Actualités de l'UBE
Cours à
Paris
samedi 30 avril
Transmission vivante : la relation de maître à disciple
(séance 1),
cours public donné par Philippe Cornu et Michel-Henri
Dufour (la séance 2 aura lieu le samedi 28 mai, avec
Jérôme Ducor et François Calmès), de 14 h 30 à 17 h 30,
au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de l'UBE (Niveau
2). Renseignements : UBE,
29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.
Bien qu'elle soit plus ou moins formalisée
selon les écoles, la relation maître-disciple reste un
pilier de la voie bouddhique. Fondée sur une lignée qui
se veut ininterrompue depuis le Bouddha, cette transmission vivante, de
personne à personne, se fonde sur des liens quasi familiaux entre
disciple et enseignant-instructeur, considéré comme un
père, une mère ou un grand-père... Le respect,
voire la dévotion, que le disciple doit montrer vis-à-vis
de son maître nécessitent une ouverture d'esprit et de
coeur parfois inconditionnelle. Cela n'empêche pas le maître
de faire preuve de rigueur, voire d'une certaine brutalité, pour
lutter contre un attachement toujours possible qui nuirait à
la progression spirituelle du disciple. Le but d'une telle relation
reste avant tout l'expérience individuelle, déjà
vécue par le maître, que doit connaître à
son tour le disciple. Ces deux séances permettront aux quatre
intervenants d'aborder ces thèmes, qu'ils développeront
en fonction de leurs connaissances théoriques comme aussi de
leur expérience personnelle, chacun dans la tradition à
laquelle il se rattache : Philippe Cornu, tradition tibétaine
; Michel-Henri Dufour, tradition thaïlandaise du Theravâda
; Jérôme Ducor, tradition japonaise des écoles
de la Terre Pure ; François Calmès, tradition
tibétaine.
Stages
à Aix
samedi 21
et dimanche 22 mai Moines
et laïcs : la voie des préceptes (sîla).
Stage animé par
Dominique Trotignon, Directeur de l'UBE, dans le cadre des "Week-end
d'études" proposés à Aix-en-Provence par
l'UBE et le Centre "Le Refuge". Renseignements : Le Refuge,
Centre bouddhique d'étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de Fabrègues
13510 Eguilles. Tél/Fax :
04.42.92.45.28 ou 04.42.92.60.39. Courriel : refugebouddhique@wanadoo.fr.
Dans l'optique des écoles anciennes, la voie bouddhique est
essentiellement celle de la discipline ou des « préceptes » (sîla).
On distingue formellement cinq préceptes généraux à destination des laïcs (upâsaka)
et plus de 220 pour les « moines » (bhikkhu). Ce stage
permettra de voir en quoi la discipline est indissociable de la sagesse (pañña),
ce qu'elle représente exactement et en quoi la différence du nombre des
préceptes est dû bien plus à une différence de statut social qu'à une
différence d'engagement ou de pratique.
Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
vendredi 22 avril La spécificité du bouddhisme zen,
conférence. Renseignements : Centre Zen de Genève (école
: Zen sôtô), 15 quai du Cheval blanc 1227 Les Acacias - Genève. Tél. (00.41)
79-449.48.19. Courriel : contact@zengeneve.ch.
du vendredi 22 au mercredi 27 avril Le Mahamoudra,
enseignements du Khenpo Tsultrim Gyamtsho. Renseignements : Vajradhara Ling (école Shangpa-kagyü), Château d'Osmont
61120 Aubry-le-Panthou. Tél. 02.33.39.00.44.
samedi 23 et dimanche 24 avril Méditation Vipassana, session
conduite par Ajahn Tiradhammo, Abbé du monastère Dhammapala, à Kandersteg,
Suisse. Lieu : Maison de l'Inde, Cité Universitaire de Paris. RER : Cité
Universitaire. Renseignements : Dharma Network - Terre
d'Eveil. Tél. 01.43.28.09.11 (ou courriel).de l'AZI - Association Zen
Internationale), 175 rue de Tolbiac 75013 Paris. Tél. 01.53.80.19.19.
du samedi 23 au mercredi 27 avril Bienveillance et clarté, réalité
ultime, réalité relative. Jigmé Rinpoché transmet les moyens de pratiquer
conjointement l'ultime et le relatif ; l'amour et la compassion deviennent alors
une voie de sagesse. Ouvert aux débutants, enseignement en anglais, traduit
simultanément. Des ateliers sont proposés pour les 7-12 ans. Renseignements : Dhagpo
Kagyu Ling (école
Karma-kagyü), Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél.
05.53.50.70.75.
du lundi 25 avril au dimanche 1er mai Sesshin sôtô
zen, au Revel (près de
Montpellier). Renseignements : Centre des Trois rivières (So-un Zendo, lignée
Zen Sambo Kyodan), Cambous, 34725 St-André de Sangonis (Hérault, près de
Montpellier). Contact Bruce Harris. Tél. 04.67.88.03.92 ou 06.19.40.66.00.
samedi 30 avril et dimanche 1er
mai La transformation du soi, avec
Lene Handberg. Renseignements : Institut
Tarab France, c/o Claudine Martial et Paolo Chaves, 72 av. Jean
Jaurès, bat 4, 92290 Chatenay-Malabry. Tél. 01.76.10.17.91.
dimanche 1er mai Après-midi portes ouvertes à Lérab Ling. Renseignements : Temple de Lerab Ling / Rigpa
Europe (école : Nyingma, centre fondé par Sogyal Rinpoché), L'Engayresque
34650 Rocqueredonde. Tél. 04.67.88.46.00.
du jeudi 5 au dimanche 8 mai Rencontre Tradition du Bouddha et
psychologie occidentale « le bien-être, le mal-être et la libération »,
rencontre internationale qui réunit d'éminents spécialistes et pratiquants
visionnaires pour échanger, à travers divergences et complémentarités des deux
approches, sur les questions fondamentales posées face à la réalité du mal-être
et de l'épanouissement humain. Intervenants : John Welwood (USA), Dr. David
Servan-Schreiber (France), Vajracarya Lama Denys (France), Dr Christof Massin
(France), Dokusho Villalba Sensei (Espagne), Lene Hanberg (Danemark), Irini
Rockwell (USA), Juan Jose Albert (Espagne), Sitara Blasco (Espagne). Organisation : UDHAO
(Université Dharma Occident). Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St
Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00
Enigmatique
"sourire du Bouddha" ! Il est l'expression du contentement
- de celui qui ne désire plus rien - et de la compassion
- de celui qui fait l'expérience des choses telles qu'elles
sont... Désire-t-on le même sourire pour soi...
et c'est l'avidité qui s'exprime ! Comment y parvenir
? Nous vous proposons ci-dessous un enseignement de Martin
Evans, laïc (upâsaka)
se rattachant à la Communauté d'Amarâvati, en
Angleterre, siège européen de la lignée
des "Moines de forêt de Thaïlande", de
tradition Theravâda.
Le sourire du Bouddha de
Martin Evans (extrait de Community, The Upâsaka & Upâsikâ Newsletter, Spring 2005) traduction
française : Christiane Melchior
Quand
j’étais à l’école, on m’a grondé parce que je souriais. Et j’ai eu une colle.
Et pendant cette colle, j’en ai eu une autre. Je souriais toujours. On m’a dit :
« Arrête de te moquer ! ». Je ne savais pas jusqu’alors qu’il ne
fallait pas sourire. La plupart des gens aiment voir un sourire. Il n’y a rien
de plus chaleureux que d’être accueilli par un sourire. Je
voudrais que vous regardiez le visage du Bouddha. Pouvez-vous voir son
sourire ? Il est très subtil. Pourquoi sourit-il ? Éprouve-t-il un
état de méditation bienheureuse ? Ou est-ce le sourire de quelqu’un qui
n’éprouve rien ? Je
crois que ce n’est ni l’un ni l’autre.
Nous
pouvons penser que l’Éveil du Bouddha est une évasion du monde, une évasion par
la méditation pour un état sublime d’existence. Si c’est ce que nous pensons,
alors nous essayons de créer cet état bienheureux en pratiquant certaines
techniques de méditation pour développer la concentration. Mais
le Bouddha a rejeté le chemin de la concentration comme chemin conduisant vers
le but ultime. Il l’a essayé et a constaté qu’il ne menait pas à la cessation
de la souffrance. Il
n’a pas nié les bénéfices d’un esprit concentré, mais il n’a pas trouvé que
cela le conduisait à l’expérience de la vérité des choses telles qu’elles sont. On
peut aussi penser que c’est une évasion totale dans le néant ou une sorte de
non-existence. Mais le Bouddha a été très clair : son éveil n’était ni de
ce monde ni d’un autre. Ce n’était pas du tout une forme d’évasion. C’était une
délivrance, une liberté, mais pas un rejet.
Alors
qu’est-ce que ce sourire ? Je crois que c’est l’expérience du maintenant.
La fin de la quête pour quelque chose d’autre que ce qui est à l’instant
présent. Dans notre façon courante de penser, nous pourrions dire « le
contentement avec rien » parce que notre expérience se mesure avec le
passé et le futur. Il n’y a pas d’expérience du présent dans l’esprit avide. Je
pense que le mot « maintenant » est meilleur
qu’ « attentif » ou « avisé ». Comment est-ce à
l’instant présent ? Cette question nous conduit à l’immédiateté de la
sagacité ou de l’attention, alors que penser être avisé indique quelque chose
que nous serons dans le futur. Dans le futur, nous ne serons jamais avisés si
nous ne le sommes pas dans l’instant présent. C’est
l’expérience de poser un fardeau. Est-ce que ça ne fait pas sourire ? Ah,
oui ! je sais ce qu’on éprouve. Quand j’ai marché de Lands End à John
O’Groats, j’ai vraiment appris ce que l’on ressent quand on pose son fardeau à
la fin de la journée. Ce
qu’il y a de drôle, c’est que tout ce qu’on cherche c’est la satisfaction, et
poser le fardeau est tout ce qu’il suffit de faire, cet abandon dans la façon
dont sont les choses.
Que
voir d’autre dans le sourire du Bouddha ? C’est le sourire de la compassion. N’est-ce
pas un mystère : d’où vient cette compassion alors que personne ne cherche
à être compatissant ? Nous pensons que nous devons devenir compatissant.
Nous n’avons pas la certitude que la compassion est l’expression de notre vraie
nature. Quand ce sentiment du moi et du mien disparaît, cette illusion du moi,
il n’y a rien alors pour empêcher l’expression de la compassion. Et, bien
que la compassion consiste en ressentir la douleur des autres, elle est là
néanmoins sous la forme d’un sourire. Mais, n’est-ce pas, c’est un sourire
légèrement triste, un sourire qui englobe à la fois bonheur et souffrance. Pas
une évasion du monde, mais une ouverture complète au monde. N’est-ce
pas merveilleux que le sourire du Bouddha soit déjà en nous, attendant
seulement de se montrer ?!
Quand
nous méditons, nous devrions cultiver ce sourire, nous avons besoin de réjouir
le coeur. Je ne veux pas dire devenir des gens « béats-ravis », mais
le bouddhisme Theravâda a tendance à attirer des gens qui aiment prendre les
choses au sérieux. Il est certain qu’il existe une obscurité intérieure qu’il
faut reconnaître, mais voir la vérité est une expérience de « voir la
lumière » quand l’obscurité se dissipe. L’attitude
correcte pour pratiquer est d’avoir le coeur léger. Nous ne devrions pas en
faire une lutte. C’est la façon dont beaucoup de gens s’en approche à cause de
leur conditionnement. Ils recherchent quelque chose pour « lutter contre ».
Quand on leur dit qu’il est dans leur nature de voir, ils n’écoutent pas. Ils
ne font pas confiance à leur propre capacité de voir la vérité, car ça ne peut
pas être comme ça, la vie doit être une lutte sans fin. C’est ainsi. Et ça dure,
ça dure... Si vous suivez une
technique de méditation, elle peut être la source d’un problème plutôt que
d’être une aide dans votre pratique. La technique que vous utilisez a vraiment
peu d’importance pourvu que vous ayez une attitude correcte envers votre
pratique. Il est clair que certaines techniques sont mieux adaptées pour
certains caractères. Mais le problème c’est que celle qui serait la plus utile
est généralement celle que vous voulez le moins faire. C’est certainement vrai
de la bonté aimante (mettâ). C’est
très bénéfique pour les personnes de tempérament coléreux. (Nous avons tous ces
tempéraments, mais en général un est dominant. Notre défi est de les
équilibrer). C’est pourquoi il est bon de s’abandonner à cette pratique plutôt
que de se cramponner à ce que vous aimez. Après l’avoir essayé, alors vous
pourrez voir par vous mêmes si c’était bénéfique ou pas. Cette bonne volonté à
être ouvert à tout ce qui est dans l’instant crée un esprit souple d’un
bienfait merveilleux, bien plus grand que n’importe quel bénéfice que vous
pourriez obtenir de n’importe quelle technique de méditation. Cette
attitude pour la pratique, cette ouverture douce, cet esprit souple, soutient
notre développement de la présence d’esprit, d’être dans le maintenant. Cela
prend du temps, mais vous commencez à comprendre quelle valeur une technique de
méditation possède dans votre pratique et où réside le danger. Le danger d’un
support, particulièrement s’il a été utile, est que nous nous y accrochons même
lorsqu’il est temps de le lâcher. Nous devons entièrement abandonner notre
attachement. C’est donc vraiment bien de l’utiliser comme chemin de pratique.
J’avais
l’habitude de dire « si c’est possible de lâcher, lâche », et je
testais des choses avec ce mantra.
J’avais l’habitude de soumettre à cette enquête tout ce qui me venait à
l’esprit. Ensuite je testais mes sentiments, me demandant « Qui ressent de
cette manière ? » et m’arrêtais sur le silence qui s’ensuivait
dans mon esprit. C’est la pratique de connaissance profonde (vipassanâ). Elle ne dépend d’aucune
technique de méditation, c’est seulement une manière d’abandonner notre
attachement au moi et au mien, notre esprit avide. Mais
nous n’essayons pas de mettre l’esprit en échec. Nous voulons nous battre avec
l’esprit parce qu’il n’est pas comme nous voudrions qu’il soit. Mais nous
devrions changer d’attitude. Nous devrions cultiver la bonté envers les pensées
qui surgissent dans nos esprits. En essayant de supprimer les pensées ou de
leur faire barrage, nous leur donnons plus de pouvoir. Quand nous n’y faisons
pas particulièrement attention, elles s’en vont de leur plein gré, quand elles
veulent. Cette volonté de supporter ce qui surgit dans l’esprit demande de
cultiver une patience sans borne ; quelle merveilleuse qualité à
développer ! Mais
certaines pensées sont très collantes. Les pensées persistantes sont celles
dont nous voulons le plus nous débarrasser. Ce sont celles qui ont quelque
chose à nous apprendre. Nous devrions donc les écouter. Laissons-les être nos
enseignants. Quand nous aurons appris ce que nous devons savoir, elles ne nous
ennuieront plus à nouveau.
Ajahn
Chah [l'un des principaux maîtres contemporains de la tradition de forêt
de Thaïlande] décrivait cela comme si vous conviez vos invités dans une pièce où il y a
une seule chaise et que vous êtes assis dessus. Vos invités sont les bienvenus,
mais il ne peuvent pas rester longtemps car ils n’ont pas d’endroit où
s’asseoir. Et il disait que, quand les gens sont dans l’inconfort, ils se
révèlent et vous pouvez les voir comme ils sont vraiment. Nous ne devrions donc pas lutter contre nos pensées. Sélectionner celles
que nous aimons ou que nous n’aimons pas ne fait que nous piéger dans nos
préférences, notre monde conditionné. Ce n’est pas la façon de les voir comme
elles sont. L’esprit est un réceptacle à pensées. En lui, les pensées surgissent
et cessent ; c’est la nature de l’esprit. Comme les gens qui entrent et
sortent de votre vie. Vous devez les accueillir tous comme des amis, que vous
les aimiez ou pas. Mais
quand vous pratiquez la présence d’esprit, cette pratique du maintenant, vous
êtes conscients de tout ce qui surgit dans le moment. Quand les pensées
surgissent, vous les laissez demeurer debout jusqu’à ce qu’elles partent. C’est
ainsi que vous devriez vous comporter avec vos pensées. Vous ne vous asseyez
pas avec une pensée de convoitise ou une pensée de colère. Laissez-les demeurer
debout jusqu’à ce qu’elles se révèlent et partent. Mais ne méprisez pas les
pensées, car si vous le faites vous mépriserez l’esprit. C’est dans l’esprit
que les connaissances profondes surgissent. L’esprit est le lieu de notre
réflexion, là où nous pouvons voir les choses comme elles sont. Nous n’avons
pas de meilleur ami que notre esprit. J’ai entendu des gens dire que ce qu’il
veulent faire c’est arrêter l’esprit. Mais ils concentrent l’esprit ici même
pour échapper à ce qu’il n’aime pas ici même. Ils s’enfuient. Ils pensent qu’il
y a un endroit où ils peuvent se cacher. Mais ils essaient de se cacher dans
leur propre maison. De quoi se cachent-ils ? C’est terriblement triste,
car ce corps et cet esprit est tout ce qu’ils ont au monde. Ce qu’ils doivent
arrêter, c’est l’esprit avide. C’est alors que l’on trouve le vrai bonheur.
Regardez
le corps du Bouddha. Nous habitons un corps, c’est ce qui nous maintient sur
terre. Il peut nous causer beaucoup de douleur. La douleur physique contribue à
nous rappeler que nous sommes liés à un corps. Elle nous ramène sur terre.
C’est un bon endroit pour centrer l’esprit et laisser aller. De même pour
l’agitation (l’in-quiétude). Ce sont nos enseignants. Nous devrions rester avec
eux et apprendre. Ne vous précipitez pas hors de la classe avant que le maître
ait terminé la leçon.
Regardez cette agitation. Ce n’est pas un problème, c’est un
professeur magnifique, mais nous devons développer la patience pour rester avec
elle. Pourquoi
faisons-nous cela ? Parce que cela nous conduit à la liberté. Quand nous
savons ce qu’est l’agitation, nous n’avons pas besoin de la fuir. Quand nous
cessons de fuir, l’esprit est complètement calme, à la fois pour le corps et
pour l’esprit, quel que soit ce qu’apporte le moment, dans le moment, dans le
maintenant. Et
c’est ici que la transformation se produit, ce retournement de ce qui a été si
longtemps caché à l’intérieur. Toute notre humanité, vulnérabilité et
compassion, repliées à l’intérieur, se tournant vers le monde comme une fleur qui
s’épanouit. Pas étonnant que le Bouddha sourie. Mais c’est subtil, n’est-ce pas !
Il faut un peu de temps pour voir ce sourire et pour le découvrir dans notre
propre pratique. Et
il faut peut-être développer beaucoup de qualités que nous n’avons pas encore.
Mais plus que tout nous devons développer cette qualité de confiance. C’est la
confiance dans le chemin de la pratique et notre certitude de notre propre
capacité de réflexion naturelle pour comprendre ce corps et cet esprit et voir
les choses comme elles sont. Le
Bouddha pouvait voir que cette capacité d’être éveillé existait dans chacun de
nous. Mais son sourire est teinté de tristesse que si peu d’entre nous en
soient conscients.
Mon
jardin est plein d’arbres fruitiers que j’ai plantés il y a vingt ans. Chaque
année, j’ai assez de fruits pour tout le monde, je suis presque gêné d’avoir
tant à donner. Tout ce que j’ai à faire, c’est attendre que ça mûrisse et
ensuite de cueillir. C’est la nature, n’est-ce pas. Mais regardez tous les
jardins sans fruit. Tous les gens qui pensent sans doute que, s’ils avaient
planté des arbres, ils auraient des fruits maintenant. Mais ils ne plantent
toujours pas d’arbre. Ils pensent sans doute que ça n’en vaut pas la peine, que
ça prend trop de temps avant d’avoir des fruits. Le
Bouddha a dit qu’une des plus grandes bénédictions était d’avoir accompli de
bonnes actions dans le passé. Nous vivons tous dans un jardin, c’est notre
esprit. Nous devons le développer et le former en moralité, concentration et
sagesse. Ce dont je parle c’est de la certitude que, si nous plantons et nous
nous occupons de nos arbres fruitiers, un jour un fruit mûrira. La seule façon
d’avoir le fruit d’une bonne action passée, c’est de faire de bonnes actions
maintenant. Nous avons de la chance d’avoir cette possibilité.
Pour
en savoir plus
- La
version originale anglaise de ce texte et d'autres textes de
cette revue sont accessibles sur le site de l'Association
des laïcs (upâsaka)
et laïques (upâsikâ)
d'Amarâvati :
http://www.buddhacommunity.org/
- La
traduction française de ce texte et d'autres textes,
articles et enseignemenst de maîtres de la tradition de
forêt, sont accessibles sur le site de l'Association
Bouddhique Theravâda "Vivekârâma"
:
http://mhd-abt.club.fr/vivekarama/accueil.htm
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