Actualités de l'UBE

    Mise à jour mensuelle du site

    Rubrique Actualités

    • mise à jour de l'agenda : mois de décembre 2004, janvier et février 2005
    • "Actualités de l'édition" : mois d'octobre et novembre 2004  
       

    Cours à Paris

    samedi 4 décembre
    Le mouvement : lecture comparée de Nâgârjuna et d'Aristote
    , cours public donné par François Calmès, de 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de l'UBE (Etude de textes). Renseignements : UBE, 29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.

      Aristote, au fondement de la pensée occidentale, est certainement l'auteur que l'on doit rapprocher en tout premier lieu de la pensée bouddhique. Nous commencerons cet examen à partir d'un concept fondamental dans ces deux pensées, celui de mouvement. Pour cela nous étudierons le chapitre II des « Stances du Milieu » de Nâgârjuna (traduction de Guy Bugeault, Gallimard) et le rapprocherons de textes d'Aristote, en particulier du livre VI de « la Physique ».
       

    samedi 18 décembre
    La co-production conditionnée : séance 1/4 : selon le bouddhisme ancien
    , cours public donné par Dominique Trotignon, de 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de l'UBE (Niveau 2). Renseignements : UBE, 29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.

      Considérée comme le coeur de la doctrine bouddhique et son élément le plus original, la « co-production conditionnée » (pratîtyasamutpâda) a pourtant connu une lente élaboration avant d'être formalisée, comme nous la connaissons aujourd'hui, sous la forme d'une chaîne de douze maillons. Simple développement, au départ, de la Deuxième Noble Vérité sur l'origine du mal-être (duhkha), la co-production conditionnée en vint à être employée pour expliquer l'apparition de tous les phénomènes du samsâra - sous sa forme « mondaine » - mais aussi les différentes étapes du cheminement jusqu'à l'Eveil - sous sa forme « supra-mondaine », beaucoup moins connue - avant d'être utilisée plus particulièrement pour expliquer le cycle des existences successives.

     



    Actualité du bouddhisme
    (quelques rendez-vous, extraits de l'
    agenda)
     

    lundi 6 décembre
    Le grand pelerinage autour du Kawakarpo (Yunnan). Conférence, par Katia Buffetrille, ethnologue à l' Ecole Pratique des Hautes- Etudes, à18h30. Tous les douze ans, une année est particulièrement faste pour certains lieux de pèlerinage. L'année du mouton est celle durant laquelle il faut faire le pèlerinage du Kawakarpo, mais l'année du mouton d'eau qui ne revient que tous les soixante ans attire une foule encore plus considérable de pèlerins. C'était le cas en 2003 qui sera présenté à l'aide de diapositives. Renseignements : Maison de la Chine, 76 rue Bonaparte (place Saint-Sulpice) 75006 Paris. Tél. 01.40.51.95.00.

    du mercredi 8 au dimanche 12 décembre
    Sesshin zen sôtô et pratique du koan
    , à Montreuil dirigée par Catherine Genno Pages Sensei. Renseignements : Centre Dana, 22 avenue Pasteur 93100 Montreuil. Tél/Fax : 01.49.88.91.65.

    vendredi 10 décembre
    Les voies de l'expansion du bouddhisme en Asie centrale, conférence par Gérard
    Fussman, Professeur au Collège de France. A 11 h. Lieu : Maison des Mines 270 rue Saint Jacques, 75005 Paris. Organisation et renseignements : Association Clio , 27 rue du Hameau, 75015 Paris. Tél : 01 53 68 82 82.

    samedi 11 décembre
    Journée de Zazen. Renseignements : Dojo Shikantaza (centre Zen sôtô affilié à Maha-Muni ; Ryôtan Tokuda), 4 place du Béguinage 7000 Mons. Tél. (00.32) (0)65-840-825.  

    samedi 11 et dimanche 12 décembre

    • Le silence intérieur ou l'art d'être présent par Lama Namgyal. Renseignements : Karma Migyur Ling (école Karma-kagyü), Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.
    • Les quatre qualités infinies, enseigement par Droupla Guétso qui expliquera comment utiliser ces qualités dans tous les actes de notre quotidien. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling (école Karma-kagyü), Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.

    dimanche 12 décembre

    • Journée de méditation vipassana avec instructions. Lieu : centre Dhammaramsi 21 rue des Béguines 5170 Rivière (Namur). Renseignements : Dhamma Group, c/o Marie-Cécile Forget, 2 rue de la Duchesse, 1040 Bruxelles. Tél. (00.32) (0)474.59.00.21.
    • Journée d'étude et de méditation dans la tradition Theravâda, animée par Michel-Henri Dufour, à Paris. Renseignements : Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma", c/o Michel-Henri Dufour, 22 rue de la Grange Aubel 71000 Sancé. Tél. 03.85.20.14.42.

    samedi 18 décembre
    Zazenkais, matinée de pratique de méditation zen. Renseignements : Centre des Trois rivières (So-un Zendo, lignée Zen Sambo Kyodan), Cambous, 34725 St-André de Sangonis (Hérault, près de Montpellier). Tél. 04.67.88.03.92 ou 06.19.40.66.00.  

       


     

    Ce qu'il faut "évacuer" dans la méditation...
    pour et contre !

     

    Maître Sheng-yen est l'un des grands maîtres bouddhistes chinois contemporains. Il reçut la tonsure à l'âge de 13 ans dans un monastère près de Shanghai. Lors de la prise du pouvoir par les troupes communistes, il se rendit à Taïwan où il passa six ans en retraite solitaire. Par la suite, il continua des études doctorales à l'université Rissho à Tôkyô. Maître Sheng-yen est l'héritier des deux grandes traditions de l'école chinoise du Chan [jap. Zen], les écoles Caodong [jap. Sôtô] et Linji [jap. Rinzaï] et il est le descendant direct du maître Xuyun. Il dirige actuellement plusieurs monastères à Taïwan.
    Nous vous proposons ci-dessous un court extrait de l’un de ses enseignements - que vous pourrez lire intégralement sur le site d'Eric Rommeluère : "Un zen occidental" – dans lequel il présente la méditation comme un approfondissement par étapes successives qui va de la conscience ordinaire jusqu'au samâdhi :

    " Premièrement, vous videz votre esprit de toutes les préoccupations quotidiennes ; deuxièmement, vous mettez de côté les pensées qui viennent pendant la retraite ; troisièmement, vous oubliez la méthode elle-même ; quatrièmement, vous vous oubliez vous-même ; cinquièmement, vous oubliez l'environnement. (...)
    Lorsque je médite, je passe les mêmes cinq étapes. L'un après l'autre, j'oublie le niveau précédent, jusqu'au cinquième. Avant, ce processus était très lent. Maintenant, je passe rapidement et aisément chaque étape. Avec la pratique vous pourrez faire de même. Dans les
    sûtras il est mentionné que le Bouddha Sâkyamuni entrait dans différents dhyâna lorsqu'il méditait. Du premier, il passait au second, puis au troisième et ainsi de suite. Mais les niveaux que j'évoque sont ceux qui vont de l'état mental ordinaire jusqu'au samâdhi. Cela n'équivaut qu'au premier dhyâna du Bouddha. "

    Ces étapes-types de la méditation évoquent ce que le bouddhisme indien appelle "samatha", la méditation du "calme mental", qui, en évacuant successivement les différentes perceptions des phénomènes extérieurs, permet d'atteindre le samâdhi, puis les différents états d'absorption (dhyâna). Cette pratique est donc fort différente de celle de "vipassana" (encore appelé "attention et compréhension" - "sati sampajañño" en pâli) qui, elle, ne peut s'effectuer qu'en observant tous les phénomènes qui se présentent à l'esprit, tels qu'ils sont, aux moments de leur apparition-disparition.

    Voici comment, de son côté, Ajahn Chah - un maître thaïlandais de la "tradition de forêt", de l'école Theravâda - présente le samâdhi :

    " Samâdhi signifie littéralement « l’esprit fermement établi ». Pour développer le samâdhi, il ne faut pas étouffer l’esprit. Certaines personnes essaient d’apaiser leur mental en s’asseyant calmement et en faisant en sorte que rien ne vienne les déranger... mais cela revient à être mort ! La pratique de samâdhi a pour but de développer la sagesse et la compréhension (sati sampajañño).
    Samâdhi c’est l’esprit stable, fixé sur un point unique. Sur quel point est-il fixé ? Sur le point d’équilibre. C’est là qu’il se fixe. Mais les gens pratiquent la méditation en essayant de faire taire leur mental. Ils disent : « J’essaie de m’asseoir en méditation mais mon mental refuse de se calmer une seule minute. Il ne cesse de partir dans tous les sens. Comment puis-je l’arrêter ? » Il ne s’agit pas de l’arrêter. Il faut qu’il y ait du mouvement pour que la compréhension surgisse. Les gens se plaignent : « Mon esprit s’échappe, je le ramène et puis il repart à nouveau... »  Et comme ça ils passent leur temps assis là, à courir derrière. Ils croient que leur esprit court dans tous les sens, mais en réalité ce n’est qu’une impression. [...] 
    Méditer pour trouver la paix... Il faut d’abord comprendre ce qu’est la paix, sinon vous ne pourrez jamais la trouver. Supposons par exemple que vous soyez venu au monastère aujourd’hui avec un stylo très cher dans la poche de votre veste. A un certain moment vous vous en êtes servi et puis que vous l’avez rangé ailleurs, par exemple dans la poche de votre pantalon. Et puis voilà que vous touchez votre poche de veste et vous sentez qu’il n’y est plus. Alors, vous paniquez. Vous paniquez du fait de votre compréhension erronée de la situation et résultat : vous en souffrez. Tout en allant et venant vous ne cessez de penser au stylo que vous croyez avoir perdu. Votre compréhension erronée fait que vous souffrez. Une compréhension erronée des choses engendre la souffrance. « C’est tellement dommage ! Je venais juste d’acheter ce stylo et voilà que je l’ai perdu. »
    Et puis tout à coup, vous vous souvenez : « Mais bien sûr ! Quand j’ai retiré ma veste, je l’ai mis dans la poche de mon pantalon ». A peine vous rappelez-vous cela que vous vous sentez déjà mieux, alors que vous n’avez même pas vu votre stylo. Vous me suivez ? Vous êtes déjà heureux, vous cessez de vous inquiéter pour votre stylo. Vous êtes absolument sûr de vous. En marchant vous passez la main sur la poche de votre pantalon et vous le sentez. Pendant tout ce temps votre esprit vous a trompé. L’angoisse venait de votre ignorance. Et puis vous voyez le stylo et tous vos doutes s’envolent, vos angoisses s’apaisent. Cette forme de paix surgit quand on perçoit la cause du problème, samudaya, la cause de la souffrance. Dès que vous vous rappelez avoir mis le stylo dans votre poche de pantalon apparaît nirodha, la cessation de la souffrance.
    Il faut donc savoir observer pour pouvoir trouver la paix. Ce que les gens appellent généralement paix est simplement l’apaisement du mental, pas l’apaisement des illusions. Les illusions sont mises de côté pendant ce temps-là, comme de l’herbe que l’on couvrirait d’un rocher. Si vous retirez le rocher trois ou quatre jours plus tard, très vite l’herbe recommencera à pousser. Elle n’avait pas disparu, elle avait seulement été dissimulée. C’est exactement la même chose en méditation : le mental se calme mais pas les illusions qu’il charrie. C’est pourquoi le samâdhi n’apporte aucune certitude. Pour trouver une paix véritable, il vous faut développer la sagesse. Le samâdhi apporte une certaine forme de paix, comme le rocher qui couvre l’herbe... mais elle repousse quand vous le retirez. Ce n’est qu’une paix temporaire. La paix qu’apporte la sagesse, c’est comme poser le rocher et puis le laisser là, ne plus le retirer. Alors l’herbe ne pourra plus repousser. Là se trouve la véritable paix, l’apaisement des illusions, la paix certaine qui résulte de la sagesse.
    Nous parlons de la sagesse (pañña) et du samâdhi comme s’il s’agissait de deux choses différentes mais il faut savoir que, fondamentalement, ils ne font qu’un. La sagesse est l’aspect dynamique de samâdhi et samâdhi l’aspect passif de la sagesse. Ils ont la même origine mais prennent des directions différentes, assument des fonctions différentes. [...]
    Ce n’est que lorsque vous pourrez amener votre esprit au-delà du bonheur et de la souffrance que vous trouverez la paix véritable. Telle est la paix véritable. Telle est la matière que la plupart des gens n’étudient jamais, qu’ils ne voient jamais vraiment.
    La façon juste d’entraîner l’esprit est de le rendre lumineux, de développer la sagesse. Ne croyez pas qu’entraîner l’esprit consiste seulement à s’asseoir tranquillement. Cela c’est le rocher qui recouvre l’herbe. Certains peuvent s’y enivrer. Ils croient que le samâdhi, c’est s’asseoir, mais ce n’est là qu’un des sens de ce mot. En réalité, si l’esprit connaît le samâdhi, alors marcher est samâdhi, s’asseoir est samâdhi... samâdhi en position assise, en marchant, debout, en position allongée. Tout cela, c’est votre pratique.

    [extrait d'un enseignement intitulé "Comme une eau calme qui coule", dans sa traduction assurée par les membres du centre "Le Refuge", à Eguilles (Bouches du Rhône)]

     

    Pour en savoir plus :

    Sites Internet (en anglais) consacrés au maître Sheng-Yen :

    => Dharma Drum Mountain (à Taïwan)
    => Chan Meditation Center (à New-York)

    Sites Internet (en français) où trouver des enseignements d'Ajahn Chah :

    => Dhammasukha
    => Vivekârâma