"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 20
    16 mars
    2003
     

    Accéder aux autres numéros



    Actualités de l'UBE

    samedi 5 avril

    • Etude de textes : Le "Vimalakirti-sûtra", cours d'Eric Rommeluère, de 15 h à 18 h au "Forum", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du cycle "Etude de textes" de l'UBE. Renseignements : Université Bouddhique Européenne, 61bis avenue de la République 92120 Montrouge. Tél. 01.46.55.33.19 - email : ube@club-internet.fr.

      Le Vimalakirti-sûtra est sans doute l'un des textes du Mahâyâna les plus surprenants et des plus "révolutionnaires". Fait unique dans la littérature du bouddhisme indien, il présente un laïc, Vimalakirti, enseignant - à la demande du Bouddha Shâkyamuni - au bodhisattva Manjusri, sur les doctrines de la vacuité et de la non-dualité.

     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    du vendredi 21 au dimanche 23 mars

    • Enseignement de Dagpo Rimpoché à  Marseille-Aix. Renseignements : contacter Michel, Tél. : 06.20.27.30.44 ou l'Institut Ganden Ling (école : Guéloug), Chemin de la Passerelle 77250 Veneux-les-Sablons. Tél. 01.64.31.14.82.
       
    • Week-end de découverte du Bouddhisme Reiyukai, proposé lors de deux stages au choix : vendredi de 20 h à 23 h et samedi de 8 h 30 à 15 h, ou samedi de 20 h à 23 h et dimanche de 8 h 30 à 15 h. Renseignements : Centre Reiyukai, 41 boulevard Meusnier-de-Querlon 44000 Nantes. Tél. 02.40.59.18.17.

    lundi 24 mars

    • Rencontre Science-Dharma, avec Lama Denys Teundroup, Sofia Stril-Rever et Jean François Lambert (neurobiologiste), Jean Staune (Secrétaire Général de l'Université Interdisciplinaire de Paris), à 20 h. Renseignements : Dharma Ling de Paris 55-57 rue Quincampoix 75004 Paris. Tél. 01.42.71.28.77.

    samedi 29 et dimanche 30 mars

    • Méditer pour se transformer. Enseignement et pratique de méditation pour débutants, par Jean-Pierre Schnetzler (des sessions de niveaux 2 et 3 sont organisées pour les pratiquants avancés). Renseignements : Karma Migyur Ling, Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.

    dimanche 30 mars

    • Stage de méditation ouvert aux débutants et aux pratiquants expérimentés, animé par Martin Aylward (Tradition des moines de forêt). Organisation : Dharma Network Paris . Lieu : La Maison de l'Inde, Cité Universitaire de Paris - 14ème Arr., 7 R Boulevard Jourdan, Tél : 01 43 28 09 11. Renseignements : Tél : 01 42 55 88 72, coriandrecorinnetix@free.fr.

    vendredi 4 avril

    • L'éthique du bouddhisme. Problème de morale bouddhiste : les trois disciplines dans la tradition tibétaine. Conférence par Stephane Arguillère, de 18 h 30 à 20 h, à l'Université du Havre - Faculté des Affaires internationales, 25 rue Philippe Lebon, Amphithéâtre 6. Renseignements : Centre d'Etudes Bouddhiques de Babylone (Ecole Kagyu : Karma Kagyu) 16 rue de Babylone 76430 La remuée. Tél . 02.35.20.65.28. E-mail .
       
    • Zen et esprit taoïste : sources chinoises de la pensée japonaise, conférence d'Andreas Thele, chargé de cours à l'Université de Liège, à 19 h, aux Grands Amphithéatres de l'Université, Salle Marie Curie, avenue du Champ de Mars à Mons (Belgique). Renseignements : Centre Shikantaza, 4 Place du Béguinage 7000 Mons - Belgique. Tél. 00.32 (0)65-840.825.  

    samedi 5 et dimanche 6 avril 

    • Week-end d'étude et de méditation dans la tradition Theravâda, à Mâcon (sutta étudiés : Âditta pariyaya Sutta et Anattâlakkhana Sutta). Renseignements : Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", c/o Michel-Henri Dufour. Tél. 03.85.39.46.97.

 



Quelques représentations "originales" du Bouddha...
 

    A côté de quelques réalisations "kitsch" et d'un goût parfois plus que douteux ! - qu'elles nous viennent d'Orient ou d'Occident - le personnage du Bouddha a su inspirer, aussi, quelques oeuvres originales, tant par leur thème que par leur facture.
    De telles oeuvres sont plutôt rares, tant l'iconographie bouddhique obéit généralement à des canons traditionnels particulièrement précis, visant à provoquer chez le spectateur une "pensée sereine" bien plus qu'à satisfaire un quelconque plaisir esthétique, tel qu'on l'entend d'habitude en Occident.
    De ce point de vue, l'iconographie bouddhique est beaucoup plus proche de notre "art sacré" médiéval que de l'art "moderne", tel qu'il s'est développé en Europe depuis la Renaissance... 

    L'art bouddhique, en effet, a pour première vocation de rappeler aux disciples du Maître les principaux points de sa Doctrine, auxquels les principaux épisodes de sa vie servent d'illustration. L'absence de toute marque de souffrance - le célèbre "sourire du Bouddha" - en est généralement le signe le plus marquant.

    Il existe cependant une exception notable à cette règle : les "Bouddhas ascètes", étonnamment réalistes, qui foisonnèrent dès les premiers siècles d'apparition de la statuaire bouddhique, quand, sous l'influence des sculpteurs grecs, on se décida à représenter le Bouddha sous forme humaine.
    De telles représentations ont surtout été présentes au Gandhara, vaste région montagneuse située à la frontière nord-ouest de l'Inde, au nord des états actuels du Pakistan et de l'Afghanistan. C'est là, dans des royaumes placés sous l'autorité des successeurs d'Alexandre le Grand, que naquit l'art "gréco-bouddhique", aux environs de l'ère chrétienne.
    Bien que de telles représentations puissent avoir un role indéniable dans la prise de conscience de l'universalité de la souffrance et la vanité de l'ascèse, elles ne "s'exporteront" guère dans les autres régions de l'Asie... On n'en connaît que de très rares autres exemples, beaucoup moins "dramatiques", notamment en Thaïlande et en Chine.

     

    Autre caractéristique habituelle de l'iconographie du Bouddha : son manque de dynamisme !
    Que ce soit dans la période ancienne de l'art gréco-bouddhique ou, plus anciens encore, dans les bas-reliefs ornant les premiers stûpas, le Bouddha est généralement représenté - debout, assis ou couché - dans une posture d'une stabilité frappante. Seuls les laïcs, les démons, les divinités ou les animaux sont réellement animés...
    Même l'art tantrique, qu'il soit hymalayen ou extrême-oriental, réservera généralement le mouvement aux déités, conservant aux bouddhas et aux bodhisattvas une attitude d'une grande noblesse, qui s'accomode mal de gestes ou de postures "mouvementées".
    Seule exception notable à cette règle : les Bouddhas en marche, très spécifiques de la statuaire thaïlandaise. Noblesse et sérénité restent présentes, mais s'allient à une grâce féminine tout à fait particulière.
    Peut-etre faut-il voir ici une influence des pratiques méditatives propres au Theravâda, qui s'effectuent dans les "quatre postures", sans exclusive : assis, debout, allongé et en marche, et selon un rythme "naturel" (ce qui n'est pas le cas de la méditation en marche pratiquée dans le zen, le "kin-hin").

     

    En Occident, bien que le bouddhisme ait été connu dès le début du XIXe siècle, le Bouddha n'a que fort peu inspiré les artistes.
    Il faut attendre 1890 pour découvrir un des premiers exemples notables d'inspiration bouddhiste dans la peinture européenne : un "Christ et Bouddha", signé Paul Ranson, l'un des chefs de file du mouvement Nabi.
    Mais on ne saurait dire si le peintre préfère la sérénité du sage indien, qu'il plonge dans un clair-obscur assez sombre, ou le lumineux sacrifice du "Fils de Dieu" !
    Sa représentation du Bouddha, de facture typiquement khmère, montre en tout cas l'influence de l'Empire colonial français en Indochine...
    C'est au symboliste Odilon Redon qu'on devra la représentation la plus remarquable d'un "Bouddha en méditation", en 1904. Cette oeuvre au pastel, de petites dimensions (98 x 73 cm), est conservée au Musée d'Orsay de Paris. 
     

    Elle est fortement marquée par la mode du "japonisme" qu'avaient lancé les peintres impressionistes. Le Bouddha y est revetu d'un "kesa", le vêtement traditionnel des bonzes japonais, librement réinterprété en couleurs par l'artiste français...

    (agrandir l'image)

    Dans la première moitié du XXe siècle, peu d'artistes poursuivront sur cette voie, même si Henri Matisse réalisera un dessin d'une tête de Bouddha dont la sérénité ne semble pas être la caractéristique principale...
    La James Harmon Hoose Library of Philosophy (Downtown, Californie, USA), décorée dans les années 30, possède aussi une
    mosaïque représentant le Bouddha, accompagnée d'une sentence résumant son enseignement.
     

    La seconde moitié du siècle, avec l'implantation réelle du bouddhisme en Occident, offre plus d'exemples. Une petite recherche sur Internet nous a permis de trouver quelques oeuvres contemporaines, avant tout d'artistes américains. Rares exemples, que nous vous laissons découvrir... et apprécier !

 

accéder au site de l'UBE