"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 28
    1er ao
    ût 2003
     

    Accéder aux autres numéros



    Actualités de l'UBE


    Le programme des cours et stages
    de l'
    année 2003-04
    sera mis en ligne le
    16 ao
    ût prochain

    Les inscriptions auront lieu à partir du 15 septembre

    à noter :
    "Journées Portes ouvertes"
    samedi 27 septembre
    au "Forum" : 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
     

     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    du lundi 4 au dimanche 10 août
    Retraite de Tara Blanche, guidée par Marie Henry. Il est préférable d'avoir reçu l'initiation. Renseignements : Vajra Yogini, Rouzegas 81500 Labastide-Saint-Georges. Tél. 05.63.58.02.25. Inscription et hébergement : 05.63.58.17.22.
    =>  voir ci-dessous

    mardi 5 et mercredi 6 août
    Méditation guidée, par la Vénérable Khandro Rinpoché. Renseignements : Kagyu Dzong, 40 route de la Ceinture du Lac Daumesnil 75012 Paris. Tél. 01.40.04.98.06.

    du vendredi 8 au dimanche 10 août
    Séminaire chrétien orthodoxe et bouddhiste : « La vie et la mort selon les deux traditions » animé par le Père Maxime du monastère de Chevetogne (Belgique) et le Vénérable Lama Seunam, directeur spirituel de Dashang Kagyu Ling. Pour vous inscrire contacter : Claudine Pirotte : 00 32 43 68 79 77 (Belgique) ou Eliane Baradel 01 47 88 98 77 (France). Renseignements : Dashang Kagyu Ling, Temple des mille Bouddhas, 71320 La Boulaye. Tél. 03.85.79.62.53.

    du lundi 11 au dimanche 17 août
    Peinture de Thangka. Stage animé par Tharpen Lingtang. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00.

    du mercredi 20 au dimanche 24 août
    Enseignement philosophique ("Namshé yéshé" en tibétain) pour mieux comprendre le but de la pratique spirituelle, la découverte de la nature primordialement éveillée de l'esprit et les moyens à mettre en ouvre pour la réaliser, par Khenpo Tcheudrak Rinpoché (école Kagyupa). Renseignements : Karma Migyur Ling, Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.

    du vendredi 22 au vendredi 29 août
    Sesshin zen sôtô avec Maître Tokuda à Eitai ji. (La Rochette : Alpes-Maritimes). Renseignements :  Maha-Muni, (adresse postale uniquement : 52 rue Pernety 75014 Paris). Tél. 01.45.42.73.00 ou Dojo Shikantaza (centre Zen sôtô affilié à Maha-Muni ; Ryôtan Tokuda), 4 place du Béguinage 7000 Mons. Tél. (00.32) (0)65-840-825.

    du samedi 23 au dimanche 31 août
    Retraite zen sôtô. Camp d'été à La Gendronnière animé par Roland Rech. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86. (voir aussi le calendrier général des sesshins organisées dans diverses villes de province, la page sesshin du site de l'AZI).

    du lundi 25 au jeudi 28 août
    « Aider les autres ». Enseignement basé sur les enseignements oraux de Guendune Rinpoché, par Lama a. Rinchène. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling, Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.

    du lundi 25 août au dimanche 14 septembre
    Retraite Dzogchen européenne annuelle, avec le Vénérable Yongdzin Lopön Tenzin Namdak et le Khempo Tenpa Yungdrung (Ecole Bonpo). Lieu : près de Vimoutiers (61). Renseignements : Yungdrun Bön (école : Bön Po), 2 rue de Blainville 75005 Paris. Tél. 01.43.21.03.66.

 


     

    Târâ, la "Libératrice"

    "Seigneur, je guiderai les êtres afin qu'ils traversent le grand flot de leurs peurs.
    C'est pourquoi les saints éminents me loueront dans le monde sous le nom de
    Târâ."


     



    Târâ, mère protectrice des Tibétains

     Le texte que nous vous proposons ci-dessous est extrait de l'ouvrage
    "Petite encyclopédie des divinités et symboles du bouddhisme tibétain"
     

    Târâ, dont le nom signifie "Libératrice", est, avec Avalokiteshvara [le bodhisattva de la Compassion], la divinité la plus populaire du Pays des Neiges. Elle est, pour les Tibétains, la mère qui protège de tous les dangers et de toutes les difficultés de l'existence. La confiance et la dévotion qu'ils lui vouent sont tout à fait semblables à la confiance et à l'amour d'un enfant pour sa mère. Dans la peine ou dans le danger, l'enfant appelle sa mère ; le Tibétain prie Târâ. L'enfant ne doute pas que sa mère vienne le protéger ; le Tibétain est certain que Târâ viendra le secourir.

    De Târâ on peut dire qu'elle est un bouddha se manifestant sous la forme d'un bodhisattva. Son esprit, totalement libéré des impuretés et des voiles et possédant pleinement les qualités éveillées, est bouddha, tandis que son aspect est celui d'un bodhisattva.
    Parallèlement à cette double nature, Târâ emplit une double fonction, ultime et relative.
    Sur le plan ultime, ou métaphysique, Târâ, en tant que divinité féminine, représente la prajñâpâramitâ, la "perfection de connaissance", la faculté qui découvre la réalité ou l'irréalité de toute chose ; en ce sens, elle est la "Mère de tous les bouddhas", puisqu'elle fait accéder le disciple à l'Eveil.

    Bien que cette facette de la divinité soit certainement la plus bénéfique, ce n'est pas, le plus souvent, vers elle que se tourne le Tibétain. Pour lui, Târâ est surtout celle qui secourt dans le relatif, disons dans le quotidien. Si elle est mère de tous les bouddhas, elle est encore plus mère des pauvres humains confrontés aux misères de la vie. Nombreux sont les auteurs qui ont, pour cette raison, rapproché Târâ d'autres aspects féminins du divin, que ce soit l'Isis des Egyptiens, la Durga des hindous ou, plus encore, la Vierge Marie des chrétiens. Il n'est pas rare non plus, lorsque des lamas tibétains visitent des églises et voient les ex-voto adressés à Marie, qu'ils fassent un rapprochement avec Târâ, la mère qui protège.
    Ainsi Târâ étend-elle sa compassion de l'absolu au relatif.

 



    Les naissances de Târâ
     

    On connaît trois versions différentes de la naissance de Târâ qui, toutes, la relient étroitement au bodhisattva de la Compassion, Avalokitesvara.

    Selon "L'origine du Tantra de Târâ", rédigé au XVIe siècle par l'historien tibétain Târânatha (dont le nom signifie "enfant de Târâ"), son histoire commencerait à l'époque très lointaine où vivait le Bouddha Dundubhisvara ("Son du Tambour"). Elle était alors princesse et se nommait "Lune de Sagesse" (Jñânachandra). Chaque jour, pendant plusieurs millions d'années, elle fit des offrandes au Bouddha et à ses disciples et acquit ainsi de très nombreux mérites. Touchée par l'enseignement du Dharma, elle fit le voeu d'obtenir l'Eveil pour secourir tous les êtres et fit ainsi naître la "pensée d'éveil" (bodhicitta) par laquelle débute la carrière des bodhisattvas.
    Les moines, cependant, lui dirent qu'elle devait d'abord souhaiter renaître sous forme masculine mais Lune de Sagesse leur répliqua :

    Ici, pas d'homme ni de femme, pas de moi, pas d'individu, pas de catégories.
    "Homme" et "femme" ne sont que des dénominations créés par la confusion des esprits pervers de ce monde.
    Beaucoup désirent l'Eveil dans un corps masculin, mais personne n'oeuvre pour le bien des êtres dans un corps féminin.
    C'est pourquoi, jusqu'à ce que le samsâra soit vide, je travaillerai pour le bien des êtres dans un corps féminin.

    Après avoir pratiqué les "vertus transcendantes" (pâramitâ) pendant plusieurs millions d'années, elle devint capable de libérer dix millions d'êtres chaque matin et chaque soir et continua d'oeuvrer aux biens de tous les êtres, jusqu'à notre époque, sous de multiples manifestations.

    Selon une autre tradition, Târâ serait née d'une larme versée par le bodhisattva Avalokitesvara qui, alors qu'il oeuvrait au bien de tous les êtres, ne put s'empêcher de pleurer devant le spectacle des milliards d'êtres souffrant dans le samsâra. Des larmes qui s'écoulaient de son oeil droit naquit la Târâ verte, symbole de sa compassion, tandis que de celles qui s'écoulaient de son oeil gauche naissait la Târâ blanche, symbole de sa sagesse.

    Un autre récit la présente comme la soeur jumelle du boddhisattva Avalokitesvara, tous deux émanations du Bouddha Amitabha. Considérant les êtres souffrant dans le monde, Amitabha émit deux rayons de lumière de ses yeux, l'un de couleur blanche, qui prit la forme du boddhisattva masculin, l'autre de couleur verte, qui devint un bodhisattva féminin sous la forme de Târâ verte.



    Le symbolisme de(s) Târâ 
     

    Typique du bouddhisme tantrique, Târâ est la manifestation féminine de l'Eveil.
    Elle symbolise à la fois la Grande Compassion (mahakaruna), qui se manifeste par l'emploi des "moyens habiles", et la Vertu de Sagesse transcendante (prajñâpâramitâ), sans laquelle toute action resterait inefficace.
    D'un côté, "Mère de tous les Bouddhas", en tant que Sagesse, elle est aussi la "Salvatrice", "Celle qui fait traverser de l'autre côté", la "Protectrice" qui règne sur les trois mondes : le monde souterrain, où elle contrôle les forces de la colère (les êtres de enfers) et de l'avarice (les "êtres affamés", preta) ; le monde de la terre, où elle contrôle les forces du désir (les humains) et de l'ignorance (les animaux) ; le monde céleste, où elle contrôle les forces de l'orgueil (les dieux, deva) et de la jalousie (les demi-dieux "titans", asura).
    Elle est aussi - et peut-être surtout pour les humains ordinaires... - "Celle qui sauve des huit grandes peurs" :

    Les huit grandes peurs récapitulent les dangers extérieurs les plus menaçants dans la vie quotidienne des Indiens du Moyen-Age. Mais la liste peut être lue de manière symbolique comme autant de dangers intérieurs...

    • les lions - l'orgueil
    • les éléphants sauvages - la confusion mentale
    • les feux de forêt - la haine
    • les serpents - la jalousie
    • les voleurs - les conceptions fausses
    • la prison - l'avarice
    • les inondations - le désir sensuel
    • les démons - les doutes

    Un texte célèbre - "Louange à Târâ en vingt-et-un hommages" - relie chacune de ses vingt-et-une stances à une forme particulière de Târâ. Mais deux d'entre elles sont particulièrement populaires : la Târâ verte et la Târâ blanche.

      

    Târâ verte est l'aspect le plus courant de Târâ et c'est généralement à elle que s'adresse le fidèle confiant dans son attention secourable. Sa couleur verte est celle de "l'activité éveillée", de la compassion en actes. Elle est représentée assise, la jambe gauche pliée (symbolisant qu'elle n'est plus soumise aux perturbations) et la jambe droite dépliée, prête à entrer en action ; sa main droite fait le geste du don tandis que sa main gauche fait le geste du refuge tout en tenant une fleur de lotus, symbole de son Eveil.

    Târâ blanche est surtout associée aux rituels de longévité ou de guérison. Sa couleur blanche symbolise la pureté de son Eveil et l'absence des "voiles" (ignorance et passions). Elle présente sept yeux, trois sur le visage (symbolisant les trois Portes de la Libération : vacuité, absence de caractéristiques et absence de souhaits), deux sur la paume des mains et deux sur la plante des pieds, symboles de sa mise en oeuvre des quatres "Illimités" : compassion, bienveillance, joie sympathique et équanimité.

     

    Pour en savoir plus :

    sur Internet :

    à lire :