
"micro-hebdo"
de l'UBE - N° 31 16 septembre 2003
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numéros
Actualités de l'UBE
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Journée
"Portes ouvertes" samedi
27 septembre 2003
de 10 h à 16 h Inscriptions
et rencontre avec les étudiants et les enseignants
de 16 h à 18 h Conférence-débat
: "La relation au maître" avec
Philippe Cornu, Eric Rommeluère et Dominique
Trotignon (entrée libre et gratuite)
au "Forum 104" : 104
rue de Vaugirard 75006 Paris M° Montparnasse,
Duroc, Saint-Placide
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Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
du vendredi 19 au dimanche 21 septembre Enseignements
par sa Sainteté le 12e Gyalwang, au Centre Druk Ngawang Norbu
de Monaco, 36 bd des Moulins, 98000 Monaco.
Renseignements : Druk Ngedeun Gawei Tsel,
38 avenue Pierre Semard 94200 Ivry Sur Seine. Email
- Tél. 01.58.46.06.41 ou 01.40.60.62.22.
samedi 20 et dimanche
21 septembre Karma et accompagnement.
Ce stage fait partie du cycle Dharma et Accompagnement, animé par Lama Puntso
et Anila Trinlé de l'association Semdrel. Il comprend des temps d'enseignement, de
réflexion et de méditation. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling,
Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.
dimanche 21 septembre Journée d'étude et de méditation dans la tradition
Theravâda, animée par Michel-Henri
Dufour, à Paris. Renseignements :
Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma",
c/o Michel-Henri Dufour, 22 rue
de la Grange Aubel 71000 Sancé. Tél. 03.85.20.14.42.
vendredi 26 septembre Enseignement et pratique du Bouddhisme Reiyukai
(réunion mensuelle) à 20 h 30. Lieu : Forum 104, 104 Rue de
Vaugirard, 75006 Paris. Renseignements : Centre
Reiyukai (nouvelle
école japonaise), 41 boulevard Meusnier-de-Querlon, 44000 Nantes. Tél.
02.40.59.18.17.
vendredi
26 et samedi 27 septembre Le Maître Vajra. Enseignement transmis par Sa Sainteté le XIIe Gyalwang
Drukpa. Lieu : Espace Européen, 144-146 avenue du Président Wilson, 93210 La Plaine
Saint-Denis (RER B, Station Plaine-Stade de France). Renseignements : Druk Ngedeun Gawei Tsel,
38 avenue Pierre Semard 94200 Ivry Sur Seine,
France. Tél. 01.58.46.06.41 ou 01.40.60.62.22.
du vendredi 26 au dimanche 28 septembre
- Week-end intensif de méditation
Vipassana (chaque dernier week-end du mois), avec
instructions selon la méthode Mahasi Sayadaw. Renseignements :
Dhamma Group, c/o
Marie-Cécile Forget, 2 rue de la Duchesse, 1040 Bruxelles. Tél. (00.32)
(0)474.59.00.21.
- Sesshin
zen sôtô, animée par Roland Rech à L'Arche organisé par le dojo d'Alès (Gard).
Renseignements : Association Zen Internationale
- Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86 (voir aussi,
pour le calendrier général des sesshins organisées dans diverses villes de
province, la page sesshin du site de l'AZI).
mercredi 1er octobre Cinq énergies,
cinq sagesses, cinq familles de bouddhas, conférence d'Irini Rockwell (la conférence sera traduite en
français). Renseignements : Institut Nalanda (affilié à l'Institut
Yeuten Ling), 48-50 rue de l'Orme, 1030, Bruxelles (Belgique) Tél. (00.32)
(0)26-753.805.
samedi 4
octobre Journée
de méditation zen, avec Eric Rommeluère, à Paris, de 9 h à 17 h 30. Lieu : 14
rue Philibert Lucot 75013. Renseignements : Un Zen occidental, 201 rue de Tolbiac
75013 Paris. Tél. 01.45.88.07.15. (info@zen-occidental.net).
La relation au maître dans l'école
Theravâda
Les écoles bouddhiques du
Mahâyâna, qu'elles relèvent du Zen japonais ou des écoles tibétaines, sont
connues pour accorder une importance toute particulière à la relation qui
s'établit entre un maître et son disciple, notamment dans l'apprentissage de
la méditation. En revanche, on ignore souvent les caractéristiques du
Theravâda dans ce domaine. Nous proposons ici deux extraits de textes qui éclaireront ce sujet.
Un
« ami-du-bien »,
le maître-instructeur
selon Buddhaghosa extrait du Visuddhimagga (« le Chemin de la Pureté »)
Dans son oeuvre maîtresse, le
« Visuddhi- magga », le commentateur theravâdîn du Ve siècle Buddhaghosa évoque en détail comment un
méditant doit s'engager dans l'apprentissage d'une pratique. Après avoir
développé la discipline et s'y être affermi, il faut surmonter les « dix
empêchements » (dix situations, physiques et mentales, qui ne favorisent
pas une bonne pratique) et rechercher un « ami-du-bien » qu'on
sollicitera comme instructeur. Ce dernier doit posséder les qualités
suivantes : « Il est aimable, respectable, estimable, parle et
accepte le dialogue, son discours est profond et il n'incite pas sans raison
(ou à contre-temps) ». L'Ami-du-bien par excellence
n'est autre que le Bouddha lui-même. Mais, depuis sa Disparition complète
(paranirvâna), il faut s'en remettre à l'un de ses disciples successifs.
Idéalement, on cherchera un disciple ayant réalisé l'Eveil, l'état d'arhat.
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En l'absence d'un tel instructeur, on pourra s'adresser à n'importe quel « homme
ordinaire », à condition qu'il s'agisse d'une « personne humble,
familière d'un recueil et de son commentaire, car un tel instructeur maintient
la lignée, protège la tradition, garde la coutume, suit la pensée des
instructeurs et non la sienne ». Ces instructeurs
« ordinaires », de plus, doivent n'enseigner « que le chemin
qu'ils ont eux-mêmes parcouru. Mais un érudit qui a fréquenté plusieurs
instructeurs, clarifié ce qu'il a appris et ce qu'on lui a répondu, enseigne la
pratique et ce qui la favorise, en examinant les sutta [les textes] et en
indiquant les raisons. Il fraye un large chemin à la manière d'un grand
éléphant. Il faut apprendre la pratique auprès d'un ami-du-bien de cette espèce
et lui rendre les hommages petits et grands. »
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Quand un méditant s'en remet à un
instructeur à qui il a demandé l'apprentissage d'une pratique particulière
« en montrant une parfaite aspiration et une totale résolution »,
« il doit dire : « Je vous abandonne ma vie, Seigneur. »
S'il ne le faisait pas, il serait ingouvernable. L'instructeur ne pourrait pas
lui parler et l'instruire facilement, il ne prendrait pas la responsabilité
matérielle ni spirituelle d'un élève qui irait comme il veut, où il veut, sans
rien demander, et il ne lui proposerait pas d'étudier les textes profonds. Or
le [méditant] qui ne bénéficie pas de cette double prise en charge ne peut pas
s'affermir dans l'enseignement, et il ne lui faut pas longtemps pour tomber
dans l'indiscipline et retourner à la vie laïque [ordinaire]. Mais l'élève qui
s'abandonne mérite d'être guidé, car il ne suit pas son seul désir. Il
accepte facilement qu'on lui parle et reste à la disposition de son
instructeur. Celui-ci le prendra donc en charge matériellement et
spirituellement, et le [méditant] se développera, prospérera et s'épanouira
dans l'enseignement. [...] L'instructeur capable de
connaître l'esprit d'autrui observera l'attitude mentale de l'élève qui lui
demande une pratique avec une parfaite aspiration et une totale résolution,
afin de déterminer son tempérament. Un autre instructeur [qui n'est pas capable
de connaître l'esprit d'autrui] posera des questions : « De quel
tempérament es-tu ? Quels défauts et quelles qualités se manifestent le
plus souvent chez toi ? Qu'aimes-tu considérer ? Vers quelle pratique
incline ton esprit, etc. ? » Puis il lui enseignera une pratique
correspondant à son tempérament. Il l'instruira de trois façons.
Si l'élève apprend facilement la pratique, il lui fera réciter une ou deux fois
le texte par coeur. Mais il instruira à chaque visite celui qui réside sur place
[là où demeure l'instructeur]. Et il instruira de façon ni trop brève ni trop
détaillée l'élève qui veut apprendre la pratique avant de s'installer ailleurs. Quand on lui explique une
pratique, le [méditant] doit écouter et apprendre les caractéristiques,
c'est-à-dire s'assurer que tel point vient avant tel autre, que telle chose
constitue le sens, telle autre l'intention, et telle autre encore une
comparaison. Le [méditant] apprend bien la pratique s'il saisit ces
caractéristiques en écoutant avec attention. Ce n'est que sur de telles bases
qu'il pourra atteindre des états excellents. »
« Soyez
votre propre lumière » Jack Kornfield, extrait de « Dharma
vivant »

L'américain Jack Kornfield,
célèbre instructeur contemporain, a vécu de nombreuses années en Asie du
sud-est, auprès de plusieurs enseignants réputés. Dans son ouvrage « Dharma
vivant », il présente dix maîtres de méditation theravâdîn du XXe
siècle, thaïs et birmans, qu'il a lui-même connus ou dont on lui a transmis
les instructions. Il précise, dans un chapitre introductif, les relations
qu'entretiennent aujourd'hui, dans le Theravâda, ces maîtres et leurs
disciples, en établissant une distinction entre deux types de lieux : les
« centres de méditation », essentiellement conçus pour les retraites
intensives, aussi bien pour les moines que pour les laïcs, et les
« monastères de méditation », réservés à de longs séjours de
pratique, où il convient de prendre les voeux de moines ou de nonnes [les voeux
monastiques, dans le bouddhisme, peuvent toujours être pris de façon
temporaire].
« Dans les centres
intensifs, l'entrevue [avec l'instructeur] a lieu tous les deux jours, tous les
jours ou même encore plus souvent. Le maître se charge de donner des
conseils au méditant en fonction de ce que celui-ci lui dit de sa pratique.
C'est là un aspect important de la pratique intensive. En revanche, dans les
monastères et les communautés d'étude du Dharma, les entrevues sont plus rares
mais les maîtres sont disponibles pour répondre aux questions. L'enseignement
est plutôt délivré sous forme de leçons s'adressant à l'ensemble du groupe,
et, la pratique étant moins intensive, il semble que les entrevues en
tête-à-tête soient moins indispensables. On considère du reste, dans
certains monastères, qu'il est plus important que les méditants puissent
répondre eux-mêmes à leurs propres questions et gérer leurs propres doutes
afin d'observer le processus de la question et du doute dans leur esprit. Ils
sont ainsi réorientés sur leur propre expérience et apprennent à résoudre leurs
problèmes dans le cadre de leur pratique, sans s'attacher à une entrevue
quotidienne et aux conseils de leur maître. Les deux approches sont valables.
Tout dépend du point de départ et du point où l'on est arrivé. [...] Déjà, du temps du Bouddha, il
existait de nombreuses techniques de méditation et approches du développement
spirituel. Et, parmi ses disciples, ceux qui se sentaient davantage attirés par
une technique enseignaient ceux qui eux-mêmes avaient davantage envie de
l'adopter. Nous voyons bien qu'il n'y a pas de pratique préférable aux autres,
mais bien une qui paraît plus naturelle à chacun, mieux adaptée à ses
besoins, et qui lui apportera plus rapidement l'équilibre et l'harmonie qui
sont les fruits du développement spirituel. [...] Si vous rencontrez un maître et
qu'intuitivement, immédiatement, vous sentez que vous aimeriez bénéficier de
son enseignement, que vous vous sentez fortement attaché à lui, cette méthode
sera la bonne pour vous. [...] Vous devez également savoir si vous préférez
pratiquer sous la direction d'un maître qui vous impose une discipline
stricte ou si cet aspect n'est pas d'une grande importance pour vous. »
Le maître peut faire appel à
diverses méthodes et prescrit souvent un exercice de méditation
particulier afin de résoudre une difficulté éprouvée par l'un de ses disciples
: « Le rôle du maître consiste à équilibrer la pratique de son
disciple [et aussi] à nous faire remarquer nos derniers attachements. Au fur et
à mesure que nous progressons et que notre esprit devient plus subtil, les
attachements quittent la forme extérieure des désirs grossiers des sens pour
prendre une forme plus raffinée, par exemple l'attachement à certains états de
bonheur, à la lumière ou à la paix qui découlent de la méditation. Tout cela,
lorsque nous verrons notre maître, apparaîtra clairement. Il verra
que nous sommes bloqués, à quoi nous sommes attachés, et nous aidera à nous
détacher, à nous laisser prendre par le processus global de détachement qui
mène à la libération. Dans tous les cas, cependant, c'est le méditant
lui-même qui réalise le travail. Le maître ne fait que l'aider à rester sur
la bonne voie et à rétablir l'équilibre. [...] Utilisez
l'un de ces outils ou tous, mais ne vous laissez pas aller à
prendre l'outil ou le maître pour la vérité du
Bouddha. Pratiquez avec zèle et abandonnez tous vos liens,
et n'essayez rien d'autre que d'atteindre la liberté
par vous-même. Au fur et à mesure que
vous progresserez, c'est votre pratique qui vous tiendra lieu
de référence. Avant de mourir, le Bouddha a demandé
à ses disciples de suivre le Dharma, et non tel ou tel
maître ou secte. Il ne plaça personne
au-dessus de la communauté des moines et des nonnes.
Le Dharma seul devait leur servir de guide.[...] C'est par la
pratique que nous parvenons à la vérité
du Dharma. Le Bouddha a encouragé les hommes de ces mots
: "Soyez votre propre lumière". C'est de cette
pratique que viendra la libération.
Pour
en savoir plus
à
lire :
- Visuddhimagga,
"Le Chemin de la Pureté",
de Buddhaghosa (traduction Christian Maës), éditions Fayard, Paris,
2002
- "Dharma
vivant", de Jack Kornfield, éditions Vivez Soleil, Genève, 2001
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