Introduction

A partir de deux textes, qui se présentent parfois comme contradictoires, la page d'introduction présente la problématique générale de chaque cours et son architecture. Quand il est nécessaire, cette page comporte aussi une liste des principales notions, déjà abordées dans les cours précédents, qu'il convient de maîtriser (avec renvoi au "guide de révision" concerné).

 

Introduction extraite de l'unité de cours n° 4
"Les pratiques"


"S'abstenir du mal,
Cultiver le bien,
Purifier l'esprit,
Tel est l'enseignement des bouddhas" (Dhammapada)

"Le discours le plus important que le Bouddha a jamais donné sur la "méditation" est intitulé Satipatthânasutta. Les manières de "méditer" indiquées dans ce discours ne sont pas retranchées de la vie, elles n'évitent pas la vie. Au contraire, elles sont toutes en rapport avec notre vie, avec nos activités quotidiennes, avec nos tristesses et nos joies, avec nos paroles et pensées, avec nos occupations morales et intellectuelles." (Walpola Rahula, L'enseignement du Bouddha d'après les textes les plus anciens, éd. du Seuil, Paris, 1961, p. 96)

Les Occidentaux considèrent souvent la pratique bouddhiste comme se résumant à la seule méditation assise, pratique qui se suffirait à elle-même.
Or, la pratique seule n'est pas suffisante, elle doit s'accompagner de l'étude qui guide le pratiquant vers une expérience authentique. Sans la pratique, l'étude demeure stérile, mais sans l'étude, la pratique n'est qu'une technique pouvant mener à des impasses spirituelles.

Il existe aussi une idée communément répandue comme quoi la méditation consisterait en un retrait du monde, une fermeture des sens, un rejet des émotions. Il n'en est rien, comme l'exprime parfaitement le texte du maître sri-lankais Walpola Rahula, cité ci-dessus. En effet, la pratique a pour objet notre attitude intérieure face au monde et ne saurait donc faire abstraction du monde.

D'autre part, la méditation est une pratique parmi d'autres : cultiver l'esprit ne suffit pas. "Ne pas faire le mal, pratiquer le bien", comme l'indique la stance du Dhammapada cité ci-dessus, intègre le monde dans notre pratique. C'est la discipline, qui permet de maîtriser nos corps, parole, esprit dans notre relation à autrui comme à nous-même. Elle établit les bases d'une pratique fructueuse de la méditation. C'est le cadre dans lequel la méditation peut s'épanouir et révéler toute son efficacité.

Conjointe à l'étude, la méditation débouche sur la sagesse qui, seule, permet l'atteinte de la libération. Les trois volets de la pratique bouddhiste sont donc la discipline, la méditation et la sagesse.

Pivot de la pratique, la méditation comporte donc un aspect de discipline, c'est-à-dire de maîtrise des processus mentaux, et un aspect analytique, qui favorise l'émergence de la sagesse.

Cette unité de cours comporte deux modules.
Le premier module est consacré au rapport entre l'étude et la pratique, et présente la discipline.
Le second s'attachera à montrer comment on peut développer la sagesse ainsi que la compassion, qui en est indissociable.