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"Micro-Hebdo"
de l'UBE - n° 95 1er juin 2007
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précédents
prochain "Micro-Hebdo" diffusé
le 2 juillet 2007
Actualités de l'UBE
Mise à jour mensuelle
du
site
Rubrique Actualités mise à jour de l'agenda : mois de
juin, juillet et août 2007
Cours à
Paris
samedi
9 juin 2007 La
méditation du temps et de l’espace, selon le Shôbôgenzô
de maître Dôgen (texte japonais),
cours public donné par Yoko Orimo, de 15 h
à 18 h, au "Forum
104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris, dans le cadre du programme
de l'UBE (Etude
de Textes). Renseignements : UBE,
29 boulevard Edgar-Quinet 75014 Paris. Tél. 0.820.20.50.77.
L’homme éveillé
prend sa vie d’ici et maintenant pour sujet et matière du « tableau »
de l’Eveil à réaliser à chaque instant. Quoique
délimité par son cadre, un tableau, tel quel, n’est ni
grand ni petit, ni ancien ni nouveau par rapport aux autres. Or, selon
Dôgen, le temps qui est là (uji) est identique à
l’existence et à l’espace. Ainsi, l’ici et maintenant, qui est
à la fois le « cadre » de notre existence et notre
existence elle-même, revêt-il une extrême densité
spéculative, avec toute sa concrétude et toute sa matérialité.
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Pour
clore l'année universitaire, l'UBE vous propose
une
conférence-débat :
"L'éthique
bouddhique" avec
Philippe Cornu et Dominique Trotignon
samedi
23 juin 2007, de 16 h à 18 h au
"Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
L’éthique bouddhique ne se présente pas comme une
série de commandements à appliquer mais comme une palette d’exercices
spirituels à développer, pour soi comme pour autrui. Elle constitue donc un
engagement strictement personnel mais accompagné d’une visée altruiste et
humaniste.
Cette conférence est ouverte à tous : vous pouvez
inviter des personnes de votre connaissance qui souhaiteraient connaître l’UBE,
sa démarche, ses enseignants…
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Prochains
rendez-vous...
L'UBE tiendra un stand lors de deux
manifestations qui auront lieu prochainement à
la grande Pagode du Bois de Vincennes 40 route
circulaire du Lac Daumesnil 75012 Paris (M° Porte
Dorée)
| samedi
16 et dimanche 17 juin 2007 Fête
du Bouddhisme à Paris
organisée
par l'Union Bouddhiste de France samedi de 10 h 30 à
19 h dimanche de 11 h à 18 h 30 =>
plus
de renseignements
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et samedi
22 et dimanche 23 septembre 2007 Festival culturel du Tibet et des peuples
de l'Himalaya plus
de renseignements
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Le
programme des cours de l'année
2007-08
sera mis en ligne au mois de juillet
prochain
Les
inscriptions auront lieu à partir du 10 septembre et
les cours reprendront au mois d'octobre 2007
"Journées
Portes ouvertes" au "Forum
104" : 104
rue de Vaugirard 75006 Paris samedi
29 septembre 2007 après-midi avec
une conférence-débat
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Actualité
du bouddhisme (quelques
rendez-vous, extraits de l'agenda)
samedi
2 et dimanche 3 juin Bas-Rhin Fête du Bouddha à Strasbourg. Manifestation organisée par
l'ensemble des communautés bouddhistes d'Alsace à l'occasion du Vesak
(commémorant la naissance, l'éveil et la mort du Bouddha). De 14h à 19h au
Pavillon Joséphine de l’Orangerie de Strasbourg. Bouddhisme tibétain, laotien,
vietnamien ou zen, les membres laïcs ou religieux de ces traditions seront sur
place pour répondre aux questions et témoigner d’un bouddhisme s'implantant
depuis plusieurs décennies en Europe. Renseignements : Site officiel de l'événement ou
Temple
Zen Kosan Ryumonji, 7 rue du
Château d’eau, 67340 Weiterswiller. Tél. 03.88.89.26.02 courriel : info@kosanryumonji.org.
jeudi 7 juin Genève (Suisse) Le zen, une voie de
l'Eveil, conférence par Kakudo Pierre Gérard à 19
h au Prieuré Soto Zen de
Genève. Renseignements : Centre Zen de Genève (école : Zen sôtô), 15 quai du Cheval
blanc 1227 Les Acacias - Genève. Tél. (00.41) 79-449.48.19. Courriel : contact@zengeneve.ch.
samedi 9 et dimanche
10 juin Alpes Maritimes Les
prosternations : explication et pratique avec Lama Targyé du premier
préliminaire spécial, la pratique des prosternation, associée à la prise de
refuge. Renseignements : Institut Karmapa (école Karma-kagyü), 35 chemin rural de la
Ferrière 06750 Valderoure. Tél. 04.93.60.90.16.
du vendredi 15 juin au vendredi 6 juillet Bruxelles (Belgique) Retraite Intensive de méditation vipassana sous la
direction du vénérable Sayadaw U Pannathami, moine birman de l’école de Mahasi
Sayadaw. La retraite se déroulera en anglais avec une traduction vers le
français. Renseignements auprès de Bérengère Berieau (00.32) (0)484 571028 be.berieau@gmail.com
ou : Dhamma Group,
c/o Marie-Cécile Forget, 2 rue de la Duchesse, 1040 Bruxelles. Tél. (00.32)
(0)474.59.00.21.
dimanche 17 juin Bouches-du-Rhône
« Discipline
et liberté sont-elles incompatibles ? »
enseignement et pratique avec Ajahn Sundara, nonne de la tradition Theravâda
des Moines de forêt de Thaïlande
(de 9 h à 18 h, ouvert à tous). Renseignements :
Le Refuge, Centre bouddhique d’étude et de méditation, 370 Chemin Fontaine de
Fabrègues 13510 Eguilles. Tél/Fax :
04.42.92.45.28 ou 04.42.92.60.39 (ou courriel).
du mardi 19 au mardi
26 juin Héraut Visite de Sa Sainteté Sakya
Trizin qui donnera une transmission de pouvoir élaborée de Vajrakilaya, selon
la lignée de la famille Khön dont il est un descendant direct. Sa Sainteté
Sakya Trizin donnera des enseignements ainsi qu’une bénédiction spéciale du
nouveau temple et de la principale statue de Bouddha. Ouvert à tout le sangha de Rigpa et aux étudiants
Vajrayana d'autres centres. Renseignements : Temple de Lerab Ling / Rigpa
Europe (école : Nyingma, centre fondé par Sogyal Rinpoché), L'Engayresque
34650 Rocqueredonde. Tél. 04.67.88.46.00
samedi 23 et dimanche 24 juin Seine-Maritime L'intégration progressive
du sens de la méditation, enseignement dispensé par Stéphane
Arguillère, qui donnera les bases d’une réflexion, en s’appuyant sur les
instructions issues du texte de Vimalamitra, maître bouddhiste indien du IXe
siècle. Renseignements : Karma Euzer
Ling - Centre d'Etudes Bouddhiques de Babylone (école Karma-kagyü), 16 rue
de Babylone, 76430 La
Remuée. Tél. 02.35.20.65.28.
dimanche 24 juin Région parisienne (Yvelines) Randonnée zen dans les Yvelines
avec Eric Rommeluère Renseignements : Un Zen Occidental, 55 rue de l'Abbé Carton 75014 Paris
(siège social). Tél. 01 40 44 53
94 ou par courriel.
L'ordination des nonnes
sera-t-elle bientôt rétablie dans la tradition du bouddhisme tibétain
?
Du 18 au 20 juillet 2007,
l'Université de Hambourg accueillera une rencontre sur un
sujet pour le moins inhabituel en Europe : le
1er Congrès International sur le rôle de la femme dans le
Sangha bouddhiste, les règles monastiques et le rétablissement
de la
pleine ordination des moniales.
Ce dernier point - le coeur du sujet de cette rencontre - est
particulièrement débattu, aujourd'hui, au sein de
la tradition du bouddhisme tibétain. Et bien que le Dalaï-lama
se soit plusieurs fois exprimé en sa faveur, les érudits
du "Vinaya" (le code monastique) continuent de le refuser. Pour
mieux comprendre les enjeux de ce débat et apprécier
son actualité, nous vous proposons un article de Carola Roloff (Vénérable Jampa Tsedroen),
paru dans le magazine "Tibet und Buddhismus" du "Tibetisches Zentrum e.V. Hamburg"
Nr. 79 4/2006,
dans une traduction française diffusée sur le site de l'organisation Sakyadhita-europe.

Aujourd'hui
: aucun voeu ne permet de devenir pleinement nonne (bhiksuni) au Tibet
En Occident, beaucoup de femmes se demandent si les
enseignements spirituels du Bouddhisme tibétain sont appropriés pour
elles. Elles trouvent peu d'enseignantes avec les titres appropriés.
Jusqu'à présent, il y a très peu de Tulku féminins et peu de nonnes
tibétaines ayant bénéficié de la pleine ordination (bhiksuni). Aucune
nonne ou laïque bouddhiste ne pouvaient prétendre jusqu'à présent au
titre académique de geshe-ma ou de khen-mo.
Les études monastiques traditionnelles ne sont
ouvertes aux femmes que depuis les années 80. Sa Sainteté le Dalaï Lama
est de ceux qui ont pris position pour une pleine ordination des
nonnes, ainsi que pour l'ouverture de l'enseignement pour avoir des
geshe féminins. Dans la discussion sur l'égalité entre les moines et
les nonnes, il va même plus loin. Une bonne et incontestable solution à
ce débat serait un argument supplémentaire idéal face à la Chine
lorsque le moment sera venu de retourner au Tibet.
Quelques femmes occidentales, qui pratiquent le
Bouddhisme tibétain, ont effectué leur pleine ordination au cours de
ces dernières 25 années en Corée, à Taiwan, Hong Kong ou même auprès de
nonnes et de moines vietnamiens en exil. En réalité au sein du
Bouddhisme tibétain, ces vœux n'existent plus – ce qui n'était pas le
cas pendant la vie de Bouddha – car ceux-ci n'ont jamais été rapportés
d'Inde vers le Tibet.
Du 22 au 24 mai 2006 s'est déroulée une conférence
des maîtres tibétains du vinaya à Dharamsala. Le sujet principal de
cette conférence devait être la question d'un retour à l'ordination des
nonnes (bhiksuni) au sein du Bouddhisme tibétain. Malheureusement, tout
tourna autour du "si". Les maîtres conservateurs ont répété la question
de savoir si une ordination pour les femmes était seulement nécessaire.
Finalement, on a pu s'en sortir pendant 1000 ans sans ; les vœux du
Bodhisattva et du Tantrisme sont, de toutes façons, plus importants et
les règles seraient peut-être trop dures pour les femmes à respecter.
Les participants ne sont pas tombés d'accord de manière constructive.
Certains ont même considéré que si l'on donnait les mêmes possibilités
aux femmes que celles données pendant la vie de Bouddha, l'on mettrait
en péril la survie du Bouddhadharma.
Malgré les positions claires prises en faveur des
nonnes au cours de leurs discours respectifs par sa Sainteté de Dalai
Lama, le professeur Samdhong Rinpoche, Gyalwa Karmapa et le ministre
pour la religion et la culture, les partisans du oui n'ont pas pu
renversé la majorité des maîtres tibétains du Vinaya. Vers la fin de la
conférence, presque la moitié des moines pensaient avoir trouvé un
terrain d'entente: les nonnes tibétaines pouvaient obtenir la pleine
ordination à Taiwan, en Corée ou au sein de la tradition vietnamienne.
Ainsi l'ensemble du processus avait échoué et il n'existerait toujours
pas d'ordination pour les nonnes au sein de la tradition tibétaine.
Quelques nonnes occidentales quittèrent alors résignées le
rassemblement.
Le professeur Samdhong Rinpoche était mécontent du
résultat. Il a donc déclaré à la fin de la conférence, qu'il allait
réunir un comité de quatre à cinq personnes et qu'il en prendrait la
tête afin d'arriver à trouver une solution idéale à ces recherches qui
durent déjà depuis 25 ans. Le résultat devra être débattu jusqu'en
septembre 2006 et sera présenté à tous les Lamas et les abbés
dirigeants des quatre traditions.
La question est de savoir comment il est possible d'avoir des nonnes
tibétaines alors qu'il n'y a aucune Bhiksuni (nonnes ayant la pleine
ordination) pour les accueillir au sein de l'ordre. Les femmes qui sont
de nos jours des nonnes tibétaines sont appelées en Tibétain "ani", et
selon les règles de l'ordre, considérées comme des novices, voir même
seulement comme des postulantes (rabjung) dans la tradition Karma
Kagyü.
Les nonnes-novices tibétaines apparaissent, pour la
première fois, dans les "Annales bleues", pendant la dernière diffusion
de l'enseignement au Tibet vers le XIe et XIIe siècle, et non durant
la première diffusion entre le VIIIe et IXe siècle. En Inde et au
Népal, les bhiksuni étaient même présentes dans l'université monacale
de Nalanda jusqu'à la fin du XIe et le début du XIIe siècle. Les Tibétains suivent les règles des ordres (vinaya)
des Mulasavastivadin, qui étaient surtout appliquées dans le nord de
l'Inde et au Népal. Le maître du Bengale Santaraksita (mort environ en
788) amena les Mulasarvastivada-Vinaya au Tibet pendant la seconde
moitié du VIIIe siècle. Le dernier document où on mentionne une nonne au
Népal, date de l'année 1069. Même si les vœux de Bhiksuni n'ont jamais
été transmis au Tibet, il y a bien eu des bhiksuni (en tibétain
gelongma) dans ce même pays du début du XIVe au début du XVIe siècle.
Plus tard, avec le Ve Dalai Lama (XVIIe siècle), les écrits ne font
plus état de gelongma.
Les lignées d'ordination et les rituels
Pour qu'une ordination soit valable, il faut une motivation
suffisante, un respect correct des rituels et l'authenticité de la
lignée d'ordination des voeux du pratimoksa (pour sa propre libération),
qui est, dans ce cas là, une lignée ininterrompue des voeux de bhiksuni.
Le renouveau des voeux pose surtout des questions juridiques et
formelles au sein de l'ordre. Toutes les interprétations et les traditions des
vinaya s'accordent aujourd'hui pour dire qu'au commencement, seule une
ordination par des bhiksu était permise et que le Bouddha avait, par
la suite, créé une ordination graduelle de femme à femme. Seul le plus
haut des voeux, celui de bhiksuni, était célébré le même jour devant les
deux ordres, le Sangha des bhiksuni et celui des bhiksu. Les Tibétains ont développé un système unique de
restitution de la lignée. Les érudits du vinaya considèrent la lignée
ininterrompue des successeurs des abbés et abbesses comme déterminante.
Car c'est par ce biais que l'origine même des voeux de bhiksu ou
bhiksuni peut être démontrée. Les voeux doivent être transmis selon des
rituels précis, de génération en génération, de maîtres à élèves,
dans certains cas de maîtresses à élèves féminines. Ceci
s'effectue grâce à l'ordination. Si la transmission semble interrompue,
le renouveau de celle-ci doit être prouvée en démontrant que cette
lignée est continue depuis Bouddha. Les maîtres et maîtresses de ce type de lignées sont
considérés comme les "gardiens de la lignée". Ceci ne découle pas d'une
nomination. Il suffit d'avoir reçu une transmission effective et
prouvée, et de l'avoir à son tour transmise à des élèves. Les lignées
tibétaines de bhiksu peuvent remonter au Bouddha Sakyamuni ou Sariputra
suivi de Rahula. Historiquement, il est très difficile de prouver que
de telles lignées remontent sans interruption effectivement à 2.500 ans,
mais la conviction de la pureté de ces traditions en Asie est très
forte.
Chaque
lignée d'ordination, s'adaptant aux différents pays
d'implantation du bouddhisme, a édicté ses propres
règles concernant l'habit monastique (forme, couleurs, tissus
autorisés, etc.). En voici quelques exemples :
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en
Corée
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en
Birmanie
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au
Sri-Lanka
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en
Chine et au Vietnam
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en
Thaïlande
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au
Japon
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au
Tibet
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Au Tibet, il y avait plusieurs lignées d'ordination
de vinaya. Un des exemples peut être celui du XIIIe et du XIVe Dalai Lama
qui ont reçu l'ordination dans la lignée transmise par le grand Pandita
Sakyasribhadra (1140-1225) du Kashmiri au Tibet. Une autre lignée de la
même origine est celle de Je Tsonkhapa (1357-1419) qui fut le fondateur
de la tradition Gelugpa.
Il existe aussi une lignée appelée "la lignée
inférieure". Inférieure se réfère à la situation géographique des
régions de l'Amdo et du Kham dans l'Est du Tibet. Lorsque le roi
Langdarma a détruit l'enseignement bouddhiste pendant le IXe siècle,
Tölungpa Mar Sakyamune, Bodongpa Yo Gejung et Tsang Rabsal se sont
réfugiés à Danthig en Amdo. Ils ont alors procédé conjointement avec
deux autres moines chinois (Hvasan Kevan et Gyivan) à la pleine
ordination du célèbre Lachen Gongpa Rabsal (952/3-1035). Les XIIIe et
XIVe Dalai Lama sont également et peut-être les seuls gardiens de
cette lignée, selon des résultats de recherches récentes qui doivent
être publiés prochainement en Inde. Puisque les deux moines chinois
nommés précédemment appartiennent probablement, comme les bhiksuni
chinoises, à la tradition Dharmaguptaka, cela serait une très bonne raison
pour ranimer au sein du Bouddhisme tibétain la tradition des voeux de
bhiksuni avec l'aide des nonnes chinoises.
Un des critères déterminants pour la réintroduction
des voeux de bhiksuni est le respect scrupuleux des rituels
d'ordination. Selon le Vinaya, plusieurs conditions doivent être
réunies. Par exemple, les candidats doivent avoir un âge minimum et une
motivation spirituelle correcte. Même s'il faut éviter des erreurs
pendant le rituel, certaines erreurs remontent parfois même au Bouddha
:
ainsi l'un des candidats s'est endormi pendant le rituel. L'éveillé a
pourtant déclaré cette ordination comme valable. En règle générale, une
cérémonie d'ordination est valable juridiquement lorsque tous l'ont
effectuée en toute connaissance de cause et en toute conscience,
et que le moment et le lieu de l'ordination ont été annoncés. Il
n'existe pas de précédent précisant qu'une ordination ait été, par la
suite, déclarée caduque.
Les moines érudits tibétains ne voient que deux
solutions pour que l'ordination des bhiksuni soit en adéquation avec la
tradition : soit une ordination des nonnes uniquement par le
biais du Sangha des moines, soit une ordination duelle, c'est à dire
devant les Sangha des nonnes et des moines.
Quelques moines tibétains et novices tibétaines prônent une ordination
par les bhiksu seulement, car ils veulent pratiquer selon leur propre
tradition et ils seront sûrs, par là, de la pureté et du
caractère ininterrompu de la lignée tibétaine des bhiksu. Beaucoup de
novices souhaiteraient prendre leurs voeux de bhiksuni devant sa Sainteté
le Dalai Lama, qui s'est déjà déclaré prêt à le faire en mai 2006. S'il
n'y a pas de bhiksuni dans sa propre tradition, une autre alternative
serait d'utiliser les rituels d'ordination des moines, comme c'est le
cas actuellement pour l'ordination des novices.
Une autre possibilité serait que le rituel soit
pratiqué conjointement par des moines de la tradition Mulasarvastivada
et des nonnes chinoises de la tradition Dharmagupta. Dans ce cas, la question
serait plutôt de savoir si l'on peut mélanger deux lignées
de
Vinaya différents. Puisqu'il n'y avait pas de multiples écoles de
Vinaya du temps du
Bouddha, celui-ci n'a pas pu interdire ce type de pratiques : cela
devrait donc être permis, d'autant que toutes ces écoles se
revendiquent comme ses héritières. Ainsi, serait-il possible de réintroduire,
par la suite, la tradition Dharmagupta au sein du Bouddhisme tibétain,
ou, par le biais de la combinaison avec les moines tibétains, de
permettre aux nonnes de pratiquer selon les règles de la tradition
Mulasarvastivada.
Beaucoup de solutions sont envisageables et où il y a
la volonté, on trouve toujours un chemin. Le Dalaï Lama, profitant de
son exil, incite à la discussion sur ce type de question et à la prise de
décisions éclairées. Une collaboration étroite entre la Chine et le
Tibet pour le rétablissement de l'ordination des nonnes pourrait
déclencher une impulsion vers un rapprochement dans le domaine
politique. Dans tous les cas, cela prouverait que les deux pays peuvent
travailler ensemble de manière constructive au moins dans le domaine
religieux.
Congrès international sur le thème des nonnes à Hambourg en 2007
En juillet 2007, à l'université de Hambourg, se tiendra un congrès
scientifique international avec des représentants de toutes les
traditions bouddhistes pour faire un état des lieux de la recherche pour
la réintroduction de l'ordination des bhiksuni. Le congrès se déroulera
du 18 au 20 juillet 2007, avant le début de la semaine d'enseignement de
sa Sainteté le Dalai Lama. Dans une lettre de conseil adressée aux
organisatrices du congrès, le Dalai Lama écrit : "J'ai accepté de
prendre part le 20 juillet au symposium et donnerai mon appui
inconditionnel. J'espère que ce symposium va inspirer les femmes
bouddhistes dans leur choix pour une vie religieuse et améliorera leur
reconnaissance sociale."
=>
plus de renseignements : http://www.congress-on-buddhist-women.org
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