Le monde Saha qui est le nôtre,
est un monde rempli d'illusions et de désirs. Nous nous débattons dans l'océan
des larmes et de souffrance et dans la fange des désirs. Vivant ainsi ballottés
par les flots, nous apercevons avec difficulté la rive lumineuse et sereine
vers laquelle nous devrions nager. Quelle pitié que la condition humaine
!
Cependant, notre nature ne peut
pas être ainsi faite. Nous sommes à l'origine dans une vraie source de sérénité
et de lumière infinie. C'est par suite d'une pensée sans clairvoyance que se
déclenchent l'ignorance et l'illusion, que nous sommes tournés et retournés
dans le tourbillon des naissances et des morts, flottant à la dérive dans les
Trois Mondes (le monde du désir ou monde sensible où nous vivons, le monde de
la Forme ou l'univers des êtres purement spirituels, le monde du sans Forme, au
delà des précédents) et les six Chemins (Les Dieux, les Asuras ou
anti-dieux,
les Hommes, les Animaux, les Esprits Faméliques, les Enfers).
Aussi, quel est celui d'entre
nous qui n'aspirerait pas à sortir de ce monde de ténèbres et de souffrances,
pour retrouver la Source de Lumière et de Félicité ?
Cependant, comment pourrons-nous
nous libérer ? Quel Être miséricordieux nous montrera-t-il la Voie? Quel est
celui qui dispose d'assez de moyens merveilleux pour nous aider à sortir du
Cycle des Renaissances ?
Cet Être supérieur qui possède la
Clairvoyance, qui détient la Toute Puissance dans sa plénitude, ce n'est nul
autre que le Bouddha Sakyamuni. C'est celui qui est parvenu à l'État non-né,
non-détruit, Celui dont l'Enseignement est le seul qui puisse délivrer les
créatures vivantes de l'impermanence, des souffrances.
Alors, pour quelle raison
hésiterions-nous encore à Prendre Refuge auprès des Trois Joyaux ?
I
- DÉFINITIONS ET EXPLICATIONS :
1- Que signifie la Prise des
Refuges ?
C'est littéralement, revenir et
s'abriter. C'est revenir au lieu que notre ignorance et nos égarements nous ont
fait quitter, et y chercher refuge. Tel l'enfant prodigue, qui s'est enfin aperçu
de ses fautes à travers l'expérience de la souffrance, revient chercher
l'abri, le bonheur et l'affection de la demeure paternelle. Cette expression est la
traduction chinoise du terme sanskrit 'Namo'. Elle a aussi le sens d'hommage respectueux, de soumission.
2- Que signifient les Trois
Joyaux ?
Les Trois Joyaux désignent le
Bouddha, la Doctrine, l'Ordre des Moines. En ce monde, ce que les humains
considèrent comme précieux, ce sont l'or, l'argent, les pierres précieuses,
l'ivoire, les honneurs... Cependant, en réalité, richesses et honneurs ne nous
préservent pas de ces maux que sont l'existence, la vieillesse, la maladie, la
mort. Bien souvent, au contraire, ils sont encore la Source d'autres
souffrances, alors que le Bouddha, Sa Doctrine, Son Ordre des moines peuvent
nous faire échapper de toutes ces peines que nous venons de désigner. C'est la
raison pour laquelle les hommes entourent les Trois Joyaux de leur Vénération.
a) Le Bouddha. Le terme Bouddha
provient du sanskrit. Les chinois le traduisent par l'expression 'celui qui
sait' ; les français par 'éveillé'. Ces expressions désignent Celui
qui est parvenu à la Sagesse parfaite.
b) La Doctrine. C'est la
traduction du terme sanskrit Dharma. La Doctrine est l'ensemble des règles et
pratiques religieuses énoncées par Bouddha et qui permettent d'anéantir tout
aveuglement, toute souffrance, et d'atteindre à l'Éveil. Les Trois Canons
bouddhiques constituent, ensemble, la Doctrine.
c) L'Ordre des moines. C'est la
traduction du terme sanskrit Sangha que les Chinois désignent par "Groupe
de personnes en communion de vie et de pensées." L'Ordre peut être formé à
partir de tout groupement d'au moins quatre membres, vivant en un même lieu,
observant tous ensembles les règles de discipline du Bouddha, partageant, entre
eux en concorde, tout ce qu'ils ont pu recueillir ou acquérir dans les domaines
tant temporel que spirituel.
3- Pourquoi prendre les Refuges
auprès des Trois Joyaux ?
Prendre les refuges auprès des
Trois Joyaux c'est revenir se réfugier auprès de Bouddha, de la Doctrine, de
l'Ordre des moines.
Pourquoi prendre refuge auprès du
Bouddha ? Parce que Bouddha est la Lumière Transcendante, la Charité Infinie,
le Bonheur sans limites, la Vertu complète ; parce que Bouddha est le plus
grand des Guides, Celui qui, par sa propre recherche, s'est libéré du Cycle de
Renaissance pour montre la Voie.
Pourquoi prendre refuge auprès de
la Doctrine ? Parce que seules les règles énoncées par Bouddha ont le plein
pouvoir de nous faire traverser l'Océan de la Souffrance et aborder au Rivage
de la Délivrance.
Pourquoi prendre refuge auprès de
l'Ordre des moines ? Parce que l'Ordre comprend des hommes qui ont renoncé aux
attaches familiales, aux richesses et aux honneurs, et se sont engagés à
représenter Bouddha pour conduire les êtres vivants dans la Voie.
II
- TROIS DEGRÉS DES TROIS
JOYAUX :
1- Le premier degré est celui de
l'unicité substantielle.
L'unicité de Bouddha exprime
l'idée que Bouddha et toutes les créatures sont d'une même essence spirituelle lumineuse.
L'unicité de la Doctrine exprime
l'idée que Bouddha et toutes les créatures sont dépositaires d'un même fonds de
vertu, fait de charité et d'égalité.
L'unicité de l'Ordre des moines
exprime l'idée que Bouddha et les créatures ont les mêmes aspirations vers la
pureté, la communion en actions et en pensées.
2- Le second degré des Trois
Joyaux est celui qui les situe en dehors du monde sensible.
Nous pouvons concevoir Sakyamuni,
Anuda et tous les Bouddhas qui peuplent les Trois Temps dans les Dix Directions
comme ayant eux-mêmes brisé l'enchaînement au monde terrestre.
La Doctrine est la voie juste
tracée par Bouddha, celle qui permet aux créatures vivantes d'échapper aux
entraves de ce monde grâce aux Quatre Nobles Vérités, à la Chaîne des Origines
Interdépendantes, aux six Vertus Sublimes, etc.
L'Ordre des Moines est celui des
Sages qui ont pu se débarrasser des attaches du monde, comme Avalokitesvara,
Mahasthamaprapta, Manjushri, Kasyapa, Ananda, etc.
3- Le troisième degré des Trois
Joyaux est celui où ils sont perceptibles, en d'autres termes c'est leur seul
aspect temporel et figuratif dans le monde.
Le Bouddha temporel est
représenté par les reliques, les statues de Bouddha en métaux coulés, sculptées
en bois, en terre modelée, les effigies brodées sur tissu, dessinées sur
papier.
La Doctrine temporelle désigne
les Trois séries de Recueils canoniques : Sûtra (Sermons), Vinaya (Code de
discipline), Abhidharma (Commentaires) manuscrits ou imprimés sur papier, sur
toile, sur feuilles de latanier, etc.
L'Ordre séculier groupe tous les
religieux qui suivent actuellement la Voie dans la dignité, la pureté, et
observent rigoureusement la discipline.
III
- PRISE DES REFUGES
EXTÉRIEURE :
Quand on a compris le sens de la
Prise des Refuges auprès des Trois Joyaux, on a naturellement le devoir de
mettre cette connaissance en pratique. Mettre en pratique la Prise des Refuges
consiste à vénérer les Trois Joyaux, à se conformer aux règles qu'ils édictent.
C'est la Prise des Refuges extérieure.
1- Prise de Refuge extérieure
auprès du Bouddha :
Chaque jour, nous devons penser à
Bouddha, réciter Ses Noms et Titres, contempler son effigie, accomplir d'un
coeur fervent et respectueux les rites de Son Culte, nous engager à suivre
durant toute notre existence Ses Pas dans la Voie qu'Il a tracée.
2- Prise de Refuge extérieure
auprès de la Doctrine :
Chaque jour, matin et soir, nous
devons lire et réciter les Ouvrages canoniques, Sutra, Vinaya, Abhidharma. Nous
devons chercher à pénétrer le sens profond du Joyau de la Doctrine. Dans le cas
où nous en serions incapables, la simple récitation incantatoire aura encore un
rôle bénéfique. La récitation nous permettra de bannir de notre esprit des
mauvaises pensées, des calculs sordides égoïstes ou nuisibles. Nous pouvons supprimer
nos illusions. Notre intelligence sera mieux éclairée ; notre coeur calmé,
purifié.
3- Prise de Refuge extérieure
auprès de l'Ordre des moines :
Un dicton auquel s'exprime ainsi
: Si on vénère Bouddha, on doit respecter les Moines. Autant nous adorons d'un
coeur sincère Bouddha, autant nous devons respecter sincèrement les moines.
Pratiquer la prise de Refuge extérieure auprès de l'Ordre, c'est manifester
beaucoup d'égards pour ceux qui, le crâne rasé, revêtus de la robe aux larges
plis, suivent la Voie avec dignité et droiture, observant strictement les
préceptes, comme représentants de Bouddha.
En résumé, rendre le culte aux
reliques et aux effigies de Bouddha, réciter les textes, observer l'éthique de
Bouddha, réciter les textes, observer l'éthique morale, approfondir la
Doctrine, respecter les vrais membres de l'Ordre, c'est pratiquer la Prise des
Refuges extérieures auprès des Trois Joyaux, ou, pour parler plus simplement,
c'est suivre la Voie de Bouddha.
IV
- PRISE DES REFUGES INTÉRIEURE
AUPRÈS DES TROIS JOYAUX :
Elle signifie la pratique des
refuges à l'intérieur des nous-mêmes. Si nous nous contentons de nous livrer à
la prise des refuges extérieures, nous n'en aurons pas encore exactement saisi
tout le sens, car les Trois Joyaux sont en nous. Il est indispensable que nous
pratiquons la Prise des Refuges intérieures, que du fond de notre être, nous
rendions le culte à Bouddha, nous observions la Doctrine, nous vénérons
l'Ordre.
1- Prise de refuge intérieure
auprès de Bouddha :
Nous nous adressons à nous-mêmes.
C'est revenir à notre nature lumineuse de Bouddha. En effet, chacun de nous
porte en soi cette nature de Bouddha, et chacun de nous peut devenir un
Bouddha. C'est précisément l'enseignement du Bouddha Sakyamuni. Seulement,
cette nature de Bouddha est cachée par nos erreurs, nos illusions. Les
illusions et les erreurs sont pareilles aux nuages et à la brume. La nature de
Bouddha est comparable à la lune brillante. Les nuages et la brume peuvent
voiler la lune, mais non pas la faire disparaître.
Si épaisses que soient les
ténèbres tendues par notre ignorance, nos illusions, la nature de Bouddha
demeure toujours en nous. Pourquoi, dans ces conditions, oublier cette nature
originelle et nous borner au seul culte extérieur ? Nous agirions alors comme
cet enfant prodigue qui ignore la pierre précieuse cachée auparavant par ses
parents dans les plis de ses vêtements et qui s'en va mendier partout l'aumône.
2- Prise de refuge intérieure
auprès de la Doctrine :
C'est suivre notre propre
doctrine naturelle. En nous-mêmes, existent toutes les vertus bouddhiques,
l'amour, la compassion, la sagesse, l'égalité, la patience, l'énergie... Nous
devons générer ces vertus et agir selon elles. Cela s'appelle prise de refuge
intérieure auprès de la Doctrine.
3- Prise de refuge intérieure
auprès de
l'Ordre des Moines :
C'est obéir au Maître qui est en
nous. Ce maître qui est en nous, ce sont nos penchants vers la pureté, la
concorde. Les moines représentent la manifestation, extérieure à nous, des
mêmes penchants. Depuis longtemps, nos égarements ne nous ont pas permis de
décaler notre Maître intérieur. A présent, que l'enseignement de Bouddha nous a
appris l'existence de ce Maître calme et pur, n'est-ce-pas auprès de Lui que
nous devons prendre refuge en premier lieu ?
Bref, nous devons revenir prendre
refuge auprès du Bouddha qui est en nous, notre principe lumineux, auprès de
notre Doctrine, c'est-à-dire les vertus telles que l'amour, la compassion, la
sympathie, l'équanimité, etc., auprès de notre Ordre personnifiant la concorde,
la pureté de l'essence originelle. C'est ainsi la Prise des Refuges intérieurs
auprès des trois Joyaux.
V
- CÉRÉMONIAL DE LA PRISE DES
REFUGES :
Nous savons, à présent, en quoi
consiste la Prise des refuges extérieur et intérieur auprès des Trois Joyaux.
Il est utile que nous sachions le cérémonial de la Prise des Refuges.
Tout d'abord, nous devons nous
préparer en purifiant notre corps et notre esprit.
La prise des Refuges est la plus
importante des cérémonies sur le chemin de notre vocation bouddhique. C'est le
point de départ vers la délivrance, aussi ne devons-nous pas la considérer
comme tout à fait ordinaire et prendre cette cérémonie à la légère.
Au moment choisi pour la Prise
des Refuges, nous aurions lavé notre corps et purifié notre esprit. La
toilette, les soins corporels et la correction des vêtements concernent le
corps. Pour l'esprit, nous devons, par trois fois, nous consacrer au repentir
pour purifier nos trois sortes de volitions. Ce n'est qu'une fois, ces soins et
actes accomplis et achevés que nous serons prêts à recevoir la consécration
solennelle, la haute pureté des Trois Joyaux.
Les Voeux : A l'heure de la Prise
des Refuges, sur l'indication des Moines officiants, nous nous prosternons et
prononçons, avec toute notre ferveur les trois voeux ci-après :
"Moi, Disciple ..., je forme
serment de prendre refuge auprès du Bouddha.
"Moi, Disciple ..., je forme
serment de prendre refuge auprès de la Doctrine.
"Moi, Disciple ..., je forme
serment de prendre refuge auprès de l'Ordre des Moines."
Une fois ces voeux prononcés, le
fidèle éprouve la conviction absolue qu'il a jeté la semence de la Délivrance,
qu'il en récoltera le fruit lui permettant d'échapper aux trois mauvais chemins
: les Enfers, les Esprits faméliques et le Monde animal. Aussi, le fidèle
fait-il suivre ses voeux des formules suivantes :
"Moi, Disciple ..., j'ai
pris refuge auprès du Bouddha et j'échappe à l'enfer.
"Moi, Disciple ..., j'ai
pris refuge auprès de la Doctrine et j'échappe aux esprits faméliques.
"Moi, Disciple ..., j'ai
pris refuge auprès de l'Ordre des moines et j'échappe au monde animal."
Le rite des Trois Voeux
d'obédience et des trois Entraves est dès lors accompli.
Dans le but de préserver leur
haut idéal et de maintenir solide leur foi dans la Voie, le fidèle prononce
ensuite, d'une voix ferme et pleine de ferveur, les serments ci-dessous :
"Moi, Disciple qui ai pris
refuge auprès du Bouddha, je forme serment de ne jamais demander assistance,
durant toute ma vie, ni au ciel, ni aux génies, ni aux esprits, ni aux
créatures inférieures.
"Moi, Disciple qui ai pris
refuge auprès de la Doctrine, je forme serment, durant toute ma vie, de ne
jamais faire acte d'obédience aux autres religions et croyances.
"Moi, Disciple qui ai pris
refuge auprès de l'Ordre des moines, je forme serment, durant toute ma vie, de
ne suivre aucune secte ni société religieuse d'aucune sorte."
Ainsi la cérémonie de la Prise
des Refuges est complètement terminée. Le fidèle n'a plus qu'à tenir les
serments et voeux qu'il a prononcés.
VI
- UTILITÉ DE LA PRISE DES
REFUGES :
1) La prise des Refuges nous
évite de nous égarer, de nous engager dans le chemin des ténèbres.
Comme nous l'avons vu au début de
cet exposé, l'humanité est en train de se débattre dans l'Océan de la
souffrance, d'errer au milieu de la nuit noire sans fin. Devant une situation
aussi tragique et douloureuse, si nous n'avons aucune lumière pour nous
orienter, si nous ne disposons d'aucun moyen pour nous diriger, si nous n'avons
aucun Maître pour nous guider, nous serons éternellement entraînés dans le
Cycle des Renaissances. Cette lumière que nous avons, c'est Bouddha, ce moyen,
c'est Sa Doctrine ; et ces Maîtres qui nous guident, c'est l'Ordre des moines.
Du moment que nous avons appris à connaître les Trois Joyaux et que nous ne
sollicitons pas leur secours, ne serions-nous pas semblables à ces gens qui,
sur le point de se noyer et voyant un radeau de bois passer à côté d'eux, le
repousseraient sottement ?
La prise des Refuges est
précisément l'acte par lequel nous nous accrochons au radeau des Trois Joyaux
que Bouddha a créé pour sauver tous ceux qui se noient dans l'Océan de la vie,
c'est-à-dire l'humanité.
2) En nous
engageant dans la prise
des Refuges, nous serons plus résolus à tenir nos promesses, car nous les aurons
faites en présence des Bouddhas et des Moines.
D'aucuns disent : "J'adore
Bouddha car je sais qu'il est la Lumière Parfaite. Je me conforme à la
Doctrine, car je sais qu'elle a le pouvoir de mo conduire vers le délivrance.
Je vénère l'Ordre, car je sais qu'il est le représentant de Bouddha. Tout cela
n'est-il pas suffisant, pourquoi faut-il encore que je célèbre la Prise des
Refuges ?"
Ceux qui tiennent de tels propos
ignorent, sans doute, la valeur du facteur psychologique dans le cas de
promesses solennellement accomplies devant témoins. Lorsque nous avons promis
une chose à une personne et que nous ne tenons pas parole, notre seule
conscience est, agacée, pleine de remords, troublée. La promesse faite, nous
avons le devoir de la tenir ; si nous la répudions, nous n'avons nécessairement
plus de respect pour nous-mêmes, surtout quand nous avons fait nos promesses,
nos serments, au cours d'une cérémonie solennelle célébrée dans une ambiance de
gravité, devant l'autel de Bouddha, en la présence, en haut, des Bouddhas, et
au degré inférieur, des moines, avec autour de nous, nos parents, amis, et
connaissances. Dans un tel cadre, il nous serait difficile d'être parjure, ou
même seulement de perdre de vue nos serments.
Aussi, dès que nous avons compris
combien précieux sont les Trois Joyaux, est-il de notre devoir de procéder
solennellement à la Prise des Refuges.
Nous vous
exhortons à procéder à la Prise des Refuges extérieure et intérieure et à
progresser, avec énergie, dans cette voie.
Comme nous l'avons vu, en tant
que fils de Bouddha, nous devons prendre les Refuges et prendre les Refuges
extérieurement et intérieurement. il ne faut pas compter uniquement sur la
Prise des Refuges extérieure et négliger celle qui doit se pratiquer en soi. In
ne faut pas non plus pécher par orgueil, n'accorder d'importance qu'à soi-même
et dédaigner ce qui concerne l'extérieur. Pour la Prise des Refuges, il est
indispensable de procéder tout d'abord, de façon solennelle, à la cérémonie
rituelle, afin de bien marquer le premier pas sur le chemin de la délivrance.
Cette cérémonie a le sens d'une fête donnée à l'occasion du départ d'une
personne pour une mission nouvelle. Cependant, une fois engagé dans la Voie, le
fidèle doit s'armer de persévérance, s'avancer d'un pas ferme et rapide, afin
d'atteindre au but le plus tôt possible, sans flâner en chemin, sans faire des
tours et détours, ni prendre d'autres routes. Lorsqu'on a prononcé les serments
de la Prise des Refuges, si l'on ne suit pas la trace des pas laissés par
Bouddha, si l'on ne regarde pas l'exemple lumineux que Bouddha avait montré, si
l'on ne se soumet pas à la Doctrine afin de s'exercer l'esprit et le caractère,
si l'on n'observe pas les préceptes d'éthique, ni les rappels à l'ordre des
moines, on aura menti à soi-même et aux autres. Les conséquences en seront
encore plus désastreuses que si l'on n'avait pas pris les Refuges.
Au contraire, si nous avons
procédé à la Prise des Refuges et tenu exactement nos serments, si longue que
soit la Voie de la délivrance, nous parviendrons un jour au but.
Souvenons-nous toujours de la dernière parole du Bouddha :
"Persévérez avec énergie et vous atteindrez à la Délivrance."
Vén. Dr. Thich Huyen-Vi
Supérieur
de la Congrégation Linh Son
Pour
en savoir plus :
sur
Internet
Un
choix de textes présentant la "prise de refuge"
selon les différentes traditions bouddhiques :
Ecole
Theravâda :
- sur
le site de Buddhaline, un texte d'Ayya Khema, nonne occidentale
d'origine allemande
- sur
le site "Sâdhana", de Robert Brandt-Diény,
un texte d'Ajahn Sumedho, chef spirituel occidental de la tradition
des "Moines de forêt" de Thaïlande
- sur le site de l'Association Bouddhique Theravâda
"Vivekârâma",
un autre texte d'Ajahn Sumedho
Ecoles
tibétaines :
- sur le site du centre bouddhiste tibétain Kagyu Ritchen Tcheu
Ling, une présentation d'après l'ouvrage de
Bokar Rimpotché, "Prendre Refuge.
L'entrée dans le bouddhisme"
- sur
le site du centre tibétain Samye Dzong de Bruxelles (école
Karma-Kagyu), un enseignement du XVIIe Karmapa.
- sur
le site du centre tibétain Ogyen Kunzang Chöling
(école Nyingma), un extrait d'un enseignement de Kyabjé Trulshik Rinpotché
- sur
le site "Bouddha, Dharma & Cie" (communauté
Dzogchen), un enseignement de Namkhaï Norbou Rinpoché
Ecole zen sôtô :
Sur
le site de "La Demeure sans limites", une présentation de "l'ordination
laïque" incluant la "Prise de refuges"
à
lire
- Prendre refuge. L'entrée dans le bouddhisme,
Bokar Rimpotché, éditions Claire Lumière,
1990
- Prendre refuge dans le Bouddha, Lama Karta,
éditions Kunchab, 2003