"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 40
    1er février
    2004
     

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    Actualités de l'UBE
     


    Cours en Ligne
    "Introduction au Bouddhisme"

    La prochaine session du Cours en Ligne
    débutera le
    lundi 17 février prochain !

    Vous pouvez vous inscrire dès maintenant
    (jusqu'au samedi 10 février)

    Vous pouvez prendre connaissance de la présentation du cours
    en consultant les pages "cours en ligne"

    Vous pouvez aussi prendre connaissance gratuitement de son premier module.

     

     

    Mise à jour mensuelle du site

    • Rubrique "Actualités"
      mise à jour de l'agenda : mois de février, mars et avril 2004
      "Actualités de l'édition" : mois de janvier 2004

    Cours à Paris

    • samedi 21 février
      Thich Nhat Hanh : une relecture moderne des préceptes traditionnels, cours public donné par Raphaël Liogier.
      De 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de cours de Niveau 2. Renseignements : UBE - courriel ou Tél. 0.820.20.50.77. 

    Nous nous interrogerons sur les relations existant entre l'éthique bouddhique traditionnelle, en particulier les préceptes, et les réinterprétations modernistes qui en sont faites par Thich Nhat Hanh, fondateur de l'Ordre de l'Interêtre. Nous dégagerons à cette occasion certains paradoxes et ambiguïtés. Nous verrons que cette reconstruction n'est pas aléatoire mais qu'elle renvoie à des choix idéologiques historiquement déterminés. De ces nouvelles normes semble se dégager, au-delà de l'évidence d'une dimension critique du capitalisme et de la société de consommation, un système dogmatique des plus stricts.
     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    dimanche 8 février
    E
    tude et méditation dans la tradition Theravâda, animée par Michel-Henri Dufour, à Paris, de 13 h 30 à 17 h 30. Renseignements : Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", c/o Michel-Henri Dufour, 22 rue de la Grange Aubel 71000 Sancé. Tél. 03.85.20.14.42.  

    mercredi 11 février
    Enseignement sur trois versets du Dhammapada, de 20 h à 21 h 30. Renseignements : Centre Bouddhiste International de Genève, 8 avenue de la Croisette - 1205 Genève. Tél. (00.41) 22-321.59.21.

    du vendredi 13 au dimanche 15 février
    Enseignements « Shambhala » à Marseille. Renseignements : Centre Shambhala de Paris, 23/25 rue Titon 75011 Paris. Tél. 01.43.73.65.77.

    du vendredi 13 au mardi 17 février (ou au dimanche 15)
    Sesshin Zen
    en silence absolu et sans thème de réflexion, selon la tradition du Zen Rinzaï, avec Hozumi Genshô Roshi. Sesshin ouverte aux personnes pratiquant déjà le Zen. Lieu : Monastère N.D. d'Hurtebise. Renseignements : Les Voies de l'Orient, (centre Chrétien), 69 rue du Midi - 1000 Bruxelles. Tél. (00.32) (0)25-117.960.

    samedi 14 février
    Journée de zazen à Mons (Belgique). Renseignements : Dojo Shikantaza (centre Zen sôtô affilié à Maha-Muni ; Ryôtan Tokuda), 4 place du Béguinage 7000 Mons. Tél. (00.32) (0)65-840-825.

    samedi 14 et dimanche 15 février
    Apprendre à aimer les autres, avec le Lama Tsony. Session organisée par Dhagpo Kagyu Ling. Renseignements : KTT de Paris (affilié à Dhagpo Kagyu Ling, école Karma-Kagyu) 36 rue Traversière 75012 Paris. Tél. 01.43.07.65.26

    du lundi 16 au dimanche 22 février
    Retraite dirigée par Mingyour Rinpoché. Cette retraite sera suivie sur 3 ans avec certains engagements de pratique au cours de l'année. Renseignements : Vajradhara Ling, Château d'Osmont 61120 Aubry-le-Panthou. Tél. 02.33.39.00.44

    vendredi 20 et samedi 21 février
    Losar, nouvel an traditionnel. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00 (s'informer à cette adresse pour les activités des Centres Dharma Ling de Paris, Lyon, Chambéry Genève, Grenoble, Nice, Valence, Toulon).

    du samedi 21 au dimanche 29 février
    Sesshin zen sôtô, à la Gendronnière animé par Guy Mercier. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86. (voir aussi le calendrier général des sesshins organisées dans diverses villes de province, la page sesshin du site de l'AZI).

     


 
La Création du monde :
le point de vue du bouddhisme

 

Les éditions de l'Atelier viennent de publier un nouveau volume de leur collection "Ce qu'en disent les religions", consacré au thème de "La Création du monde".
Comme pour les autres volumes déjà parus, cinq religions ont été appelé à témoigner : judaïsme, christianisme, islam, hindouisme et bouddhisme, auquel s'ajoute un point de vue philosophique.
Un tel sujet semblait, a priori, ne pas concerner le bouddhisme, puisque celui-ci récuse l'existence d'un Dieu créateur. Mais, quand on sait que le verbe "créer" a la même origine étymologique que le terme "karma"... et que les Quatre Nobles Vérités sont aussi présentées comme "le monde, l'origine du monde, la cessation du monde et le chemin qui mène à la cessation du monde"... ce thème prend soudain une coloration bouddhiste inattendue !

 

 

Nous vous proposons ci-dessous un extrait du chapitre consacré au bouddhisme :
 


 La Création du monde selon le bouddhisme
(édition de l'Atelier, coll. "Ce qu'en disent les religions", pp. 122-127)

    [...]
    Les bouddhistes n'ont pas attendu leur rencontre avec les chrétiens, au XVIe siècle, pour discuter et critiquer l'idée d'un dieu créateur. Dès le Ve siècle avant notre ère, en Inde, les enseignements du Bouddha et de ses successeurs fustigent la croyance en un démiurge, l'idée qu'on puisse envisager une Cause unique aux phénomènes ou qu'un dieu omnipotent puisse être maître de l'univers.
    De tels sujets de controverse n'occupent pas une place centrale dans la littérature bouddhique, mais ils sont suffisamment présents et récurrents pour qu'on puisse affirmer que, loin de suspendre leur jugement dans ce domaine - contre certains Occidentaux qui affirment aujourd'hui que le bouddhisme est foncièrement agnostique - le Bouddha et ses disciples ont toujours nié et combattu l'idée d'un Dieu créateur et d'un Monde créé, avec constance et régularité !
    Ou plut
    ôt... Qu'il y ait création, ils l'admettront finalement volontiers, mais il faudra alors préciser dans quel domaine et qui crée quoi, exactement. En fait, c'est bien davantage l'idée d'unicité et d'absoluité - de la Création comme du Créateur - qui leur paraîtra inadmissible. Comme dans bien d'autres domaines, là où l'homme « ordinaire » (« non instruit », diront les textes) voit un principe ou un phénomène unique, indivis, permanent, indépendant... les bouddhistes évoqueront des conditions, des compositions, des évolutions, des dépendances multiples. S'il y a création, pour eux, elle sera impermanente et conditionnée ; et s'il y a créateur, il ne pourra alors s'agir que d'un individu soumis à l'Illusion, pris dans un réseau de causes et conditions qu'il ne connaît ni ne maîtrise.

    Le Brahmajâla-sutta, tout premier texte du canon pâli (le plus ancien canon bouddhiste dont nous disposions aujourd'hui), évoque le dieu Brahma, considéré dans l'Inde gangétique de l'époque comme le Créateur de l'Univers, mais pour le tourner en ridicule et affirmer qu'il « se croit » Créateur - croyance d'ailleurs partagée par de nombreux autres, dieux et humains.
     

    Extrait du Brahmajâla-sutta (« Le filet de Brahma »)
    1er texte du Dîgha-Nikâya (premier volume du canon pâli)

      « Il vient une époque, à la suite de très longs temps écoulés, où cet univers se détruit. Lorsque l'univers est en train de se détruire, les êtres individuels naissent fréquemment dans l'état des Brahmâ dit Abhassara. Ces êtres, créés eux-mêmes par leur propre pensée, sont nourris de joie, irradient leur propre lumière, se meuvent dans l'espace, résident dans la gloire et la beauté, ont une vie longue et restent ainsi en vie très longtemps.
      Ensuite, très longtemps après, il arrive une époque où le monde est en train de se refaire et d'évoluer. Dans ce monde se produit une demeure des Brahmâ, mais sans personne. Alors un être individuel, se séparant du groupe des Abhassara, soit à la suite de l'épuisement de la longévité, soit à cause de l'épuisement des mérites, renaît dans la demeure des Brahmâ où il n'y a personne. Cet être aussi, créé par sa propre pensée, nourri de joie, irradiant sa propre lumière, se meut dans l'espace et réside dans la gloire et la beauté, a une vie longue et reste en vie pendant longtemps.
      Lorsqu'il demeure seul pendant longtemps, il est mal à l'aise et, dans le déplaisir, chez lui naît ce souhait : « Que d'autres êtres parviennent à vivre ici ». Alors d'autres êtres, abandonnant le groupe des Abhassara, soit à la suite de l'épuisement de la longévité, soit à cause de l'épuisement des mérites, renaissent dans la compagnie de cet être. Dans ce cas-là, chez l'être qui est né le premier surgit cette idée : « C'est moi qui suis Brahmâ ; je suis le grand Brahmâ, le dominateur, l'indomptable, l'omniscient, le tout-puissant, le créateur, le fabricateur, l'artisan, l'être suprême, celui qui organise tout, celui qui attire tout, le père de tous les êtres qui sont nés et qui vont naître. C'est moi qui ai créé ces êtres. Pourquoi ? Parce que, moi, j'ai eu cette idée : « Que d'autres êtres parviennent à vivre ici ». Tel fut mon souhait et ces êtres sont parvenus ici selon mon souhait ».
      Chez les autres êtres [qui sont nés ultérieurement] naît cette idée : « Le voici l'honorable Brahmâ, le grand Brahmâ, le dominateur, l'indomptable... C'est lui, l'honorable Brahmâ, qui nous a créés ». Pourquoi pensent-ils ainsi ? Parce qu'ils pensent : « Nous l'avons vu naître ici comme le premier ; quant à nous, nous sommes nés après lui ». 
       

    Un autre texte, qui le suit d'assez près dans le même canon, l'Agañña-sutta, propose au contraire la vision orthodoxe bouddhiste d'un univers qui se déploie et se rétracte de façon cyclique, selon une « Loi naturelle » (le Dharma), conjugaison de conditions changeantes, assemblant et désassemblant de multiples éléments, au sein de laquelle la volonté personnelle, fût-elle divine, n'occupe qu'une place circonscrite et, en tout cas, nullement originaire, dans le sens où l'on pose habituellement une volonté divine créatrice à l'origine de l'univers.
    L'idée même qu'on puisse chercher à connaître une origine à l'univers est d'ailleurs sévèrement critiquée par le bouddhisme. Ce sujet est mentionné parmi les « Quatre insondables », thèmes de réflexion « qui rendent fous celui qui veut les connaître », car ils ne sont accessibles qu'à la seule omniscience des Bouddhas parfaitement accomplis.
    Mais on peut alors s'étonner que le Bouddha, déclaré omniscient, n'ait point révélé l'Origine de l'univers... Il s'en explique simplement en déclarant qu'une telle connaissance n'est d'aucune utilité pour se libérer du
    samsâra, le cycle douloureux des naissances et des morts, seul sujet qui lui importe et dont traite son enseignement.
    Le Bouddha opposera aussi souvent son propre enseignement de Libération, issu de son expérience directe de la Réalité, aux enseignements présentés comme « révélés », ainsi que le sont les
    veda, textes sacrés sur lesquels se fonde le brahmanisme de son époque. Il mettra en cause la validité de leur transmission, considérant que les « informations » ainsi véhiculées de génération en génération ne sont rien d'autre que des « opinions », des  « vues de l'esprit » (ditthi), dont aucun de ses transmetteurs ne peut dire qui en a réellement fait l'expérience directe.
    A ces « opinions », qui posent l'existence d'un « Créateur du Ciel et de la Terre », le bouddhisme opposera la « connaissance par expérience directe » de la Loi du
    Dharma et de ses corollaires : la Loi de « production en dépendance mutuelle » (pratitya-samutpada) et la Loi de « rétribution des actes », ou Loi du karma.
     

    Qu'est-ce qu'un « Monde » selon le bouddhisme ?

    La formulation synthétique des Quatre Vérités Nobles, discours fondateur du bouddhisme, se présente généralement comme l'explication de « dukkha (l'inquiétude, l'insatisfaction, la souffrance psychologique), l'origine de dukkha, la cessation de dukkha et le chemin qui mène à la cessation de dukkha », mais elle se présente aussi parfois comme expliquant « le monde, l'origine du monde, la cessation du monde et le chemin qui mène à la cessation du monde », avec la précision que « ce n'est pas par un voyage qu'on peut arriver au bout du monde [car] ces quatre choses sont contenues dans ce corps lui-même long d'une aune ».
    Le « Monde », ainsi, se trouve non seulement étroitement associé à
    dukkha - dont il s'agit de se libérer - mais se présente surtout comme une affaire strictement individuelle, « contenue dans ce corps lui-même long d'une aune ». En fait, à l'instar du Brahma présenté dans le Brahmajâla-sutta, il est dit que chaque être « crée » son propre « monde », son samsâra, qui constitue en quelque sorte son « champ d'action ».
    Un autre texte (le premier du recueil des « Moyens discours » -
    Majjhima Nikaya) précise cette vision des choses. Il est intitulé Mulapariyaya-sutta, qu'on peut traduire par « L'origine des choses » ou « L'origine de l'enchaînement » (mais non pas « L'origine de l'Univers... »). Il décrit le phénomène de l'Illusion en oeuvre, lorsqu'un être sensible identifie le monde extérieur, le conceptualise, et s'en déduit lui-même en tant qu'« être », « Moi ». C'est, tout à la fois, soi-même et le monde qu'il habite que chaque être « crée », fabrique, à partir d'« opinions erronées » (miccha ditthi), d'une réalité « construite », purement idéelle, surajoutée à la « Réalité telle qu'elle est ».
    Ce processus illusoire n'est autre que celui du
    karma, l'acte producteur. [Il faut d'ailleurs noter ici que la racine étymologique indo-européenne du terme karma, *kri, est celle qui donnera, en langues romanes, le verbe « créer » et le substantif « créateur » ! On ne doit donc pas s'étonner que le bouddhisme, qui prône la cessation de tout acte karmique, « créateur », porte un jugement si négatif sur l'idée d'un monde « créé »...]

    Pour le bouddhisme, le monde, tel que nous le percevons ordinairement, trouve donc son origine dans l'Illusion fondamentale, condition sine qua non de l'apparition du karma. Mais cette origine ne concerne que chaque « monde » individuel, non l'Univers au sein duquel ces mondes se déploient. De celui-là, nous l'avons dit, il n'est nul besoin de savoir l'origine, il suffit d'en connaître le fonctionnement, la Loi qui le régit - le Dharma.
    S'il s'agit en effet, pour un bouddhiste, de bien comprendre « comment » l'Univers fonctionne, la connaissance de la Loi du
    Dharma lui permettra aussi de comprendre qu'il est inutile d'y rechercher un « pourquoi ». Au contraire, le « monde créé », le samsâra, lui, ne s'explique que par le « pour-quoi » (en vue de quoi...) qui anime la plupart des actes des êtres sensibles, l'intention (cetana) qui sous-tend la très grande majorité de nos actes et en fait des karma. Si un Monde est créé, c'est qu'il a été voulu, qu'il manifeste un projet, et donc qu'il se fonde sur une vision des choses, une opinion ; or, pour le bouddhisme, ce sont là les caractéristiques mêmes de l'acte karmique, celui qui enchaîne au samsâra et à la souffrance, dont il convient de se libérer !
    Un monde créé, voulu, construit pour répondre à une intention précise, est forcément un acte karmique qui trouve sa racine dans la « Soif » et dans l'Illusion. Il sera donc générateur de souffrance, d'abord pour son propre créateur, mais aussi, potentiellement, pour tous ceux qu'il associe à son ouvre, dans la mesure où ils s'y associeront eux-mêmes et y participeront...

    Cette critique sans concession d'un monde créé, auquel tout individu est appelé à participer, vise le fondement de la pensée rituelle brahmanique pour laquelle le karma, acte « positif » par excellence, est vu comme une participation de chaque individu à une création toujours renouvelée et à renouveler. L'acte « juste », pour le brahmanisme, est celui qui perpétue le projet divin en s'y associant, en prenant sa part de responsabilité dans le bon fonctionnement de l'univers, en agissant « comme il convient », c'est-à-dire conformément au rôle et à la place que les dieux ont conféré à chaque être dans le monde et la société.
    Pour le Bouddha, l'acte « créateur » est avant tout créateur d'Illusion, par ignorance de la « Réalité des choses telles qu'elles sont » et de la Loi qui les anime, le Dharma. Loin d'inciter à s'associer au projet d'un dieu créateur, le Bouddha invite, bien au contraire, à s'en désolidariser, à échapper à l'Illusion, à mettre fin à l'Ignorance en acquérant la « vue juste » et à cesser de perpétuer ce « Monde » qui n'est autre que samsâra : errance sans fin à la recherche d'un but inatteignable, source d'inquiétude perpétuelle, d'insatisfaction toujours renouvelée, de souffrance (dukkha). »

    Dominique Trotignon

     


    "Ce qu'en disent les religions", collection des éditions de l'Atelier
    dirigée par Philippe Gaudin, Evelyne Martini et Jacques Scheuer, est réalisée en partenariat avec l'Université Bouddhique Européenne, l'Institut d'Etudes Hébraiques de l'Université de Nancy II, les Instituts de sciences et théologies des religions de Marseille, Paris et Toulouse, et le groupe de Recherche "Société, droit et religion en Europe", CNRS-Université Robert Schuman de Strasbourg.

    Numéros thématiques déjà parus
    (le nom donné est celui de l'auteur qui a  traité du bouddhisme)

    Le Corps (2001 - Véronique Crombé) ; La Prière (2001 - Véronique Crombé) ; La Mort (2001 - Véronique Crombé) ; La Violence (2002 - Fabrice Midal) ; La Femme (2002 - Dominique Trotignon) ; L'Education (2003 - Véronique Crombé) ; La Création (2004 - Dominique Trotignon)