"Micro-Hebdo"
de l'UBE - n° 86 Accéder aux numéros précédents prochain "Micro-Hebdo" diffusé le 1er octobre 2006
Rubrique Actualités Cours à Paris Le programme
de l'année 2006-07
est accessible sur le site : Les
inscriptions débuteront le 11
septembre 2006 et les cours reprendront le 16 octobre,
pour la prochaine session du Cours en Ligne, et le 21 octobre,
pour les cours en salle à Paris.
dimanche 3
septembre samedi 9 et dimanche 10 septembre du lundi 11 au dimanche 17 septembre du
vendredi
15 au lundi 18 septembre
samedi 23 et dimanche 24 septembre jeudi 28 septembre samedi 30 septembre et dimanche 1er octobre
Où et avec qui méditer ?
Comment s’engager sur la voie bouddhiste ? Quelle
méthode adopter, intensive ou quotidienne ? Comment trouver et choisir son
instructeur, son « maître de méditation » ? Quel type de lieu
est le mieux adapté : un centre pour laïcs ou un monastère ?...
« Dharma
vivant »
Le Bouddhisme se présente sous des aspects différents
en Birmanie, en Thaïlande et dans le reste de l’Asie du sud-est. Il faut mentionner en premier lieu la
religion populaire pratiquée par la majorité de la population, souvent axée sur
des actes permettant de gagner des mérites : aumônes, observation des rites,
afin d’obtenir de bonnes renaissances dans les vies suivantes. Puis vient la
pratique traditionnelle de tous ceux qui se consacrent à l’étude du pâli et du
sanskrit et des Écritures bouddhiques. Viennent enfin les tâches de service
social et d’enseignement qu’assurent les moines dans les villages. Dans l’ensemble
le Bouddhisme fonctionne en Asie du sud-est comme les autres religions dans les
autres parties du monde. Mais il faut aussi considérer la tradition du
développement spirituel pratiqué par les moines et les laïcs qui suivent les
chemins de la purification enseignés par Bouddha. Centres et monastères de méditation Les centres de méditation et les monastères de
méditation sont deux institutions différentes. Les centres de méditation voués à une pratique intensive
de courte durée et les monastères habités par des moines qui y développent un
style de vie voué à la méditation constituent des cadres propices au
développement de la vie spirituelle. On y rencontre dans les deux cas un
maître, et le mode de vie très simple et sans distraction ne laisse guère place
à d’autres activités que l’exploration de son esprit dans le contexte d’une
communauté dont les valeurs sont toutes axées sur le développement spirituel. La vie quotidienne du monastère est, en revanche, beaucoup plus remplie. On se lève tôt le matin, la séance de méditation assise en groupe commence avant l’aube et s’accompagne parfois de psalmodies des Écritures en pâli. Puis les moines partent collecter dans leur bol les aumônes préparées pour eux par les laïcs. Ils prennent un (parfois deux) repas, mais n’absorbent plus aucune nourriture après midi. Après le repas, il peut y avoir une petite séance de cours donnée par le maître. Le reste de la journée se passe à méditer, étudier, et effectuer les petites tâches indispensables à la vie de la communauté : tirer l’eau du puits, participer à la construction de nouveaux bâtiments, réparer les clôtures, nettoyer, laver et balayer. Ces tâches sont généralement réparties entre les moines de manière à leur laisser plu, sieurs heures pour méditer, deux heures pour lire et étudier et plusieurs pour effectuer le travail collectif. Certains moines reçoivent des laïcs qu’ils encadrent dans leur pratique de la méditation. Les moines des monastères de la forêt cousent et teignent eux-mêmes leur robe. Le principe du monastère est l’autosuffisance. Enfin, le soir venu, les moines se rassemblent, avec les laïcs présents, pour psalmodier et méditer en groupe, et le maître donne en général une leçon sur le Dharma. Une séance de questions et de discussion sur les affaires de la communauté suit. Puis tous regagnent leur cottage ou leur chambre. Toutes les activités du jour font partie de la méditation. Que l’on soit en train de tirer l’eau du puits, occupé à un exercice sur l’attention à la respiration ou en train de débattre des affaires du monastère, tout doit être accompli dans un esprit aussi attentif et concentré que possible. Une autre différence entre la pratique au monastère et dans un centre de méditation est la relation avec le maître. Dans les centres intensifs, l’entrevue a lieu tous les deux jours, tous les jours ou même encore plus souvent. Le maître se charge de donner des conseils au méditant en fonction de ce que celui-ci lui dit de sa pratique. C’est là un aspect important de la pratique intensive. En revanche, dans les monastères et les communautés d’étude du Dharma, les entrevues sont plus rares mais les maîtres sont disponibles pour répondre aux questions. L’enseignement est plutôt délivré sous forme de leçons s’adressant à l’ensemble du groupe, et, la pratique étant moins intensive, il semble que les entrevues en tête-à-tête soient moins indispensables. On considère du reste dans certains monastères qu’il est plus important que les yogis puissent répondre eux-mêmes à leurs propres questions et gérer leurs propres doutes afin d’observer le processus de la question et du doute dans leur esprit. Ils sont ainsi réorientés sur leur propre expérience et apprennent à résoudre leurs problèmes dans le cadre de leur pratique sans s’attacher à une entrevue quotidienne et aux conseils de leur maître. Les deux approches sont valables. Tout dépend du point de départ et du point où l’on en est arrivé. Quels sont les bénéfices possibles d’un environnement ainsi conçu ? La tranquillité nécessaire est assurée, mais de plus l’absence de distractions permet aux élèves de ne pas s’évader d’eux-mêmes. Ils sont confrontés à leurs pensées et à leurs états mentaux mouvants. L’attention est contrainte à se tourner vers l’intérieur. L’esprit du méditant se révèle à lui-même. Il est intéressant d’observer que, même dans ce mode de vie très simple, l’habitude de l’attachement aux choses est telle que les moines le ressentent parfois encore. Malgré le très petit nombre des objets qu’il possède, le moine peut trouver moyen de s’attacher à son bol, à sa robe, et de les trouver plus beaux que ceux des autres. Il peut avoir peur de les perdre. Il est surprenant de constater que, si simple que soit la vie, l’esprit trouve toujours quelque chose à quoi s’accrocher. Mais c’est en comprenant cela que l’on finit par se libérer. Les maîtres de méditation sont très peu nombreux eu égard aux centaines de milliers de moines bouddhistes dans le sud-est asiatique, mais ils comptent parmi les plus célèbres et les plus respectés des membres de la société. Ils sont vénérés pour leur pureté, leur sainteté, la qualité de leur esprit et souvent aussi pour les pouvoirs qu’on leur attribue. Je n’ai guère parlé dans ce livre des pouvoirs qui peuvent découler de la méditation, cela pour être fidèle à la tradition de la méditation en Asie du sud-est, où les maîtres les plus illustres et les plus puissants ne parlent guère de magie, d’énergie mystique et de pouvoirs surnaturels. Le goût des pouvoirs et du mystère tend à orienter sur une mauvaise voie le développement de la sagesse et de la compassion, et tous les maîtres représentés ici ne s’intéressent qu’à une seule chose : l’approfondissement de la vision intérieure menant à la libération de tous les êtres. […]
Comment choisir un maître de méditation ? Beaucoup se demandent comment trouver un maître, un centre, une méthode. Un récit tiré de l’histoire du Bouddhisme permet de répondre à cette question. Le Bouddha est assis dans un jardin, entouré de nombreux disciples. Un homme s’approche, lui rend hommage puis entame la louange du Sangha, la communauté monastique du Bouddha. Ensuite, le Bouddha lui-même commence à faire l’éloge du Sangha en désignant divers groupes de moines dans le jardin. Il loue leur vertu et dit : « Voyez, les hommes attirés par la pratique conduisant à des pouvoirs supérieurs sont réunis ici avec mon disciple, le grand Maha Moggallana (le moine le plus connu pour ses pouvoirs psychiques à l’époque de Bouddha). Ceux qui sont amenés par leur karma à développer leur propre voie vers la sagesse, vous les voyez réunis là autour de mon grand disciple, Sariputta (le moine le plus connu pour sa sagesse, juste après Bouddha lui-même). Et ceux, mon ami, qui sont poussés par leur karma ou leur caractère à suivre la voie dans le cadre de la discipline de l’ordre sont là-bas autour de mon grand disciple, Upali, le maître du Vinaya. Quant à ceux qui préfèrent suivre la voie des absorptions ou jahna, ils sont là-bas, avec un autre de mes disciples... » Déjà, du temps du Bouddha, il existait de nombreuses techniques de méditation et approches du développement spirituel. Et parmi ses disciples, ceux qui se sentaient davantage attirés par une technique enseignaient ceux qui eux-mêmes avaient davantage envie de l’adopter. Nous voyons bien qu’il n’y a pas de pratique préférable aux autres, mais bien une qui paraît plus naturelle à chacun, mieux adaptée à ses besoins, et qui lui apportera plus rapidement l’équilibre et l’harmonie qui sont les fruits du développement spirituel. Le choix d’un maître ou d’un centre dépend de plusieurs facteurs. Le premier est l’intuition. Si vous rencontrez un maître et qu’intuitivement, immédiatement, vous sentez que vous aimeriez bénéficier de son enseignement, que vous vous sentez fortement attaché à lui, cette méthode sera la bonne pour vous. Mais si cela ne se produit pas, il est sage d’aller trouver plusieurs maîtres, plusieurs centres, dans votre pays ou en Asie, afin de déterminer l’environnement, le type de discipline et de pratique qui vous convient le mieux. Faites confiance à votre coeur et à votre intuition, mais donnez-vous suffisamment d’expérience et rassemblez assez de données pour choisir à bon escient. Il vous faudra choisir entre un centre où la méditation s’intègre à la vie au sens plus large et où vous pourrez accomplir un long séjour, et un centre de méditation intensive où vous ferez un court séjour de développement intensif. Vous devez également savoir si vous préférez pratiquer sous la direction d’un maître qui vous impose une discipline stricte ou si cet aspect n’est pas d’une grande importance pour vous. En dehors de la différence des approches et des techniques pratiquées dans les centres et les monastères, il existe également des différences dans la personnalité et le style de l’enseignement. En ce qui concerne le style, on dit qu’en général, les maîtres qui ont atteint la libération par une voie donnant la préférence à l’une des trois caractéristiques (bien que celles-ci ne soient que les trois aspects de la même vision intérieure profonde) insistent davantage sur cette voie dans leur enseignement. Certains maîtres sont parvenus à la connaissance en pénétrant la caractéristique de la vacuité (anatta) de tous les phénomènes et ont tendance à insister sur la sagesse et la clairvoyance dans leur enseignement. D’autres ont saisi la vérité en pénétrant la caractéristique de la souffrance, et tendent à donner de l’importance à l’effort dans leur pratique. C’est la technique prônée par Sunlun Sayadaw. D’autres maîtres ont pénétré le Dharma à travers l’impermanence et mettent l’accent sur la foi dans leur pratique. U Ba Khin pratiquait ce type d’enseignement. Mais ce n’est pas une loi générale et un bon maître indiquera toujours à son élève la voie la meilleure pour son cas. Les maîtres ont bien des personnalités et des styles différents. Le maître d’Achaan Maha Boowa et d’Achaan Chaa était Achaan Mun, l’un des plus grands maîtres thaï de ce siècle. Il manifestait beaucoup de force dans son enseignement. Il se montrait brutal, féroce et très strict avec ses disciples. D’autres maîtres, comme Achaan ]umnien, se montrent aimables, affectueux et ouverts envers leurs élèves. Il n’y a pas un type préférable à un autre. Les différences reflètent simplement le karma ou la personnalité de chaque maître, sa propre pratique et ses compétences en tant qu’enseignant. Ici encore, lorsque vous choisissez un maître, laissez-vous plutôt guider par votre intuition. Le maître peut faire appel à diverses méthodes. L’une de ces méthodes peut être l’amour de ceux qui viennent le voir et la tolérance à leur égard, qui leur permet à leur tour de s’accepter et de s’aimer eux-mêmes. Cela est une qualité de l’esprit favorable au développement de la voie spirituelle. Une autre méthode sollicite l’équilibre. Le maître prescrit souvent un exercice de méditation particulier afin de résoudre une difficulté éprouvée par l’un de ses disciples. Ainsi, celui qui a un tempérament coléreux se verra conseiller de méditer sur la tendresse, et celui qui a des tendances lascives pourra méditer sur le caractère répugnant du corps. Si le maître s’aperçoit que l’énergie et la concentration d’un disciple ne sont pas équilibrées, il pourra lui prescrire des exercices de marche ou tout autre exercice lui permettant de dépenser son énergie. Chez un autre, c’est la foi et la sagesse qui ne sont pas équilibrées ; trop confiant, il ne développe pas la qualité d’investigation de l’esprit, il ne voit pas la qualité de l’esprit qu’est l’investigation, il ne saisit pas clairement la vraie nature du processus corps-esprit. Pour rétablir l’équilibre, le maître pourra avoir recours à une histoire qui montrera au disciple qu’il ne comprend pas vraiment, qu’il doit renoncer en partie à sa confiance trop aveugle et faire usage de ses capacités de questionnement ou de sagesse. Tout le développement spirituel repose sur cet équilibre, et le rôle du maître consiste à équilibrer la pratique de son disciple. Le rôle du maître consiste aussi à nous faire remarquer nos derniers attachements. Au fur et à mesure que nous progressons et que notre esprit devient plus subtil, les attachements quittent la forme extérieure des désirs grossiers des sens pour prendre une forme plus raffinée, l’attachement par exemple à certains états de bonheur, à la lumière ou à la paix qui découlent de la méditation. Tout cela, lorsque nous verrons notre maître, apparaîtra clairement. Il verra que nous sommes bloqués, à quoi nous sommes attachés, et nous aidera à nous détacher, à nous laisser prendre par le processus global de détachement qui mène à la libération. On peut raconter le non attachement à travers des histoires en modifiant le cours de la méditation, ou même, selon la méthode zen, en frappant le disciple juste au bon moment. Dans tous les cas, cependant, c’est le méditant lui-même qui réalise le travail. Le maître ne fait que l’aider à rester sur la bonne voie et à rétablir l’équilibre.
« Soyez votre propre lumière. » Il est important de ne pas juger un maître ou un centre aux apparences. Le premier monastère où je me suis rendu était un monastère ascétique très strict et discipliné. Le maître, Achaan Chaa, était très précis, correct, l’exemple parfait du moine vivant une vie très simple. Puis je suis allé dans un temple birman d’un style très différent. J’y rencontrai un célèbre maître de méditation qui avait eu dix mille disciples avant moi. Pourtant, quand je le vis, il avait un air négligé, sa robe traînait par terre ; il fumait des cigares birmans, et passait la plus grande partie de la journée assis à bavarder avec les femmes d’une manière fort éloignée de celle des moines, à l’opposé de mon ancien maître. Il lui arrivait de se mettre en colère pour des choses insignifiantes. Pendant mes deux premiers mois de pratique intensive dans ce monastère, je ne cessais de tracer des comparaisons et de souffrir. Le maître était bon avec moi et m’avait donné un des meilleurs cottages à proximité du sien. Le résultat était que je le voyais toujours assis à fumer ses cigares en bavardant avec les femmes. Cela me dérangeait énormément dans ma pratique. Je me disais : « Qu’ai-je à apprendre de cet homme ? Je travaille dur à ma méditation, et il est là, comme ça, il n’a rien à m’apprendre. Pourquoi ne se conduit-il pas comme un vrai moine, comme Achaan Chaa ? » Il me fallut deux mois pour réaliser que son apparence extérieure ne m’empêchait pas de tirer grand bénéfice de ma méditation, et que juger et comparer les formes extérieures, chercher le Bouddha à travers mon maître ne pouvait que me causer des souffrances supplémentaires. L’esprit qui juge crée de la souffrance. Enfin, quand je fus capable de renoncer à juger, je tirai le meilleur parti de son enseignement de la méditation (et tout ce qui était inutile, je ne m’en souciais plus). J’avais beaucoup souffert avant de comprendre que l’esprit qui discrimine crée des difficultés ; mais constatant cela, j’eus la force d’y renoncer). Dans le Bouddhisme theravâda (comme du reste dans de nombreuses religions), nombreux sont ceux qui éprouvent la tentation de juger et de comparer les méthodes de leurs maîtres. Leur maître, leur méthode sont toujours les meilleurs, la méthode la plus pure. Ce type de discrimination amène les gens à voir le monde en termes de bien et de mal. Ceci est bien, ceci est mal. Cette vision erronée est cause de beaucoup de crainte et de douleur. Il n’y a pas de forces bonnes ou mauvaises dans le monde. Le seul « mal » qui existe se trouve dans notre esprit, ce sont les états douloureux de la convoitise, de la haine et de l’illusion. Il n’existe aucune autre difficulté, et l’esprit purifié de toutes ces réactions douloureuses ne connaît aucun autre mal, et ne saurait être troublé ou agité par l’apparition ou la disparition d’une expérience quelconque, car il perçoit le monde avec sagesse comme vide, et non-soi. De même, ceux qui s’accrochent à la tradition « pure », à des sectes « pures » et prétendent les suivre peuvent parfois donner une vision erronée de l’enseignement du Bouddha. Il n’y a qu’une sorte de pureté fondamentale, enseignée par le Bouddha, c’est celle qui libère, la pureté de l’esprit, la libération de la convoitise, de la haine et de l’erreur. En dehors de cette purification interne, tous ceux qui se réclament de la pureté, même bien intentionnés, ne font qu’alimenter l’attachement et la discrimination. L’essence de toute pratique consiste à dépasser l’attachement et l’égoïsme. Utilisez l’un de ces outils ou tous, mais ne vous laissez pas aller à prendre l’outil ou le maître pour la vérité du Bouddha. Pratiquez avec zèle et abandonnez tous vos liens, et n’essayez rien d’autre que d’atteindre la liberté par vous-même. Au fur et à mesure que vous progresserez, c’est votre pratique qui vous tiendra lieu de référence. Avant de mourir, le Bouddha a demandé à ses disciples de suivre le Dharma, et non tel ou tel maître ou secte. Il ne plaça personne au-dessus de la communauté des moines et des nonnes. Le Dharma seul devait leur servir de guide. Pour nous, il n’y a donc pas de foi aveugle dans le bouddhisme. Nous croyons simplement assez dans la possibilité de la libération et nous sommes assez sages pour voir la vérité de la souffrance dans notre vie et avons assez de foi pour pratiquer. C’est par la pratique que nous parvenons à la vérité du Dharma. Le Bouddha a encouragé les hommes de ces mots : « Soyez votre propre lumière. » C’est de cette pratique que viendra la libération.
Sur Jack Kornfield :
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