Actualités de l'UBE
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ATTENTION
!!!
L'UBE
dispose désormais de nouvelles coordonnées
postales et téléphoniques.
Tout
courrier doit être adressé à : Université
Bouddhique Européenne 29 boulevard Edgar-Quinet
75014 Paris. Cette
adresse reste une simple adresse postale : inutile
de vous y présenter ! Nos activités
parisiennes continueront d'avoir lieu au «
Forum 104 », 104 rue de Vaugirard 75006
Paris.
Pour
téléphoner, vous pourrez maintenant
utiliser un Numéro « Indigo »
(0,09 euros TTC la minute, quel que soit le
lieu d'appel en France) : 0.820.20.50.77.
Les
coordonnées Internet, elles, restent inchangées
site Internet : http://www.bouddhisme-universite.org
courrier électronique : ube@club-internet.fr.
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Mise à jour mensuelle de Site : rubrique "Actualités"
Cours
au "Forum 104"
samedi 17 mai Le terme « yâna » (véhicule) et ses
emplois, cours de Dominique Trotignon, de
15 h à 18 h au "Forum", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris,
dans le cadre du cycle "Doctrines
et Pratiques" de l'UBE. Renseignements
: UBE, 61bis avenue de la République 92120
Montrouge. Tél. 0.820.20.50.77 - email : ube@club-internet.fr. Le terme yâna ou « véhicule
» désigne l'Enseignement du Bouddha. Il est employé dès le canon pâli mais
connaîtra une grande diversification d'emploi avec les écoles du Mahâyâna et du
Tantrayâna, puis ensuite avec les chercheurs occidentaux modernes. A
travers l'histoire d'un mot et de ses emplois, c'est l'évolution
même du bouddhisme qui peut être ainsi suivie et interprétée.
Cours
au Centre Sèvres
Cours publics proposés
dans le cadre du séminaire "Le
bouddhisme et les grandes questions de société", sous la direction de Paul
Magnin (sept séances, du 22 avril au 3 juin 2003, les mardis de 14 h 30 à 16 h
30). Lieu : Centre
Sèvres (Facultés Jésuites de Paris), 35 bis, rue de Sèvres 75006 Paris.
- mardi 6 mai
Le bouddhisme et la guerre, cours public
d'Eric Rommeluère, Vice-président de l'UBE
- mardi 13 mai
L'attention
portée à l'autre ; une comparaison entre
compassion et charité, cours public de Paul Magnin, professeur au Centre Sèvres
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
samedi 3 et dimanche
4 mai Introduction au Dharma. Session de découverte de
l'enseignement du Bouddha et de la pratique de la méditation. Renseignements : Institut Karma Ling,
Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00.
du mercredi 7 au samedi 10 mai Le chemin vers l'éveil :
conseil du coeur pour des temps difficiles. Retraite avec Sogyal Rinpoché, à Paris. Renseignements : Centre Rigpa Paris (école :
Nyingma), 6bis rue Vergniaud, 92300 Levallois-Perret. Tél. 01.46.39.01.02.
du mercredi 7 au
dimanche 11 mai Retraite zen sôtô, avec Jokei-Ni. Renseignements : La Demeure sans Limites, Riou La Selle 07320
Saint-Agrève. Tél. 04.75.30.13.62.
du jeudi 8 au
dimanche 11 mai Retraite Zen / Vipassana, conduite
par Martine Batchelor. Lieu : Couvent des soeurs dominicaines, Dammarie Les
Lys. Renseignements : Dharma Network
Paris.
du vendredi 9 au
dimanche 11 mai
- Se préparer au processus de la mort et au bardo (période
post-mortem). Enseignement assuré par Lama Shérab Gyaltsen Rinpoché.
Renseignements : Karma
Migyur Ling, Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.
- Retraite
de méditation Zen sôtô, dirigée par Catherine Genno Pages, Sensei, à Montreuil.
Renseignements : Centre Dana, 22 avenue Pasteur 93100
Montreuil. Tél/Fax : 01.49.88.91.65.
du vendredi 9 au dimanche 18 mai Sesshin
sôtô
zen, dans la Drôme, sous la direction de maitre Ryôtan
Tokuda. Renseignements : Maha-Muni,
(adresse postale uniquement : 52 rue Pernety 75014 Paris). Tél. 01.45.42.73.00.
samedi 10 mai Méditer : comment et
pourquoi ? Journée de méditation, avec Lama Karta. Renseignements :
Institut Nalanda (affilié au centre Yeuten
Ling), 48-50 rue de l'Orme, 1030, Bruxelles (Belgique) Tél. (00.32)
(0)26-753.805.
mercredi 14 mai Le
véritable amour, la véritable compassion.
Conférence par Lama Jigme Rinpoche, à 20h30. Lieu : Salle Asiem, 6 rue
Lapparent, 75005 Paris. Organisé par : Dhagpo Kagyu Ling, Landrevie, 24290
Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.
« Angulimala »
: un film qui fait scandale !

Le mois d'avril dernier a été marqué, en Thaïlande,
par un scandale cinématographique peu commun... Pas moins de 21 groupes
bouddhistes, réunis en réseau, ont en effet demandé l'interdiction d'un film
intitulé « Angulimala », invoquant le fait qu'il déformait
l'histoire, l'enseignement et la signification des préceptes bouddhiques.
Ce film a pour héros un personnage hors du commun dont l'histoire est évoquée
dans un sûtra du Majjhima-Nikaya.
Il s'agit d'un jeune homme, brillant étudiant dans l'une des plus célèbres
universités brahmaniques de l'époque, qui se voit abusé par son guru à la suite d'une véritable conspiration
tramée par ses condisciples, jaloux des relations étroites et amicales qui
unissent le maître et le disciple. Pour le punir d'un fait qu'il n'a pas
commis, son maître incite Angulimala à assassiner mille personnes, lui assurant
qu'il gagnera ainsi les cieux de Brahma.
Obéissant, et pris par
sa folie meurtrière, Angulimala collectionne les doigts de ses victimes et les
porte en collier, d'où son nom de « collier de doigts » (anguli-mala).
Le point culminant de son histoire (alors qu'il dispose déjà de 999 doigts...)
est sa confrontation avec le Bouddha, dont il voulait faire sa dernière
victime. Mais le Bouddha parvient à le convertir ! pour plus de détails
=> ci-dessous
Le film « Angulimala » (qui sera présenté au Marché du film de
Cannes, le 19 mai prochain) s'attarde davantage sur l'histoire meurtrière du
jeune brahmane que sur sa carrière de moine bouddhiste - carrière pourtant
exemplaire puisqu'elle le mène jusqu'à l'obtention de l'Eveil, malgré ses
crimes ! Plus que le film lui-même, c'est
d'ailleurs sa publicité qui a provoqué un véritable tollé dans le milieu
bouddhiste thaïlandais.
Celle-ci présentait en effet Angulimala comme « un homme qui a tué mille
personnes pour parvenir au nirvâna », ce qui paraît bien évidemment en
contradiction avec l'enseignement bouddhiste !
Plusieurs pétitions, émanant d'un réseau de groupes bouddhistes, ont été
adressées aux services de la Police nationale thaïlandaise, au Gouvernement et même au
Roi, accusant le film de déformer le bouddhisme en y introduisant des thèses
hindoue et théiste. Le Comité pour la religion, les arts et la culture a
finalement lui-même saisi
le Comité de Censure, qui a tout d'abord réclamé le changement du titre, la
suppression de deux scènes particulièrement violentes ainsi que l'insertion
d'un avis spécifiant que le film était une fiction due à la seule
imagination du scénariste. Le réalisateur, de son côté, arguait du fait que le Canon mentionnait bien
l'existence du meurtrier qui, abusé par son mauvais guru, avait finalement
renoncé à sa macabre chasse à l'homme après avoir rencontré le Bouddha.
Au final, cependant, seules les deux scènes violentes
ont été supprimées. « Ce film
ne fait pas honte au bouddhisme mais il déforme les faits », a simplement déclaré
Phra Payom, moine
choisi comme « médiateur » dans cette affaire,
après avoir visionné la version "corrigée" !
Et le film a pu être diffusé dans les salles.
Cette décision a cependant déçu les contestataires qui ont déclaré qu'ils
continueraient d'exiger son interdiction pure et simple.
Une
bande-annonce du film peut être
visionnée sur son site officiel (en thailandais) : http://www.angulimalathemovie.com/
Angulimala : un exemple de justice, selon le
bouddhisme ancien
Nous reproduisons
ci-dessous un extrait d'un article de David Loy, intitulé
"Une justice réparatrice : une perspective bouddhiste"
(traduit de l'anglais par Alain Liénard)
Angulimala était un bandit sans pitié, qui avait assassiné
de nombreuses personnes et portait leurs doigts en collier - d'où son nom, qui
signifie littéralement « collier (mala) de doigts (anguli) ». Bien
qu'ayant été mis en garde contre lui, le Bouddha s'engagea dans la région où
il sévissait en
marchant silencieusement. Pourtant lorsqu'Angulimala tenta de le saisir, le
Bouddha accomplit une action surnaturelle : Angulimala, tout en marchant aussi
vite qu'il le pût, ne parvint pas à le rattraper bien que le Bouddha continuât
de marcher de son pas habituel. Etonné, Angulimala lui cria : « Arrête-toi,
Solitaire ! » Tout en continuant de marcher, le Bouddha répondit : « Je
suis arrêté, Angulimala. Arrête-toi à ton tour. » Pour répondre à
l'étonnement d'Angulimala, il lui expliqua : « Je me suis arrêté pour
toujours, m'abstenant de toute violence envers les êtres. Mais tu ne fais
preuve d'aucune retenue de ce genre. » Angulimala fut tellement
impressionné qu'il renonça à jamais aux mauvaises actions et demanda à
rejoindre le Sangha. Le Bouddha l'accepta alors comme bhikkhu. Entre temps, la foule s'était assemblée aux portes du palais
du roi Pasenadi et réclamait l'arrestation d'Angulimala. Le roi Pasenadi se mit
en marche avec cinq cents hommes pour le capturer. Quand il rencontra le
Bouddha et lui exposa sa quête, ce dernier lui répondit : « Si tu devais
constater qu'il est devenu désormais un bon bhikkhu, qui s'abstient de tuer
etc., comment le traiterais-tu ? » Le roi répondit qu'il lui rendrait
hommage comme à un bon bhikkhu, et fut surpris lorsque le Bouddha lui désigna
Angulimala, assis à proximité. Le roi fut émerveillé de ce que le Bouddha ait été capable
de dompter l'indomptable et d'apporter la paix à celui qui ne la connaissait
pas. « Vénérable Seigneur, nous n'avons pas réussi à le dompter nous-mêmes
avec la force ou les armes, et voici que le Bienheureux l'a dompté sans force
ni armes. » Puis il quitta les lieux. Peu après, le vénérable Angulimala réalisa le but suprême
d'une vie de sainteté et atteignit le nirvâna. Plus tard, cependant, alors qu'il
effectuait sa tournée d'aumônes, il fut battu par des villageois, mais le
Bouddha lui dit de le supporter, car c'était le résultat de son karma
antérieur. Le sutta se termine par quelques vers récités par Angulimala, entre
autres :
« Celui qui compense les mauvaises actions qu'il a
commises En accomplissant des actes vertueux à la place, Celui-là illumine
le monde Comme la lune après le passage d'un nuage. »
Le sens de ce sutta n'est pas difficile à saisir : il nous
suffit de comparer le sort d'Angulimala avec ce que notre système de justice
rétributive lui infligerait. Pourquoi cette histoire est-elle si importante
dans le bouddhisme ? Elle souligne l'unique raison pour laquelle il admet la
punition d'un délinquant : pour réformer son caractère. Il n'y a donc aucune
raison de punir quelqu'un qui s'est déjà amendé de lui-même. Il n'est pas fait
mention de la punition comme d'un facteur de dissuasion. Au contraire, on peut
considérer le cas d'Angulimala comme l'exposé d'un exemple négatif, impliquant
que l'on peut échapper au châtiment en devenant un bhikkhu, comme si le sangha
était comparable à la légion étrangère en France. Il n'y a pas non plus la
moindre allégation selon laquelle la punition répondrait à la nécessité « d'annuler
l'infraction », même si Angulimala subit effectivement les conséquences
karmiques auxquelles même son nirvâna (sa perfection spirituelle) ne lui permet
pas d'échapper. D'une façon plus générale, on ne peut déterminer quelle réponse
judiciaire serait bonne ou mauvaise - déterminer ce qui est juste - en faisant
abstraction de la situation particulière du délinquant. Cependant, cette histoire n'est pas satisfaisante du point de vue d'une
justice de restauration. Le sutta ne dit rien des familles des victimes
d'Angulimala, ou des conséquences sociales plus générales de ses crimes, sauf à
mentionner la foule à la porte du palais du roi Pasenadi. Le fait que l'humble
moine Angulimala soit lapidé par les villageois est l'indice de bien plus que
d'un mauvais karma. Il implique qu'il n'y a pas eu de tentative de justice de
restauration, prenant en compte les effets de ses actes sur la société. Le
tissu social de la communauté a été déchiré, et pourtant il n'y a pas d'effort
pour « remettre les choses en place ». On prend en compte la
situation particulière du délinquant en l'abstrayant de son contexte social. Il
ne serait pas juste de considérer cette attitude comme l'indice d'une
indifférence du Bouddhisme envers la société, mais elle illustre bien
l'attitude du bouddhisme primitif envers le salut spirituel : la libération est
une affaire individuelle, et le chemin pour y parvenir implique de quitter la
société, non de la transformer.
Pour
en savoir plus :
- La
version intégrale de cet article de David Loy - "Une justice réparatrice : une
perspective bouddhiste" - est accessible sur
le site de l'UBE :
=> rubrique : Université
- Publications - Articles en ligne
- On pourra lire le récit
complet de la vie et de la conversion d'Angulimala dans
le tome 2 de "Les grands
disciples du Bouddha", Nyanaponika
Thera et Hellmuth Hecker, éd. Claire Lumière,
Saint-Cannat, 1999.
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