
"micro-hebdo"
de l'UBE - N° 32 1er octobre 2003
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numéros
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
du
samedi 4 au dimanche
19 octobre Danses sacrées Cham des moines Bönpo tibétains Pour la première fois et dans le cadre de la venue,
pendant une semaine à Paris, de Sa Sainteté le Dalaï Lama, la Troupe des Moines Bönpos Tibétains va se produire :
- à l'Institut Karma Ling (entre Grenoble et Chambéry) du 4 au
8 octobre. - au Festival de Musiques Sacrées du Monde de Dijon le 10
octobre. - à la Grande Halle de la Villette le 12 octobre. -
aux Arènes de Lutèce les 18 et 19 octobre, de 15 h à
16 h Réservation dans les
boutiques, les librairies et les restaurants tibétains de Paris.
Renseignements : Tél. 01.46.34.65.97 ou sur le site de l'organisateur
: http://spheric.org
samedi 4 et dimanche 5 octobre Padmasambhava.
Commentaire du sens profond de la prière en sept vers de Padmasambhava, en
alternance avec des sessions de pratique. Dimanche à 15 h 30, pratique avec
Tsok. Renseignements : Institut Karmapa, 35 chemin rural de la Ferrière 06750
Valderoure. Tél. 04.93.60.90.16. => voir ci-dessous
dimanche 5 octobre Le
bardo du rêve (par-delà la vie et la mort). Conférence de Chépadorjé Rinpoché,
de 18 h à 20 h. Lieu : Salle Sainte Agnès, 23 rue Oudinot (au fond de l'allée)-
75007 Paris. Organisé par le Centre Culturel Tibétain Dzogchenpa (école
Nyingma), c/o Dharma Ling, 55-57, rue Quincampoix 75004 Paris. Tél.
01.42.71.28.77.
samedi 11 octobre Etude du
Dharma (à 14 h), avec Patrick Pargnien. Sujet : Fukazazengi, au dojo de
Bruxelles. Renseignements :
Association Zen de
Belgique, 11 rue Cattoir 1050 Bruxelles. Tél. (00.32) (0)25.244.562.
samedi 11 et dimanche 12 octobre Chants de
Milarépa. Enseignement donné par lama Ouangdrak. Renseignements : Dashang Kagyu Ling,
Temple des mille Bouddhas, 71320 La Boulaye. Tél. 03.85.79.62.53.
du lundi 13 au dimanche 19 octobre Méditer pour
se transformer. Stage animé Jean-Pierre Schnetzler. Semaine niveau 2 : pour les pratiquants
réguliers et ceux ayant suivi le niveau 2. L'accent est mis sur la pratique
silencieuse. Renseignements : Karma Migyur Ling, Montchardon, 38160 Izeron. Tél.
04.76.38.33.13.
Guru
Rinpoché ou Padmasambhava
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Le « Né du Lotus » (Padma-sambhava) ou le « Précieux Guru » (Guru Rinpoché) sont les deux noms les plus fréquents sous lesquels on
évoque Padmakâra, l'un des personnages, historique et mythique tout à la fois,
les plus importants du bouddhisme tibétain. Surnommé aussi le « second Bouddha », il dépasse parfois même
en
popularité, auprès du peuple tibétain, le Bouddha Shâkyamuni. Un rapide
aperçu biographique montre assez combien
il serait vain d'aborder la vie et l'oeuvre de Padmakâra d'un point de vue uniquement soucieux de vérité
historique... En effet, Padmakâra serait né
huit ou douze ans après la disparition de Shâkyamuni, c'est-à-dire au Ve siècle
avant Jésus-Christ. Cependant, il est considéré comme le principal artisan
de l'introduction du bouddhisme indien au Tibet, traditionnellement et
historiquement datée du VIIIe siècle de notre ère, soit
un millénaire plus tard... |

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Après quoi il aurait
quitté le Pays des Neiges miraculeusement et
vivrait désormais, et encore aujourd'hui, sur le
continent appelé Zangdopalri, « la glorieuse montagne cuivrée ». Si
l'existence historique de Padmakâra ne semble plus aujourd'hui remise en question - et bien
qu'on dispose de fort peu de renseignements à
ce sujet - ce sont bien ses aspects mystique, mythique
et symbolique qu'il importe de connaître avant tout.
Nous vous proposons ci-dessous un extrait de l'ouvrage
«
Mythes et dieux tibétains. Une entrée dans le monde du
sacré »
(Le Seuil, coll. Points Sagesses n° 152, Paris,
2000), dans lequel Fabrice Midal consacre quelques pages à cette figure
hors du commun.
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Une
naissance miraculeuse
Selon le «
Sûtra
du Dernier Nirvana » ainsi que d'autres prophéties, peu avant qu'il ne quitte
son corps terrestre, le bouddha Shakyamuni fit le voeu de revenir dans ce
monde, sous une forme miraculeuse pour présenter les enseignements tantriques.
Etant né sous une forme humaine, il ne lui avait pas été possible d'enseigner
complètement les enseignements ésotériques des tantra.
Cette
renaissance fut Guru Rinpotché, qui émana du coeur du bouddha Amitabha et
apparut miraculeusement sous la forme d'un enfant de huit ans assis sur un
lotus, sur le lac de Danakosha, en Oddiyâna - dans l'actuelle vallée de Swat,
au nord du Pakistan, disent les spécialistes, mais il s'agit aussi d'un lieu
mythique, une terre spirituelle. Chögyam Trungpa, dans son livre « Folle Sagesse »
(Editions du Seuil, 1993), explique
le sens de cette naissance en remarquant que notre compréhension de l'éveil
est erroné : « Une personne éveillée, explique-t-il, est censée ressembler
plus ou moins à un vieux sage : pas tout à fait à un vieux professeur, mais
peut-être à un père âgé susceptible de donner des conseils judicieux quant à la
manière de régler tous les problèmes de la vie, ou à une grand-mère qui connaît
toutes les recettes et tous les remèdes. Telle semble être la lubie que notre
culture entretient habituellement vis-à-vis des êtres éveillés. Ils sont vieux,
adultes et sérieux. Le tantra présente une notion différente de l'éveil reliée
à la jeunesse et à l'innocence. Nous pouvons voir ce modèle à l'oeuvre dans la
vie de Guru Rinpotché, où l'état d'esprit éveillé ne renvoie pas à la
vieillesse et à l'âge adulte, mais à la jeunesse et à la liberté. Dans ce cas,
la jeunesse et la liberté sont associées à la naissance de l'esprit éveillé.
Cet état a la qualité du matin, de l'aube - frais et étincelant, complètement
éveillé. C'est la qualité de la naissance de Padmasambhava. »
| Padmasambhava
signifie « celui né du lotus », et le symbolisme de cette fleur joue
un rôle essentiel dans la mythologie tibétaine. Le lotus naît dans l'eau,
pousse dans la boue des profondeurs invisibles pour éclore à l'air libre.
L'épanouissement de la fleur sert de métaphore pour le passage de la frontière
qui sépare deux ordres d'expérience, en particulier de l'invisible au
visible, d'autant plus que, à la différence du nénuphar, sa fleur ne touche pas
la surface de l'eau. L'apparition
de Padmasambhava est pure et libérée du processus ordinaire de la naissance. Le roi avait
demandé à ses jardiniers de cueillir des fleurs près du lac. L'un des
jardiniers, à sa surprise, découvrit un lotus géant sur lequel trônait un
enfant. N'osant le toucher il vint apporter la nouvelle au roi qui ordonna de
rapporter l'enfant et la fleur. Padmasambhava
fut ainsi adopté par le roi Indrabodhi, qui n'avait jamais pu avoir d'enfant et
en était très malheureux. Il l'éleva comme son fils et le nomma Padma Raja,
« prince du Lotus ».
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Padmakara
sous sa forme Padma-Gyalpo ou Padma-raja, nom
qui lui fut donné par son père adoptif,
en souvenir du lieu de sa "naissance".
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Par la suite,
Padmasambhava reçut sept autres noms, correspondant aux différentes
manifestations qu'il prit en fonction de la situation dans laquelle il se
trouvait. Ces huit aspects recèlent chacun un message différent, qui sont comme
autant de manières de pouvoir approcher notre vie - car Guru Rinpotché n'est
pas séparé de notre propre éveil.
Nommé régent,
Guru Rinpotché dut gouverner le royaume d'Oddiyâna, ce qui faisait de lui une sorte de fonctionnaire occupé à
des tâches purement administratives, sans lui permettre d'aider les êtres.
Rapidement, il adopta un comportement au-delà de toutes les conventions
humaines et se mit à manifester des pouvoirs magiques. Chassé du palais, il
devint semblable à Vajradhara. Nous
retrouvons ici le caractère non conformiste du tantra, tel que l'ont incarné
les quatre-vingt-quatre mahasiddha, qui ont vécu entre le VIIe et le XIIe
siècle, en Inde. Ils offrent autant d'exemples différents de pratiquants, généralement
des laïcs, hommes ou femmes, menant une vie errante fort peu conventionnelle de
saints magiciens aux allures de fous. Ils cherchaient à insuffler un esprit
neuf et dynamique au Mahayana, quelque peu saturé par des habitudes sociales et
la rigidité des monastères. Dans les
différents charniers qu'il visita, il reçut des initiations d'une dakini, et
rencontra les huit détenteurs de la présence pure ou Vidhyadhara qui lui
transmirent les huit heruka et la grande perfection (dzogchen).

Padmakara
sous sa forme "Nyima Ozer" ("rayons
de soleil"), représenté comme un yogi-mahasiddha,
vivant dans un charnier.
Venir
au Tibet et apprivoiser les dieux
Le roi Trisong
Détsèn, désireux d'introduire le bouddhisme au Tibet, décida de fonder un
grand monastère. Il invita au Tibet, dans ce dessein, le maître
indien Shantarakshita qui tenta sans succès de subjuguer les forces négatives
qui étaient opposées à la propagation des enseignements du Bouddha. Autrement
dit, Shantarakshita ne réussit pas à entrer pleinement en relation avec l'atmosphère
particulière qui existait au Tibet. Seul Padmasambhava, déclara-t-il, pourrait
mener à bien cette tâche, car il était à ce point au-delà de toute conception
intellectuelle, qu'il lui serait possible d'entrer directement en rapport avec
le génie propre du Tibet. Après avoir
vécu en l'Inde, Padmasambhava apporta donc les enseignements complets du
bouddhisme au Tibet. Il est nommé par les Tibétains Guru Rinpotché :
le « Précieux Guru ». Il
est bien plus que le personnage
historique dont les tibétologues s'accordent à reconnaître le passage bref au
Tibet. Il est l'incarnation même des enseignements, de
l'esprit d'éveil, dans son aspect de « folle sagesse ». Comme
l'explique Chögyam Trungpa :
« En parlant de Padmasambhava, nous ne faisons pas simplement allusion à
un personnage historique : "Il était une fois Padmasambhava, né en
Inde..." [...] Nous essayons au contraire de montrer que Padmasambhava est
notre expérience. Nous essayons de nous relier à la "padmasambhava-ité"
qui se tient en nous, en notre être. » On peut noter
que, sous sa direction, une centaine de pandit indiens et le même nombre
d'érudits tibétains traduisirent en tibétain le canon bouddhiste complet et la
plupart de ses commentaires indiens. Mais l'essentiel de son éclat dépasse
encore cette réalisation, il est véritablement un principe cosmique.
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Les démons et les génies malfaisants se liguèrent
contre lui ; ils ne cessaient de faire tomber des montagnes entières et de
déchaîner les éléments afin d'entraver sa démarche, mais rien n'y fit.
Padmasambhava dompta ces forces et finit par les convaincre de protéger son
oeuvre de propagation de la douceur et de la compassion propres au bouddhisme.
Padmasambhava est ainsi la figure emblématique de celui qui a dompté les dieux
du Tibet en les forçant à se consacrer aux pratiquants qui les invoqueraient.
Sa dernière manifestation est celle de Dordjé Trolö. Il chevauche
alors une tigresse gravide, tient un vajra et un poignard, des flammes
jaillissent de son corps. Il est alors l'ultime incarnation du Vajrayana sans
compromission.
Padmakara
sous sa forme "Dordjé Trolö"
( "Diamant à la panse tombante")
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