"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 46
    16 mai
    2004
     

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    Actualités de l'UBE

    Cours à Paris

    • samedi 5 juin
      "Busshô" ("de la bouddheité"), de Maître Dôgen (1200-1253), cours public donné par Pierre Nakimovitch. De 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de cours d'Etude de textes. Renseignements : UBE - courriel ou Tél. 0.820.20.50.77. 
    • Pierre Nakimovitch commentera un extrait de ce long chapitre tiré du "Shôbôgenzô", "Le trésor de l'oeil de la vraie loi", considéré comme l'un des plus importants textes du maître japonais. A partir de kôan et d'histoires zen, Dôgen y repense totalement la notion de "nature-de-bouddha" (sk. tathâgatagarbha, jap. busshô), l'un des thèmes les plus importants dans la littérature du Grand Véhicule.
       

    Stage à Aix-en-Provence

    • samedi 12 et dimanche 13 mai
      Quelques enseignements adressés aux laïcs - Textes de la tradition Theravâda, étude proposée par Dominique Trotignon, dans le cadre des stages "Etude de Textes" proposés par l'Université Bouddhique Européenne et le Centre d'Etude et de Méditation "Le Refuge". Renseignements : Le Refuge, Centre bouddhique d'étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de Fabrègues 13510 Eguilles. Tél/Fax :  04.42.92.45.28  ou  04.42.92.60.39 (courriel : refugebouddhique@wanadoo.fr).
    • L'Occident s'est habitué à aborder le bouddhisme à travers l'exposé de sa doctrine la plus sophistiquée et des diverses techniques de « méditation » que la tradition, habituellement, réservait plutôt aux bhikkhu, pour lesquels l'étude et la pratique bénéficiaient de l'environnement privilégié des monastères. On en oublie assez souvent que de nombreux enseignements du Bouddha s'adressaient aussi aux laïcs « dans le monde », proposant à ces disciples des règles de vie quotidienne qu'il serait dommage de négliger ! A ces sutta - « enseignements du Bouddha » - s'ajoute une vaste littérature de « sermons » prêchés par la suite par les bhikkhu eux-mêmes. Ce sont quelques-uns de ces textes - comme les célèbres sutta « aux Kalamas » et « à Sigala » - et des sermons tirés d'un recueil cinghalais du IVe siècle de notre ère (le Sihalavatthu) que ce stage propose de relire ou de découvrir.

 



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    mardi 25 mai
    Amener le dharma en prison, film présentant le travail de Vénérable Robina Courtin, suivi d'un échange sur son expérience autour de l'enseignement du Dharma en prison. Renseignements : Centre Rigpa Paris (école : Nyingma), 6bis rue Vergniaud, 92300 Levallois-Perret. Tél. 01.46.39.01.02.

    samedi 29 mai
    Le principe féminin dans le bouddhisme et l'islam
    . Colloque à Anvers, avec la participation des anthropologues Judith Simmer-Brown (Professeur au département d'études religieuses, Naropa University, Boulder, Colorado) et Durre Sameen Ahmed (Professeur de psychologie et de communication, The National College of Arts, Pakistan). Horaire : de 10 h à 17 h. Lieu : Université d'Anvers, Salle Recteur Dhanis. Organisateurs : Institut tibétain de Schoten, en collaboration avec l'Université d'Anvers et le Centre de Management Interculturel et de Communication Internationalel. Renseignements : Tél. (00.32) 3-685.09.19.

    du samedi 29 au lundi 31 mai
    Retraite guidée par Stephen et Martine Batchelor
    , au « Forum 104 »,
    104 rue de Vaugirard, 75006 Paris. Renseignements et réservations : Dharma Network Paris. Tél. 01.43.28.09.11 ou 06.08.64.08.13 (courriel : dharmanetworkparis@club-internet.fr) et Evelyne Boutron, 102 rue Saint-Maur 75011 Paris. Tél. 01.43.38.53.88.

    du mardi 1er au lundi 21 juin
    Les Pas du Bouddha, retraite bisannuelle
    au Village des Pruniers. Renseignements : Village des Pruniers - Hameau nouveau, 13 Martineau 33580 Dieulivol. Tél. 05.56.61.66.88.  

    du mercredi 2 au dimanche 6 juin
    Danses sacrées du Tibet avec les moines danseurs du monastère de Zimtchoung (Sikkim - Inde) placé sous l'autorité du Gyalwa Karmapa. Mercredi 2 juin - Perpignan : Centre Bouddhiste - Karma Teksoum Tcheuling, 35 rue Courteline. Jeudi 3 juin - Pépieux (près de Narbonne) : Foyer Municipal. Vendredi 4 juin - Sorède (près de Perpignan), Salle communale de la municipalité. Samedi 5 juin - Pellestres (près de Perpignan), Salle Jordi, Barre, Salle municipale. Dimanche 6 juin - Saint Laurent de la Salanque (près de Perpignan), Foyer Rural, Salle municipale. Renseignements : Nelly Bougnol, KTT de Perpignan, 35 rue Courteline 66000 Perpignan Tél. 04.68.34.43.10 courriel.

    du vendredi 4 au dimanche 6 juin
    Sesshin zen sôtô
    , animée par Raphaël Triet à l'Arche ; animée par Gérard Pilet à Auxerre. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86. (voir aussi le calendrier général des sesshins organisées dans diverses villes de province, la page sesshin du site de l'AZI).

    samedi 5 et dimanche 6 juin
    Introduction au concept de santé en médecine tibétaine, stage animé par Philippe Cau, Pdt de l'Association Médicale France-Tibet. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling, Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.

    dimanche 6 juin
    La Voie du Lâcher-prise, journée de Zazen
    avec Jôshin Senseï, de 9 h 30 à 16 h, au Centre bouddhique d'étude et de méditation « Le Refuge », 370 Chemin Fontaine de Fabrègues 13510 Eguilles. Tél/Fax :  04.42.92.45.28  ou  04.42.92.60.39. Renseignements : La Demeure sans Limites, Riou La Selle 07320 Saint-Agrève. Tél. 04.75.30.13.62.

    du lundi 7 au samedi 12 juin
    Commentaires du Gyu Lama, "Le traité ultime du Mahâyâna"
    , par François Chenique, docteur ès-sciences religieuses, traducteur de tibétain et de sanscrit. Renseignements : Karma Migyur Ling, Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.

     


     
    Vesak
    la principale fête bouddhiste

    Le texte que nous vous proposons ci-dessous est extrait du «  Vade-mecum » bouddhique
    proposé par l'Association Bouddhique Theravâda
    «  Vivekârâma »
     

    Sukho buddhânam uppâdo
    Sukhâ sadhammadesanâ
    Sukhâ sanghassa sâmaggî
    S
    ammaggânam tapo sukho.

    Dhammapada, verset 194

    Source de bonheur est la naissance des Bouddhas,
    Source de bonheur est l'enseignement de l'excellent
    Dhamma,
    Source de bonheur est l'harmonie du Sangha,
    Source de bonheur est la discipline de celui qui est unifié.

     

    Traditionnellement, dans les pays où le bouddhisme possède une influence marquante, la pleine lune de mai (vesâkha) commémore le triple événement de la naissance, de l'Eveil et de la mort (le parinibbâna) du Bouddha.

    A cette occasion les fidèles bouddhistes se rassemblent dans les temples et se remémorent leur engagement à suivre le chemin du Bouddha vers l'Eveil. C'est un jour au cours duquel chacun est invité à faire des efforts tout particuliers en termes de méditation et de réflexion, à observer les préceptes plus strictement et à développer le don. Le repas des moines est organisé par les communautés laïques, ils reçoivent également à cette occasion des objets nécessaires à leur vie quotidienne. De la nourriture est offerte aux visiteurs, et de la littérature bouddhique distribuée. Beaucoup d'Asiatiques y voient, de façon plus prosaïque, une opportunité de développer des « mérites ». La journée commence le plus souvent par une circumambulation du temple (dans le sens solaire), chaque fidèle tenant dans les mains une bougie, de l'encens et un bouton de lotus, symbolisant respectivement : la lumière de la sagesse dispersant l'ignorance, les actions positives et la potentialité d'Eveil.

    le don de  nourriture aux moines

    Les fidèles se rassemblent ensuite dans le temple où les moines sont en train de psalmodier des Textes du Canon pâli (le plus souvent des « parittâ ») et, largement aspergés d'eau lustrale par un moine, reçoivent ainsi des « bénédictions ». Ceux qui sont plus dédiés à la pratique (les disciples laïcs, upâsaka et upâsikâ) sont habillés en blanc et c'est une occasion pour eux de renouveler leur engagement dans la Voie en récitant les Refuges et les préceptes en présence de la Communauté monastique (soit les cinq préceptes de la discipline ordinaire, soit les huit préceptes réservés à une discipline plus poussée en cette journée spéciale).
    Généralement un moine donne un enseignement (« sermon »), utilisant un thème de base, accessible à tous : la nécessité d'une conduite correcte par exemple, ou les avantages spirituels et matériels du don. Certains fidèles peuvent demeurer dans le temple pour méditer.
    La fête se poursuit ensuite pendant toute la journée de manière beaucoup plus informelle. On mange beaucoup, la sonorisation, poussée au maximum, diffuse de la musique populaire, des marchands et des artisans proposent leurs produits. Il ne faut pas oublier qu'en Asie le monastère joue également le rôle de foyer social pour le village, de lieu où l'on rencontre ses amis, ses parents, et où l'on fait la fête. Dans les monastères de forêt, cependant, ces aspects plus populaires ne sont généralement pas encouragés.

    Les enseignements du Vesak

    En Occident les groupes et associations bouddhiques ne manquent généralement pas de célébrer le Vesak, hautement significatif pour tous les pratiquants. Bien que nous soyons séparés, pour la plupart d'entre nous, des aspects spirituels et festifs liés à cet événement, nous pouvons néanmoins utiliser vesâkha pûjâ (la cérémonie de la pleine lune de mai) comme support de réflexion et de contemplation.
    Deux enseignements fondamentaux nous sont offerts par le Vesak. Le premier est la foi (saddhâ) en la réalité de l'Éveil et la possibilité d'y parvenir par nos propres efforts, comme le Bouddha l'a lui-même accompli. La naissance du Bouddha nous rappelle que nous vivons à une époque où son message de libération est encore connu et que naître en tant qu'être humain est une opportunité précieuse à exploiter pour étudier et pratiquer. L'Éveil du Bouddha nous ouvre à la réalité de la délivrance et à nos propres potentialités en tant qu'être humain à développer les qualités transcendantes conduisant à cette délivrance. Sa mort, tout en montrant le caractère totalement humain du Bouddha et l'inéluctabilité de la décrépitude et de la disparition, exemplifie des traits essentiels de son Enseignement : son intemporalité et son impersonnalité. Tout comme les trois Refuges, ces trois événements ne sont pas en fait des concepts extérieurs à nous-mêmes mais des réalités intérieures à développer et à incarner.
    Le second enseignement est l'importance de l'harmonie de la Sangha, au sens large, représentée par les moines, les nonnes, les anagârika et les laïcs. La concorde au sein de la Sangha, l'assemblée de ceux qui pratiquent ensemble dans la même direction, a toujours été louée par le Bouddha. Il en a fait une des conditions fondamentales de la survie de son Enseignement. Les conventions moine/laïc semblent établir une hiérarchie, mais cette hiérarchie, pouvant être cultivée négativement par des moines avides d'autorité ou subie par des laïcs naïfs, n'est que la traduction d'une perception exacerbée de l'ego qui pense constamment en termes de « moi » et « les autres », de « supérieur », « inférieur » ou « égal ». Nous sommes en fait, moines ou laïcs, tous des kalyânamitta, des compagnons sur la Voie, dont la pratique et les rôles sont complémentaires, des disciples du Bouddha dont l'esprit est orienté vers « le Bien et le Beau ».
    Le Vesak doit donc être une opportunité toute spéciale de consolider cette indispensable harmonie au sein de la Sangha
     

    Michel-Henri Dufour



     

    Célébration inter-tradition du Vesak, au siège des Nations-Unies, à New York, le 26 mai 2002

    Les fêtes bouddhistes : quand les célébrer ?

    Texte de Serge Leclercq, extrait du site : http://wusong.free.fr

    La fête traditionnellement la plus importante du bouddhisme est sans aucun doute celle qui commémore la naissance de Bouddha. Elle est célébrée le 8 avril au Japon et le premier jour de la pleine lune du mois de mai en Birmanie, au Viêt-nam, au Sri Lanka, au Cambodge... où elle se nomme Vesak.
    On voit déjà la difficulté que nous rencontrerons pour fixer un calendrier des célébrations. Nous savons qu'il y a quatre grands événements à commémorer. Ce sont les quatre miracles qui touchent à la vie de Sakyamuni: Sa naissance, son illumination, son premier enseignement, sa mort. Chacun d'eux est lié également à un lieu de pèlerinage. Nous ajouterons à ces fêtes, celle du nouvel an et celle des morts.
    La plupart des pays bouddhistes utilisent le calendrier lunaire à l'exception du Japon. Le jour de l'an chinois, la fête du Thet vietnamienne et le jour de l'an coréen se situent le lendemain de la nouvelle lune la plus proche du 4 février, alors que l'année tibétaine commence un mois plus tard. Dans les temples chinois, on fête aussi la pleine lune qui suit. Quant au Sud-est asiatique (Sri Lanka, Thaïlande, Birmanie, Laos et Cambodge), les célébrations y durent trois jours à la mi-avril.
     

    Les fêtes typiquement bouddhistes dépendent de la tradition à laquelle elles se rattachent. Theravâda, Mahâyâna et Vajrayâna présentent quelques variantes.
    Le Theravâda fête le même jour la naissance, l'illumination et la délivrance du Bouddha à la première pleine lune du mois de mai. Cette célébration porte le nom de Vesak (ou Vaisakha, qui est le nom du mois indien). Les Tibétains ont choisi le 15e jour du 5e mois lunaire, à la pleine lune. Les Japonais ont fixé leurs dates d'après le calendrier occidental. Pour eux, le 8 avril est l'anniversaire du Bouddha. On appelle aussi cette fête Hana Matsuri (fête des fleurs) car le jardin de Lumbini où naquit le Bouddha était rempli de fleurs. On verse un peu de thé sur sa statue, rappel du premier bain de l'enfant.
    La fête des morts, s'appelle Obon au Japon où elle commence le 13 juillet et dure trois jours. On prépare un peu d'encens et des offrandes devant les tablettes des ancêtres. En consommant la nourriture offerte, on partage le repas avec eux. Le 15 juillet, on se rend au cimetière pour quelques offrandes aux défunts. Cambodge, Laos et Thaïlande respectent aussi cette date pour la fête des morts. En Chine, elle s'appelle Qing Ming, "Pure Lumière", se situe le 5 avril et amène l'occasion d'une visite au tombeau des ancêtres. On brûle de l'encens et de la monnaie factice dans les grands chaudrons devant les temples.
    Au Japon, le 8 décembre est la date de commémoration de l'illumination du Bouddha. Sa délivrance est célébrée le 15 février. Les autres traditions préfèrent le 8e jour du 12e mois lunaire pour l'illumination et le 8e jour du second mois lunaire pour la mort.
    Le Theravada possède quelques célébrations qui lui sont propres. Le Vassa ou 7e mois lunaire est une période de retraite pour les moines. Ils pratiquent assidûment pendant cette période et ne sortent pas des monastères. Une autre festivité au Sri Lanka est liée à l'exhibition d'une relique, la dent du Bouddha. Elle a lieu en août avec la participation de nombreux éléphants pour la procession.
    Nous n'avons pas trouvé de fêtes populaires célébrant le premier enseignement du Bouddha.
    Il semble qu'un consensus se dégage pour une célébration du Vesak ou anniversaire du Bouddha, commune à toutes les traditions, au moment de la première pleine lune en Mai. Cette tradition est acceptée par toute la communauté bouddhiste française.

Serge Leclercq

     

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