique"
- "exemple"
L'épisode du "Combat de Marâ" est l'un des plus populaires de
la vie du futur Bouddha (bodhisattva) et, aussi, l'un des plus souvent représentés dans l'iconographie
bouddhique. Il constitue le prélude à l'Eveil et fonctionne comme un résumé de la
carrière du bodhisattva. Il se présente comme un tableau dramatique en
trois actes : l'assaut des armées démoniaques du "Malin"
(autre nom de Marâ...) puis la tentation de ses trois
filles encadrent un "duel de prééminence" entre Marâ et le bodhisattva. Conscient que Gautama
va atteindre l'Eveil et mettre ainsi fin à son règne sur les êtres ignorants, Marâ
envoie d'abord ses armées redoutables contre le bodhisattva. Mais la puissance
de l'amour et l'imperturbabilité du bodhisattva agissent comme une armure et
les flèches des assaillants se transforment en fleurs.
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Les
armées démoniaques de Marâ sont représentées ici sur un
bas-relief du Gandhara (IIe siècle ap. J.-C.)
dans un style à la fois réaliste et fantastique, qui fait penser aux sculptures
des cathédrales médiévales...
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[ autres illustrations => au Gandhara => à Borobudur
=> au Népal ]
Puisqu'il n'a pas pu le vaincre par la force, Marâ tente de contourner
la puissance du bodhisattva en envoyant ensuite ses trois filles pour le
séduire. Mais celles-ci ont beau déployer tous leurs charmes féminins, le
bodhisattva reste à nouveau imperturbable. Ces deux actes présentent de manière assez évidente les victoires
remportées par le futur Bouddha sur les passions fondamentales qui entachent
tout être ordinaire, deux de ces "trois poisons" que sont
l'attraction, l'aversion et l'ignorance : les armées démoniaques sont les
passions agressives de l'aversion (colère, haine, envie, jalousie) ; les
trois filles sont les plaisirs sensuels qui excitent l'attraction. Après avoir
vaincu attraction et aversion, le bodhisattva s'apprête à vaincre le dernier
"ennemi" : l'ignorance. C'est cette dernière victoire qui le
promeut définitivement au rang des Bouddhas.
L'épisode central du duel de prééminence est vraisemblablement un ajout
plus tardif. Moins dramatique et plus doctrinal, il est sans doute d'origine
monastique et non populaire comme les deux autres. C'est sur la corde sensible
de l'orgueil, ultime forme d'attachement à l'idée du Soi, que Marâ tente cet
assaut : il revendique le lopin de terre sur lequel le bodhisattva s'est
assis en méditation, eu égard aux mérites qu'il a accumulés dans une vie
antérieure lors d'un grand sacrifice (mérites qui lui ont valu de renaître
comme maître du Samsâra). Mais les mérites du bodhisattva sont bien évidemment
beaucoup plus nombreux, puisqu'ils résultent de sa pratique des pâramitâ (ou "vertus transcendantes")
au cours d'un nombre incalculable de vies
successives. Cela dit, le bodhisattva ne revendique pas sa prééminence sur Marâ dans
un geste qui pourrait être une manifestation d'orgueil ; c'est la Terre
qui se porte garant en sa faveur, le bodhisattva se contentant de l'appeler à
témoigner, sans bouger de sa place, simplement en la touchant du bout des
doigts. Comme il est de coutume, en Inde, de céler un don par une libation
d'eau sur la terre - afin qu'elle se porte garante du contrat
moral ainsi passé - la déesse de la Terre tord
sa chevelure pour en extraite toute l'eau répandue lors
des nombreux dons effectués par le
boddhisattva : leur nombre est si grand que l'eau répandue
submerge les armées de Marâ !...
[ illustrations : la prise de la
terre à témoin => en Thailande
=> en Corée => au Tibet ]
Arrivé au terme de sa carrière, vainqueur de l'attraction et de
l'aversion, n'exprimant plus aucun attachement égoïste même pour sa propre
réussite, le bodhisattva manifeste ainsi clairement sa supériorité
de futur "Bouddha pleinement et complètement éveillé
et sans supérieur" (anuttara
samyaksam-buddha). En quelque sorte, une fois Marâ vaincu, le terrain
se trouve libre pour que se produise enfin l'Eveil : le Samsâra disparaît
et laisse place à l'expérience du Nirvâna...
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