Actualités de l'UBE

     Mise à jour du site

    • Rubrique "Actualités"
      mise à jour de l'agenda : mois d'avril, mai et juin 2005
       

    Cours à Paris

    samedi 2 avril
    Le Bardo-Thödol (texte tibétain), cours public donné par Philippe Cornu, de 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de l'UBE (Etude de textes). Renseignements : UBE, 29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.  
    L'inscription préalable est nécessaire afin que nous puissions vous faire parvenir le texte étudié à l'avance

    « Découvert » vers la fin du XIVe siècle et plus connu sous le nom trompeur de « livre des morts tibétain », le Bardo-Thödol ou « Libération par l'audition durant le bar do » est une oeuvre difficile. Un regard sur les sources antérieures consacrées aux bar do (« états intermédiaires » entre la mort et la renaissance) éclaire ce texte d'un jour nouveau et montre qu'il est le fruit d'une longue évolution des doctrines et des pratiques concernant la vie et la mort. 

    Stages à Aix

    samedi 9 et dimanche 10 avril
    Les consciences (vijñâna) et leur rôle dans le processus de renaissance. Stage animé par Philippe Cornu, Président de l'UBE, dans le cadre des "Week-end d'études" proposés à Aix-en-Provence par l'UBE et le Centre "Le Refuge". Renseignements : Le Refuge, Centre bouddhique d'étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de Fabrègues 13510 Eguilles. Tél/Fax :  04.42.92.45.28  ou  04.42.92.60.39. Courriel : refugebouddhique@wanadoo.fr.

    Dans les enseignements des écoles anciennes, on expose l'agrégat de la conscience (vijñâna) en le subdivisant en six instances : cinq consciences des sens (vue, audition, goût, odorat, toucher) et une conscience mentale. Pour parvenir à mieux expliquer le mécanisme karmique de l'illusion et du processus de renaissance, et comprendre le fonctionnement intégral de l'esprit, l'école mahayaniste Vijñânavâda va poser l'existence de deux consciences supplémentaires, le klistamanas ou mental souillé (7e conscience) et l'âlayavijñâna ou conscience base-de-tout (8e conscience). 

     



Actualité du bouddhisme
(quelques rendez-vous, extraits de l'
agenda)
 

    du vendredi 1er au dimanche 3 avril
    Enseignements de Son Eminence Tertön Namkhar Drimé Rinpotché
    . Vendredi 1er à 20 h 30, conférence : "Chemin spirituel et vie familiale". Samedi 2 et dimanche 3 : Dordje Sempa - Vajrasattva. "Cérémonie de bénédiction par l'eau sacrée" le samedi, instructions de pratique le dimanche. Lieu : Salle Nikki Diana Marquardt, 10 rue de Turenne 75004 Paris. Renseignements : Association Padma Ling (école : Nyingma, lignée Ripa), 116 boulevard de Ménilmontant 75020 Paris. Tél. 01.45.51.46.39.

    lundi 4 avril

    • Les montagnes sacrées, conférence à 18 h 30, par Catherine Despeux, professeur à l'Institut National des Langues et Civilisations orientales (INALCO). Bouddhistes et taoïstes se sont parfois partagés les mêmes montagnes, mais ils ont aussi établi une géographie sacrée indépendante avec chacun leurs montagnes de référence. Renseignements : Maison de la Chine, 76 rue Bonaparte (place Saint-Sulpice) 75006 Paris. Tél. 01.40.51.95.00.
       
    • Tsog de Vajrayogini. Renseignements : Detchen Eusel Ling (école Guéloug) 12 rue Paul Vaillant Couturier 94140 Alfortville. Tél. 01.48.93.64.87. Secrétariat : 08.71.79.26.40.
      => voir ci-dessous

    vendredi 8 avril
    Zen et Environnement
    , conférence par Roland Rech. Renseignements : Dojo Zen de Paris (école : Zen sôtô, siège de l'AZI - Association Zen Internationale), 175 rue de Tolbiac 75013 Paris. Tél. 01.53.80.19.19.

    samedi 9 avril
    Introduction à la méditation zen
    dirigée par Sensei Amy Hollowell. Renseignements : Centre Dana, 22 avenue Pasteur 93100 Montreuil. Tél/Fax : 01.49.88.91.65.

    samedi 9 et dimanche 10 avril
    La relation au lama et explication de la longue prière : "L'appel au lama de loin"
    . Enseignement dispensé par Lama Anila Tsultrim. Renseignements : KTT de Paris (école Karma-kagyü, affilié à Dhagpo Kagyu Ling) 36 rue Traversière 75012 Paris. Tél. 01.43.07.65.26.

    les mardis, du 12 avril au 7 juin
    Le bouddhisme et son approche particulière de la question des origines et de la fin de l'homme et du monde
    . Cours de  Paul Magnin, sinologue spécialiste du bouddhisme chinois. De 14 h 30 à 16 h 30. Réflexion sur la question de l'origine et de la fin dans le bouddhisme, notamment sur les états d'existence, sur la durée ou le temps, sur la création et sur Dieu. Lieu et renseignements : Centre Sèvres (Facultés Jésuites de Paris), 35 bis rue de Sèvres 75006 Paris. Tél. 01.44.39.75.00

    du vendredi 15 au jeudi 21 avril
    Shambhala, "La voie sacrée du guerrier"
    , avec Fabrice Midal. Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00 (s'informer sur le site pour les activités des Centres Dharma Ling de Paris, Lyon, Chambéry Genève, Grenoble, Nice, Valence, Toulon).

    lundi 18 avril
    Le sûtra du coeur, conférence à 18 h 30, par Alain Wang, sinologue, traducteur de l'ouvrage "Leçon de sagesse, le sûtra du coeur" de Sa Sainteté le Dalaï Lama aux éditions Plon. Renseignements : Maison de la Chine, 76 rue Bonaparte (place Saint-Sulpice) 75006 Paris. Tél. 01.40.51.95.00.  

     


 

Le Tsok : "festin d'offrandes"
rituel du bouddhisme tibétain
 

    Tout pratiquant du Vajrayâna, qui a reçu l'initiation des Tantra supérieurs, participera un jour à un Tsok ou "Festin d'offrandes". Ce rituel - dont le nom signifie strictement "rassemblement", des offrandes et des participants - s'effectue toujours dans le cadre d'un sâdhana - la pratique essentielle du bouddhisme tantrique.
    Padmasambhava, considéré au Tibet comme le "second Bouddha", a déclaré à son propos : "Quelle que soit la pratique du Vajrayâna que l'on fait, parmi toutes celles qui sont possibles, il est toujours indispensable de pratiquer des tsok." Et Yéshé Tsogyal, reine tibétaine qui fut sa principale disciple, ajoute : "Il suffit de pratiquer une seule fois le tsok pour ne pas chuter dans les destinées inférieures. Et, si vous le faites maintes fois, il est sûr que vous parviendrez à l'Eveil - et je ne vous trompe pas en disant cela !"

    Pour mieux connaître et comprendre ce rituel complexe, nous reprenons ci-dessous les principaux éléments de la présentation qu'en donne Philippe Cornu dans son "Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme", éd. du Seuil, Paris 2001.
     


     

    Appelé Ganaçakrapûja en sanskrit et Tsok en tibétain, le "Festin d'offrande" est une forme particulière de rituel d'offrandes (pûja, en sanskrit) qui s'effectue dans le cadre d'un sâdhana - la pratique centrale du tantrisme bouddhique, par laquelle le yogi accomplit la nature de sa "déité d'élection" (yidam : un archétype de l'Eveil dont le potentiel réside en chaque être).
    Pour pouvoir participer à un Tsok, il est donc nécessaire d'avoir déjà reçu une "transmission de pouvoir" (abhiseka, appelée aussi "initiation"), par laquelle un adepte du Vajrayâna est autorisé à effectuer une pratique tantrique. Celle-ci doit être transmise par un maître qualifié (vajrâcârya), lors d'une cérémonie qui institue le "lien sacré" (samaya) qui unira le pratiquant-yogi à ce maître.
    Un Tsok est généralement célébré tous les quinze jours du mois lunaire - le dixième et le vingt-cinquième jour - lors de célébrations en l'honneur de grands maîtres ou pour conclure une transmission de pouvoir (abhiseka), en guise de réjouissance.

    Tous ceux - hommes et femmes, moines et laïcs - qui ont reçu la "transmission de pouvoir" de la déité ainsi célébrée, sont bienvenus pour participer au Tsok. Quand il y a une majorité d'hommes, on parlera plutôt de "festin de dâka", quand les femmes sont les plus nombreuses, de "festin de dâkinî", le terme de Ganaçakra étant réservé à la cérémonie qui réunit autant d'hommes que de femmes.

    On commence le Tsok en rassemblant et en disposant harmonieusement des offrandes sur la table dressée à cet effet.  Celles-ci doivent correspondre aux cinq objets appelés "stimulants des sens" : de la vue (belles formes, lumières et fleurs), du goût (nourriture et boissons, incluant viande et alcool), de l'ouïe (sons parfaits, musique et chants), de l'odorat (encens) et du toucher (belles étoffes).
    Puis les participants s'assemblent et commencent le sâdhana de la déité.
    On commence par visualiser, face à soi, la déité entourée de sa suite, devant lesquels on prend refuge et on formule les "voeux de bodhisattva".
    Après avoir "dissous" dans la vacuité toutes les perceptions ordinaires, on procède à la partie principale du sâdhana : la visualisation du mandala. Celui-ci est constitué, au centre, de soi-même (vu comme la déité elle-même, car celle-ci n'est autre qu'une manifestation de nos propres qualités éveillées) et, tout autour, de l'environnement qui est vu comme le palais de cette déité, empli d'êtres divins. Une fois cette visualisation bien établie, on récite la formule sonore (mantra) correspondant à la déité.

    En conservant cette visualisation, on procède ensuite à des offrandes spécifiques aux divinités protectrices du Dharma (dharmapala), on se "confesse", afin de réparer tous ses manquements vis-à-vis de ses voeux et des liens établis avec le maître (samaya), puis l'on peut procéder au Tsok proprement dit.

    Après avoir aspergé les offrandes d'eau purificatrice et d'ambroisie, on procède à l'invitation des hôtes. Il s'agit - comme lors d'un réel festin - de réunir toutes les déités visualisées dans le mandala, afin qu'elles participent toutes au "rassemblement" et se réjouissent. La principale offrande leur est destinée.
    Une autre offrande est destinée au maître de vajrâ auquel on est "lié" par le samaya.
    On "offre" aussi à nouveau sa confession, afin que la réjouissance ne connaisse pas d'obstacles. Puis on "offre" la Libération à toutes les passions, afin qu'elles se résorbent dans l'Absolu (dharmadhâtu).
    Après quelques prières de souhait, les participants jouissent eux-mêmes du festin, en buvant et en mangeant les offrandes, en silence.
    Cette "réjouissance", pour être efficace, doit cependant s'effectuer dans l'état d'esprit adéquat : dans la vision de la vacuité - qui est réalisée lors de la visualisation - l'offrande doit se faire sans attachement et l'ensemble des phénomènes doit être perçu dans sa Réalité ultime et non sous son aspect formel.

    Finalement, la visualisation est "dissoute" à son tour dans la vacuité, une dernière offrande est adressée à d'autres déités, "extérieures" au mandala, et l'on dédie les bienfaits du rituel à tous les êtres, en souhaitant qu'ils parviennent à l'Eveil.