"micro-hebdo" de l'UBE  -  N°18
    16 février
    2003
     

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    Actualités de l'UBE

    samedi 22 février

    • Les règles monastiques du Theravâda, cours de Dominique Trotignon, de 15 h à 18 h au "Forum", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du cycle de Niveau 2 de l'UBE. Renseignements : Université Bouddhique Européenne, 61bis avenue de la République 92120 Montrouge. Tél. 01.46.55.33.19 - email : ube@club-internet.fr.  

    samedi 1er et dimanche 2 mars

    • Le Mahâyâna et le Vajrayâna indiens et leurs pratiques, stage animé par Jérôme Ducor et Philippe Cornu, au Centre Bouddhique d'Etude et de Méditation « Le Refuge » 370 chemin Fontaine de Fabrègues 13510 Eguilles (2e session d'un cycle de 5 week-ends). Renseignements : UBE (61bis avenue de la République 92120 Montrouge. Tél. 01.46.55.33.19) ou Bernard Gauthier (Tél. 06.89.89.41.99).

    samedi 8 mars

    • Découverte du bouddhisme, stage animé par Philippe Cornu et Dominique Trotignon, dans le cadre du programme de cours de l'UBE. Renseignements : Université Bouddhique Européenne, 61bis avenue de la République 92120 Montrouge. Tél. 01.46.55.33.19 - email : ube@club-internet.fr.

     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    vendredi 21 février
    Rencontre avec le maître zen Hozumi Roshi. Renseignements : Institut Nalanda (école : Kagyu, affilié au centre Yeuten Ling), 48-50 rue de l'Orme, 1030, Bruxelles (Belgique) Tél. (00.32) (0)26-753.805.

    samedi 22 et dimanche 23 février
    Séminaire "Médecine tibétaine et Occident"
      : les grands concepts de la médecine tibétaine et leur bonne traduction dans le contexte occidental . Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tel : 04.79.25.78.00. 

    dimanche 23 février
    Journée de méditation vipassana, animée par Charles Genoud et Patricia Feldman Genoud (voir site Internet), proposée par Dharma Network Paris (8 rue Crébillon 94300 Vincennes) au Centre zen coréen Kwan Um, 35 rue de Lyon 75012 Paris. Renseignements (inscription obligatoire) : auprès de Arlette Morlon (Tél. 06.79.66.49.13) et Dharma Network Paris (01.43.28.09.11).

    du mercredi 26 au vendredi 28 février
    Vivre libre : retraite jeunes adultes
    (réservée aux 18-25 ans). Prendre en main les rennes de sa vie, avec lama Puntso et animateurs. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling, Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.  

    jeudi 27 février
    La voie vers l'éveil dans la tradition Sakya. Enseignement par le Khempo Chöying , à 20 h. Renseignements : Dharma Ling de Paris, 55-57 rue Quincampoix 75004 Paris. Tél. 01.42.71.44.86.

    => voir ci-dessous

    samedi 1er et dimanche 2 mars
    Vie quotidienne des femmes : réflexion, échange et méditation
    , avec Sam Regad. Renseignements : Centre Kalachakra, 5 passage Delessert 75010 Paris. Tél. 01.40.05.02.22.

    du samedi 1er au lundi 3 mars
    Body, Mind, Reality, Interrelationship, stage dirigé par Tarab Tulku, à Paris. Renseignements : Institut Tarab France, c/o Marie-Pierre Coeuignart, 69 rue de la Paroisse 78000 Versailles. Tél./Fax : (+33) 01.39.49.90.21 ou par e-mail.

 



La tradition Sakya du bouddhisme tibétain

    L'école Sakya (ou Sakyapa) du bouddhisme tibétain est, avec l'école Bon, l'une des moins connues en France. Elle dispose pourtant dans notre pays de deux centres principaux : l'un situé à Kuttolsheim, près de Strasbourg, en Alsace (un centre affilié, à Grenoble), l'autre à Les Ventes, près d'Evreux, en Normandie (deux centres affiliés, à Paris et Poitiers).
     

    Elle doit son nom de sakya ("terre grise") à la couleur du sol dans la région où fut construit le premier monastère de sa lignée sipirituelle, qu'on appela d'ailleurs tout simplement Sakya (photo ci-contre).
    Son fondateur est le tibétain Khon Kontchok Gyalpo (1034-1102), qui reçut de son propre maître l'enseignement tantrique d'un maître indien, le mahâsiddha Virupa, l'un des plus célèbres parmi les quatre-vingt-quatre mahâsiddha indiens, à l'origine du bouddhisme tantrique (voir ci-dessous).

    Cette école est intimement liée à l'histoire du Tibet, notamment politique, en raison des relations très étroites qu'elle entretient, encore aujourd'hui, avec le clan des Khon, l'un des plus anciens clans du Tibet. Elle se perpétue d'ailleurs selon un système de transmission familiale, d'oncle à neveu, qui lui est tout à fait spécifique.
    Parmi ses hiérarques, Sakya Pandita (1182-1251) est certainement le plus connu, tant du point de vue spirituel que politique. Grand érudit et poète, on lui doit plusieurs traités essentiels de cette tradition dont un "Trésor de connaissance logique" (Tshad-ma rig-gter). Mais c'est aussi à Sakya Pandita que le Tibet doit d'avoir pu éviter l'invasion des Mongols : envoyé en ambassade auprès de Gonda Khan (petit fils de Gengis Khan), il le convertit au bouddhisme et en fit son disciple.
    Son propre neveu, Tchogyal Pakpa, devint lui-m
    ême le maître spirituel du célèbre Koubilaï Khan, fondateur de la dynastie mongole des Yuan en Chine, entrainant ainsi la conversion massive des Mongols et des Chinois au bouddhisme tantrique d'origine tibétaine... Reconnaissant, Koubilaï Khan fit de Tchogyal Pakpa le premier souverain théocratique du Tibet, hissant l'école Sakya au faîte de sa puissance !

    L'école Sakya est réputée pour sa fidélité à ses origines indiennes, la rigueur de son enseignement, notamment philosophique, comme aussi de sa tradition monastique - alors même que ses hiérarques sont, le plus souvent, des yogis laïcs.
    Sa lignée spirituelle met particulièrement en valeur les tantra d'Hevajra, sur lesquels s'appuie le Lamdré, "La Voie et le Fruit", l'enseignement spécifique du Sakya.

    Cette lignée est actuellement dirigée par Sa sainteté Sakya Trizin (photo ci-contre), né en 1945, quarante et unième détenteur du "trône" sakya. Il vit en Inde depuis l'invasion du Tibet et se rend régulièrement en Occident. Sa dernière visite en France, au centre de Strasbourg, date de l'année dernière.

    Pour en savoir plus :

 
Le mahâsiddha Virûpa

    Mahâsiddha - ou "Grands accomplis" - est le nom donné aux maîtres indiens qui, du VIIe au XIIe siècle, établirent les enseignements des tantra, donnant ainsi naissance au Vajrayâna.
    La tradition tibétaine en décompte quatre-ving-quatre, parmi lesquels Virûpa est l'un des plus célèbres. Sa vie est assez exemplaire de ces personnages tout à fait hors du commun, qui, rompus aux subtilités de la philosophie du Mahâyâna qui s'était développée dans les grands monastères bouddhiques, choisirent se sortirent de ces institutions, devenues trop scolastiques à leurs yeux, pour s'engager dans une voie de pratique permettant d'atteindre, rapidement et pleinement, les fruits de la connaissance.
    Cet engagement, qui rompait souvent avec la vie monastique, leur avait été enseigné, d'après la Tradition, directement par des Bouddhas ou de grands bodhisattvas, ou bien encore par des dâkini (êtres de sagesse féminins), qui leur apparaissaient au cours de leurs méditations ou de leurs rêves.

    Né dans une caste royale, Virûpa renonça au pouvoir temporel pour s'engager dans la voie monastique. Ses qualités exceptionnelles lui permirent de devenir un brillant érudit du Mahâyâna et il obtint le poste prestigieux d'abbé de la plus célèbre université-monastère de l'Inde bouddhique de l'époque : Nalanda.
    Bien qu'il se soit dédié pendant soixante-dix ans, en secret, la nuit, à la pratique des tantra, il ne parvint à aucune réalisation ! Il finit par jeter son chapelet dans les latrines du monastère et, la nuit même, une dâkini lui apparut en rêve. Elle le conjura de ne pas abandonner et, accompagnées d'autres dâkini, occupa les jours qui suivirent à lui transmettre quatorze "transmissions de pouvoir" qui permirent à Virûpa d'atteindre rapidement les premiers stades de la Réalisation spirituelle des bodhisattvas...

    Ses progrès furent si rapides que son comportement en fut profondément modifié et devint même suspect aux yeux des autres moines ! Virûpa décida alors de quitter Nalanda et se retira dans une forêt près du Gange, dont on dit qu'il l'aurait traversé en divisant les eaux. Sa réputation grandit et le souverain de la région en prit ombrage au point de chercher à l'éliminer... projet qui échoua plusieurs fois, au point que le roi, convaincu de sa valeur exceptionnelle, devint son disciple.
    Parmi les nombreuses anecdotes et miracles qui émaillent sa vie, un épisode est tout à fait caractéristique du comportement pour le moins inhabituel des mahâsiddha : un jour qu'il se trouvait dans une taverne à boire de la bière en abondance, il promit à l'aubergiste de le payer au coucher du soleil... mais le soleil, ce jour-là, ne se coucha pas et le yogi continua à boire longtemps ! Inquiet de la chaleur qui persistait et de la sécheresse qui menaçait le pays (tandis que Virûpa, lui, s'abreuvait !), le souverain finit par payer lui-même la facture et le soleil put enfin se coucher...
    (voir illustration)

    D'un point de vue plus traditionnel pour un maître spirituel, Virûpa fut aussi un grand enseignant des tantra, notamment de la collection d'Hevajra qui donnera naissance au Lamdré, la pratique tantrique centrale de l'école tibétaine des Sakya. Il composa aussi, d'après la tradition, un grand traité sur "la Vue profonde".
    Parvenu au terme de sa carrière, on dit qu'il résorba son apparence dans une statue à son image, mais n'en continua pas moins à enseigner, bien plus tard, sous la forme de visions.