Actualités de l'UBE

     Mise à jour du site

    • Rubrique "Actualités"
      mise à jour de l'agenda : mois de juin, juillet et août 2005 

    Colloque "bouddhisme et philosophie"

    La souscription (- 35 %) pour le double DVD de 10 heures, reprenant l'ensemble des interventions et des questions-réponses, a été prolongée jusqu'au 30 juin 2005.
    => en savoir plus 

    Stages à Aix

    samedi 4 et dimanche 5 juin : Bodhisattva : la voie des vertus (pâramitâ)
    Stage annulé
     

    Cours à Paris

    samedi 18 juin
    Le « Sûtra des Dix Terres » (Dashabhûmika-sûtra), cours public donné par Patrick Carré, de 14 h 30 à 17 h 30, au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme de l'UBE (Etude de textes). Renseignements : UBE, 29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.  

    Le « Sûtra des Dix Terres » (Dashabhûmika-sûtra) est un texte essentiel du Grand Véhicule où le Bouddha proclame que « les trois mondes ne sont qu'esprit ». Plus célèbre, le traité qu'en tire Vasubandhu, le Dashabhûmika-shâstra, formera la base de l'idéalisme cittamâtra et de l'une de ses culminations chinoises, l'école Huayan (Avatamsaka).
     



Actualité du bouddhisme
(quelques rendez-vous, extraits de l'
agenda)
 

    du vendredi 3 au dimanche 12 juin
    Conférences publiques de Lama Jigmé Rinpoché (Dhagpo Kagyu Ling, école Karma-kagyü), à La Rochelle, le vendredi 3 (renseignements : KTT de La Rochelle - Tél. 05.46.27.36.05 ou courriel) ; à Royan, les samedi 4 et dimanche 5 - renseignements : Association Médicale France-Tibet, Tél. 06.83.39.41.77 ; en Corse, du lundi 6 au dimanche 12 juin. Renseignements : KTT de Corse - Tél. 04.95.21.41.08 (ou courriel).

    vendredi 10 juin
    Une éthique pour le nouveau Millénaire
    , conférence publique du Dalaï Lama, au Luxembourg, invité par "Les Amis du Tibet - Luxembourg", et sous la responsabilité du Bureau du Tibet de Paris. A 15 h au Centre sportif et culturel de Coque, à Luxembourg-Kirchberg.  Renseignements : http://www.dalailama.lu. (Voir ses prochaines visites en Europe - Suisse, Suède et Norvège - http://www.tibet.com/teachings.htmls).

    du vendredi 10 au mardi 14 juin
    Retraite d'enseignement et de méditation
    , dirigée par la nonne Ariya Nani (tradition Theravâda de Birmanie). Enseignements : le vendredi et le mardi à 19 h 30 - retraite et enseignements : le samedi et le dimanche, de 9 h 30 à 18 h. Renseignements :
    Le Refuge, Centre bouddhique d'étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de Fabrègues 13510 Eguilles. Tél/Fax :  04.42.92.45.28  ou  04.42.92.60.39. Courriel : refugebouddhique@wanadoo.fr.

    samedi 11 juin
    Le rôle de la religion, en l'occurrence du Bouddhisme, pour la Paix du monde au XXIe siècle
    , conférence à l'UNESCO, organisée par le Bouddhisme Coréen Won. Elle sera suivie d'une manifestation culturelle coréenne comportant des musiques et danses traditionnelles. De 14 h à 18 h. Lieu : UNESCO (Salle 1), 7 Place de Fontenoy 75007 Paris. Renseignements : Association des Amis du Bouddhisme Won Coréen, 6 Rue Condorcet, Gentilly 94250. Tél. 01.45.46.42.95  (ou courriel).

    samedi 11 et dimanche 12 juin
    Les Bardos : des moments-clés pour la vie et la mort,
    avec Philippe Cornu. Renseignements : Centre Rigpa Paris (école : Nyingma, centre fondé par Sogyal Rinpoché), 6 bis rue Vergniaud, 92300 Levallois-Perret. Tél. 01.46.39.01.02.

    du jeudi 16 au dimanche 19 juin
    L'aventure de la conscience, clés pour une vie spirituelle saine, avec Dokushô Villaba. Séminaire comportant des ateliers pratiques conduits par des psychothérapeutes professionnels, collaborateurs de Dokusho Sensei. Programmé par l'UDHAO (Université Dharma Occident). Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00.

    samedi 18 et dimanche 19 juin  
    Fête du bouddhisme, de 11 h à 19 h, à la Grande Pagode du Bois de Vincennes, route de la ceinture du Lac Daumesnil 75012 Paris (Métro Porte-Dorée). Rituels de différentes traditions bouddhistes, conférences-débats ("Les traditions bouddhiques en France" ; "Le bouddhisme : école de responsabilité"), ateliers (calligraphie, arts du thangka, ikébana, cérémonie du thé...), exposition d'oeuvres artistiques de diverses communautés, stands de centres bouddhistes, éditeurs... Renseignements : Union Bouddhiste de France, BP 240 Etoile 75770 Paris Cedex 16. Tél-Répondeur  : 01.42.77.86.17 (ou courriel).

     


 

    Qu'est-ce qu'un upâsaka,
    un pratiquant bouddhiste laïc ?

    Cérémonie d'offrandes de nourriture des upâsaka aux bhikkhu
    à l'occasion de la fête de
    Vesak (pagode laotienne de Saint-Leu-la-Forêt)  


    La communauté des disciples du Bouddha, le sangha, est formée – dit-on – des bhikkhu et des bhikkunî (moines et nonnes) et des upâsaka et des upâsikâ (laïcs et laïques). Hors de ces deux catégories, le bouddhisme, à l'origine, ignore tout autre possibilité... sinon celle de ne pas faire partie de cette communauté des disciples, des « fils de Sakya » !

    On valorise beaucoup, en Occident, la pratique laïque du bouddhisme, soit qu’on dévalorise la voie du bhikkhu – qu’on considère alors plutôt comme quelqu’un qui s’isolerait du monde et oeuvrerait seulement pour lui-même - soit qu’on pense qu’une telle voie n’est plus ou pas pratiquable en Occident, contrairement à ce qui s’est produit pendant 25 siècles en Orient. On entend alors, généralement, par laïc une personne engagée dans le monde, à l’image du bodhisattva, oeuvrant pour ses contemporains tout en s’engageant pourtant pleinement dans la pratique du bouddhisme et de ses plus hautes vertus.
    Le problème est que les termes mêmes de « moine » et « laïc » recouvrent, dans l’inconscient occidental, des notions qui ne correspondent que très peu, voire pas du tout, avec ce que les termes employés dans le bouddhisme veulent dire... On ignore ainsi très généralement que le terme de bhikkhu ne désigne pas forcément celui « qui a quitté la vie de maître de maison » pour devenir un « sans foyer » et qu’il s’applique parfois, dans les textes mêmes les plus anciens, aussi bien aux « maîtres de maison » qu’aux « sans foyer », aussi bien à ceux que nous appelons « moines » qu’aux « laïcs » !

    Dans l’Occident façonné par la culture chrétienne, le terme « laïc » désigne avant tout le « non clerc », l’individu « ordinaire », peu ou pas instruit, qui n’a pas intégré la hiérarchie ecclésiastique et fait partie du « gros » des fidèles, par opposition à l’élite savante des membres du clergé. Le « moine » - dont on a oublié qu’il voulait dire, au départ, « le solitaire » - est avant tout compris comme celui qui vit en retrait du monde, dans un lieu régi par une règle précise, en dehors de la société civile.
    Cela dit, l’évolution des mœurs, sociales et politiques, particulièrement en France, a singulièrement fait évoluer la connotation de ces deux termes. Le « laïc », aujourd’hui, est aussi compris comme celui qui (s’)est émancipé de l’autorité d’une institution religieuse et qui agit en citoyen, libre et indépendant, fort de sa participation contractuelle au suffrage universel... par opposition, le « moine » est celui qui se soumet à la règle, donc à l’institution.
    Il y aurait sans doute nombre d’autres dualités de ce type à évoquer encore. Mais peu importe, ici, d’en dresser une liste exhaustive ; le plus important est de savoir ce que le bouddhisme lui-même entend par les mots de bhikkhu et upâsaka - et plus particulièrement upâsaka.

    S’il est vrai qu’un upâsaka est très généralement un « maître de maison » (gahapati), les deux notions ne se recouvrent pas, on l’a déjà dit : on peut être « maître de maison » et non-bouddhiste, mais aussi être « maître de maison » et bhikkhu. Etymologiquement, le terme est dérivé du verbe « upâsati » et on le traduit généralement par l’expression « celui qui s’assied auprès de [sous entendu : l’enseignant] ». Le préfixe « upa », en effet, indique l’idée de se trouver en dessous de, proche de ou s’approchant de... A priori, donc, une position de soumission, voire d’infériorité. Mais aussi une idée de mouvement qu’il ne faudrait pas négliger : l’upâsaka est celui qui demande, qui sollicite, qui désire obtenir ou bénéficier de ce qu’il n’a pas (encore).
    De son côté, bhikkhu a généralement été compris comme « celui qui reçoit », sous-entendu : les quatre « nécessités » matérielles que sont la nourriture, le vêtement, le logement et les médicaments. Dans ce sens, le bhikkhu est celui qui dépend matériellement de l’upâsaka et l’upâsaka celui qui dépend spirituellement du bhikkhu. Cette lecture semble ainsi privilégier la notion de « dépendance mutuelle » qu’on trouve au coeur des enseignements bouddhiques et rapproche singulièrement les deux termes de l’opposition occidentale « moine, savant, hors du monde » - « laïc, ignorant, dans le monde », ce dernier disposant des ressources matérielles que lui octroie sa situation d’acteur économique « dans le monde ».

    Mais le terme bhikkhu est en fait beaucoup plus riche de sens et son opposition – ou sa complémentarité – vis-à-vis d’upâsaka bien plus subtile. Bhikkhu est lui aussi dérivé d’un verbe (bhikkhati) issu d’une racine sanskrite (bhaj) apparemment fort complexe puisqu’elle exprime, à la fois, le fait de recevoir et celui de donner, distribuer, prendre part, jouir de...! L’idée sous-jacente à cet ensemble de significations est que le bhikkhu, en fait, est celui qui ne demande rien (même s’il reçoit), parce qu’il n’exprime plus de désirs ou de besoins, parce qu’il dispose – déjà – du suffisant et qui peut, donc, donner lui-même, distribuer aux autres ce dont il jouit en suffisance : non pas le bassement matériel, mais le hautement spirituel. Dans ce sens, le bhikkhu est celui qui réalise l’idéal du détachement et tout « maître de maison » peut en effet y parvenir et redistribuer, lui aussi, les bienfaits de sa pratique spirituelle !
    Si l’on privilégie cette interprétation, l’upâsaka se caractérise alors effectivement par son mouvement de demande, l’expression de son désir et de sa quête, sa tension vers un avenir meilleur – qui réclame de connaître l’enseignement à mettre en pratique -, par opposition au bhikkhu qui jouit déjà, dans l’instant présent, de la réalisation de l’extinction du désir. Face à la quiétude sereine du bhikkhu, l’upâsaka est un inquiet qui veut faire des progrès et qui pense qu’il doit encore « agir en vue de » - c’est-à-dire agir karmiquement. Du coup, il réclame, pour ce faire, d’être instruit. L’upâsaka est un disciple qui demande au bhikkhu d’être son maître, en paroles et en exemple de vie, en dhamma et vinaya, enseignement et discipline. L’upasâka est celui qui reconnaît, humblement, que son attitude doit être améliorée, qu’il doit apprendre et pratiquer, qu’il lui reste du chemin à faire...
    Dans ce sens, l’upâsaka est loin de disposer de l’indépendance à laquelle on associe désormais le terme de « laïc » ; bien au contraire, l’upâsaka est celui qui admet qu’il a besoin des bhikkhu – relation de dépendance qu’il manifeste notamment par ses dons matériels : ce dont il dispose, lui, et qu’il peut donner – pour pouvoir bénéficier de l’indispensable enseignement spirituel, théorique et pratique, que ceux-là peuvent généreusement lui octroyer.

    Ainsi, selon l’approche étymologique, le bhikkhu serait un disicple du Bouddha qui réalise déjà un engagement plein et entier sur la Voie du Milieu et l’Octuple Noble Chemin – ou du moins qui s’y efforce avec motivation - engagement visible par son attitude mentale fondée sur le détachement et un mode de vie qui la manifeste avec évidence ; il peut être, bien sûr, un « sans foyer », vivant d’aumônes, se vêtissant de peu et sans logement personnel, mais il peut aussi être un « maître de maison » : c’est son attitude mentale réelle qui sera déterminante pour pouvoir lui attribuer ce titre.
    L’upâsaka, de son côté, serait avant tout un disciple encore en quête, peu assuré ou moins engagé dans la réalisation effective de la pratique préconisée par le Bouddha, mais sûr de sa foi dans l’efficacité de celle-ci. Dans son humilité bien comprise, « celui qui s’assoit auprès de l’enseignant » reconnaît qu’il a encore besoin de mûrir et que la communauté des bhikkhu lui est nécessaire : ils sont l’exemple qu’il souhaite pouvoir suivre, au moins en partie, au moins de temps en temps, même imparfaitement, même temporairement... Le soutien matériel qu’il octroie à ses « maîtres » - en paroles et en mode de vie – est l’expression de cette reconnaissance : du chemin qu’il lui reste à parcourir, de « l’avance » que les bhikkhu ont sur lui.
    On ne peut pas parler de dépendance subie, ni d’un côté ni de l’autre. Les uns reçoivent ce qu’ils ne demandent pas, les autres demandent ce qu’ils n’ont pas le courage ou l’opportunité d’expérimenter par eux-mêmes. Chacun va selon son propre engagement, sa propre motivation, tout en reconnaissant à l’autre la valeur de ce qu’il apporte à la communauté tout entière. Sans upâsaka, la communauté des bhikkhu ne pourrait survivre et perpétuer son oeuvre – d’exemplarité et de diffusion de l’enseignement ; sans communauté des bhikkhu - et maintenant que le Bouddha lui-même n'est plus là pour montrer l'exemple ! - les upâsaka n’auraient plus de repères, de modèles, d’exemples à suivre, de source d’encouragement, de preuve vivante que la pratique est possible et qu’elle est efficace. Les deux cheminent de concert et s’épaulent mutuellement.

    "Moine bouddhiste", oeuvre contemporaine de Gédéon Sillac