"Micro-Hebdo" de l'UBE  -  n° 71
    1er juillet
    2005
     

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    prochain "Micro-Hebdo" diffusé
    le 1er août 2005



    Actualités de l'UBE
     

     Mise à jour du site
    Rubrique "Actualités"
    mise à jour de l'agenda : mois de juillet, août et septembre 2005 

     

    Le programme de l'année universitaire 2005-06
    sera diffusé sur notre site à partir du lundi 1er août

    les inscriptions auront lieu à partir du lundi 12 septembre
    les cours reprendront le samedi 29 octobre
     


    "Journées Portes ouvertes"
    au "Forum 104" : 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
    samedi 1er octobre 2005 de 10 h à 16 h
    Vous pourrez rencontrer étudiants et enseignants,
    effectuer vos insciptions et participer à
    une conférence-débat, de 16 h à 18 h
    (entrée libre et gratuite)
     

 
 



Actualité du bouddhisme
(quelques rendez-vous, extraits de l'
agenda)
 

    du vendredi 8 au lundi 11 juillet
    Le Powa (transfert de conscience au moment de la mort), et le protecteur à la cape noire : Bernachen, enseignements par Tenga Rinpoché. Renseignements : Vajradhara Ling (école Shangpa-kagyü), Château d'Osmont 61120 Aubry-le-Panthou. Tél. 02.33.39.00.44.

    du samedi 9 juillet au samedi 6 août
    Retraite d’été au Village des Pruniers
    , offerte par le Vénérable Thich Nhat Hanh. Renseignements : Village des Pruniers - Hameau nouveau, (école : Ordre de l'Inter-être, Sangha de Thich Nhat Hanh) 13 Martineau 33580 Dieulivol. Tél. 05.56.61.66.88.

    du mardi 12 au dimanche 31 juillet
    Retraite intensive de Shiné, le calme mental
    dirigée par Lama Teunsang. Cette retraite s'adresse uniquement aux personnes qui ont pris refuge. Elle est divisée en 3 sessions d'une semaine. Il est possible de ne participer qu'à une semaine. Renseignements : Karma Migyur Ling (école Karma-kagyü), Montchardon, 38160 Izeron. Tél. 04.76.38.33.13.

    du jeudi 14 au vendredi 22 juillet
    Session d'été zen sôtô animée par Evelyn de Smedt à la Gendronnière. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86.

    samedi 16 et dimanche 17 juillet
    L’interdépendance, enseignement niveau B du cycle « la voie du Bouddha ». Renseignements : Institut Karma Ling, Hameau de St Hugon, 73110 Arvillard. Tél : 04.79.25.78.00 (s’informer sur le site pour les activités des Centres Dharma Ling de Paris, Lyon, Chambéry Genève, Grenoble, Nice, Valence, Toulon). 

    du lundi 18 au mercredi 27 juillet
    Stage de peinture de thankas
    (peintures sacrées du bouddhisme tantrique), avec Karma Yeshe, résident au temple Kagyu Ling (Saône et Loire). Renseignements : Pigments et Arts du Monde, 20 rue Louis Morard 75015 Paris. Tél. 01.46.48.84.41 ou 06.09.39.07.42

    du mercredi 20 au mercredi 27 juillet
    Camp du Soleil de Shambala, pour les enfants de 10 à 16 ans, accompagnés de leurs parents. Activités de plein air, responsabilisation de l'enfant dans un cadre structuré. Renseignements : Centre Dechen Chöling - Centre de méditation Bouddhiste - Shambhala (lignée de Chögyam Trungpa), Mas Marvent 87700 Saint-Yrieix-sous-Aixe. Tél. 05.55.03.55.52.

    mercredi 27 juillet
    Le Refuge, entrée sur la voie de l’Eveil
    , enseignement assuré par Kathog Rigzin Péma Wangchen Rinpoché. Lieu : Dharma Ling de Paris 55-57 rue Quincampoix 75004 Paris. Organisation et renseignements : Ayig Association (Ecole Nyingma) 37 boulevard du 1er mai, 91300 Massy. Tél. 06.74.87.42.85

    du samedi 30 juillet au vendredi 5 août
    L’esprit en vacances, stage de méditation animé par Lama a. Shérab Kunzang et droupla Tséwang qui établissent les fondements de la méditation. Accessible aux débutants. Renseignements : Dhagpo Kagyu Ling (école Karma-kagyü), Landrevie, 24290 Saint-Léon-sur-Vézère. Tél. 05.53.50.70.75.

     


 

Le bouddhisme et quelques idées reçues...
 

    « La vague actuelle du bouddhisme comme forme de spiritualité moderne est fondée sur un certain nombre d’idées reçues, qu’une meilleure connaissance de la tradition bouddhique incite à dépasser. Malheureusement, en dehors des travaux érudits sur la question, il existe peu d’ouvrages de vulgarisation permettant de se faire une image plus juste de cette religion. »

    C'est ainsi que Bernard Faure présente son dernier ouvrage, publié il y a quelques mois par les éditions "Le Cavalier Bleu", dans une collection qui mérite bien son nom : "Idées reçues" !
    Bernard Faure est professeur à l’université de Stanford (Californie) où il enseigne l’histoire des religions d’Asie. Il a séjourné plus de douze ans en Extrême-Orient, où il retourne encore régulièrement. Il est l'un des grands spécialistes des religions de cette région. Il a notamment publié : "Bouddhisme", Éditions Liana Levi, 2002 ; "Bouddhismes, philosophies et religions", Collection "Champs", Flammarion, 2000 ; "Sexualités bouddhiques : entre désirs et réalités", Éditions Le Mail, 1994 (en cours de réédition, collection " Champs" Flammarion) ; "Le Traité de Bodhidharma", Éditions Le Mail, 1986 (réédition "Points Sagesse", Le Seuil, 2000).

    Nous vous proposons de découvrir un chapitre extrait de ce livre, portant sur l'un des thèmes les plus souvent associés au bouddhisme, et pas seulement tibétain... la réincarnation !
     

     

    un extrait de l'ouvrage :
    « Le bouddhisme enseigne la réincarnation »

    « Tout semble Indiquer
    que votre petit Jesse
    est la réincarnation du
    très saint lama Dordjé...»
    LIttle Buddha, 1994


    Le film de Bertolucci,
    Little Bouddha, entrecroise deux histoires : celle du Bouddha, et celle d'un enfant vivant à Seattle avec ses parents à la fin du XXe siècle, que deux moines tibétains en exil identifient comme la réincarnation d'un de leurs éminents lamas. Le spectateur a nettement l'impression que c'est le même protagoniste qui se réincarne de vie en vie, depuis l'Inde ancienne jusqu'à l'Amérique moderne, comme si le dogme tibétain de la réincarnation était dans la droite ligne de l'enseignement du Bouddha.

    Il faut pourtant distinguer ce type de réincarnation à la mode tibétaine du dogme bouddhique de la transmigration, lequel n'est qu'un corollaire de la doctrine du karma. La transmigration est en effet le passage d'une existence à une autre pour n'importe quel être, alors que la réincarnation tibétaine suppose la renaissance d'un personnage charismatique : certains êtres peuvent choisir sous quelle forme ils veulent réapparaître pour poursuivre leur mission.
    C'est par un glissement abusif que l'on présente une institution tardive et purement tibétaine comme relevant de l'orthodoxie bouddhique. En effet, elle n'apparaît qu'à la fin du XIIe siècle dans l'école des Karmapa, lorsqu'un grand lama de cette école, Düsum Khyempa, eut l'idée de prédire sa propre naissance. La chose avait l'avantage de garder vivant au sein d'une même école, par-delà la mort, le prestige du personnage. L'idée se propagea comme une traînée de poudre dans les autres écoles, notamment celle des Gelugpa, qui l'utilisera pour mettre en place la lignée des dalaï-lamas.
    Le phénomène des réincarnations doit donc être replacé dans son contexte culturel, celui de la culture tibétaine. Jusqu'à tout récemment, il était en effet limité au Tibet et aux royaumes voisins (Bhoutan, Sikkim, Ladakh, Mongolie), et n'a joué pratiquement aucun rôle dans le bouddhisme indien proprement dit, pas plus d'ailleurs que dans les autres formes indianisées (Asie du Sud-Est) ou sinisées (Chine, Vietnam, Corée, Japon) du bouddhisme.

    Par la suite, l'aire géographique des réincarnations s’est étendue progressivement du Tibet vers la Mongolie ; plus récemment, avec l'exil d'une partie des Tibétains, elle a eu tendance à se déplacer vers l’Europe et l'Amérique du Nord. Comme le note un lama tibétain, Dagyab Rimpoche : « Le nombre des lamas en exil a augmenté comme une inflation ! " Toutefois, ni les Tibétains ni Bertolucci n'ont encore trouvé de lama réincarné parmi les Américains de souche mexicaine ou les Afro-Américains, à plus forte raison parmi les Chinois communistes. Sans s’arrêter sur ces choix ethniques de l'Éveil, le caractère manifestement politique de certaines incarnations rend l'institution sujette à caution. Les médias ont rapporté la rivalité qui oppose Chinois et Tibétains autour de la réincarnation du Panchen-lama (l'autre grande autorité spirituelle du bouddhisme tibétain avec le dalaï-lama), ou encore de celle du seizième Karmapa.
    La chose se complique encore lorsqu'on sait que ce n’est pas seulement un lama en tant que tel qui se réincarne en une autre personne, mais que son corps, sa parole, et sa pensée peuvent se réincarner séparément, à l'intérieur d'une même lignée ou non, simultanément ou à des époques différentes. Ainsi, après l'annonce en 1705 de la mort de Ngawang Namgyel, un lama de la lignée des Karmapa qui était devenu le premier souverain du Bhoutan, trois types de réincarnation furent reconnus, donnant naissance à trois lignées rivales. La lignée de la pensée, la plus haute, finit par s'imposer en 1734, ce qui permit une certaine stabilité politique.

    Le système de la réincarnation existe depuis des siècles au Tibet et ses avantages, affirme-t-on, n'ont jamais été remis en question, ni par les Tibétains ni par les Occidentaux. On pourrait ajouter : ni par les Chinois, qui ont eux aussi su détourner à leur profit le charisme de certains lamas. En revanche, on pourrait se demander ce que pensent les autres bouddhistes d'un tel système, eux qui n'ont pas jugé bon, malgré ses avantages, d'en faire un article de foi. Cette récupération politique n'a rien de nouveau, puisque c'est la notion de réincarnation qui a permis à l'école des Gelugpa de faire mainmise sur les principaux monastères des autres écoles, et à son chef de file, le cinquième dalaï-lama, de devenir, avec la bénédiction des Mongols, une sorte de roi divin du Tibet. Toutefois, ce système a aussi ses inconvénients : depuis qu'il existe, la succession des dalaï-lamas n'a guère été qu'une longue série d'intrigues de monastère ou de palais. Durant le laps de temps qui s'étend entre la découverte d'une nouvelle réincarnation et la maturité du nouveau dalaï-lama, le gouvernement tibétain était confié à un régent, qui cherchait souvent à se maintenir au pouvoir. C'est ainsi qu’au cours du XIXe siècle, quatre dalaï-lamas moururent avant d'accéder au trône, certains dans des circonstances mystérieuses. Cet état de fait prit heureusement fin avec le treizième dalaï-lama.

    Le dalaï-lama actuel n'est pas seulement la réincarnation de son prédécesseur, il est aussi en principe l'une des nombreuses manifestations d’Avalokiteshvara, l'un des grands bodhisattvas du Mahâyâna et le géniteur mythique de la race tibétaine. À ce propos, lorsqu'on lui demanda pourquoi Avalokiteshvara avait choisi de se manifester sous forme masculine au Tibet, perdant ainsi une belle occasion de promouvoir la cause féminine, le Dalaï-lama répondit que c'était pour ne pas heurter de front les préjugés des Tibétains, qui restaient attachlés à la suprématie masculine. La réponse a de quoi surprendre, lorsqu'on sait que d'autres grandes divinités du bouddhisme tibétain sont féminines (par exemple Târa), et qu'en outre, en Chine et au Japon - deux pays qui ne brillent pas par leur féminisme ­ ce même bodhisattva s'est manifesté sous une forme féminine, Guanyin en chinois, Kannon en japonais.

    Au demeurant, le système a peut-être fait son temps. À l'heure où les Chinois communistes s'activent à trouver des lamas réincarnés parmi leurs partisans, ses inconvénients pour les Tibétains semblent en voie de l’emporter sur ses avantages. C’est peut-être sur cet arrière-plan qu'il faut interpréter l'intention, exprimée par le présent dalaï-lama, de ne pas se réincarner.

     

    Pour en savoir plus :

    Le bouddhisme, Bernard Faure,
    éditions Le Cavalier bleu,
    coll. "Idées reçues - Histoire & Civilisations", novembre 2004
    ISBN : 2-84670-090-7

    Au sommaire :

    Le bouddhisme dans l’histoire
    « Le bouddhisme est à la fois un et multiple. » ; « Le Bouddha est un homme qui a obtenu l’Éveil. » ; « Le bouddhisme est une religion indienne. » ; « Le bouddhisme est le culte du néant. »
    La doctrine bouddhique
    « Le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie. » ; « Tous les bouddhistes cherchent à atteindre l’Éveil. » ; « Le bouddhisme enseigne l’impermanence de toute chose. » ; « Le dogme du karma conduit au fatalisme. » ; « Le bouddhisme récuse l’existence du moi. » ; « Le bouddhisme enseigne la réincarnation. »
    Bouddhisme et cultures locales
    « Le bouddhisme est une religion sans dieu(x).» ; « Le bouddhisme est une spiritualité, les rites sont secondaires. » ; « Le dalaï-lama est le chef spirituel du bouddhisme. » ; « L’art bouddhique est empreint de sérénité. » ; « Être bouddhiste c’est être zen. »
    Bouddhisme et société
    « Le bouddhisme est une religion tolérante.» ; « La religion, c’est dépassé. » ; « Les sectes ne sont pas des religions. » ; « Les religions créent l’amitié entre les peuples. » ; « La religion représente un obstacle au développement. » ; « On peut très bien vivre sans religion. »