Cours
au Centre Sèvres
Cours publics proposés
dans le cadre du séminaire "Le
bouddhisme et les grandes questions de société", sous la direction de Paul
Magnin (sept séances, du 22 avril au 3 juin 2003, les mardis de 14 h 30 à 16 h
30). Lieu : Centre
Sèvres (Facultés Jésuites de Paris), 35 bis, rue de Sèvres 75006 Paris.
- mardi 20 mai : Bouddhisme
engagé ou bouddhisme concerné ?
- mardi
27 mai : Ethique et bioéthique dans le bouddhisme
par Eric
Rommeluère, Vice-président de l'UBE.
- mardi
3
juin : Le bouddhisme inspire-t-il une écologie ?
par Philippe
Cornu, Président de l'UBE
Rencontre-débat
intereligieuse
Autour du livre "Le
Lotus ou la Croix. Les raisons d'un choix" de
Dennis Gira. mercredi 4 juin, à la Librairie
Saint-Paul, 48 rue du Four 75006 Paris, de 19 h à 20
h 30. Avec Dennis Gira, directeur-adjoint de l'Institut des
Sciences et Théologie des Religions (Institut Catholique),
Dominique Trotignon, Directeur de l'UBE, et Stéphane
Arguillère, docteur en philosophie, conseiller du numéro
spécial du Nouvel Observateur "La philosophie bouddhiste"
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
mercredi 21 mai Le bouddhisme au
Cambodge : quotidien et société. Conférence par Alain Forest,
professeur à Paris VII, à 18h30. Lieu : Maison de l'Indochine, 76 rue
Bonaparte (place Saint-Sulpice) 75006 Paris. Tél. 01.40.51.95.29. =>
voir ci-dessous
du vendredi 23 au dimanche 25 mai Amour et compassion. Stage animé par Tarab Tulku, à
Aix-en-Provence. Contacter Betty Picheloup, "Le Refuge" 370 chemin de la
Fontaine de Fabrégues, F-13510 Eguilles. Tel. 04.42.92.45.28, Email: Liliane.Borel@up.univ-mrs.fr,
ou Jean-Luc Bouvier : J-L.Bouvier@Wanadoo.fr. Renseignements
: Institut Tarab
France, c/o Marie-Pierre Coeuignart, 69 rue de la Paroisse 78000 Versailles.
Tél./Fax : (+33) 01.39.49.90.21 ou par e-mail.
du vendredi 23 au vendredi 30 mai Sesshin avec Maître Tokuda à Eitai ji. (La Rochette : Alpes-Maritimes).
Renseignements : Manuel Dematos. Tél. 04.93.05.80.35. Dojo Shikantaza (école Zen
sôtô) affilié à Maha-Muni ; Ryôtan Tokuda, 4 place du Béguinage 7000 Mons. Tél.
(00.32) (0)65-840-825.
mercredi 28 mai Le Dharma dans les prisons. Conférence par la Vénérable
Robina Courtin, directrice de l'association du Liberation Prison Project, qui
apporte un soutien spirituel à plus de 400 prisonniers dans 150 prisons aux
Etats-Unis et dans d'autres pays. A 20 h 30. Inscription et hébergement :
05.63.58.17.22. Renseignements : Monastère Nalanda, Vajra Yogini, Rouzegas
81500 Labastide-Saint-Georges. Tél. 05.63.58.02.25.
du jeudi 29 mai au dimanche 1er juin Le soutra du coeur : stage d'été du lama Karta. Etude et récitation de ce célèbre texte du
Mahayana, un des traités courts et fondamentaux sur le thème de la sagesse et de
la vacuité. . Renseignements : Institut Yeuten Ling, 4
Promenade St Jean l'Agneau - 4500 Huy, Belgique. Tél. (00.32) (0)85-271.188.
du mercredi 4 au lundi 9 juin Sesshin Zen sôtô. Retraite de
début d'été, avec Jôshin Sensei ou ses disciples. Organisé par le
Zendo de la Montagne Bleue, 7, rue Vicq d'Azir, 75010 Paris, lié à La Demeure sans Limites, Riou La Selle 07320 Saint-Agrève. Tél. 04.75.30.13.62.
Renseignements et inscriptions : Fabrice (répondeur) 01.39.12.48.12 ou Laurent
01.39.46.52.73 (le soir).
du jeudi 5 au dimanche 8 juin Retraite de méditation selon
la tradition Theravada, avec Ajahn
Akiñcano (en français), au Monastère Dhammapala, Am
Waldrand, 3718 Kandersteg (Suisse). Renseignements et inscriptions : Le Refuge, 370 chemin
de Fabrègues, 13510 Eguilles. Tél/fax : 04.42.92.45.28 ; courriel : refugebouddhique@wanadoo.fr.
Le bouddhisme au Cambodge
Les deux textes proposés
ci-dessous sont extraits du site « Cambodge-Contact » (Agence universitaire
de la francophonie au Cambodge), réalisé par Jérôme Rouer
Sans la religion le Cambodge n'existerait
plus depuis longtemps. Trois religions - l'animisme, le
brahmanisme et le bouddhisme - se sont mariées harmonieusement, se sont même
renforcées mutuellement, pour aider le Khmer à vivre en harmonie avec le
cosmos, le cycle des saisons, les forces de la nature. L'animisme lui permet d'expliquer
et d'organiser sa vie en ce bas-monde, le bouddhisme l'aide à espérer en un
monde futur meilleur, le brahmanisme reste le cadre et le support de certains
rituels. Le bouddhisme khmer fut et est
encore la base et le ciment de la société khmère. La pagode est le seul lieu de
brassage de la population masculine, le seul centre d'enseignement, le seul
conservatoire de traditions et de textes, le seul centre de diffusion d'une culture
commune... Etre Khmer, c'est être bouddhiste et sans le bouddhisme le Cambodge
n'existerait pas. Pour mémoire, un culte d'origine
brahmaniste angkorien, le culte des « Baku » est conservé au Palais
pour l'exercice des cérémonies royales, la détermination des
« bonnes » dates, l'interprétation des présages, tirer les horoscopes
(il en est de même à la cour de Thaïlande).

un
jeune bhikkhu avant son ordination, en compagnie d'un laic copyright
2003 BDEA Inc. & Buddhanet
Depuis le XVIe siècle le
bouddhisme khmer est un bouddhisme theravadin mâtiné de quelques dieux du
panthéon brahmanique qui, semble-t-il, ont laissé une frayeur particulière et
tenace auprès des populations. Au cours des temps, les moines ont su aussi
intégrer les « Neak ta » (génies protecteurs du territoire), dont
tout Khmer respecte les pouvoirs surnaturels. Dans le bouddhisme khmer, basé
sur la conception du salut personnel, c'est par la seule force de son exemple
que le bhikkhu (moine bouddhiste) agira pour la communauté. Le laïc participe,
en quelque sorte, au perfectionnement des religieux et s'acquerra des mérites
par ses dons - aumônes de nourriture, de vêtements, construction et entretien
des pagodes - et en écoutant les récitations que font les bhikkhu, il pourra
élever son esprit et connaître la voie du salut. Le bhikkhu opérant pour lui seul,
nul « prêtre » n'existe pour guider les fidèles et ce sont des laïcs,
les « achar », et non les bhikkhu, qui animent la vie religieuse.
Chaque pagode possède son achar. Son rôle est d'indiquer
les gestes rituels, d'entonner les prières que doivent dire les fidèles, d'officier
dans les cérémonies et d'accomplir les rituels (les bhikkhu restant à l'écart),
de décider des offrandes, de servir d'intermédiaire entre le peuple et les
nombreuses divinités (non bouddhistes) de la nature et les esprits. Il prédit
aussi et lit les horoscopes.
Le Khmer possède plusieurs
panthéons de divinités. Toutes ces divinités vivent en bonne harmonie, si ce n'est
en symbiose avec le bouddhisme. Citons les représentations des
éléments (eau, sol, soleil, lune...), les dieux et déesses du panthéon
indien (Indra, Vishnou, Civa, Ganeça...), les animaux naturels ou
mythiques (crocodile, serpent, taureau, naga, garuda, yaksa...), les esprits en général
et, en particulier, les « Neak ta ». Villages et zones cultivées sont
placés sous la protection de divinités, en général l'homme ou le couple
fondateur, appelé « Neak ta », qui veille à la santé et à la
prospérité du territoire. Respectés en tous temps, les Neak ta sont
particulièrement honorés lorsqu'il y a sécheresse ou épidémie. Le culte commun
des Neak ta est resté très présent jusqu'aux années 1970. Aujourd'hui il relève
plutôt de croyances individuelles aux génies et à la magie.
Petite histoire récente du bouddhisme
khmer
La tradition scientifique du début du Protectorat (dès
1860) rattachait le bouddhisme khmer à l'école Theravada de Ceylan (Sri-Lanka).
Mais, à cette époque, le bouddhisme était encore pour l'Occident une idolâtrie
bien confuse... Le bien fondé du rattachement des
khmers à l'école de Ceylan ne coule pas de source, loin s'en faut !
Certes, les valeurs bouddhistes khmères se retrouvent dans le Tipitaka [la
« Triple Corbeille », canon bouddhique cinghalais], mais il y aurait
plus cousinage que parenté directe. En s'installant au Cambodge le
Protectorat français trouve un clergé partagé en deux ordres : - la branche traditionnelle des
Mahanikay (ou Grande Communauté), - la nouvelle secte des
Dhammayutikanikay, héritée du Siam, où elle est l'église officielle. (Dhamma
= ce qui est stable, l'enseignement, la Loi ou Canon ; nom actuellement
utilisé : Tommayut)
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La branche
Dhammayutikanikay/Tommayut était largement favorisée par la famille royale
khmère pour la bonne raison que celle-ci était unie depuis plusieurs
générations à la cour de Bangkok : les institutions thaïes, vêtement,
cérémonial, rites et religion, et même la langue thaïe étaient de règle dans la
maison royale khmère. Il était donc normal que la religion thaï devienne
religion d'Etat. Au cours du temps le pays
religieux se divisa en deux blocs : les villes qui pratiquaient selon le
Dhammayutikanikay, les campagnes qui pratiquaient un bouddhisme sans représentativité
et laissé à lui-même.
C'est le roi thaï Mongkut qui
fonde, en 1854, l'ordre Dhammayutika sur la base de l'orthodoxie cingalaise. Il
envoie copie du Tipitaka au roi du Cambodge, Ang Duong, qui l'avait demandée
solennellement (le « Tipitaka » des anciens Mahanikay du Cambodge
référait uniquement à un concept idéologique et non à un texte...). Lorsque, en 1855, le roi Norodom
succède à Ang Duong, il envoie une ambassade de cinq religieux à Ceylan qui
ramènent en 1887 de précieuses reliques et une bouture de figuier : l'ordre
Dhammayutika est officiellement fondé au Cambodge et va coexister, très
petitement, avec l'ancien ordre, toujours très populaire des Mahanikay. Mais les Dhammayutika vont créer
des pagodes et monastères modèles et transformer le pays, malgré une opposition
populaire violente. Il y eut des rixes célèbres entre les moines des deux
pagodes de Vat Botoum [Dhammayutika] et de Vat Unaloum [Mahanikay] à Phnom
Penh. Les Khmers réagissent autant à l'intrusion siamoise qu'aux idées religieuses
de cet ordre.
Le
rôle
du Protectorat français
| Le gouvernement français du
Protectorat prend position, avec quelques confusions théologiques, pour
finalement créer officiellement une nouvelle faction à partir de l'ancien
clergé traditionnel. C'est le Ministère de l'Intérieur et des Cultes qui nomme
les chefs de pagodes...
Cette faction va progressivement
éclipser les vieilles coutumes en se présentant comme gardienne des traditions
; des ordonnances royales successives interdisent formellement aux bhikkhu la
plupart des petits et gros avantages matériels qu'ils s'étaient attribués...
contre un quasi-statut de fonctionnaire.
|

Reconstitution
du temple d'Angkot Vat lors de l'Exposition
coloniale française de 1931, dans le Bois
de Vincennes, à Paris
|
Dès 1920 cette remise en ordre
morale provoque un afflux d'ordinations. Désormais les affaires religieuses
sont traitées et ordonnées en dépit des vieux monastères encore tenaces dont l'influence
s'éteindra avec le temps. C'est à cette nouvelle force que les Français vont
confier le soin de séculariser l'enseignement religieux, dévoilant ainsi leur
véritable but : créer un système permettant de réformer l'enseignement
traditionnel. Ils traduisent les textes du
canon pâli en khmer (en 1929, 110 volumes de près de 500 pages), créent des
écoles de pâli (dont les diplômés reçoivent le titre d'« Achar »), l'Institut
Indigène d'Etude du Bouddhisme du Petit Véhicule (1930), les « Ecoles d'Application
des Bonzes » (1933) dont le but est « de mettre à disposition du
clergé des méthodes pratiques de pédagogie susceptibles de permettre la
rénovation de son enseignement ». Ces dernières permettront de faire l'économie
de nombreuses écoles primaires en laissant le soin de la formation des enfants
aux pagodes. Petit à petit les moines
Mahanikay, mal vus des populations urbaines qui rend leur traditionalisme
responsable des retards économiques du pays, imitent les Dhammayutika jusque dans
leur habillement. Dans la rue, l'épaule droite découverte sous la robe safran
devient la marque du paysan arriéré. (Les Mahanikay portent une robe jaune
clair découvrant l'épaule droite, une courroie permettant de porter la sébile
en bandoulière. Les Dhammayutika portent une robe plus rouge et mendient à deux
mains)
A l'époque
de la guerre civile
En
1970, le Cambodge comptait plus de 65.000 moines pour un pays de 7 millions d'habitants.
A l'arrivée de la saison des pluies, saison des retraites, les gens en robe
dépassait les 100.000. Le bouddhisme prospérait, même si rites et cérémonies
semblaient particulièrement anachroniques aux populations urbaines
occidentalisées. A partir de 1970 le bouddhisme,
gardien des valeurs culturelles khmères, fut écrasé par le désordre moral des
dirigeants successifs du pays : attrait de l'Occident, corruption et guerre
civile, bombardements et communisme n'étaient pas compatibles avec la morale
traditionnelle... les Khmers Rouges (1975-1979)
transformèrent ce déclin en extinction totale : près de 1.900 pagodes furent
rasées, les autres servirent au mieux de prison, au pire de porcheries. Les
moines étaient définis comme des parasites qui mangeaient le riz du peuple et n'eurent
d'autres choix que d'être exécutés sur le champ ou de tenter de survivre en
subissant le sort commun du peuple ancien : travaux forcés sans nourriture
suffisante et sans la possibilité de se nourrir d'insectes ou de grenouilles. La Conférence Bouddhique khmère
de 1982 estima à 60.000 le nombre de moines massacrés par Pol Pot ! De plus
textes et objets sacrés furent presque tous détruits.
Aujourd'hui
Officiellement le Bouddhisme
réapparut au Cambodge le 18 septembre 1979, avec l'ordination de sept moines
khmers par une délégation de bouddhistes khmer-krom du Vietnam. La résurrection fut lente car le
gouvernement de la République Populaire du Kampuchéa mit un certain nombre de
verrous administratifs destinés à s'assurer un total contrôle de la religion. Les
anciens ordres Mahanikay et Dhammayutika furent abolis et remplacés par un
ordre unique et « national ». Le système hiérarchique du clergé fut
lui aussi totalement remaniée : le « Sangharaja », ou
patriarche suprême fut remplacé par un « Protean » ou Président, avec
des Sous-Présidents pour chaque province et des Sous-Sous-Présidents pour
chaque village. L'ancien Achar s'appelait désormais « Camarade
Président de la Pagode »... En Juillet 1988 la radio
officielle diffusa les premières émissions religieuses depuis 18 ans. En janvier 1989, enfin, le Premier Ministre Hun Sen fit des excuses
publiques pour les erreurs passées de son gouvernement quant à la religion et,
en avril, l'Assemblée Nationale amenda la Constitution pour restaurer le
Bouddhisme comme religion d'état.
Pour
en savoir plus :
Sur
Internet, les
sites de :
Sur
l'actualité religieuse au Cambodge :
Sur
le site d'Angkor et l'art khmer :
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