Cours à Paris
- samedi 15 mai
Bouddhisme et taoïsme en Chine : confrontations, controverses et influences
réciproques, cours
public donné par Catherine Despeux. De
14 h 30 à 17 h 30, au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de cours de Niveau
2. Renseignements : UBE - courriel
ou Tél. 0.820.20.50.77.
Peu après l'implantation du bouddhisme
en Chine, les controverses se firent de plus en plus nombreuses entre
les défenseurs des différentes doctrines : des lettrés,
du taoïsme et
du bouddhisme. Le "Traité des deux doctrines", rédigé
en 569, en est un exemple. Cet ouvrage, qui constitue un brillant plaidoyer
en faveur de la "religion étrangère", fut rédigé
à l'occasion d'une série de débats, organisés
à l'initiative de l'Empereur, pour décider de la valeur
respective du bouddhisme et du taoïsme.
Son auteur, le "maître
de la Loi (bouddhique)" Dao'an, y soutient que ces doctrines sont
en fait toutes deux issues du confucianisme.
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
du samedi 1er
au dimanche 9 mai Foire
Expo de Niort : Conférence
publique de Sa Sainteté Le Dalaï-Lama sur « L'éducation », le
8 mai de 16 h à
18 h, à Niort (Deux-Sèvres), en tant qu'invité d'honneur
de la Foire expo consacrée au Tibet. Le Tibet y sera présenté sur
2000 mètres carrés, lors de divers tables-rondes, conférences et rencontres,
animations, sur la culture et le problème tibétain. Pour
plus de détails, consultez le site de "Tibet
Info" ou le site de la mairie
de Niort.
samedi 8 et dimanche 9, samedi 29 et dimanche 30 mai Découverte du bouddhisme : samsâra et nirvâna,
enseignement du vénérable Tony Lobsang. Renseignements : Vajra
Yogini, Rouzegas 81500 Labastide-Saint-Georges. Tél. 05.63.58.02.25. Inscription et hébergement : 05.63.58.17.2
dimanche 9 mai Journée
de pratique de la méditation bouddhique, dans la tradition
du Theravâda, à Mâcon. Renseignements
: Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", c/o Michel-Henri Dufour,
22 rue de la Grange Aubel 71000 Sancé. Tél. 03.85.20.14.42.
du vendredi 14
au dimanche 16 mai Méditation
vipassana et enseignement dans la tradition du Theravâda,
par sister Ariya Nani, nonne occidentale, disciple du maître birman
Sayadaw U Janakaani. Renseignements : "Le Refuge", Centre bouddhique
d'étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de Fabrègues
13510 Eguilles. Tél/Fax :
04.42.92.45.28 ou
04.42.92.60.39 (courriel : refugebouddhique@wanadoo.fr
samedi 15
mai Colloque :
Chrétien
et bouddhiste : la double appartenance est-elle possible ? Matinée-débat,
de 9 h 30 à 12 h 30. Des bouddhistes et des théologiens donneront
leur point de vue sur la "double appartenance" dont se réclame
un nombre croissant de personnes en Occident. La question touche profondément
à l'identité de l'individu qui reconnaît son appartenance
à deux communautés ou à deux systèmes religieux
qu'il entend associer pour mener à bien une expérience spirituelle.
Est-ce une illusion, une incapacité à choisir ou le signe d'une
authentique ouverture à l'universel ? Lieu
et organisation : Centre Sèvres (Facultés
Jésuites de Paris), 35 bis rue de Sèvres 75006 Paris.
Entrée libre
lundi 17 mai Les pèlerinages autour des montagnes sacrées
au Tibet : tradition et évolution, conférence
diaporama par Katia Buffetrille,
ethnologue à l'Ecole Pratique des Hautes-Etudes, à 18h30.
Renseignements : Maison
de la Chine, 76 rue Bonaparte (place Saint-Sulpice) 75006 Paris. Tél.
01.40.51.95.29. => voir ci-dessous
du lundi 17 au mercredi 19 mai Introduction à la Méditation
Vipassana, stage en la présence et
sous les enseignements du Vénérable Ajahn Tong
Sirimangalo, enseignant de tradition Theravâda. La méditation enseignée repose sur une série de pratiques, appelées
Satipatthana (4 positions : méditation en marchant, en position
debout, assise et couchée). Lieu : Pagode Dhammabhirom,
5 rue Rouget de L'Isle 94600 Choisy le Roi (RER C : Choisy le Roi). Renseignements
et inscription indispensable : Caroline Cavin, tél
01.47.49.89.17 ou 06.20.47.05.56. Plus d'informations (en anglais)
sur le site www.sirimangalo.org.
du
vendredi 21 au dimanche 23 mai Retraite
de méditation Zen dirigée par Catherine Genno Pagès,
Sensei. Du vendredi à18 h 30 au dimanche 18 h 30. Renseignements
: Centre Dana, 22 avenue Pasteur
93100 Montreuil. Tél/Fax : 01.49.88.91.65.
dimanche 23 mai Célébration
de la naissance de S.S. Shinran, service à 11 h, suivi de
la possibilité de déjeuner en commun - 14 h 30 : enseignement
du Révérend Eracle sur la doctrine de la Terre Pure. Renseignements
: Temple de la Foi Sereine/
Shingyôji (école : Ecole Vraie de la Terre Pure), 9 rue de Fribourg - 1201 Genève.
Tél. (00.41) 22-731.76.87.
Pèlerinages bouddhistes
: quelle signification ?

Moines tibétains
devant l'arbre de la Bodhi, à Bodhgaya
Le
texte que nous vous proposons ci-dessous est extrait de l'article
de Dominique Trotignon, "Pèlerinage et errance en
milieu bouddhiste", accessible sur le site de l'UBE : "Université"
=> Publications => articles en ligne)
Dès
la plus haute antiquité de l'histoire du bouddhisme, le pèlerinage occupe,
semble-t-il, une place de premier plan.
Parmi les édits gravés sur pierre du
roi Asoka, premiers témoignages d'écriture en Inde, la colonne commémorative
dressée à Lumbini n'est pas la moins connue : le pieux monarque signale ainsi
son passage dans ce "jardin" du Téraï népalais pour vénérer le lieu de
naissance du Bouddha, manifestant de cette manière, dès le troisième siècle
avant notre ère
Jusqu'au
XIVe siècle, date à laquelle le bouddhisme céda définitivement sa place en Inde
aux envahisseurs musulmans et aux réformateurs de l'hindouisme, les hauts lieux
du Magadha et de la basse vallée du Gange, où le Bouddha vécut et enseigna,
accueillirent des milliers de pèlerins venus des quatre coins de l'Inde et de
tous les pays bouddhistes d'Asie.
|

A
Lumbini, lieu de naissance supposé du
Bouddha, les pèlerins effectuent la circumambulation
rituelle autour du pilier élevé
par le roi Asoka
|
A proximité des "lieux saints" (lieu de
l'Eveil - Bodh-Gayâ - de la première prédication - Sarnath - et de l'Extinction
complète (parinibbâna) - Kusinâgarâ -
pour ne citer que les quatre plus célèbres, avec le jardin de Lumbini) de
riches mécènes et des monarques de royaumes aussi éloignés que le Cambodge, le
Champa ou l'Indonésie, avaient fait construire et entretenaient des hôtelleries
où leurs compatriotes pouvaient trouver refuge et assistance. Seuls les
pèlerins chinois constatèrent avec amertume que l'Empire du Milieu était l'un
des rares pays étrangers à n'avoir pas prévu ce genre d'auberges, apportant
ainsi la preuve a contrario de
l'importance des autres fondations et de leur fréquentation. Les
textes anciens eux-mêmes, quoique très généralement dévolus à l'enseignement
des renonçants-mendiants (bhikkhu)
Reste que le pèlerinage bouddhiste offre des spécificités
qui le distingue nettement de ses homologues monothéistes et, présente, dès
l'abord, une sorte de contradiction avec la Doctrine enseignée par le Bouddha
qui ne manque pas de dérouter - si l'on nous autorise ce jeu de mot ! Vénérer
un individu par nature éphémère, quand bien même il s'agit du Bouddha, le
Maître l'a lui-même interdit à ses proches disciples en termes sans équivoques.
L'adoration de reliques paraît de plus a
priori incompréhensible quand on sait que le Bouddha ne saurait pouvoir
personnellement venir en aide à qui que ce soit, déjà de son vivant, encore
moins après sa disparition. et aucune de ses "sacrées reliques" (comme les
nommeront les Chinois), à quelques très rares exceptions près, n'est d'ailleurs
présentée comme étant à l'origine de quelque miracle que ce soit ! Comment le bouddhisme s'est-il accommodé d'une pratique si peu conforme
à son enseignement de base ? Pourquoi l'a-t-il, non seulement tolérée,
mais quasiment institutionnalisée ? Que représente-t-elle, dans ses formes
multiples, autant pour les laïcs que pour les renonçants ? Autant de
questions auxquelles nous tenterons d'apporter une ébauche de réponse.

Le
"parc aux Gazelles" de Sarnath, près de Bénarès,
et le grand stûpa
commémorant la première
prédication du Bouddha
Les fondements du pèlerinage
bouddhiste : La symbolique du voyage et de l'errance
Est
pèlerin, d'abord, celui qui voyage et se donne un but : deux notions qui,
de prime abord, semblent incompatibles avec la doctrine du Bouddha !
L'errance, toujours, est associée au samsâra,
à la transmigration, au cycle infini et douloureux des renaissances, ce à quoi
il faut mettre un terme. Quelques instants après son Eveil, le Bouddha ne
s'est-il pas exclamé - selon les termes que rapporte le "Dhammapada" - "Longtemps j'ai erré dans le cycle sans fin des renaissances.
Que de douleurs !", pour aussitôt préciser "cherchant en vain le bâtisseur
de la maison". L'errance
samsârique est ainsi nettement marquée d'un caractère de vanité : vanité d'une
recherche, d'un but, comme aussi vanité de l'espoir d'une sédentarisation
définitive, d'une "maison calme" et d'un architecte, à l'instar de Dieu et de
sa Cité que l'"homo viator" chrétien peut chercher sur cette
terre ou au-delà ! Mais peut-être faudrait-il d'abord ici distinguer la
pérégrination de l'errance, malgré l'emploi que les traducteurs de textes
bouddhiques ont fait de ce dernier terme - bien mal à propos semble-t-il. La
pérégrination, voyage orienté vers sa "maison" ultime, ne semble pas ressortir
du vocabulaire bouddhiste, sinon de manière péjorative ! L'errance, sans
but fixé, en fait-elle davantage partie ? On peut le croire, en effet,
quand le Bouddha lui-même institue sa communauté de disciples en leur
interdisant la sédentarisation, le terme employé pour l'ordination des bhikkhu signifiant strictement "quitter
la maison pour mener la vie sans foyer". C'est que le foyer, justement, est
représentatif de cette maison illusoire que construit l'âtman-architecte, lui-même illusoire et premier responsable de
notre souffrance. Deux illusions réduites à néant lors de l'Eveil et dont la
disparition met un terme immédiat à la pérégrination au sein du samsâra. L'errance,
au sens strict - si on la considère comme une participation attentive, mais
sans but, à l'impermanence des phénomènes - semblerait du coup participer
pleinement de la "démarche" bouddhiste, de cet Octuple Noble Chemin (marga), qu'expose le discours fondateur
des Quatre Nobles Vérités. Mais on est loin, alors, du pèlerinage... comme aussi
loin, d'ailleurs, de cette image récurrente du "radeau" comme moyen de
transport idéal, "véhicule" pour atteindre "l'autre rive", le nirvâna ; et celui-là n'est-il pas
lui-même un but visé par tout bouddhiste ? On le voit, les faits semblent
résister à la doctrine et elle-même céder à la contradiction interne.
La
solution, peut-être, résiderait dans l'entre-deux, dans ce "juste milieu"
toujours prôné par le Bouddha : si la recherche d'une maison, permanente
et pacifiante, est contradictoirement source de douleur, si l'extinction de
l'illusion fait disparaître à la fois le voyage et le voyageur, au sein du
"calme nirvâna", l'errance pourrait
être un moyen terme, voire un "moyen habile", par lequel il conviendrait de
passer... mais sans chercher à s'arrêter, à l'image de ce radeau utile pour
traverser auquel il faut ne pas s'attacher. L'errance
serait alors ce chemin-cheminement, à mi-chemin entre l'illusion et la Réalité
telle qu'elle est, étape nécessaire pour autant qu'elle en fasse oublier tout
but, juste "Voie du Milieu" dépourvue de tout égoïsme (mais point encore tout à
fait d'ego...), qui disparaîtra d'elle-même une fois remplie sa vocation. Un
voyage tout intérieur qui peut se faire immobile, physiquement parlant, le
corps et l'esprit étant en eux-mêmes, déjà, un perpétuel changement sans
destination ni finalité ! Le
pèlerinage, du coup, se présenterait comme un voyage de "second ordre", à
l'usage des laïcs encore empêtrés dans les liens du samsâra, mais dont le but véritable - nous le verrons - reste une
pratique d'ordre spirituel, bien qu'encore fortement teintée d'égoïsme ;
l'errance, elle, ne s'embarrassera pas de lieux physiques déterminés,
géographiquement ou historiquement, trouvant mille manières de détourner
l'attention du pratiquant de la visée d'un but trop lointain, au propre comme
au figuré.
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A
Kusinâgarâ, les pèlerins (et les touristes...)
déambulent autour de la représentation du Bouddha
en parinirvâna,
"l'extinction définitive", allongé dans
la posture du "lion couché". Cette statue se
trouve dans un temple moderne, élevé à
proximité des ruines de l'ancien stûpa,
commémorant les funérailles et censé abriter
des reliques du Bouddha.
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