"Micro-Hebdo" de l'UBE  -  n° 74
    15 septembre
    2005
     

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    prochain "Micro-Hebdo" diffusé le 1er octobre 2005



    Actualités de l'UBE
     

    Ouverture des inscriptions aux cours
    Rubrique Université
    Les bulletins d'inscription "en ligne" sont accessibles
    cours en salle   et   cours en ligne
     

    les cours reprendront :
    le samedi 10 ou le samedi 17 octobre, pour les cours en ligne
    le samedi 29 octobre, pour les cours en salle
     


    "Journées Portes ouvertes"
    au "Forum 104" : 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
    samedi 1er octobre 2005 de 10 h à 16 h
    Vous pourrez rencontrer étudiants et enseignants,
    effectuer vos inscriptions et participer à
    une conférence-débat, de 16 h à 18 h
    "Le karma : fatalité ou liberté ?"
    avec Philippe Cornu et Dominique Trotignon
    (entrée libre et gratuite)
     

 
 



Actualité du bouddhisme
(quelques rendez-vous, extraits de l'
agenda)
 


    Tournée des Reliques
    Les reliques sont les restes de maîtres dont la vie entière a été consacrée à des pratiques spirituelles dédiées au bonheur de tous.
    du vendredi 16 au dimanche 18 septembre, à Toulouse
    . Vendredi 16 septembre : 17 h - Cérémonie d'ouverture. Samedi 17 et dimanche 18 : 10 h à 19 h - Accueil du public. Lieu : Vajra Yogini (école : Guéloug), Rouzegas 81500 Labastide-Saint-Georges. Tél. 05.63.58.02.25.
    du vendredi 23 au dimanche 25 septembre, à Paris. Vendredi 23 septembre : Cérémonie d'ouverture. Samedi 24 et dimanche 25 septembre : Accueil du public. Organisé par le Centre Kalachakra à l'Espace Saint-Martin, 199 rue Saint-Martin 75001 Paris. Métro Chatelet les Halles.
    Pour plus d’informations : http://www.maitreyaproject.org/fr/relic.html.

    du mardi 20 au mardi 27 septembre
    Retraite de méditation zen sôtô
    . Renseignements : Monastère Ei Tai Ji, (école : Zen sôtô). Le Rocher de la Baume 06260 La Rochette. Tél. 04.93.05.80.34. Contact : Manuel Dematos 04.93.05.80.34 ou 04.93.05.80.35 

    du jeudi 22 au dimanche 25 septembre
    Sesshin zen sôtô d'automne animé par Jiko Simone à Arzier. Renseignements : Centre zen de la Chaux-de-Fonds, c/o Daniel-Jeanrichard 35, CH – 2300 La Chaux-de-Fonds. Suisse. Tél/fax : (00-41) (0)32-914.37.59 ou par courriel

    du vendredi 23 au dimanche 25 septembre
    Anapana vipassana ("la claire vision de la respiration"), retraite d'enseignement et de méditation
    , dirigée par Bhante Dhammika, responsable du Centre Bouddhique International de Genève (tradition Theravâda du Sri-Lanka). Renseignements : Le Refuge, Centre bouddhique d'étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de Fabrègues 13510 Eguilles. Tél/Fax :  04.42.92.45.28  ou  04.42.92.60.39 (ou courriel)

    du vendredi 30 septembre au dimanche 2 octobre
    Méditation Vipassana, stage de 10 jours en Belgique pour enfants, néerlandais / français. Renseignements : Dhamma Group, c/o Marie-Cécile Forget, 2 rue de la Duchesse, 1040 Bruxelles. Tél. (00.32) (0)474.59.00.21.

    samedi 1er et dimanche 2 octobre
    Les étapes de la voie,
    enseignements par Guéshé Tenzin Dorjé, du cycle PEBA (Programme d’Etudes Bouddhiques Approfondies), Suite : du vendredi 21 au dimanche 23 octobre, du vendredi 18 au dimanche 20 novembre, et du vendredi 9 au dimanche 11 décembre. Renseignements : Vajra Yogini (école : Guéloug), Rouzegas 81500 Labastide-Saint-Georges. Tél. 05.63.58.02.25. Inscription et hébergement : 05.63.58.17.22.

    mardi 4 octobre
    L’argent et le Dharma,
    programme enseigné à Marseille par Carlo Fortunato. Renseignements : Centre Shambhala de Paris (lignée de Chögyam Trungpa), 23/25 rue Titon 75011 Paris. Tél. 01.43.73.65.77.

    du vendredi 7 au dimanche 10 octobre
    Sesshin zen sôtô,
    animée par Jean-Pierre Faure, à La Coquille (Dordogne) et à Bordeaux, animée par Roland Rech. Renseignements : Association Zen Internationale - Temple de la Gendronnière, 41120 Valaire. Tél. 02.54.44.04.86.

     


 

    La dévotion au Bouddha
    et à ses reliques

     


    A l'occasion de la tournée des reliques du Bouddha et de grands maîtres, qui se déroule actuellement en France (voir "Agenda" ci-dessus), nous vous proposons plusieurs textes expliquant la nature de la dévotion et le rôle des reliques dans le bouddhisme. Ces textes sont extraits d'un ouvrage que nous avons déjà plusieurs fois recommandé : "Bouddhisme, art et philosophie, histoire et actualité", éd. Sélection du Reader's Digest (voir Micro-Hebdo n° 50).
     

    LA DEVOTION

    La dévotion dans le bouddhisme a été un sujet controversé pour les érudits occidentaux. S’il était depuis longtemps reconnu que certaines traditions bouddhistes comprennent de forts éléments de dévotion, on les interprétait généralement comme une évolution historique assez tardive, souvent en réponse aux besoins des laïcs. Selon cette analyse, la tradition primitive était en majeure partie dénuée de culte dévotionnel et de rites. Le Bouddha était un homme, non un dieu, et sa première communauté monastique ne voyait en lui rien de plus qu’un maître vénéré. Dans cette perspective, même la pratique traditionnelle de « prendre Refuge » dans le Bouddha parti dans le nirvâna semble problématique, car il a disparu du cycle des renaissances et ne peut ainsi donner de Refuge à ses adeptes. Quel sens, alors, ont donc les offrandes faites au Bouddha ? Quelle valeur pourrait avoir cet acte dans une religion où dépendre de ses propres efforts et réaliser soi-même la vérité sont si importants ?

    S’il n’est guère possible de savoir exactement ce que les disciples des premiers temps pensaient du Bouddha, les témoignages des textes et de l’archéologie apprennent cependant que la dévotion fait depuis longtemps partie du bouddhisme. La vénération des reliques et des images sacrées a joué un rôle essentiel, même dans les traditions soulignant avec insistance que le Bouddha Gautama fut un être humain qui, après sa mort, n’est plus en contact avec ses adeptes pour les aider. Dans le Mahâyâna, où peut exister une interaction continuelle avec un nombre presque infini de bouddhas et de bodhisattvas coexistant, la dévotion est encore plus prégnante. Des bouddhas comme Amitâbha ont le pouvoir d’intervenir directement dans la vie de leurs adeptes fervents pour les libérer à leur mort des malheurs du samsâra. Dans ce dernier cas, la confiance totale de l’adepte en le pouvoir de libération du bouddha rempl­it la même fonction que tient, dans les traditions bouddhistes mettant l’accent sur la volonté personnelle, l’effort pour surmonter l’attachement et l’illusion d’un soi. Les stratégies diffèrent, mais le but est le même : transcender l’amour-propre égotiste.

    La dévotion bouddhiste comporte un idéal essentiel : engendrer et rassembler du mérite en développant les états d’esprit appropriés et par des actes positifs, comme ceux indiqués pour les jours d’uposatha. Des traditions considèrent que le Bouddha parti en parinirvâna ne peut ni recevoir d’offrandes ni intervenir dans la vie de ses adeptes. Mais elles cultivent aussi un sentiment d’obligation et de gratitude pour ce que le Bouddha fit pour ceux­ci dans le passé. En réfléchissant à tout le bien accompli par le Bouddha et à l’excellence de ses actes, le disciple dirige son esprit vers un juste sentiment de dépendance envers celui qui, à travers d’innombrables vies d’abnégation, a atteint la perfection et permis aux autres de suivre ses pas dans la Voie du Milieu.
    [extrait du chapitre 6 : "Le bouddhisme en pratique", Kevin Trainor]
     

    Le partage des reliques

    Les anciens récits de la mort du Bouddha comprennent l’histoire du partage de ses reliques après la crémation et leur répartition entre les souverains locaux qui les enchâssèrent dans des reliquaires à travers tout le nord de l’Inde. Ce qui est plus significatif, cependant, est la description des princes Malla, sur le territoire desquels mourut le Bouddha, cherchant d’abord à garder pour eux­mêmes toutes les reliques. Alors qu’un terrible conflit armé allait se déclarer, un brahmane nommé Drona intervint en disant : « Notre Bouddha était un maître de tolérance. Ce combat armé pour le partage de ses reliques est des plus indignes. Soyez tous unis, seigneurs, réconciliés ; en nous réjouissant ensemble, nous allons faire huit parts ; des monuments reliquaires seront répandus dans toutes les directions. »
    Cet épisode est une démonstration dramatique de la grande valeur accordée aux reliques du Bouddha, tout comme des dangers de l’attachement égoïste. La solution du conflit laisse entendre que les reliques du Bouddha sont si précieuses qu’elles devraient être réparties en de multiples lieux et ainsi rendues accessibles au plus grand nombre possible de gens.
    Quelle que soit leur authenticité historique, la pratique de la vénération des reliques a été d’une importance considérable dans la propagation et le maintien de la tradition bouddhiste depuis plus de deux millénaires.

     

    LES RELIQUES

    Le Milindapañha (« Questions de Ménandre ») relate une série de questions posées au moine Nâgasena par Ménandre (en pâli, Milinda), roi grec qui régna sur le nord-ouest de l’Inde au IIe siècle av. J.-C. Un jour, le roi demande au moine de définir le « grand magasin » du Bouddha, cette métaphore commerciale évoquant le patronage matériel des marchands dont jouissait le Sangha depuis ses débuts. Nâgasena répond au roi que le « grand magasin » du Bouddha consiste en trois choses : sa communauté monastique, ses enseignements et des « sanctuaires pour ses reliques ». Cela montre bien que la présence du Bouddha, après son ultime départ dans le parinirvâna à sa mort, était perpétuée par des reliques, en général des fragments d’os incinérés. Ces reliques étaient toujours gardées dans des monastères, enchâssées dans des monuments appelés stûpas. Le grand stûpa de Sânchî, qui contient des reliques du Bouddha, s’élevait au milieu d’un vaste ensemble monastique. Une disposition similaire se retrouve à Sri Lanka où parvinrent finalement certaines reliques, dont la plus célèbre est la dent du Bouddha à Kandy. En Chine, dans les années 1980, une phalange du Bouddha fut découverte dans une crypte oubliée du temple de Famen (Famensi), dans la province du Shanxi. Renommé comme un des quatre lieux en Chine abritant des reliques du Bouddha, le temple de Famen jouissait du patronage direct de l’empereur, surtout au IXe siècle. Cette relique fut placée dans une série de réceptacles et, selon une inscription chinoise, enchâssée dans un «stûpa d’Ashoka» en marbre blanc. La mention d’Ashoka établissait pour le monastère et ses reliques un lien avec le grand monarque indien qui oeuvra tant pour répandre les idéaux bouddhistes.
     

      

    Relique de la phalange du Bouddha, du monastère de Famensi,
    et le "stûpa d'Ashoka" dans lequel elle est conservée.

    Avant le Ier siècle, les reliques représentèrent un élément capital dans la propagation du bouddhisme, aidant à établir de nouveaux foyers religieux importants. Quand des images du Bouddha commencèrent à apparaître, elles furent spécifiquement décrites comme « reliques d’indication ou de référence » et la statue principale du Bouddha dans un monastère était généralement placée dans une salle de temple, ou gandhakuti ( « pièce parfumée » ). Ce terme désignait jadis la pièce où le Bouddha demeurait au Jetavana, mais s’appliquait aussi à tout endroit où il résidait et où, plus tard, fut installée son image.
    [extrait du chapitre 5 : "Art et architecture : l'architecture monastique", Michael Willis] 
     

    LES STATUES : RELIQUES "DE REFERENCE"

    Les premières sculptures bouddhiques en Inde datent du IIe siècle av. J.-C., au moins deux siècles après l’époque du Bouddha. Sans exception, cet art servait à décorer des monuments dans les monastères, en particulier les balustrades de pierre qui entourent et protègent les stûpas édifiés pour contenir des reliques sacrées. Un trait notoire de la sculpture primitive est l’absence évidente du Bouddha sous forme humaine. Cette caractéristique a récemment fait l’objet de recherches érudites. Bien que Siddhârtha, avant l’Illumination, soit librement représenté, le Bouddha lui-même est généralement absent ou évoqué par des symboles, comme l’empreinte de ses pieds ou l’arbre sous lequel il s’assit pour méditer. Cette coutume a été expliquée comme un témoignage de respect envers la réalisation spirituelle du Bouddha. Parce qu’il avait atteint le nirvâna et échappé aux limitations à la fois d’un corps humain et du monde matériel, montrer le Bouddha en pierre ou en toute autre substance du monde serait contradictoire et avilissant. L’absence d’images du Bouddha est confirmée par des textes anciens comme le Milindapañha (« Questions de Ménandre »), qui ne mentionne aucune image sculptée ou autre représentation, mais laisse clairement entendre que le Bouddha doit être trouvé et vu dans les sanctuaires qui contiennent ses reliques corporelles. Des textes et des inscriptions renforcent l’importance des reliques du Bouddha ; ils énoncent qu’elles possèdent une « présence vivante » qui leur permet d’émettre de merveilleux rayons et de revêtir ou projeter l’apparence physique du Bouddha lui-même. Ces sortes de visions spirituelles, perçues dans des endroits liés à la vie du Bouddha ou des sites où furent ensuite déposées ses reliques, favorisèrent peut-être plus tard la création d’images commémoratives du Bouddha. L’emplacement le plus courant de ces images, dans les quelques exemples où leur contexte ancien est conservé, se trouve sur le devant des stûpas. Placer des statues dans des niches de stûpas demeure la coutume au Népal, à Sri Lanka et dans l’Asie du Sud-Est.

    Quand et pourquoi des images du Bouddha commencèrent-elles à apparaître ? L’Ashokâvâdana («Exploits d’Ashoka»), narration située à l’époque de l’empereur Ashoka, mais sans doute rédigée au Ier ou IIe siècle apr. J.-C., nous le laisse entrevoir. Le moine Upagupta, figure clé dans l’histoire, rencontre Mâra, le dieu qui avait tenté de distraire le Bouddha durant sa méditation finale à Bodh Gayâ. Comme le Bouddha avant lui, Upagupta est capable de vaincre les obstacles que Mâra place en travers de son chemin. Pourtant, Mâra n’est pas détruit - mis à part le fait que sa destruction serait un acte violent et donc inacceptable pour des bouddhistes, il est toujours présent puisqu’il incarne le désir et donc la mort, la renaissance, ainsi que tout le monde matériel. Upagupta, comprenant que Mâra était présent au temps du Bouddha, a ainsi l’occasion de voir le Maître vivant. Il lui demande alors de faire appel à sa mémoire et de transformer par magie son apparence en celle du Bouddha. Quand Mâra s’exécute, Upagupta est rempli d’une telle joie qu’il se met à vénérer la forme apparue devant lui. Réprimandé par Mâra pour sa conduite inconvenante, il répond qu’il ne vénère pas la substance même de Mâra, mais l’idéal sous-jacent à l’image. Upagupta trace un parallèle avec ce que font les disciples en vénérant des images de terre cuite, « sachant qu’ils vénèrent la divinité et non l’argile ».

    Cette histoire est importante, car elle exprime la teneur des débats fréquents au Ier siècle apr. J.-C. sur l’acceptabilité et la validité des images du Bouddha. À l’époque, les stûpas abritant des reliques corporelles du Bouddha étaient renommés. Ces reliques étaient, bien sûr, de nature matérielle, mais elles contenaient une « présence vivante » et avaient la capacité d’agir sur le monde parce que le Bouddha avait décidé durant sa vie qu’il devrait en être ainsi. Tout comme la communauté monastique et le Dharma, les reliques continuèrent à être efficientes après la mort du Bouddha. Cependant, les représentations artistiques du Bouddha, quelle qu’en soit la matière, n’ont pas de lien personnel avec lui et font partie du monde matériel, qui est directement opposé au nirvâna. Pour que des images du Bouddha fussent des objets dignes de vénération, elles devaient être comprises comme des symboles plutôt que comme des idoles. Quoi qu’aient pu, en pratique, en penser les disciples, les statues étaient définies par le terme spécifique uddesika dhâtu, «reliques d’indication ou de référence». Ce lien entre reliques et images était essentiel et n’a jamais été perdu. Dans tout le monde bouddhiste, les statues sont consacrées en y enfermant divers objets sacrés, parfois insérés dans une cavité à l’arrière ou, pour des statues en métal, dans leur base fermée ensuite par une plaque de métal. Ces dépôts pouvaient comprendre une relique de nature variée, un diagramme cosmique (mandala), des rouleaux en tissu de textes bouddhistes et, dans le monde tibétain, de petites tiges de bois considérées comme un « arbre de vie » animant le moulage. En Inde, l’enseignement des Origines Interdépendantes était souvent gravé auprès des figures sculptées dans la pierre. Dans le bouddhisme du Mâhâyâna, copier, réciter et vénérer les textes contenant la sagesse du Bouddha était fortement préconisé, car le Bouddha était et reste accessible essentiellement à travers ses paroles. Le verset de l’enseignement sur les Origines Interdépendantes étant un condensé de ces paroles, il représentait l’essence du Dharmakâya ( « Corps de Dharma » ou « Corps de vérité ») du Bouddha. La présence de ce texte pouvait ainsi être considérée comme une partie authentique du corps du Bouddha, une « relique » apte à transformer un simple bloc de pierre en un objet digne de vénération.
    [extrait du chapitre 2 : "Art et architecture : les représentations du Bouddha", Michael Willis] 

     

    Plaque votive d'argile conservée au temple de la Mahâ-bodhi de Bodh-Gâya.
    Sous le trône du Bouddha, en posture de "prise à témoin de la terre",
    une formule rédigée en sanskrit résume l'enseignement des "Origines interdépendantes"

     

    Pour en savoir plus

    à lire :

  • Bouddhisme - Art et philosophie, histoire et actualité, sous la direction de Kevin Trainor, éditions Sélection du Reader's Digest, 2002
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