Actualités de l'UBE
Mise à jour du
site
- Rubrique
"Actualités"
mise à jour
de l'agenda : mois de mars, avril et mai 2005 actualités
de l'édition : parutions de février 2005
et parutions annoncées
Cours à
Paris
La
co-production conditionnée samedi
12 mars : séance 4/4 : réception
et difficultés d'interprétation en Occident,
cours public donné par Françoise Bonardel, de 14 h 30 à 17 h 30,
au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de l'UBE (Niveau
2). Renseignements : UBE,
29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
dimanche 6 mars Journée d'étude et de méditation dans la tradition
Theravâda, animée par Michel-Henri
Dufour, à Paris. Renseignements :
Association Bouddhique Theravâda "Vivekârâma",
c/o Michel-Henri Dufour, 22 rue
de la Grange Aubel 71000 Sancé. Tél. 03.85.20.14.42
mardi 8 mars Entraînement à la concentration
puis étude. Lieu : « Forum 104 », 104 rue de Vaugirard 75006
Paris. Tél : 01.45.44.01.87. Renseignements : Institut Ganden Ling (école : Guéloug),
Chemin de la Passerelle 77250 Veneux-les-Sablons. Tél. 01.64.31.14.82
jeudi 10 mars Bouddhisme et taoïsme, conférence de Françoise
Wang, chercheur au CNRS, à 16 h. Lieu : Maison des Mines 270
rue Saint Jacques, 75005 Paris. Organisation et renseignements : Association
Clio, 27 rue du Hameau,
75015 Paris. Tél : 01 53 68
82 82.
du vendredi 11 au dimanche 13
mars Pratique méditative : rêve et vie
quotidienne par Alain Duhayon (disciple de Kalou Rinpoché et de Lama Teunsang).
Au cours de ces stages, l'accent sera mis sur le sens spirituel incluant les
pratiques formelles et la vigilance dans la vie quotidienne, en incluant
sommeil et rêves dans la démarche. Renseignements : Karma Euzer Ling - Centre d'Etudes Bouddhiques de
Babylone (école Karma-kagyü), 16 rue de Babylone, 76430 La remuée.
Tél. 02.35.20.65.28.
samedi
12 mars Matinée d'introduction à la
méditation zen dirigée par Sensei Amy Hollowell. Renseignements : Centre
Dana, 22 avenue Pasteur 93100 Montreuil. Tél/Fax : 01.49.88.91.65.
samedi 12 et dimanche 13 mars Les étapes de la voie :
premier module du Programme d'études bouddhiques approfondi (PEBA), conçu par
Lama Zopa Rinpoché. Ce programme se déroulera sur 5 ans et demi, mais chaque
module peut être suivi indépendamment des autres. Le premier module se
poursuivra du 8 au 10 avril, du 29 avril au 1er mai, du 20 au 22 mai et du 17
au 19 juin. Renseignements : Vajra Yogini (école : Guéloug), Rouzegas
81500 Labastide-Saint-Georges. Tél. 05.63.58.02.25. Inscription et hébergement
: 05.63.58.17.22.
dimanche 13 mars Zazen day (zen sôtô) animé par
Pierre Crépon à Saint-Brieuc. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de
la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86.
du mardi 15 au jeudi 24 mars Programme d'introduction à la médecine tibétaine, par le Dr Nida
Chenagtsang. Renseignements :
Institut
Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél :
04.79.25.78.00 (s'informer sur le site pour les activités des Centres
Dharma Ling de Paris, Lyon, Chambéry Genève, Grenoble, Nice, Valence,
Toulon).
Au Japon : le bodhisattva Jizo
aide à la lutte contre la pollution !
Nagato, une petite commune située
au centre de la principale île nippone de Honshu, a imaginé une solution pour
le moins originale afin de réduire la pollution sur le bord de ses routes :
elle a installé, le long des aires de stationnement de son territoire et le
long des axes qui mènent à des stations de ski très fréquentées, trois
statuettes du bodhisattva Jizo [Kshitigarbha, en sanskrit]. Ce bodhisattva est
l’un des plus populaires au Japon et tout Japonais le
révère. Ses statues sont nombreuses et personne n’oserait jeter des ordures à
ses pieds ! Le subterfuge fonctionne bien, semble-t-il, et la commune se
réjouit de voir les ordures abandonnées diminuer considérablement...
Pour
mieux connaître ce Jizô « protecteur
de l'environnement », nous vous proposons un large extrait
d'un ouvrage très complet consacré aux différents
personnages du panthéon bouddhique et à leurs
représentations iconographiques : « Les dieux du bouddhisme. Guide
iconographique » de Louis Frédéric, éd. Flammarion, Paris, 1992
Kshitigarbha est le Bodhisattva « qui a la terre pour
matrice », « l’embryon de la terre », « le guide et le sauveur des âmes
tombées dans l’enfer ». Il serait également le maître des six mondes du désir
et des six voies (gati). Lorsqu’il est considéré en particulier comme un
Bodhisattva consolateur des êtres des enfers, il est tenu pour identique à
Yamarâja, le roi des enfers bouddhiques. En Inde, Kshitigarbha, bien que connu très tôt des écoles
du Mahâyâna (dès le IVe siècle), ne semble pas avoir eu la faveur
populaire, et 1’on n’y rencontre aucune de ses représentations, non plus que
dans le Sud-Est asiatique. En Chine, il fut au contraire assez populaire à
partir du Ve siècle, après la traduction du « Sûtra des Dix
Chakra » qui énumère ses qualités. Le « Sûtra de Dizang »
(chinois) rapporte qu’il fut, avant d’être un Bodhisattva, une jeune fille
indienne de la caste des brâhmanes ; le Bouddha luimême aurait annoncé à Mañjushrî
que celle-ci était devenue un Bodhisattva. Cependant Kshitigarbha n’est que
rarement considéré comme ayant une nature féminine.
|

|
En Chine, Kshitigarbha est souvent montré entouré des
dix rois de l’enfer, car il est considéré comme « Celui qui délivre des
tourments de l’enfer ». Mais c’est principalement en Asie centrale qu’il
fut représenté sous la forme d’un moine tenant à la main un bâton de pèlerin (khakkhara)
et d’un « Joyau qui exauce tous les voeux » (chintâmani). A Dunhuang
[oasis de l’Asie centrale, porte de l’Empire chinois sur les routes de la soie],
il est représenté avec une sorte de turban de voyageur dont les pans lui
retombent sur les épaules, et parfois aussi avec une couronne. Au Tibet, il est
représenté principalement sur les mandala, comme l’un des huit Bodhisattva
entourant le Bouddha. Il a alors un chasse-mouches (châmara), un
livre (pushtaka) ou un vase que supporte un lotus. Ses images parvinrent au Japon, fort probablement de
l’Asie centrale en passant par la Chine où il fut souvent montré en « maître
des six voies », entouré par un Preta [fantôme affamé], un Asura [demi-dieu titan],
un démon, un animal, un homme et un Bodhisattva. Kshitigarbha, mû par la
compassion, aurait fait le voeu de renoncer à l’état de Bouddha jusqu’à la
venue de Maitreya, afin d’aider les êtres des six voies de la transmigration.
En enfer, il a pour mission d’« alléger le fardeau des actes d’autrui »,
d’obtenir des magistrats infernaux un adoucissement du sort des condamnés et de
consoler ceux-ci. C’est ainsi que, dans l’esprit populaire, Kshitigarbha est
devenu le Bodhisattva des enfers par excellence.
|
Son culte fut (et est encore) immensément populaire
au Japon [sous le nom de Jizô], alors qu’en Chine, il a depuis longtemps cessé
d’être observé. Il s’est répandu au Japon à partir du IXe
siècle dans les sectes Tendai et Shingon. Une coutume populaire en faisait le
confesseur des fautes commises dans l’année, lors de la cérémonie dite «
confession de Jizô ». Une autre croyance, tardive celle-là (vers les XIVe
- XVe siècles), formée sous l’influence de l’école du Jôdo, veut qu’en
enfer, sur une plage de sable appelée Sai-no-Kawara, les enfants morts en
bas-âge passent leur temps à édifier avec de petites pierres des constructions
votives pour accroître leurs mérites et ceux de leurs parents. Mais chaque soir
des démons, et notamment une vieille nommée Sôzu-no-Kawara no Uba, démolissent
leur ouvrage. Jizô (Kshitigarbha) console alors les enfants éplorés en leur
disant : « En cette contrée des ténèbres, c’est moi ton père et ta mère ; matin
comme soir, aie confiance en moi. » (...) [Selon une autre version de la légende, une hideuse
créature du nom de Shozuka-no-Baba incite les enfants à amonceler les pierres
pour s’en faire un escalier menant au paradis, et cela après les avoir
dépouillés de leurs vêtements. Kshitigarbha consolerait les enfants affligés et
les cacherait, pour les sauver, dans les grandes manches de sa robe. Les
Japonais des campagnes attachent souvent de petits morceaux de vêtements d’enfants
aux statues de Jizo – bonnets et bavoirs rouges, surtout – croyant que le
bodhisattva pourra ainsi vêtir ses protégés…]

Aspects populaires japonais de Kshitigarbha-Jizô
Jizô est considéré par le peuple japonais plus comme
une « personne vénérable » (Jizô-son) que comme une divinité ; sa nature
doucement bienveillante, son allure de moine le rapprochent plus des humains
que les autres divinités, lesquelles paraissent plus lointaines ou plus terribles.
On le nomme familièrement « Monsieur Jizô » (Jizô-san). Dans le même esprit, il
se trouve étroitement associé à Amitâbha, le Bouddha de l’au-delà, et à Avalokiteshvara,
le Bodhisattva de la Compassion. Cette trinité est symbolisée par le dicton : «
Un Bouddha, deux Bodhisattva. » La croyance populaire lui accorde de nombreux
pouvoirs et lui prête un nombre considérable de miracles. Elle en fait parfois
un devin à qui l’on pose des questions, comme au sphinx de nos légendes : on le
nomme alors « Monsieur Jizô inspiré » (Otsukiyare Jizô-san). En tant que
protecteur des enfants, on lui donne le nom de Kosodate Jizô. Le peuple
japonais croit aussi que certaines statues de Jizô ont le pouvoir de se
déplacer, de voler dans les airs, de parler, d’ôter les épines des pieds des
voyageurs... Un très grand nombre de croyances populaires sont ainsi rattachées
à Kshitigarbha. Presque toutes les statues de Jizô ont un nom particulier qui
se rapporte aux qualités qu’on leur attribue. (…) Jizô est surtout une divinité de paysans, souvent
confondue avec les Kami bienfaisants du shintô : c’est la divinité protectrice
familière, bon enfant, avec qui on peut prendre des libertés et qui ne fait
jamais peur, même aux petits enfants. On vénère même certaines statues de Jizô par
correspondance, en lui envoyant des lettres pour lui demander certaines protections
particulières. Les rites de vénération diffèrent suivant les localités ou les
attributions qu’on prête aux statues de Jizô : offrandes de riz, de sake (vin
de riz), de fleurs, de vêtements d’enfants, parfois de sandales de paille (waraji)
car Jizô est censé parcourir un long chemin pour aller soulager les êtres
en détresse, etc. Son image est très souvent taillée dans la pierre, car sa
forme, lorsqu’il est représenté debout, est simple, monolithique et facile à réaliser.
(…) Ces pierres, à l’origine plus ou moins associées à
des cultes phalliques et à ceux des Kami, furent annexées par la religion
bouddhique japonaise qui les transforma en Jizô. Elles furent érigées pour la
protection des voyageurs et des villages, et le peuple des campagnes croit qu’elles
ont également le pouvoir de faire conclure un heureux mariage et de protéger
des maladies. (…) On les fête généralement le 14 janvier. A cette occasion, les
enfants des villages promènent en procession de longs bambous et des torches
avec lesquels on fait ensuite un grand feu de joie. Jizô Bosatsu peut aussi,
exceptionnellement et la ferveur populaire aidant, prendre un aspect féminin
:
ce Koyasu Jizâ est alors invoqué comme « donneuse d’enfants ».
Cependant cet aspect féminin n’est pas caractérisé et l’on s’adresse à lui en
tant que « Monsieur Jizô ». (…) Jizô remplit aussi le rôle de « prolongateur de la
vie » (Enmei Jizâ Bosatsu). Il est vénéré sous cette forme, à Kamakura
notamment, où on le prie afin qu’il assure la sécurité des enfants. Dans les
villages japonais, les parents qui vont travailler aux champs laissent souvent
leurs jeunes enfants jouer près d’une statue de Jizô pendant leur absence : ce
dernier est alors censé veiller sur eux et les protéger. (…) Cependant, le
peuple ne perd jamais de vue la fonction primordiale de Jizô Bosatsu, qui est
celle de consolateur des êtres dans l’au-delà.

|