"micro-hebdo" de l'UBE  -  N°19
    1er mars
    2003
     

    Accéder aux autres numéros



    Actualités de l'UBE

    samedi 15 mars

    • Les règles monastiques du Zen, cours d'Eric Rommeluère, de 15 h à 18 h au "Forum", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du cycle de Niveau 2 de l'UBE. Renseignements : Université Bouddhique Européenne, 61bis avenue de la République 92120 Montrouge. Tél. 01.46.55.33.19 - email : ube@club-internet.fr.  

     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    lundi 3 mars
    Faut-il être actif dans le monde ou le fuir ?
    Soirée-débat animée par Michel Cool avec Olivier Abel, Leila Babès, Ghislain Lafont et Eric Rommeluère, dans le cadre du cycle de conférences et débats "Les religions face aux interrogations contemporaines", organisée par la Bibliothèque Publique d'Information du Centre Goerges Pompidou. De 18 h à 20 h 30, au Foyer-Petite-Salle, Centre Pompidou, entrée rue Saint-Martin, place Georges Pompidou 75004 Paris.

    => voir ci-dessous

    samedi 8 mars
    Le Zen et son rôle aujourd'hui. Conférence de Seizan Yanagida (école Rinzaï), professeur honoraire de l'Université de Kyôto, dans le cadre du cycle de conférences "Vers un meilleur dialogue entre les civilisations", proposé par la Maison de la Culture du Japon à Paris, à 16 heures. Renseignements : Maison de la Culture du Japon à Paris, 101 bis quai Branly 75740 Paris Cedex 15. Entrée libre sur réservation à partir du 11 février, au 01.44.37.95.01

    => voir ci-dessous

    dimanche 9 mars
    Journée de Pleine Conscience
    , en région parisienne. Pratique de l'enseignement de Thich Nath Hanh, animée par des moines et moniales du Village des Pruniers. Renseignements : Fleur de Cactus, 7 allée des Belles-Vues, 93 160 Noisy le Grand. Tél.01.43.05.80.03.

    vendredi 14 et samedi 15 mars
    Sesshin zen sôto, avec Jôshin Sensei ou ses disciples. Organisé par le Zendo de la Montagne Bleue, 7, rue Vicq d'Azir, 75010 Paris, lié à La Demeure sans Limites. Renseignements et inscriptions : Fabrice (répondeur) 01.39.12.48.12 ou Laurent 01.39.46.52.73 (le soir).  

    => voir ci-dessous

    du vendredi 14 au dimanche 16 mars
    Retraite de méditation Zen sôto
    , à Montreuil, dirigée par Catherine Genno Pagès Sensei. Renseignements : Centre Dana, 22 avenue Pasteur 93100 Montreuil. Tel/Fax : 01.49.88.91.65.

    samedi 15 et dimanche 16 mars

    • Sessions pour les ados 11-14 ans. Faire évoluer les situations de conflit : utilisation de jeux d'improvisation, relaxation, méditation et création de mandalas. Animation par Florence Pluche, Françoise Cilio, Myriam Moussaoui et Maryse Eysseric. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tel : 04.79.25.78.00. 
       
    • Sesshin zen sôto : à Paris, animée par Roland Rech. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86 (voir aussi, pour le calendrier général des sesshins organisées dans diverses villes de province, la page sesshin du site de l'AZI).

    dimanche 16 mars
    Journée d'étude et de méditation dans la tradition Theravâda, à Paris (sutta étudié : Âditta pariyaya Sutta). Renseignements : Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", c/o Dominique Trotignon. Tél. 01.46.55.33.19. 

 



"Etre zen", aujourd'hui, en Occident...
Quelques éléments de réflexion.
 

    Sur son site Internet ("Deux Versants"), Luc Boussard, un ancien disciple français de Taisen Deshimaru (1914-1982), s'interroge sur l'acculturation du Zen en Occident :

    "Outre que nous nous trouvons à la charnière de deux siècles et de deux millénaires, le Zen, qui semble avoir planté des racines profondes en Occident, aborde désormais une autre phase de son développement dans cette partie du monde, à mesure qu'une nouvelle génération de dirigeants prend la relève des fondateurs japonais. Nous pensons que cette transition est un moment historique, où le Zen est en train de se régénérer et de changer de visage."

    Il propose aux différents responsables des communautés zen occidentales de répondre à...

"Dix questions pour un bilan"

  • Quel est, à votre avis, le rôle de la morale dans le Zen ? Existe-t-il une morale zen ?
  • Le Zen doit-il s'impliquer dans les problèmes sociaux ? La compassion passe-t-elle nécessairement par un engagement dans ce domaine ?
  • Le Zen est-il réservé à un petit nombre de chercheurs résolus ou est-il destiné à tout le monde ?
  • Que pensez-vous du mélange de pratique Rinzai et Sôtô qui prévaut aux États-Unis ?
  • Faut-il supprimer le kyôsaku comme l'a fait le Centre Zen de San Francisco ?
  • Quelle place pensez-vous que certains aspects purement japonais du Zen (sûtras chantés en japonais ancien, terminologie, vêtement...) doivent conserver en Occident ?
  • Beaucoup de pratiquants du Zen semblent refuser la relation maître-disciple. Pensez-vous qu'on puisse avoir une pratique fructueuse en dehors de cette relation ?
  • Y a-t-il une différence dans votre pratique de zazen selon que vous dirigiez ou que vous ne dirigiez pas ?
  • Pensez-vous avoir progressé grâce au zazen ?
  • Y a-t-il un point particulier de l'enseignement que vous souhaitez souligner ?

 

    Pour en savoir plus :

    • Le site de Luc Boussard : Deux Versants
    • Le site d'Eric Rommeluère : Un Zen Occidental, dans lequel est proposée, en réponse à ces dix questions, une réflexion sur la morale dans le Zen.
    • Pour une approche (très...) originale du Zen : le site "Assied-toi et ferme-la !" (version française) de Brad Warner, disciple du maître japonais Gudo Wafu Nishijima.
      • extrait de ce dernier site... :
        « Assieds-toi et ferme-la » est la façon la plus concise que je puisse imaginer pour exprimer Zazen, la pratique centrale de la philosophie bouddhiste. Pour plus de détails sur la façon de pratiquer Zazen cliquez ici et téléchargez le livre (en anglais...) de 32 pages « Introduction au Bouddhisme et à la Pratique de Zazen » de Mike Luetchford, basé sur les enseignements de Gudo Nishijima.

     


 
Rencontre avec Joshin Bachoux Sensei
moine zen en Occident

extrait d'une interview d'Alain Chevillat, parue dans la revue "Terre du Ciel"  
le texte entier de cet article est disponible sur le site de « La Demeure sans limites »

 

    Il y a des personnes qui n'aiment pas l'expression « bouddhisme zen », et qui disent que le zen n'est pas spécifiquement bouddhiste ?

    Oui, je crois que j'ai une position radicalement opposée à cela. Pour moi, c'est le contraire, je suis d'abord bouddhiste, d'abord moine bouddhiste avant d'être moine zen. C'est une chose qu'on entend aussi au Japon, la séparation du zen et du bouddhisme. Mais dans mon lignage, dans l'enseignement de mon maître, on revient toujours à l'enseignement du Bouddha, aux textes du bouddhisme indien, aux textes originels. Je crois que c'est très important comme ancrage, comme racine de partir du bouddhisme du Bouddha. Parce qu'après il y a eu dans chaque pays où le bouddhisme est passé des mélanges culturels, des mélanges religieux. C'est très important de revenir à la racine. C'est en revenant à la racine du bouddhisme, du Bouddha que je peux comprendre ce qu'est le bouddhisme en France. Le bouddhisme japonais ne peut pas m'apporter toutes les réponses sur ce que sera le bouddhisme en Occident. Pour moi, avant tout, je suis moine, et je suis moine bouddhiste.

    Vous ne suivez pas ce courant qui, dans le but de répandre le Zen, essaie de le laïciser ?

    Non, pas du tout. Comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est très important pour moi que ce soit une chose religieuse. Ici, c'est un temple zen, et pas un centre zen. Je suis moine, et à partir du moment où il y a des moines qui vivent dans un endroit, ce lieu est un temple. On parle de niveaux différents. Il y a des choses très bien qui se font pour se retrouver soi-même sur le plan psychologique. Il est certain que quelqu'un qui est trop bouleversé psychologiquement ou trop dans un état de souffrance aiguë, ne pourra pas se mettre devant un mur qui va lui servir de miroir pour trouver ses souffrances. Mais je pense que la religion concerne un niveau supérieur, un niveau transcendant. Un niveau où on travaille au-delà de l'ego, où on travaille au niveau du coeur avec les autres. La religion prend en compte tous les autres, et c'est la différence avec une démarche laïque. Je n'ai rien contre les démarches laïques, mais ce qui est important, c'est de ne pas faire l'amalgame entre les deux.

    En quoi pensez-vous que le bouddhisme soit important aujourd'hui en France ?

    Je crois que c'est important pour tous les gens, tous les lieux et à toutes les époques. Ce n'est pas spécialement le bouddhisme en France. Je pense que tout le monde à un niveau ou à un autre, à un moment ou à un autre, ressent ce manque d'une dimension. Pour cela, il faut avoir un minimum de confort matériel. Mais avec ce minimum qui est assuré à presque tout le monde dans notre société actuelle, il y a un moment où l'on se demande : « D'accord, travailler, manger, élever sa famille, c'est très bien, mais après, au-delà, qu'est-ce qu'il y a ? La mort et la vie, et la souffrance et tout ça ? » Je pense que c'est à ces questions-là, qui sont des questions de tous temps, de toutes époques et de tous lieux que la religion, les religions donnent la réponse.

    On dit aussi parfois que l'Orient est la chance de l'Occident ?

    Je n'ai pas trop de goût pour les idées générales. Je ne dis pas que cela soit inintéressant. Moi, ce que je propose, c'est pour une personne, maintenant, dans sa vie précise. C'est un autre travail. Je ne suis pas philosophe, je suis moine zen. Je dis : « Regardez comment votre vie est en place et voyez ce que vous pouvez faire ».

     

    Pour en savoir plus :

 

accéder au site de l'UBE