en raison des
fêtes de fin d'année (bonnes fêtes à
tous !) prochain "Micro-Hebdo" et prochaine
mise à
jour du site : dimanche
16 janvier 2005
Cours à
Paris
La
co-production conditionnée samedi 18 décembre 2004
: séance 1/4
: selon le bouddhisme ancien,
cours public donné par Dominique Trotignon. samedi 22 janvier 2005 : séance 2/4
: selon le bouddhisme chinois,
cours public donné par Paul Magnin, du CNRS: De 14 h 30 à 17 h 30,
au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de l'UBE (Niveau
2). Renseignements : UBE,
29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.
Séminaires
d'études Les séminaires ont lieu le lundi ou
le jeudi, de 18 h
30 à 21 h 30, au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de l'UBE (Niveau
3). Renseignements : UBE,
29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.
- 1er cycle - Chögyam
Trungpa
directeur d'étude
: Fabrice Midal Première séance
: jeudi 6 janvier 2005 - Une présentation
originale du chemin Chögyam Trungpa va droit à l'expérience et
s'est beaucoup défié de la pensée conceptuelle pour approcher le dharma.
La difficulté à le lire tient précisément au fait que nous sommes spontanément
à l'aise avec la pensée conceptuelle et très déstabilisés par l'invention d'une
langue nouvelle et d'une pensée autre. Il s'agira ici de mettre en
rapport cette écriture avec des distinctions existant dans la pensée
Occidentale.
- 2e cycle : Les écoles
anciennes
directeurs d'études : Philippe
Cornu et Dominique Trotignon Première séance
: lundi 24 janvier 2005 - Ecoles et courants La répartition des écoles anciennes en quatre
courants principaux est due aux pèlerins chinois du VIIe siècle P.C. alors que
les écoles elles-mêmes ont proposé, selon les époques, des listes regroupant de
18 à 24 courants différents. Selon quels critères (disciplinaires et/ou
doctrinaux) et dans quel but de telles nomenclatures ont-elle été réalisées ?
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
du dimanche 26
décembre au samedi 1er janvier 2005 Retraite consacrée à la pratique
de la Méditation et du Ngöndro, ainsi qu'à l'étude d'enseignements donnés par
du Lopön Tenzin Namdak et Lopön Tenpa. Lieu Vajradhara Ling, Château d'Osmont 61120 Aubry-le-Panthou. Tél.
02.33.39.00.44. organisation et renseignements : Communauté Yungdrung-Bön,
(école Yungdrung-Bön) 2 rue de Blainville 75005 Paris. Tél. 01.43.21.03.66.
dimanche 2 et lundi 3 janvier La
Prajñâpâramitâ, enseignement donné par sa Sainteté le XIIème Gyalwang Drukpa.
Lieu : l'Eurosite, 27, rue Godillot 93400 Saint-Ouen. Renseignements :
Druk Ngedeun Gawei Tsel
(école Drukpa-kagyü), 38 avenue Pierre Semard 94200 Ivry Sur Seine, France. Tél.
01.58.46.06.41 ou 01.40.60.62.22.
samedi 8 janvier Journée de méditation au Bost avec Lama
Lhundroup et Lama Seunam Dordjé. Ouvert à tous. Renseignements : Dhagpo Kundreul Ling (école : Karma-Kagyu, monastère
masculin de Dhagpo
Kagyu Ling), Le Bost - BP1 63640 Biollet. Tél. 04.73.52.24.34.
dimanche 9
janvier Journée d'étude et de méditation dans la tradition
Theravâda, animée par Michel-Henri
Dufour, à Paris. Renseignements :
Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma",
c/o Michel-Henri Dufour, 22 rue
de la Grange Aubel 71000 Sancé. Tél. 03.85.20.14.42.
samedi 15 janvier Après-midi d'introduction
au Zen à Strasbourg animée par Eric Rommeluère. Lieu : Centre Emmanuel
Mounier, 42 rue de l'Université 67000 Strasbourg. (Tramway, ligne C, Arrêt
Universités). Renseignements : Un
Zen occidental, 201 rue de Tolbiac 75013 Paris. Tél. 01.45.88.07.15. (info@zen-occidental.net).
samedi 15 et
dimanche 16 janvier Trouver
la paix intérieure et le contentement dans le monde d'aujourd'hui, enseignements
par Sogyal Rinpoché, à Montpellier. Lieu : Salle des rencontres, Hôtel de
Ville, 1 place Francis Ponge (en face du centre commercial Polygone). Renseignements
: Temple de Lerab Ling /
Rigpa Europe
L'Engayresque 34650 Rocqueredonde. Tél. 04.67.88.46.00.
Le
bouddhisme, en Birmanie, est-il "au service" de
la junte militaire ?
Du 8 au 11 décembre dernier,
Yangoon (Rangoon), capitale du Myanmar (Birmanie), a accueilli un « Sommet
mondial du bouddhisme » dont le but déclaré était de « propager le
bouddhisme dans le monde, renforcer la coopération et la solidarité des
communautés bouddhistes, réduire les tensions et les conflits ». Il devait s’agir du quatrième sommet de ce
type et l’on attendait, officiellement, plus de 2.500 représentants venant de 37
pays, d’Asie et d’Occident. Devait… Car le « Sommet mondial du bouddhisme
pour la paix dans le monde » a plutôt augmenté les tensions et les
conflits et s’est finalement transformé en une sorte de Congrès
d’auto-promotion de la junte militaire au pouvoir en Birmanie ! En fait de 2.500 participants, on
a compté seulement 500 religieux et un millier de délégués et observateurs,
venus de dix-huit pays différents – douze pays asiatiques et cinq occidentaux :
Etats-Unis, Australie, Mexique, Tchéquie et Roumanie. Mais une absence,
surtout, a particulièrement été remarquée : celle de la secte japonaise Nembutsushu,
l’organisateur-fondateur des trois premiers Sommets, qui se sont tenus
respectivement au Japon, en 1998, en Thaïlande, en 2000, et au Cambodge, en
2002.
La délégation japonaise entendait
ainsi protester contre le limogeage pour corruption, en octobre dernier, du
Premier ministre birman Khin Nyunt. Selon l’AFP, l’organisation nippone a
indiqué « craindre que la mise à l’écart du seul haut responsable birman
qui était disposé à un dialogue avec l’opposition démocratique ne provoque des
troubles et que les délégations ne soient en danger ». Cet appel au
boycott avait aussi été relayé par d’autres organisations bouddhistes, comme l’Association
d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), basée en Thaïlande, en raison
des « persécutions de moines par l’actuelle junte militaire et
l’emprisonnement de quelque 300 d’entre eux dans les geôles de Birmanie. » La junte birmane, de son côté, a
fait savoir qu’il n’était pas question d’annuler la rencontre après l’annonce
de la défection d’« une secte de troisième classe qui a utilisé ses
ressources financières pour organiser des sommets bouddhistes pour sa seule
promotion », selon les termes employés par le quotidien national officiel
« New Light of Myanmar ».
Le Sommet a donc finalement bien
eu lieu, comme prévu, et c’est le numéro un de la junte au pouvoir, le général
Than Shwe, qui en a assuré lui-même l’ouverture. Pour l’occasion, celui-ci avait
troqué son uniforme kaki pour le costume traditionnel birman, et il est venu
pendant quelques minutes s’incliner devant les hauts dignitaires bouddhistes
puis saluer les hauts responsables étrangers qui honoraient le Sommet de leur
présence, notamment les premiers ministres de Thaïlande et du Laos, ainsi que
le vice-premier ministre du Cambodge… Un beau « cadeau » politique à
la junte, médiatisé comme il se doit grâce aux visas accordés, pour une fois, à
de très nombreux journalistes étrangers ! Dans son allocution, le général
Than Shwe a affirmé que « le sommet constituait un instrument pour la
promotion et la propagation du bouddhisme, qu’il aiderait les gens à en avoir
une meilleure compréhension, et qu’il renforçait l’amitié et la coopération
entre les nations comptant des bouddhistes dans leur population ». Il a
également exprimé son souhait de « voir l’humanité capable de suivre les
enseignements du Bouddha et d’apporter la paix, la justice et la prospérité
dans le monde ». A l’issue du Sommet, le gouvernement birman a d’ailleurs annoncé
la libération de 5.070 prisonniers, « emprisonnées par erreur », en
déclarant qu’il réparait ainsi les erreurs du général Khin Nyunt, le premier
ministre et chef des services de renseignements militaires qui avait
brutalement été limogé le 18 octobre précédent.
Ce Sommet n’est pas le premier ni
le seul exemple de l’intérêt que la junte militaire porte au bouddhisme, espérant
ainsi se donner une image « fréquentable » auprès de la communauté
internationale. Depuis plusieurs années, les Occidentaux sont en effet nombreux
à venir fréquenter les grands Centres de méditation du pays – notamment ceux
qui transmettent les enseignements de la lignée de Mahasi Sayadaw – et le
« tourisme spirituel » devient un moyen comme un autre de faire
entrer des devises étrangères… Si le sangha bouddhiste, en Birmanie, a
souvent eu des rapports conflictuels avec les pouvoirs en place successifs, la
junte militaire multiplie, depuis quelques années, les signes de « bonne
volonté » à son égard et l’utilise ainsi, de plus en plus, comme un
instrument de propagande politique majeur. La plupart des représentants du
pouvoir ne manquent pas, aujourd’hui, de se faire photographier régulièrement
dans leurs actes de dévotion auprès de religieux réputés, effectuant des dons,
notamment lors des cérémonies de khatina qui marquent la fin de la
« Retraite de saison des pluies » : A cette occasion, cette
année, des bataillons de ministres et de hauts gradés ont ainsi défilé dans les
monastères où ils ont été photographiés pieds nus, agenouillés devant des
moines, offrant les robes traditionnelles couleur safran.
Dans un article publié dans le
dernier numéro de « Eglises d’Asie » (n° 409, 16 décembre 2004),
l’Agence d’Information des Missions Etrangères [catholiques] de Paris rapporte
les propos de plusieurs diplomates en poste en Birmanie :
« "C’est très clair, il
y a une exploitation du bouddhisme à des fins politiques", estime un
diplomate. Mais si les moines bouddhistes étaient descendus dans la rue en 1988
avec les étudiants pour réclamer une démocratisation et avaient payé un lourd
tribut après la répression dans le sang des manifestations, ils paraissent
aujourd’hui sagement confinés dans leurs monastères. "Ils sont totalement
contrôlés. Ils sont obligés d’être du côté du régime", note le diplomate.
"Quand Aung San Suu Kyi [la célèbre prix Nobel de la Paix] pouvait aller
en province, certains responsables de temples ont refusé de la recevoir"
par peur d’être harcelés par les services secrets militaires, dit-il, en
référence à la brève période de liberté de l’opposante, aujourd’hui de nouveau
assignée à résidence. Le clergé, les moines et les
nonnes, ne jouent pas un rôle social actif en Birmanie, et se consacrent
essentiellement à l’étude des textes sacrés et à la méditation dans leurs
monastères. "On leur fait surtout beaucoup de cadeaux pour les inciter à
rester calmes et ne pas faire de politique : de l’argent, des voitures",
explique un analyste. "Le clergé bouddhique a été complètement
acheté." Ceux des moines qui osent toutefois critiquer le régime se
retrouvent systématiquement en prison où ils sont généralement immédiatement
défroqués. Dans l’un des 400 monastères que compte Yangoon, le supérieur
témoigne sous le sceau de l’anonymat : "Ils sont défroqués, portent
la tenue des prisonniers et n’ont plus le droit de réciter les prières. Beaucoup
ont été condamnés à des peines de quinze à vingt ans de prison pour avoir
refusé des offrandes de nourriture de représentants du gouvernement." [le
« renversement du bol » est en effet une manière traditionnelle, pour
les moines, de marquer leur désapprobation]. Il ajoute : "Nous n’avons pas
le droit d’exprimer notre opinion, de parler ouvertement aux gens. Il y a des
pressions sur nous." Selon une association clandestine de moines,
poursuit-il, de 350 à 400 d’entre eux croupissent dans les geôles birmanes.
"Les moines à Yangoon n’ont aucun intérêt pour ce sommet bouddhiste : il
n’est pas sincère, il est organisé pour le bénéfice politique du
gouvernement", conclut-il. »
Cela dit, dans son discours de
clôture, le vénérable Silananda, recteur de l’Université internationale des
missionnaires du bouddhisme Theravâda à Yangoon, a tout de même osé une
critique voilée, sous couvert d’un remerciement : « Nous sommes
reconnaissants au gouvernement de nous avoir autorisé à utiliser Internet car,
sans cela, le sommet ne se serait pas aussi bien passé. J’espère qu’à l’avenir,
le gouvernement nous laissera utiliser Internet pour propager les enseignements
bouddhistes dans le monde », a-t-il déclaré.
Internet, que le pouvoir en place
ne se prive pas lui-même d’utiliser… On pouvait ainsi apprendre, grâce à l’édition
anglaise « en ligne » du quotidien national officiel « New Light
of Myanmar », le 22 septembre dernier, qu’une grande collecte était
organisée en Birmanie et que « les bienfaiteurs étaient vivement invités à
effectuer des dons pour la construction du premier monastère bouddhiste en
France, un pays d’Europe de l’ouest »… Ce « Monastère de la Mission
bouddhiste Theravâda », qui s’élèverait à Paris même, serait placé sous l’autorité
spirituelle de Sayadaw Kyunnatha Ashin Nandasiri, qui réside actuellement dans
la capitale française. Faut-il se réjouir de cette
annonce ou craindre, une fois encore, une tentative de récupération politique
de la junte militaire birmane ?
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