Rites funéraires au Japon

Le Japon bouddhiste et la crémation généralisée

Enregistrement audio d’une conférence donnée par l’académicien Jean-Noël Robert, invité dans le cadre d’une série consacrée à « la Crémation et les grandes civilisations ».

Japanese-Manners-and-Customs_Silver_London-1867_0.jpgAu Japon, aujourd’hui, la crémation est obligatoire pour tous et s’inscrit dans un contexte éminemment religieux (71% des Japonais sont bouddhistes). Pourquoi cette pratique est-elle à la fois relativement récente, franchement prédominante et réellement inscrite dans cette synthèse japonaise du shinto-bouddhisme ? Le shinto a horreur de la mort et des souillures qui vont avec. De sorte que si vous revenez d’un deuil, vous ne pouvez entrer dans une maison sans être aspergé de sel aux effets purificateurs. Quant au bouddhisme, il considère la mort comme l’occasion d’une transmigration.

Jean-Noël Robert est spécialiste du bouddhisme et du Japon. Après avoir été au CNRS et à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (section religieuses), membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il est, depuis le 11 avril 2011, professeur au Collège de France titulaire de la chaire de Philologie de la civilisation japonaise.

Dans cette conférence, Jean-Noël Robert détaille toutes les étapes des obsèques et de la crémation avec, comme éléments principaux, la veillée et la toilette funéraires, l’attribution d’un « nom religieux », la crémation proprement dite et la récupération des os.

« Si l'on peut dire que les Japonais sont plus bouddhistes morts que vivants, c’est qu’ils changent de nom une fois morts et deviennent « laïc pieux » dans la religion bouddhiste – sorte de « frère mineur » des ordres religieux chrétiens ; c’est ce « nom religieux » qui parfois s’ajoute à celui de l’état civil dans les inscriptions portées sur leur tombe. En japonais, « mourir », littéralement, veux dire « devenir bouddha »…

=> sur le site Canal Académie : http://www.canalacademie.com/Le-Japon-bouddhiste-et-la-cremation