"micro-hebdo" de l'UBE  -  N° 49
    1er juillet
    2004
     

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    Actualités de l'UBE

     


    Le programme des cours et stages
    de l'
    année 2004-05
    sera mis en ligne au mois d'ao
    ût prochain

    Les inscriptions auront lieu à partir du 10 septembre
    et les cours reprendront le samedi 30 octobre 2004

    à noter :
    "Journées Portes ouvertes"
    au "Forum 104" : 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
    samedi 18 septembre 2004
    de 10 h à 18 h
    avec une conférence-débat sur le thème
    "Croyance et expérience dans le bouddhisme"
    de 16 h à 18 h
    (entrée libre et gratuite)
     

 



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     


    Trois tournées de "moines danseurs" ont lieu, cet été, en France...

    du samedi 17 au mercredi 28 juillet
    Danses sacrées du Tibet avec les moines danseurs du monastère de Zimtchoung

    du dimanche 18 juillet au dimanche 8 août
    Danses sacrées Cham par les moines bönpos du monastère Triten Norbutsé

    du mercredi 21 juillet au mardi 17 août
    "Dzogchen Cham" : danses sacrées des moines du monastère Dzogchen

    pour en savoir plus :
    consultez, dans l'Agenda, la rubrique "Manifestations diverses"
    et lire le dossier, ci-dessous
     

     

    du vendredi 9 au dimanche 11 juillet
    Visite de sa sainteté le 17e Gyalwa Karmapa Trinley Thayé Dorjé à Montchardon (38) Vendredi 9 juillet - 15h - Initiation de Hayagriva par le Gyalwa Karmapa. Samedi 10 juillet - 10h : Enseignement : les quatre Dharmas de Gampopa. - 15h - Voeux de Bodhisattva par le Gyalwa Karmapa. Explications et transmission des voeux. Dimanche 11 juillet - 10h : Enseignement : les quatre Dharmas de Gampopa -15h : Initiation de Karmapakshi (2ème Karmapa), par le Gyalwa Karmapa. Renseignements : Karma Migyur Ling, Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.

    du vendredi 9 au dimanche 18 juillet
    Retraite de méditation - pratique de shamatha (calme mental) et vipashyana (vision claire)
    , avec Sogyal Rinpoché qui donnera les instructions complètes. Ouverte à tous. Renseignements : Temple de Lerab Ling / Rigpa Europe (école : Nyingma, centre fondé par Sogyal Rinpoché), L'Engayresque 34650 Rocqueredonde. Tél. 04.67.88.46.00.  

    du samedi 10 au lundi 12 juillet
    Trois philosophes présentés par trois lamas
    . Samedi 10 - Asanga, par lama Tashi Nyima. - Dimanche 11 - Nagarjuna, par lama Zeupa. - Lundi 12 - Shantideva, par lama Karta. Renseignements : Institut Yeuten Ling (école Karma-kagyu), Château du Fond l'Evêque Promenade St Jean l'Agneau, 4 - 4500 Huy, Belgique. Tél. (00.32) (0)85-271.188.

    du lundi 12 au dimanche 18 juillet
    Une retraite de méditation zen
    , conduite par Eric Rommeluère, président de l'association Un Zen Occidental. Lieu : Institut Yeunten Ling, Château du Fond l'Evêque Promenade St Jean l'Agneau, 4 - 4500 Huy, Belgique. Tél. (00.32) (0)85-271.188. Organisation et renseignements : Un Zen occidental, 201 rue de Tolbiac 75013 Paris. Tél. 01.45.88.07.15. (info@zen-occidental.net).  

    du jeudi 16 au vendredi 30 juillet
    Dharma Yatra 2004, pèlerinage
    ouvert à tous, pour marcher, méditer et vivre ensemble, de quelques jours à deux semaines dans les Pyrénées audoises, avec Christopher Titmuss, Martin Aylward et plusieurs autres enseignants de Dharma Network Tapovan. Participation financière libre. Réservation auprès de la coordinatrice de Dharma Network Tapovan : Muriel Bansard, 3 Place St Roch, 61110 Remalard, courriel : murielbansard@hotmail.com, Tél. 02.33.25.54.76. Plus de détails sur cette page : Dharma Yatra 2004 France.

    samedi 17 et dimanche 18 juillet
    La séparation d'avec les quatre attachements
    , enseignement par Olivier Rossi. Renseignements : Centre Kalachakra (école : Guéloug), 5 passage Delessert 75010 Paris. Tél. 01.40.05.02.22.

    du samedi 17 au 25 juillet
    Sesshin zen sôtô
    session d'été à Kansho ji (24450 La Coquille) animée par Jean-Pierre Faure. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86. (voir aussi le calendrier général des sesshins organisées dans diverses villes de province, la page sesshin du site de l'AZI).  

    du lundi 19 au vendredi 23 juillet
    « A l'école du Boddhisattva », stage de réflexion et de rencontres autour de l'école et de l'éducation, animé par Lama Dordjé Puntso, avec Jigmé Rinpoché, Lama Shédroup et Elisabeth Roche, inspectrice de l'Education Nationale. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling, Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.

     


     
    Musique et danse sacrées du Tibet

    Musique et danse, au Tibet, n'ont pas de valeur « esthétique », comme c'est le cas en Occident depuis les Temps modernes. Il s'agit avant tout d'un art sacré, codifié, dont le rôle est essentiellement spirituel, comme c'était aussi le cas en Europe, dans l'Antiquité ou au Moyen-âge. L'une et l'autre participent des exercices de méditation que pratiquent les moines et les enseignants du bouddhisme tantrique, les lama. Si le public y assiste, c'est qu'elles ont aussi des vertus purificatrices et, souvent, d'exorcisme.


    Les danses sacrées tibétaines : Tcham


    Le Tcham (ou 'Cham) désigne différentes danses sacrées et masquées pratiquées dans le bouddhisme tibétain. Ces danses jouent un grand rôle dans les cérémonies annuelles des monastères. Issues, semble-t-il, de la religion tibétaine prébouddhique, le Bön, ces danses auraient été adaptées au bouddhisme par Padmasambhava (voir Micro-Hebdo n° 32 et 33).
    Les « danses masquées de lama », comme on les appelle communément, sont de deux genres :

    • Les gar mettent en scène des déités paisibles et des figures de danse gracieuses accompagnées de gestes rituels ou mudrâ.
    • Les tcham concernent des danses de déités courroucées aux masques effrayants et sont fréquemment accompagnées de rituels d'excorcisme. Elles ont lieu traditionnellement lors de certaines « transmissions de pouvoir » ou  « moyens d'accomplissement » (sâdhana) collectifs, appelés droupchen, ou bien sont exécutées lors des fêtes les plus importantes du calendrier liturgique, en présence du public, dans la cour des monastères.

    Ce sont ces danses de « divinités courroucées » qui rappellent plus particulièrement l'oeuvre de Padmasambhava. Invité au Tibet par le roi Trisong Détsèn, lors de la première diffusion du bouddhisme, Padmasambhava était censé pouvoir « neutraliser » les démons et les génies malfaisants qui empêchaient la fondation du premier monastère bouddhiste. Ceux-ci se liguèrent contre lui ; ils ne cessaient de faire tomber des montagnes entières et de déchaîner les éléments afin d'entraver sa démarche, mais rien n'y fit. Padmasambhava dompta ces forces et finit par les convaincre de protéger son oeuvre de propagation de la douceur et de la compassion propres au bouddhisme.

    L'une des danses tcham les plus célèbres est celle du shanak, « le chapeau noir », dont le costume rappelle celui de Lhaloung Pelgyi Dordjé quand il « libéra » le roi impie Langdarma. Cette danse est notamment pratiquée lors du Gütor, le vingt-neuvième jour du douzième mois tibétain, la veille du Jour de l'An (losar), pour exorciser les négativités de l'an qui s'achève.

    Autre danse tcham célèbre, celle des huit manifestations de Padmasambhava, executée dans les écoles Nyingma et Kagyü, notamment le dixième jour du deuxième mois (mars-avril).

    Citons enfin la danse de Yamântaka ou « danse du cerf », présente dans toutes les écoles, dont l'origine est vraisemblablement chamanique, et la fameuse « danse du chasseur », à but pédagogique, au cours de laquelle la foule assiste aux démêlées d'un chasseur défunt avec les armées de Yama, le dieu régent de la mort.


    la danse du cerf

    Ces danses sont accompagnées du son des tambours, des chalumeaux et de grandes cymbales. Des intermèdes comiques, avec des clows appelés apsara, peuvent intervenir entre les danses successives. Il s'agit donc à la fois d'un spectacle populaire et rituel mais dont le rôle spirituel ne doit pas être sous-estimé.
    Les officiants sont en effet des moines ou des lama qui pratiquent une méditation et une visualisation tantriques tout en dansant. Le fait d'assister aux danses est considéré comme porteur de bénédictions et purificateur. Les costumes colorés, les masques, la musique et le rythme virevoltant, voire acrobatique, sont censés préparer les fidèles aux visions effrayantes du bardo, l'état intermédiaire entre la mort et la renaissance.
     

    Pour en savoir plus :

  • à lire : « Moines danseurs du Tibet », Matthieu Ricard, éd. Albin Michel, Paris, 1999
  • sur Internet : le site de « Sphéric » présentant le spectacle des danses Cham-Bön :
    http://www.spheric.org/version_fran/tcham.html
     

    La musique sacrée tibétaine


     

    C'est l'étrangeté qui frappe d'abord tout auditeur occidental, face à la musique sacrée tibétaine, qui paraît ne posséder aucune des caractéristiques musicales et esthétiques auxquelles nous sommes habitués : mélodie, rythmes, nuances, harmonie... Et c'est vrai !

    Plutôt que de musique, d'ailleurs, il vaudrait mieux parler de « son », car c'est au son, presque exclusivement, que s'intéressent les Tibétains : son de la voix ou des instruments, qui répondent aux sons « du monde », sons naturels du vent, de l'eau, du tonnerre... son primordial de l'harmonie de l'univers. C'est ainsi que le vocabulaire tibétain distingue le phénomène sonore (sgra), quel qu'il soit, le son produit par la modification d'un objet sonore (rölmo) - qu'il s'agisse d'un instrument de musique ou du grondement du tonnerre ! - et le son particulier de la voix (skad). Et il y a bien d'autres subtilités...

    Essentiellement, la musique n'est ni un spectacle, ni un art, ni un divertissement mais une « offrande de sons », dédiée à une « divinité », un génie protecteur, un maître religieux. Et les caractéristiques de la « musique » ainsi offerte dépendront de l'auditeur privilégié auquel elle est destinée : à une divinité courroucée, on offrira des sons forts, puissants, agencés en un style violent, marqué par des contrastes importants et un rythme rapide ; à une divinité paisible correspondra un style lui aussi paisible, un rythme lent, des nuances plus douces et subtiles.

    Les instruments de musique eux-mêmes sont associés à des styles définis : la conque, la clochette et le hautbois sont plutôt liés au style paisible, tandis que les trompes, le tambour et les cymbales relèvent davantage du style violent. Chacun de ces instruments, de plus, jouent un rôle symbolique qui détermine son emploi (bien plus que ses « qualités musicales », au sens où nous l'entendons...).

    Ainsi le hautbois (gyaling) - seul instrument mélodique, au sens occidental du terme - n'est-il pas tant apprécié pour ses capacités mélodieuses que pour l'intensité particulière de son timbre Lorsqu'il intervient dans un ensemble, c'est la puissance et la couleur de sa « voix » qui doit le distinguer, et non la justesse de la mélodie qu'il joue !
    Tous les autres instruments ne produisent généralement qu'un seul son... Certaines trompes (doungchen, qui ont tant fasciné les Occidentaux) peuvent produire jusqu'à trois sons différents, mais c'est le son le plus grave qui importe le plus : comparé au barrissement de l'éléphant, il est associé au son primordial de l'univers. La conque (dungkar), quant à elle, est censé représenter le « son du Dharma » ; elle est toujours utilisée par paire afin que le son ne cesse pas et ne connaisse aucune variation audible dans sa continuité.
    Les tambours ne sont pas en reste. Lorsqu'on frappe le grand tambour (rnga) à l'aide d'un manche courbe, le son produit remplit les trois mondes, la terre entière oscille, les dieux se réjouissent et les démons tremblent...

    Les petits tambours « à boules fouettantes » (damarou), eux, sont formés de deux calottes crâniennes : l'une d'un garçon de seize ans, l'autre d'une jeune vierge de douze ans ! Cette alliance des complémentaires symbolise « l'habileté dans les moyens » ; c'est pourquoi ce tambour (tenu dans la main droite) est souvent associé à la clochette (drilbou ou vajra, tenue dans la main gauche) qui, elle, symbolise la sagesse. Sagesse et moyens habiles sont les deux « instruments » de l'Eveil et la combinaison de ces deux instruments en est l'expression sonore. De la même manière, les deux cymbales (rölmo) que l'on frappe l'une sur l'autre sont de taille légèrement différente : l'une est féminine, l'autre est masculine.

    On aura compris que la « musique » sacrée tibétaine relève des pratiques tantriques et non d'un quelconque souci esthétique ! Les instrumentistes sont d'ailleurs des moines ou des lama, et le choix des instruments qu'ils jouent ne dépend pas de leur qualité d'interprète mais de leur degré de connaissance dans la hiérarchie tantrique. Leur pratique - au sens strict du terme ! - fait intervenir la récitation intérieure de mantra et, parfois aussi, l'exécution de mudrâ (gestes des mains) spécifiques.
    Le critère principal d'une « interprétation » réussie est la qualité sonore d'un ensemble, la beauté des timbres et, si possible, leur grand nombre... Le brouhaha, le fracas, la puissance sont gages de qualité !

    Dans la célèbre triade bouddhique « corps-parole-esprit », la musique (le son) relève de la parole et de la transmission du Dharma. La musique donne à entendre le « son du Dharma », elle produit (provoque chez l'auditeur) du sens, au même titre que la poésie ou la psalmodie des sûtra, des tantra et des prières. En combinant des sons, chacun particulier, la musique manifeste la diversité de l'univers, le jeu des vibrations subtiles que crée la perpétuelle impermanence : chaque instrument, comme chaque individu, est unique. Et de même qu'un corps, en lui-même (par les vibrations des éléments qui le composent) ou lorsqu'il se meut ou danse (par les vibrations qu'il déclenche dans son environnement), les instruments de musique mettent en oeuvre une « harmonie universelle » qui n'a rien d'esthétique mais qui révèle - à qui sait l'entendre - le jeu des phénomènes et, donc, aussi... la vacuité.

    Musique, donc ? Plutôt « son sacré », car il s'agit d'un enseignement du Dharma, de la manifestation-illustration sonore du conditionnement universel et de la vacuité : un « moyen habile » sur la voie de l'Eveil. Exécuter de la musique, ou l'écouter, c'est participer activement, par l'ouïe, au jeu des phénomènes, c'est être en connivence avec la correspondance symbolique de leurs composants multiples, c'est une forme de méditation...

     

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