"micro-hebdo"
de l'UBE - N° 25 Accéder aux autres numéros
Cours à Paris samedi 14 juin Stage à Aix-en-Provence samedi 21 et dimanche 22 juin
samedi 7 et dimanche 8 juin du samedi 7 au lundi 9 juin mercredi 11 juin du vendredi 13 au dimanche 15 juin samedi 14 et dimanche 15 juin les lundis 16 et 23 juin
Le texte que nous proposons
ci-dessous est extrait d'un article de Philippe Cornu, Le moment de la mort est une rupture dans l'apparente continuité de la conscience. Mais elle n'est pas la seule : l'entrée dans le sommeil et dans les états altérés de conscience, l'évanouissement, les états de choc sont aussi des ruptures par rapport à la conscience de veille. Un nouvel état mental émerge, qui se prolonge jusqu'à la rupture suivante, etc. L'état de conscience qui se déroule entre deux ruptures est appelé bardo, "état intermédiaire". Tous
les courants bouddhistes n'acceptent pas cette notion de bardo.
Pour les adeptes de l'école Theravâda, la renaissance suit
immédiatement l'instant de la mort. Cette notion de bardo (en
sanskrit : antarabhâva) est cependant
exposée dès les premiers siècles dans
de nombreuses écoles du bouddhisme ancien (Pudgalavâdin, Sarvâstivâdin,
Lokottaravâvin, etc.), dans certains sûtra et surtout dans les abhidharma du nord
de l'Inde (Abhidharmakosha de Vasubandhu, Abhidharmasamuccaya d'Asanga). Mais
elle est surtout clairement développée dans les tantra qui constituent les
textes de base du Vajrayâna ou "Véhicule adamantin" et du Dzogchen ou "Grande
Perfection". Tous les moments de rupture entre deux bardo successifs présentent des points communs. Le sommeil, à ce titre, présente de grandes analogies avec la mort : les processus y sont semblables, quoique réversibles et partiels. Aussi les yoguis se préparent-ils à la mort en pratiquant les yogas du sommeil. A l'inverse de la conception, où s'unissent graduellement les éléments psychophysiques du futur être, la mort est une dissolution progressive de ces mêmes éléments dans l'ordre inverse. Une première dissolution, dite "grossière" concerne les aspects physiques de l'individu : l'élément terre se dissout (le corps s'immobilise), puis l'eau (arrêt de la circulation), le feu (refroidissement) et enfin l'air (cessation de la respiration) : pour la médecine occidentale, la fin de la respiration et l'arrêt du coeur, immédiatement suivis de la mort du cerveau, constituent le moment de la mort clinique. Pourtant, selon le bouddhisme, le processus n'est pas achevé. La conscience va être le siège de "dissolutions subtiles" : les émotions vont se dissiper tandis que l'essence subtile issue du père et celle issue de la mère se réunissent au cour pour s'y dissoudre, libérant l'esprit de la gangue des tendances habituelles. Se manifeste alors la claire lumière, l'esprit pur dans sa nudité, vide et lumineux. Cet instant crucial est mis à profit par les yoguis qui y reconnaissent leur nature éveillée et s'y fondent, se libérant ainsi définitivement des renaissances. Les autres s'évanouissent et se réveillent bientôt dans les bardo suivants. Après un bref passage du bardo de la réalité, qui n'est profitable qu'à certains yogis confirmés, la plupart des défunts reprennent conscience dans le bardo du devenir, semblable à un rêve, où, séparés du cadavre, dotés d'un corps subtil et poursuivis par les images hallucinantes suscitées par leurs habitudes karmiques passées, ils vont endurer de nombreux tourments et chercher refuge dans une nouvelle matrice... et renaître. Entre la mort et la renaissance, quarante-neuf jours au plus se déroulent, dit-on, mais la durée de ces jours est incertaine et varierait selon chacun. Il est dit, dans la tradition tibétaine, que ce sont les vingt et un premiers jours qui comptent le plus après le décès. Ensuite, le sort de la conscience est plus incertain. Dans tous les cas, on considère que quarante-neuf jours est un maximum passé dans les bardo post-mortem. Pour
en
savoir plus => lire le texte
intégral
Le texte
proposé ci-dessous est extrait d'une brochure gratuite
Le but de la méditation et de la contemplation est de pénétrer dans la nature réelle du mental afin de ne plus être trompé par les pensées, les mémoires et les impulsions qui s'y produisent. Cette vision claire nous permettra de vivre en maître et non en esclave de notre propre esprit. Voir avec clarté suppose un certain degré de calme (samatha) et de vision profonde (vipassana) dans les phénomènes qui nous entourent. La pratique s'approche de la manière suivante. Le calme se développe par la stabilité et la paix. C'est pourquoi on utilise une position du corps qui maintient une attention stable avec un effort paisible et persistant. Pour le méditant qui en a l'habitude, la posture du lotus ou du demi-lotus est la meilleure. De par sa nature, le corps ne reste pas dans une position immobile prolongée sans ressentir de l'inconfort. Ces deux postures sont les meilleures en ce cas. Cependant, si elles sont trop inconfortables pour vous, utilisez une chaise ou un « tabouret de méditation ». L'important est de garder la colonne vertébrale droite et en équilibre, sans tension. Dès le début, apportez un soin scrupuleux a trouver « votre posture », adaptée à votre corps. Faites des essais avec différentes épaisseurs de coussin afin de trouver une position dans laquelle vous serez à l'aise et détendu, en ayant l'esprit clair et éveillé. L'apprentissage de la posture se développe au fur et à mesure de la pratique et se raffinera au fil des mois et des années... Si le menton est légèrement baissé, cela aide, mais ne penchez pas trop, cela favoriserait la somnolence. Placez la main droite sur la main gauche, les paumes tournées vers le haut, de manière confortable et détendue. Basculez le corps de gauche à droite puis d'avant en arrière, légèrement, afin de trouver l'équilibre juste, puis gardez-le totalement immobile durant toute la pratique, comme une statue de marbre. Balayez maintenant votre corps avec attention et lentement, de la tête aux pieds, en remarquant les moindres sensations, relaxant les tensions, particulièrement sur le visage, le cou et les mains. Gardez les paupières à demi fermées, le regard posé devant vous sans fixer aucun détail en particulier - elles pourront se fermer par la suite, naturellement. Comment vous sentez-vous ? Dans l'attente de quelque chose, ou bien tendu ? Détendez le mental. Laissez passer les souvenirs, les attentes anticipées et les doutes à savoir si vous faites comme il le faut. Tout ne sera pas parfait, mais gardez les choses au niveau « assez-bien ». Le mental se calmera à un certain degré. Des pensées plus lentes, plus réfléchies ou plus fantaisistes peuvent survenir. Canalisez-les de manière habile, en commençant par vous souhaiter d'être bien, en vous sentant bien, en paix, détendu, calme et serein. Puis étendez ce sentiment à ceux qui vous entourent, les êtres chers, les parents, les amis, les gens qui habitent la ville, la région, le pays... Cette méthode de calme peut être pratiquée pendant une quinzaine de minutes environ et c'est toujours une bonne méthode pour calmer l'avidité vis-à-vis de « l'illumination ». Ce rassemblement de l'attention fait partie de la méditation et c'est la culture de l'effort juste nécessaire pour la contemplation (vipassana). Lorsque vous pouvez maintenir un degré de calme convenable, raffinez encore l'attention en observant la respiration. Commencez par observer la sensation de l'air passant par les narines, puis emplissant les poumons jusqu'à atteindre l'abdomen ; puis, après un moment, maintenez l'attention sur un point, soit le mouvement de l'abdomen, soit le contact de l'air avec les narines. L'observation du souffle tranquillise, stabilise et relaxe l'esprit, à condition de ne pas forcer. Au fur et à mesure de la relaxation, la respiration devient stable et profonde. Une posture bien droite y contribue largement. C'est à vous de juger à quel degré maintenir votre attention sur un point; lorsque le mental vagabonde, ramenez-le avec patience sur la respiration. Si vous devenez trop agité, détendez-vous et mettez-vous en paix avec vous-même. Entendez, sans prêter trop d'attention aux voix du mental. Si vous êtes engourdi, somnolent, alors mettez plus d'énergie dans la posture et ne raffinez plus l'attention, ni ne tranquillisez le mental ! Vous pouvez pratiquer cette attention sur la respiration (ânâpâna sati) pendant toute la séance, mais généralement on fait cet exercice durant un quart ou la moitié de la séance. A un certain moment, vous devez considérer que le calme atteint est suffisant, et permettre alors à l'attention d'observer l'écoulement des différentes conditions du mental, sans approbation ni critique. C'est un exercice d'attention qui demande de l'équanimité et une sagesse subtile et pénétrante. Plutôt que de se concentrer sur un aspect physique, on contemple les caractéristiques du processus mental. Observez la caractéristique du changement - tout phénomène qui commence doit nécessairement prendre fin (anicca). Vous pouvez aussi prendre conscience de l'agitation constante du contenu du mental et du fait que celui-ci ne s'arrête jamais, qu'il expérimente de la frustration, du doute, de la lourdeur - en bref, de l'insatisfaction (dukkha). Avec de l'expérience, nous en viendrons à voir qu'il n'y a pas de possesseur ni de créateur des conditions que nous vivons et, cependant, il y a conscience. Qui est conscient ? C'est cela la caractéristique du Non-Soi (anatta). C'est à l'aide de ces trois caractéristiques - anicca, dukkha, anatta - que nous observons le mental dans la méditation vipassana. Tant que l'attention n'est pas développée, il faut contrôler le mental d'une manière ou d'une autre pour l'empêcher d'être submergé par l'imagination, l'aversion, l'infatuation... C'est pourquoi il faut périodiquement revenir à l'observation du souffle ou du corps pour stabiliser et calmer le mental (samatha). Mais lorsque, par une discipline naturelle, le mental n'est plus surchargé, on peut contempler paisiblement la nature des choses. De cette manière, le méditant développe une sage attitude envers le corps et l'esprit, plutôt que de s'y identifier. C'est cela le bonheur de la "vision pénétrante" (vipassana). |