La face cachée du Tigre...

Guimet-Clemenceau-photo.jpgClemenceau : le Tigre et l’Asie

au Musée Guimet, du 12 mars au 16 juin 2014

Les mémoires collectives ont retenu de lui l’homme politique, le "Tombeur de ministères" ou le "Père la Victoire", mais Clemenceau était également passionné par l’Asie, ses arts, ses civilisations et ses religions. Écrivain, critique d’art, collectionneur, spectateur, commanditaire, modèle ou simple acheteur, il a entretenu toute sa vie des relations avec le monde artistique de son temps.
À l’occasion de la commémoration de la Première Guerre mondiale, le musée national des arts asiatiques-Guimet se propose de faire découvrir au visiteur cette facette surprenante et méconnue de la personnalité du grand homme à travers l’exposition Clemenceau, le Tigre et l’Asie. Les objets qu’il conserva jusqu’à la fin de sa vie, dans sa maison de Saint-Vincent-sur-Jard en Vendée et dans son appartement parisien, devenu musée Clemenceau, sont enfin réunis, pour la première fois depuis un siècle, aux côtés d’œuvres retrouvées et de 500 petites boîtes à encens (kôgô) parmi les 3100 que Clemenceau accumula toute sa vie, aujourd’hui conservées au musée des Beaux-Arts de Montréal.

Guimet-Clemenceau-catalogue.jpgDans la première partie de l’exposition seront mis en lumière la relation politique et diplomatique de Clemenceau avec l’Asie, ainsi que sa place au sein du mouvement orientaliste, les rapports qu’il entretenait avec le monde des collectionneurs de l’époque et ses goûts en matière d’art asiatique.
La seconde partie de l’exposition abordera le thème du voyage. En effet, bien que Clemenceau n’ait pu se rendre en Chine et au Japon en raison de la situation politique, il a traversé Ceylan, la Birmanie, la Malaisie et Singapour avant de gagner l’Inde où, fasciné par le Bouddha, il s’est rendu sur les lieux saints du bouddhisme. De nombreuses photographies permettront au visiteur de suivre les pas du voyageur qu’il a été.
La troisième partie, enfin, présentera l’intérêt de Clemenceau pour la Chine, illustré par sa pièce de théâtre Le Voile du Bonheur, et son goût pour le japonisme, sensible à travers sa passion pour la nature, partagée avec son ami Claude Monet, et sa collection d’objets et d’estampes du Japon. L’exposition s’achèvera sur des œuvres qui témoignent des liens que Clemenceau a noués tout au long de sa vie avec les artistes modernes, un panneau des Nymphéas encore inconnu du public venant clore ce parcours.
 

« Que voulez vous, je suis bouddhiste ! »

Voici la boutade prononcée par Georges Clemenceau, le 21 février 1891, face aux interrogations des journalistes du quotidien « Le Gaulois », surpris de voir cet anticlérical notoire sortir d’une cérémonie bouddhique organisée dans la bibliothèque du musée Guimet…
Disposée, ornée et meublée en chapelle pour la circonstance, cette dernière a accueilli la cérémonie Hôonkô, ou actions de grâce à Shinran, fondateur de la secte bouddhique Shinshû.
C’est durant sa mission officielle en Asie et au Japon (1876-1877) qu’Émile Guimet a rencontré les moines de la secte Shinshû. Deux d’entre eux, Koizumi Ryôtai et Yoshitsura Hôgen, sont à leur tour venus en Europe (1891) et, en raison du lien existant entre leur secte et Émile Guimet, ont visité le musée. Ils ont ainsi constaté que s’y trouvait rassemblé l’ensemble des vêtements sacerdotaux et accessoires liturgiques indispensables à la célébration régulière d’un office de leur culte, la cérémonie Hôonkô, et ont aidé à sa reconstitution. Celle-ci a eu un retentissement inégalé et a bénéficié d’une couverture médiatique sans équivalent.

À l’occasion de l’exposition « Clemenceau, le Tigre et l’Asie », la bibliothèque du premier étage du Musée propose une évocation de cette cérémonie à travers l’exposition de quelques-uns des objets utilisés et la présentation de certains témoignages écrits ayant permis leur identification au sein des collections.

Conférence : samedi 17 mai à 11 h
La cérémonie bouddhique au temps de Clémenceau

Par Kévin Kennel et Jérôme Ducor
 

Parmi les activités proposées autour de l'exposition : un choix...

Quelques films, à l'Auditorium du Musée

mercredi 7 mai à 12h15
Sri Lanka de bon augure

Documentaire de Marc Mopty, 2008, 52’
« Quand j’évoque cette île magique, des images surgissent immédiatement : plages, éléphants, jungle, sourires, rizières, varans, temples, cannelle, lumières fortes, pluies chaudes... Tout se mêle dans ma tête dès mon arrivée à l’aéroport. Mythes ou réalités ? Je décide de filer les yeux fermés vers ces cieux promis. »

lundi 19 mai à 12 h 15
Java central - Jogjakarta

Documentaire de Frédéric Compain, 1999, 41’
Java la volcanique, fumante, brûlante, pétaradante. Une marmite en ébullition, prête à exploser. Tout se mélange, fête foraine et fastes princiers. Le palais du sultan de Jogjakarta semble être le centre du chaos et son point d’équilibre. Borobudur… Sanctuaire bouddhique, patrimoine de l’humanité, Borobudur prépare l’arrivée en trombe des tours operators. De grands spectacles sont prévus pour le réveillon de l’an 2000.

mercredi 28 mai à 12 h15
Le pays des bouddhas d’or
Documentaire de Bernard Guérini, 1998, 52’
Périple dans une contrée mystérieuse et mystique : la Birmanie, au cœur d’un monde de pagodes dorées, de temples en ruines, de rochers magiques et de jardins flottants ; portrait exceptionnel du moine U Way Pula, à la recherche d’un bon karma dans un pays oublié du temps.
 

Musée national des Arts Asiatiques – Guimet
6 place d'Iéna- 75116 Paris
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 18 h.
Tarif (billet jumelé : collections permanentes et exposition) : 9,50 €
Chaque premier dimanche du mois, l'accès aux collections permanentes est gratuit.

Visites commentées de l’exposition
Tous les lundis, mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 14 h (sauf jours fériés)

=> consulter le site de l'exposition