"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 38
    1er janvier
    2004
     

    Accéder aux autres numéros



    Actualités de l'UBE
     


    Cours en Ligne
    "Introduction au Bouddhisme"

    La prochaine session du Cours en Ligne
    débutera le
    lundi 17 février prochain !

    Vous pouvez vous inscrire dès maintenant
    (jusqu'au samedi 10 février)

    Vous pouvez prendre connaissance de la présentation du cours
    en consultant les pages "cours en ligne"

    Vous pouvez aussi prendre connaissance gratuitement de son premier module.

     

     

    Mise à jour mensuelle du site

    • Rubrique "Actualités"
      mise à jour de l'agenda : mois de janvier, février et mars 2004
      "Actualités de l'édition" : mois de novembre et décembre 2003, annonces de 2004

    Cours à Paris

    • samedi 17 janvier
      Chögyam Trungpa, un maître tibétain contemporain, cours public donné par Fabrice Midal.
      De 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de cours Niveau 2. Renseignements : UBE - courriel ou Tél. 0.820.20.50.77. 

      Trungpa est un maître du bouddhisme tibétain qui fut l'un des premiers introducteurs de cette tradition en Occident. Il s'est profondément intéressé au Theravâda et au Zen, cherchant à dépasser une approche trop sectaire du bouddhisme. Il a fondé une Université, la seule du monde occidental à présenter un cursus complet dans une inspiration bouddhique. Il fut l'ami des poètes de la beat generation et auteur de poèmes, de pièces de théâtre, de photographies et d'installations qui font de lui un artiste à part entière, oeuvrant au coeur même de la modernité.
       



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    samedi 10 et dimanche 11 janvier (ou samedi 17 et dimanche 18 janvier)
    Retraite : prise de refuge, libération de la souffrance. Renseignements : Centre Culturel Tibétain Dzogchenpa (école Nyingma), c/o Dharma Ling, 55-57, rue Quincampoix 75004 Paris. Tél. 01.42.71.28.77
    => voir ci-dessous

    dimanche 11 janvier
    Retraite vipassana
    conduite par Martin Aylward, de 8 h 45 à 17 h 45. Lieu : la Maison de l'Inde, Cité Internationale Universitaire, boulevard Jourdan 75014 Paris. Inscription : Corinne Tixier. Tél. 01.42.55.88.72, courriel : coriandrecorinnetix@free.fr  

    du lundi 12 au samedi 31 janvier
    Retraite Dathune
    , pour la pratique intensive de Samatha et de Vipassana. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00 (s'informer à cette adresse pour les activités des Centres Dharma Ling de Paris, Lyon, Chambéry, Genève, Grenoble, Nice, Valence, Toulon). 

    mercredi 14 janvier
    La médecine tibétaine
    , film et débat, de  20 h à 22 h. Lieu : Centre culturel de Saint Mandé, 3 rue de Liége 94 160 Saint-Mandé. Renseignements : Association « Un pas vers les Tibétains », 26 chaussée de l'Etang 94160 Saint-Mandé. Tél. 01.43.96.31.06.

    jeudi 15 janvier
    La difficile conversion du Tibet au bouddhisme, cours public de A.-M. Blondeau (EPHE). Premier cours d'un cycle organisé par l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, les jeudis de 19 h 15 à 20 h 45, du 15 janvier au 12 février. Renseignements et Inscriptions : EPHE Formation Continue, 6/8 rue Jean Calvin 75005 Paris. Tél. 01.45.87.02.27. Les cours ont lieu à la Sorbonne : 17 rue des Ecoles 75005 Paris. Tarif : 75 euros (le cycle de 5 cours).

    samedi 17 et dimanche 18 janvier
    Sesshin zen sôtô
    , à Paris, dirigée par Philippe Coupey. Renseignements : Dojo Zen de Paris (école : Zen sôtô, siège de l'AZI - Association Zen Internationale), 175 rue de Tolbiac 75013 Paris. Tél. 01.53.80.19.19.

    mercredi 21 janvier
    Le Temple du Baphuon à Angkor. Conférence de Pascal Royere, archéologue, membre de l'EFEO, à 18 h 30. Restauré par la France, ce temple est considéré comme le centre de la troisième cité d'Angkor, qui a précédé la fondation d'Angkor Thom. Renseignements : Maison de l'Indochine, 76 rue Bonaparte (place Saint-Sulpice) 75006 Paris. Tél. 01.40.51.95.29.

    du jeudi 22 au dimanche 25 janvier
    Retraite du Bardo avec le Vénérable Lama Nawang Tenzin. Renseignements : Druk Toupten Tcheukhor Ling, Bel Avenir, 56770 Plouray. Tél. 02.97.34.84.09.

    « Libération derrière les bareaux »
    vendredi 23 janvier, à 20 h
    : conférence de Fleet Maul consacrée à la pratique de la méditation en prison, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
    samedi 24 et dimanche 25 janvier : atelier animé par Fleet Maul, au Centre Shambhala de Paris, 23/25 rue Titon 75011 Paris
    Renseignements et inscriptions : Centre Shambhala de Paris, 23-25 rue Titon - 75011 Paris - courriel : paris@shambhala.fr. Tél/Fax : 01.43.73.65.77 ; Zen Peacemaker Circle-Europe - courriel : michel@peacemakercircle.org.

     


     
    Prendre refuge dans les Trois Joyaux :
    l'Eveillé (Bouddha), son enseignement (Dharma)
    et la communauté de ses disciples
    (Sangha).


    Le texte que nous vous proposons ci-dessous est extrait du site de "Linh Son International"
    (communauté bouddhiste vietnamienne) 

 

    Le monde Saha qui est le nôtre, est un monde rempli d'illusions et de désirs. Nous nous débattons dans l'océan des larmes et de souffrance et dans la fange des désirs. Vivant ainsi ballottés par les flots, nous apercevons avec difficulté la rive lumineuse et sereine vers laquelle nous devrions nager. Quelle pitié que la condition humaine !
    Cependant, notre nature ne peut pas être ainsi faite. Nous sommes à l'origine dans une vraie source de sérénité et de lumière infinie. C'est par suite d'une pensée sans clairvoyance que se déclenchent l'ignorance et l'illusion, que nous sommes tournés et retournés dans le tourbillon des naissances et des morts, flottant à la dérive dans les Trois Mondes (le monde du désir ou monde sensible où nous vivons, le monde de la Forme ou l'univers des êtres purement spirituels, le monde du sans Forme, au delà des précédents) et les six Chemins (Les Dieux, les Asuras ou anti-dieux, les Hommes, les Animaux, les Esprits Faméliques, les Enfers).
    Aussi, quel est celui d'entre nous qui n'aspirerait pas à sortir de ce monde de ténèbres et de souffrances, pour retrouver la Source de Lumière et de Félicité ?
    Cependant, comment pourrons-nous nous libérer ? Quel Être miséricordieux nous montrera-t-il la Voie? Quel est celui qui dispose d'assez de moyens merveilleux pour nous aider à sortir du Cycle des Renaissances ?
    Cet Être supérieur qui possède la Clairvoyance, qui détient la Toute Puissance dans sa plénitude, ce n'est nul autre que le Bouddha Sakyamuni. C'est celui qui est parvenu à l'État non-né, non-détruit, Celui dont l'Enseignement est le seul qui puisse délivrer les créatures vivantes de l'impermanence, des souffrances.
    Alors, pour quelle raison hésiterions-nous encore à Prendre Refuge auprès des Trois Joyaux ?


    I - DÉFINITIONS ET EXPLICATIONS :

    1- Que signifie la Prise des Refuges ?
    C'est littéralement, revenir et s'abriter. C'est revenir au lieu que notre ignorance et nos égarements nous ont fait quitter, et y chercher refuge. Tel l'enfant prodigue, qui s'est enfin aperçu de ses fautes à travers l'expérience de la souffrance, revient chercher l'abri, le bonheur et l'affection de la demeure paternelle. Cette expression est la traduction chinoise du terme sanskrit
      'Namo'. Elle a aussi le sens d'hommage respectueux, de soumission.

    2- Que signifient les Trois Joyaux ?
    Les Trois Joyaux désignent le Bouddha, la Doctrine, l'Ordre des Moines. En ce monde, ce que les humains considèrent comme précieux, ce sont l'or, l'argent, les pierres précieuses, l'ivoire, les honneurs... Cependant, en réalité, richesses et honneurs ne nous préservent pas de ces maux que sont l'existence, la vieillesse, la maladie, la mort. Bien souvent, au contraire, ils sont encore la Source d'autres souffrances, alors que le Bouddha, Sa Doctrine, Son Ordre des moines peuvent nous faire échapper de toutes ces peines que nous venons de désigner. C'est la raison pour laquelle les hommes entourent les Trois Joyaux de leur Vénération.
    a) Le Bouddha. Le terme
    Bouddha provient du sanskrit. Les chinois le traduisent par l'expression 'celui qui sait' ; les français par 'éveillé'. Ces expressions désignent Celui qui est parvenu à la Sagesse parfaite.
    b) La Doctrine. C'est la traduction du terme sanskrit
    Dharma. La Doctrine est l'ensemble des règles et pratiques religieuses énoncées par Bouddha et qui permettent d'anéantir tout aveuglement, toute souffrance, et d'atteindre à l'Éveil. Les Trois Canons bouddhiques constituent, ensemble, la Doctrine.
    c) L'Ordre des moines. C'est la traduction du terme sanskrit
    Sangha que les Chinois désignent par "Groupe de personnes en communion de vie et de pensées." L'Ordre peut être formé à partir de tout groupement d'au moins quatre membres, vivant en un même lieu, observant tous ensembles les règles de discipline du Bouddha, partageant, entre eux en concorde, tout ce qu'ils ont pu recueillir ou acquérir dans les domaines tant temporel que spirituel.

    3- Pourquoi prendre les Refuges auprès des Trois Joyaux ?
    Prendre les refuges auprès des Trois Joyaux c'est revenir se réfugier auprès de Bouddha, de la Doctrine, de l'Ordre des moines.
    Pourquoi prendre refuge auprès du Bouddha ? Parce que Bouddha est la Lumière Transcendante, la Charité Infinie, le Bonheur sans limites, la Vertu complète ; parce que Bouddha est le plus grand des Guides, Celui qui, par sa propre recherche, s'est libéré du Cycle de Renaissance pour montre la Voie.
    Pourquoi prendre refuge auprès de la Doctrine ? Parce que seules les règles énoncées par Bouddha ont le plein pouvoir de nous faire traverser l'Océan de la Souffrance et aborder au Rivage de la Délivrance.
    Pourquoi prendre refuge auprès de l'Ordre des moines ? Parce que l'Ordre comprend des hommes qui ont renoncé aux attaches familiales, aux richesses et aux honneurs, et se sont engagés à représenter Bouddha pour conduire les êtres vivants dans la Voie.


    II - TROIS DEGRÉS DES TROIS JOYAUX :

    1- Le premier degré est celui de l'unicité substantielle.
    L'unicité de Bouddha exprime l'idée que Bouddha et toutes les créatures sont d'une même essence spirituelle lumineuse.
    L'unicité de la Doctrine exprime l'idée que Bouddha et toutes les créatures sont dépositaires d'un même fonds de vertu, fait de charité et d'égalité.
    L'unicité de l'Ordre des moines exprime l'idée que Bouddha et les créatures ont les mêmes aspirations vers la pureté, la communion en actions et en pensées.

    2- Le second degré des Trois Joyaux est celui qui les situe en dehors du monde sensible.
    Nous pouvons concevoir Sakyamuni, Anuda et tous les Bouddhas qui peuplent les Trois Temps dans les Dix Directions comme ayant eux-mêmes brisé l'enchaînement au monde terrestre.
    La Doctrine est la voie juste tracée par Bouddha, celle qui permet aux créatures vivantes d'échapper aux entraves de ce monde grâce aux Quatre Nobles Vérités, à la Chaîne des Origines Interdépendantes, aux six Vertus Sublimes, etc.
    L'Ordre des Moines est celui des Sages qui ont pu se débarrasser des attaches du monde, comme Avalokitesvara, Mahasthamaprapta, Manjushri, Kasyapa, Ananda, etc.

    3- Le troisième degré des Trois Joyaux est celui où ils sont perceptibles, en d'autres termes c'est leur seul aspect temporel et figuratif dans le monde.
    Le Bouddha temporel est représenté par les reliques, les statues de Bouddha en métaux coulés, sculptées en bois, en terre modelée, les effigies brodées sur tissu, dessinées sur papier.
    La Doctrine temporelle désigne les Trois séries de Recueils canoniques :
    Sûtra (Sermons), Vinaya (Code de discipline), Abhidharma (Commentaires) manuscrits ou imprimés sur papier, sur toile, sur feuilles de latanier, etc.
    L'Ordre séculier groupe tous les religieux qui suivent actuellement la Voie dans la dignité, la pureté, et observent rigoureusement la discipline.


    III - PRISE DES REFUGES EXTÉRIEURE :

    Quand on a compris le sens de la Prise des Refuges auprès des Trois Joyaux, on a naturellement le devoir de mettre cette connaissance en pratique. Mettre en pratique la Prise des Refuges consiste à vénérer les Trois Joyaux, à se conformer aux règles qu'ils édictent. C'est la Prise des Refuges extérieure.

    1- Prise de Refuge extérieure auprès du Bouddha :
    Chaque jour, nous devons penser à Bouddha, réciter Ses Noms et Titres, contempler son effigie, accomplir d'un coeur fervent et respectueux les rites de Son Culte, nous engager à suivre durant toute notre existence Ses Pas dans la Voie qu'Il a tracée.

    2- Prise de Refuge extérieure auprès de la Doctrine :
    Chaque jour, matin et soir, nous devons lire et réciter les Ouvrages canoniques, Sutra, Vinaya, Abhidharma. Nous devons chercher à pénétrer le sens profond du Joyau de la Doctrine. Dans le cas où nous en serions incapables, la simple récitation incantatoire aura encore un rôle bénéfique. La récitation nous permettra de bannir de notre esprit des mauvaises pensées, des calculs sordides égoïstes ou nuisibles. Nous pouvons supprimer nos illusions. Notre intelligence sera mieux éclairée ; notre coeur calmé, purifié.

    3- Prise de Refuge extérieure auprès de l'Ordre des moines :
    Un dicton auquel s'exprime ainsi : Si on vénère Bouddha, on doit respecter les Moines. Autant nous adorons d'un coeur sincère Bouddha, autant nous devons respecter sincèrement les moines. Pratiquer la prise de Refuge extérieure auprès de l'Ordre, c'est manifester beaucoup d'égards pour ceux qui, le crâne rasé, revêtus de la robe aux larges plis, suivent la Voie avec dignité et droiture, observant strictement les préceptes, comme représentants de Bouddha.

    En résumé, rendre le culte aux reliques et aux effigies de Bouddha, réciter les textes, observer l'éthique de Bouddha, réciter les textes, observer l'éthique morale, approfondir la Doctrine, respecter les vrais membres de l'Ordre, c'est pratiquer la Prise des Refuges extérieures auprès des Trois Joyaux, ou, pour parler plus simplement, c'est suivre la Voie de Bouddha.


    IV - PRISE DES REFUGES INTÉRIEURE AUPRÈS DES TROIS JOYAUX :

    Elle signifie la pratique des refuges à l'intérieur des nous-mêmes. Si nous nous contentons de nous livrer à la prise des refuges extérieures, nous n'en aurons pas encore exactement saisi tout le sens, car les Trois Joyaux sont en nous. Il est indispensable que nous pratiquons la Prise des Refuges intérieures, que du fond de notre être, nous rendions le culte à Bouddha, nous observions la Doctrine, nous vénérons l'Ordre.

    1- Prise de refuge intérieure auprès de Bouddha :
    Nous nous adressons à nous-mêmes. C'est revenir à notre nature lumineuse de Bouddha. En effet, chacun de nous porte en soi cette nature de Bouddha, et chacun de nous peut devenir un Bouddha. C'est précisément l'enseignement du Bouddha Sakyamuni. Seulement, cette nature de Bouddha est cachée par nos erreurs, nos illusions. Les illusions et les erreurs sont pareilles aux nuages et à la brume. La nature de Bouddha est comparable à la lune brillante. Les nuages et la brume peuvent voiler la lune, mais non pas la faire disparaître.
    Si épaisses que soient les ténèbres tendues par notre ignorance, nos illusions, la nature de Bouddha demeure toujours en nous. Pourquoi, dans ces conditions, oublier cette nature originelle et nous borner au seul culte extérieur ? Nous agirions alors comme cet enfant prodigue qui ignore la pierre précieuse cachée auparavant par ses parents dans les plis de ses vêtements et qui s'en va mendier partout l'aumône.

    2- Prise de refuge intérieure auprès de la Doctrine :
    C'est suivre notre propre doctrine naturelle. En nous-mêmes, existent toutes les vertus bouddhiques, l'amour, la compassion, la sagesse, l'égalité, la patience, l'énergie... Nous devons générer ces vertus et agir selon elles. Cela s'appelle prise de refuge intérieure auprès de la Doctrine.

    3- Prise de refuge intérieure auprès de l'Ordre des Moines :
    C'est obéir au Maître qui est en nous. Ce maître qui est en nous, ce sont nos penchants vers la pureté, la concorde. Les moines représentent la manifestation, extérieure à nous, des mêmes penchants. Depuis longtemps, nos égarements ne nous ont pas permis de décaler notre Maître intérieur. A présent, que l'enseignement de Bouddha nous a appris l'existence de ce Maître calme et pur, n'est-ce-pas auprès de Lui que nous devons prendre refuge en premier lieu ?

    Bref, nous devons revenir prendre refuge auprès du Bouddha qui est en nous, notre principe lumineux, auprès de notre Doctrine, c'est-à-dire les vertus telles que l'amour, la compassion, la sympathie, l'équanimité, etc., auprès de notre Ordre personnifiant la concorde, la pureté de l'essence originelle. C'est ainsi la Prise des Refuges intérieurs auprès des trois Joyaux.


    V - CÉRÉMONIAL DE LA PRISE DES REFUGES :

    Nous savons, à présent, en quoi consiste la Prise des refuges extérieur et intérieur auprès des Trois Joyaux. Il est utile que nous sachions le cérémonial de la Prise des Refuges.
    Tout d'abord, nous devons nous préparer en purifiant notre corps et notre esprit.
    La prise des Refuges est la plus importante des cérémonies sur le chemin de notre vocation bouddhique. C'est le point de départ vers la délivrance, aussi ne devons-nous pas la considérer comme tout à fait ordinaire et prendre cette cérémonie à la légère.
    Au moment choisi pour la Prise des Refuges, nous aurions lavé notre corps et purifié notre esprit. La toilette, les soins corporels et la correction des vêtements concernent le corps. Pour l'esprit, nous devons, par trois fois, nous consacrer au repentir pour purifier nos trois sortes de volitions. Ce n'est qu'une fois, ces soins et actes accomplis et achevés que nous serons prêts à recevoir la consécration solennelle, la haute pureté des Trois Joyaux.

    Les Voeux : A l'heure de la Prise des Refuges, sur l'indication des Moines officiants, nous nous prosternons et prononçons, avec toute notre ferveur les trois voeux ci-après :
    "Moi, Disciple ..., je forme serment de prendre refuge auprès du Bouddha.
    "Moi, Disciple ..., je forme serment de prendre refuge auprès de la Doctrine.
    "Moi, Disciple ..., je forme serment de prendre refuge auprès de l'Ordre des Moines."

    Une fois ces voeux prononcés, le fidèle éprouve la conviction absolue qu'il a jeté la semence de la Délivrance, qu'il en récoltera le fruit lui permettant d'échapper aux trois mauvais chemins : les Enfers, les Esprits faméliques et le Monde animal. Aussi, le fidèle fait-il suivre ses voeux des formules suivantes :
    "Moi, Disciple ..., j'ai pris refuge auprès du Bouddha et j'échappe à l'enfer.
    "Moi, Disciple ..., j'ai pris refuge auprès de la Doctrine et j'échappe aux esprits faméliques.
    "Moi, Disciple ..., j'ai pris refuge auprès de l'Ordre des moines et j'échappe au monde animal."
    Le rite des Trois Voeux d'obédience et des trois Entraves est dès lors accompli.

    Dans le but de préserver leur haut idéal et de maintenir solide leur foi dans la Voie, le fidèle prononce ensuite, d'une voix ferme et pleine de ferveur, les serments ci-dessous :
    "Moi, Disciple qui ai pris refuge auprès du Bouddha, je forme serment de ne jamais demander assistance, durant toute ma vie, ni au ciel, ni aux génies, ni aux esprits, ni aux créatures inférieures.
    "Moi, Disciple qui ai pris refuge auprès de la Doctrine, je forme serment, durant toute ma vie, de ne jamais faire acte d'obédience aux autres religions et croyances.
    "Moi, Disciple qui ai pris refuge auprès de l'Ordre des moines, je forme serment, durant toute ma vie, de ne suivre aucune secte ni société religieuse d'aucune sorte."
    Ainsi la cérémonie de la Prise des Refuges est complètement terminée. Le fidèle n'a plus qu'à tenir les serments et voeux qu'il a prononcés.


    VI - UTILITÉ DE LA PRISE DES REFUGES :

    1) La prise des Refuges nous évite de nous égarer, de nous engager dans le chemin des ténèbres.
    Comme nous l'avons vu au début de cet exposé, l'humanité est en train de se débattre dans l'Océan de la souffrance, d'errer au milieu de la nuit noire sans fin. Devant une situation aussi tragique et douloureuse, si nous n'avons aucune lumière pour nous orienter, si nous ne disposons d'aucun moyen pour nous diriger, si nous n'avons aucun Maître pour nous guider, nous serons éternellement entraînés dans le Cycle des Renaissances. Cette lumière que nous avons, c'est Bouddha, ce moyen, c'est Sa Doctrine ; et ces Maîtres qui nous guident, c'est l'Ordre des moines. Du moment que nous avons appris à connaître les Trois Joyaux et que nous ne sollicitons pas leur secours, ne serions-nous pas semblables à ces gens qui, sur le point de se noyer et voyant un radeau de bois passer à côté d'eux, le repousseraient sottement ?
    La prise des Refuges est précisément l'acte par lequel nous nous accrochons au radeau des Trois Joyaux que Bouddha a créé pour sauver tous ceux qui se noient dans l'Océan de la vie, c'est-à-dire l'humanité.

    2) En nous engageant dans la prise des Refuges, nous serons plus résolus à tenir nos promesses, car nous les aurons faites en présence des Bouddhas et des Moines.
    D'aucuns disent : "J'adore Bouddha car je sais qu'il est la Lumière Parfaite. Je me conforme à la Doctrine, car je sais qu'elle a le pouvoir de mo conduire vers le délivrance. Je vénère l'Ordre, car je sais qu'il est le représentant de Bouddha. Tout cela n'est-il pas suffisant, pourquoi faut-il encore que je célèbre la Prise des Refuges ?"
    Ceux qui tiennent de tels propos ignorent, sans doute, la valeur du facteur psychologique dans le cas de promesses solennellement accomplies devant témoins. Lorsque nous avons promis une chose à une personne et que nous ne tenons pas parole, notre seule conscience est, agacée, pleine de remords, troublée. La promesse faite, nous avons le devoir de la tenir ; si nous la répudions, nous n'avons nécessairement plus de respect pour nous-mêmes, surtout quand nous avons fait nos promesses, nos serments, au cours d'une cérémonie solennelle célébrée dans une ambiance de gravité, devant l'autel de Bouddha, en la présence, en haut, des Bouddhas, et au degré inférieur, des moines, avec autour de nous, nos parents, amis, et connaissances. Dans un tel cadre, il nous serait difficile d'être parjure, ou même seulement de perdre de vue nos serments.
    Aussi, dès que nous avons compris combien précieux sont les Trois Joyaux, est-il de notre devoir de procéder solennellement à la Prise des Refuges.

    Nous vous exhortons à procéder à la Prise des Refuges extérieure et intérieure et à progresser, avec énergie, dans cette voie.
    Comme nous l'avons vu, en tant que fils de Bouddha, nous devons prendre les Refuges et prendre les Refuges extérieurement et intérieurement. il ne faut pas compter uniquement sur la Prise des Refuges extérieure et négliger celle qui doit se pratiquer en soi. In ne faut pas non plus pécher par orgueil, n'accorder d'importance qu'à soi-même et dédaigner ce qui concerne l'extérieur. Pour la Prise des Refuges, il est indispensable de procéder tout d'abord, de façon solennelle, à la cérémonie rituelle, afin de bien marquer le premier pas sur le chemin de la délivrance. Cette cérémonie a le sens d'une fête donnée à l'occasion du départ d'une personne pour une mission nouvelle. Cependant, une fois engagé dans la Voie, le fidèle doit s'armer de persévérance, s'avancer d'un pas ferme et rapide, afin d'atteindre au but le plus tôt possible, sans flâner en chemin, sans faire des tours et détours, ni prendre d'autres routes. Lorsqu'on a prononcé les serments de la Prise des Refuges, si l'on ne suit pas la trace des pas laissés par Bouddha, si l'on ne regarde pas l'exemple lumineux que Bouddha avait montré, si l'on ne se soumet pas à la Doctrine afin de s'exercer l'esprit et le caractère, si l'on n'observe pas les préceptes d'éthique, ni les rappels à l'ordre des moines, on aura menti à soi-même et aux autres. Les conséquences en seront encore plus désastreuses que si l'on n'avait pas pris les Refuges.
    Au contraire, si nous avons procédé à la Prise des Refuges et tenu exactement nos serments, si longue que soit la Voie de la délivrance, nous parviendrons un jour au but.
    Souvenons-nous toujours de la dernière parole du Bouddha : "Persévérez avec énergie et vous atteindrez à la Délivrance."

    Vén. Dr. Thich Huyen-Vi
    Supérieur de la Congrégation Linh Son
     


    Pour en savoir plus :

    sur Internet

    Un choix de textes présentant la "prise de refuge" selon les différentes traditions bouddhiques :

    Ecole Theravâda :

    • sur le site de Buddhaline, un texte d'Ayya Khema, nonne occidentale d'origine allemande
    • sur le site "Sâdhana", de Robert Brandt-Diény, un texte d'Ajahn Sumedho, chef spirituel occidental de la tradition des "Moines de forêt" de Thaïlande
    • sur le site de l'Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", un autre texte d'Ajahn Sumedho

    Ecoles tibétaines :

    • sur le site du centre bouddhiste tibétain Kagyu Ritchen Tcheu Ling, une présentation d'après l'ouvrage de Bokar Rimpotché, "Prendre Refuge. L'entrée dans le bouddhisme"
    • sur le site du centre tibétain Samye Dzong de Bruxelles (école Karma-Kagyu), un enseignement du XVIIe Karmapa.
    • sur le site du centre tibétain Ogyen Kunzang Chöling (école Nyingma), un extrait d'un enseignement de Kyabjé Trulshik Rinpotché
    • sur le site "Bouddha, Dharma & Cie" (communauté Dzogchen), un enseignement de Namkhaï Norbou Rinpoché

    Ecole zen sôtô :
    Sur le site de "La Demeure sans limites", une présentation de "l'ordination laïque" incluant la "Prise de refuges"

    Et encore...
    Sur le site des "Amis de l'Ordre Bouddhiste Occidental", fondé par Sangharakshita en 1967.
     

    à lire

    • Prendre refuge. L'entrée dans le bouddhisme, Bokar Rimpotché, éditions Claire Lumière, 1990
    • Prendre refuge dans le Bouddha, Lama Karta, éditions Kunchab, 2003