"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 21
    1er avril
    2003
     

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    samedi 5 avril

    • Etude de textes : Le "Vimalakirti-sûtra", cours d'Eric Rommeluère, de 15 h à 18 h au "Forum", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du cycle "Etude de textes" de l'UBE. Renseignements : UBE, 61bis avenue de la République 92120 Montrouge. Tél. 01.46.55.33.19 - email : ube@club-internet.fr.

      Le Vimalakirti-sûtra est sans doute l'un des textes du Mahâyâna les plus surprenants et des plus "révolutionnaires". Fait unique dans la littérature du bouddhisme indien, il présente un laïc, Vimalakirti, enseignant - à la demande du Bouddha Shâkyamuni - au bodhisattva Manjusri, sur les doctrines de la vacuité et de la non-dualité.

     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    samedi 5 et dimanche 6 avril 
    Week-end
    d'étude et de méditation dans la tradition Theravâda, à Mâcon (sutta étudiés : Âditta pariyaya Sutta et Anattâlakkhana Sutta). Renseignements : Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", c/o Michel-Henri Dufour. Tél. 03.85.39.46.97.

    du samedi 5 au samedi 12 avril
    Retraite zen intensive
    , (Yong Maeng Jong Jin). Renseignements : Zen Kwan Um (école : Zen Lin-Chi coréen), 35 rue de Lyon 75012 Paris.Tél. 01.44.87.07.70

    du dimanche 6 au dimanche 13 avril
    Les "Cinq Energies de Sagesse"
    , atelier-retraite sur la transformation des émotions, dirigé par Irina Rockwell, ancienne disciple de Chögyam Trungpa Rinpoche. Lieu : Le Moulin de Vaux, 72500 Flée (près du Mans). Renseignements : Centre Dana, 22 avenue Pasteur 93100 Montreuil. Tel/Fax : 01.49.88.91.65. Dana@chello.fr.  

    du lundi 7 au dimanche 13 avril
    Retraite intensive de Powa
    , avec lama Zeupa. Renseignements : Institut Yeuten Ling, 4 Promenade St Jean l'Agneau - 4500 Huy, Belgique. Tél. (00.32) (0)85-271.188.

    => voir ci-dessous

    samedi 12 avril
    Journée de zazen. Renseignements : Dojo Shikantaza - école : Zen sôtô (affilié à Maha-Muni ; Ryôtan Tokuda), 4 place du Béguinage 7000 Mons. Tél. (00.32) (0)65-840-825.

    samedi 12 et dimanche 13 avril
    Sessions pour les ados 11-14 ans. Faire évoluer les situations de conflit : utilisation de jeux d'improvisation, relaxation, méditation et création de mandalas. Animation par Florence Pluche, Françoise Cilio, Myriam Moussaoui et Maryse Eysseric. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tel : 04.79.25.78.00.  

    du samedi 12 au jeudi 17 avril
    Retraite d'Amitâbha, avec  lama Kemtcho. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling, Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.

    => voir ci-dessous

    du samedi 12 au dimanche 20 avril
    La voie universelle, le Mahâyâna. Séminaire animé par Lama Denys, sur l'Apprentissage Spirituel autour du thème Mahâyâna fondamental de bodhicitta, le coeur-esprit éveillé . Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tel : 04.79.25.78.00. 

 



Le Bouddha Amitâbha/Amitâyus
et les Ecoles de la Terre Pure

 

    Le Bouddha Amitâbha/Amitâyus (« Lumière infinie/Vie infinie ») est l'un des principaux et des plus vénérés parmi les nombreux Bouddhas dont le Mahâyâna reconnaît l'existence simultanée. Particulièrement vénéré en Extrême-Orient (où il est plus connu sous son nom japonais d'Amida), il a donné naissance à des écoles spécifiques appelées « de la Terre Pure ». Il est vénéré aussi au Tibet (sous son nom sanskrit ou son nom tibétain : Öpame/Tsepame), notamment dans le cadre de deux pratiques : celle de tsegrub, souvent appelée « rituel de longévité », et celle de p'owa ou « transfert de conscience », qui s'effectue au moment de la mort, afin de diriger l'esprit du défunt vers sa « Terre Pure de grande félicité ».
    Les rituels liés au Bouddha Amitâbha sont parmi les plus anciens connus dans le cadre du Mahâyâna : en 1977, près de la ville de Mâthura, en Inde, a en effet été découvert le socle d'une statue d'un bouddha debout, pourvu d'une inscription consacrée au « Bouddha Amitâbha », datée de 104 ap. J.-C. Il s'agit non seulement du plus ancien document sur ce Bouddha mais aussi du plus ancien témoignage daté de tout le Mahâyâna en Inde.

    Cette peinture des grottes de Dunhuang
    (cité-monastère aux portes des Routes
    de la Soie, en Chine orientale) est l'une
    des plus anciennes représentations
    connues du Bouddha
    Amitâbha.

    Les pratiques liées au Bouddha Amitâbha sont essentiellement fondées sur l'existence de sa « Terre Pure », traditionnellement située à l'ouest et appelée « la Bienheureuse » (sukhâvatî ; déwachen en tibétain). Tout être qui y renaît peut alors écouter l'enseignement de ce Bouddha dans un environnement « pur » de toute passion et bénéficie ainsi des meilleures conditions possibles pour parvenir rapidement au plein Eveil.
    Cette
    « Terre pure » est le résultat des innombrables actions méritoires accomplies par le futur Bouddha, pendant sa carrière de bodhisattva, à l'image d'un prince qui conquiert un territoire pour construire le royaume dont il deviendra le souverain.

    Chaque Bouddha pleinement réalisé possède ainsi sa Terre Pure où il enseigne indéfiniment aux êtres - celle du Bouddha Shâkyamuni n'est autre que notre univers, dénommé « La Peine » (sahâ), qui n'a l'apparence d'une terre « souillée » que pour les êtres non-éveillés !
    Les caractéristiques propres à chacune de ces Terres Pures dépendent des voeux que chaque boddhisattva a énoncé au début de sa carrière, lorsqu'il fait na
    ître la « pensée d'Eveil » (bodhicitta) par laquelle il s'engage à parvenir au plein Eveil pour venir en aide à tous les êtres.
    Parmi les principaux voeux du futur Amit
    âbha, le 12e précise : « Si je deviens buddha, et que le rayonnement de ma lumière puisse être mesuré, sans même éclairer ne serait-ce que des centaines de milliers de millions de myriades de pays de buddha, je ne prendrais par le parfait éveil. », ce qui lui vaudra son nom de « Lumière infinie » (Amitâbha)

    Mais le plus connu de tous, qui fonde les pratiques propres aux écoles sino-japonaises de la Terre Pure, est son 18e voeu : « Si je deviens buddha, que les êtres des dix directions, d'un coeur sincère et d'une foi réjouie, désirent naître en mon royaume, ne serait-ce qu'en répétant dix fois mon nom, et qu'ils n'y naissaient pas, je ne prendrais pas le parfait éveil. »
    C'est ce voeu spécifique qui donna naissance à la pratique de la « récitation du nom
     », appelée nembutsu en japonais, selon la formule « Namo Amida Butsu » (« Hommage au Bouddha Amida »).
    Toute personne qui récite cette formule d'hommage, ne serait-ce qu'une seule fois et sur son lit de mort, mais en ayant pleinement foi dans la réalisation du plein Eveil d'Amida (et donc aussi dans la puissance de son voeu), rena
    îtra sûrement dans sa Terre Pure où il pourra atteindre le plein Eveil.
    Cette pratique, simple en apparence, assura le grand succès des Ecoles de la Terre Pure dans tous les pays d'Extr
    ême-Orient. Mais une telle attitude, de véritable « abandon », suppose qu'on ait définitivement mis fin à toute croyance en la réalité du « Soi » et en la possibilité d'atteindre la Libération par des actes quelconques... ce qui se révèle beaucoup moins simple en réalité qu'il n'y paraît !
    Fortement implantées en Chine et, surtout, au Japon, les écoles de la terre Pure ont souvent représenté le Bouddha Amida venant au devant des mourants, à l'heure de leur dernier soupir, accompagné de ving-cinq bodhisattva (illustration ci-dessous).
    Très populaire au Vi
    êt-nam (où elle se mêle, comme en Chine, à la pratique du Chan/Zen), l'école de la Terre Pure est donc aussi l'école bouddhiste du Mahâyâna la plus représentée en France, par l'intermédiaire de la communauté vietnamienne immigrée.
     

 



    Rituels tibétains de la « Terre pure »

    extrait du « Cours en Ligne » de l'UBE - Unité de Cours 8 : « Les écoles de la Terre Pure »

    Bien que le bouddhisme tibétain accorde une place très importante aux enseignements de Dewachen - nom tibétain de la terre pure « Bienheureuse » (Sukhâvatî) - son interprétation de la Terre Pure ne représente pas un courant homogène. En fait, son importance se retrouve particulièrement dans deux pratiques : le « rituel de longévité » et le « rituel du transfert ».
    Le très populaire « rituel de longévité » (tsegrub) est centré sur la « Triade de Longévité » (Tse-lha nam-sum), constituée par le Bouddha Amitâyus (« Vie infinie », Tsepame, en tibétain), assisté de deux divinités féminines, Uçnîçâ-vijayâ et Târâ-la-Blanche. Selon le bouddhisme, la mort peut survenir de trois manières :
    1) par l'épuisement des mérites antérieurs ayant causé la naissance dans cette vie qui s'achève ;
    2) par le terme de l'espérance de vie, qui diminue chez les hommes en fonction des époques (elle est actuellement de 70 ans, alors qu'elle était encore de 100 ans au temps du Bouddha !) ;
    3) par la conjonction de ces deux facteurs.
    Au cas où l'espérance de vie arrive à son terme avant que tous les mérites antérieurs ne soient épuisés, le rituel de longévité permet d'éviter une mort prématurée en prolongeant la vie jusqu'à ce que les mérites antérieurs aient porté tous leurs fruits.
    La seconde pratique, du « transfert » (p'owa) au moment de la mort, consiste à diriger la conscience vers le champ de félicité du Bouddha Amitâbha (« Lumière infinie », Öpame, en tibétain) et son « champ de buddha ». Cette pratique se trouve notamment décrite dans le fameux « Livre des morts tibétain » (Bardo thödol, « La délivrance par l'audition durant l'état intermédiaire »). Signalons aussi que certains tulku, dont le Panchen-Lama, sont considérés comme des manifestations du Bouddha Amitâbha. 



La pratique de Déouatchène

extrait du livre de Guendune Rinpoché
(1918-1997) :
Mahamoudra, La voie de la compassion et de la dévotion.

(Collection « Voyageurs immobiles » ; Saint-Léon-sur-Vézère,
éditions Dzambala, J.-Cl. Lattès, 1977, p. 151-153)

    « Pour tous les paresseux, pour tous ceux qui sont trop occupés à autre chose pour avoir le temps de vraiment pratiquer, il existe une pratique très simple qui est celle des souhaits pour renaître en Déouatchène, la terre de grande félicité du Bouddha Amitâbha. C'est une pratique simple mais très profonde. Elle est aisée, ne demande que peu de temps et d'énergie, tout en apportant de grands résultats. Il est facile pour tout un chacun de prendre naissance dans cette terre pure grâce aux souhaits formulés par le Bouddha Amitâbha lors de son cheminement spirituel lorsqu'il était un grand bodhisattva. Il souhaita alors que les terres pures, qu'il serait capable de manifester quand il atteindrait l'éveil, soient accessibles à tous les êtres sans exception. Quiconque aurait confiance en lui et en ces champs purs pourrait y renaître, simplement par la force d'une aspiration sincère. Au moment où il paracheva l'insurpassable éveil et devint un bouddha des plus hautes terres, ses souhaits devinrent réalité. De sa réalisation apparut spontanément un monde accessible à tous, la terre de Grande Félicité. Pour y parvenir, il nous faut développer une confiance totale dans la parole donnée par le Bouddha Amitâbha et n'avoir aucun doute quant à notre capacité à renaître dans ce monde pur. (...)
    Si nous sommes complètement unifiés vers ce but, lorsque nous expirerons, notre conscience en quittant notre corps se dirigera naturellement vers le Bouddha Amit
    âbha et Déouatchène. Il n'est même pas nécessaire pour cela de connaître les techniques du transfert de conscience, la pratique de powa. La confiance totale dans les souhaits d'Amitâbha et l'aspiration d'un esprit unifié sont suffisantes. (...)
    Une fois que nous avons pris naissance dans la terre pure de Déouatchène, il n'y a plus aucun effort à faire. Tout ce que nous voulons, tout ce que nous souhaitons, se réalise automatiquement et spontanément. (...) Il est également possible d'apparaître dans les mondes ordinaires du cycle des existences, pour venir en aide aux êtres qui s'y trouvent. »

 

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