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un extrait
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Si l'on a coutume, dans la
nomenclature universitaire, de renvoyer la connaissance
des divinités et symboles du bouddhisme
tibétain à l'étude de leur
trace iconographique, les pratiquants, en revanche,
y voient des êtres très réels,
des signes qui peuplent l'espace et lui donnent
un sens. C'est en tenant compte de cette
optique que Tcheuky Sèngué nous
entraîne à la rencontre de personnalités
qui, nous dit l'auteur, si « elles se
rattachent à des concepts philosophiques
et métaphysiques très profonds,
si elles servent de support à des pratiques
méditatives qui travaillent sur les tréfonds
de la conscience, force est d'admettre qu'elles
appartiennent aussi à un monde et à
un mode de pensée très religieux.
»
Il est donc nécéssaire,
si l'on veut un tant soit peu appréhender
l'univers « divin » dans lequel
évoluent les Tibétains de plonger
au coeur de la description bouddhiste de la
réalité éveillée
et, singulièrement, de la théorie
des trois corps : dharmakâya,
corps de vacuité ou absolu, sambhogakâya,
corps de gloire ou de lumière, et nirmanakâya
corps d'émanation ou de manifestation.
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Une fois justement perçues, les divinités
deviennent « efficaces » par le biais de la pratique,
incluant les trois étapes de l'initiation, la méditation
et des accomplissements. Ce « mode d'emploi », indispensable,
est fourni dès le début de l'ouvrage et, il faut
le souligner, dans un langage clair et accessible, où
l'on reconnaît les qualités d'enseignant de l'auteur,
disciple et traducteur de Kalou Rinpoché et Bokar Rinpoché. On
peut alors se lancer dans le voyage proprement dit au sein de
ce panthéon, dominé par le personnage du Bouddha
et des bouddhas de tous les temps, autour de qui s'articulent
les grands bodhisattva, sans oublier
les huit bodhisattva féminins,
les Yidam, propres au bouddhisme
tantrique, les déités féminines, comme
la sublime Tara et ses vingt-et-un
aspects, les protecteurs courroucés, qui suscitent tant
d'interrogation et parfois d'incompréhensions en Occident,
les divinités du Bardo,
les protecteurs des directions (Lokapala),
enfin les divinités locales, propres au bouddhisme tibétain,
comme Pehar, inspirateur de l'oracle d'Etat, le Nechung...
Signes,
postures,objets, animaux, graphes, mandala... complètent
cet ouvrage que l'on a envie de comparer à un guide plus
qu'à une encyclopédie formelle, car il respecte
deux des principales règles du genre. Premièrement
il est intelligible : les noms propres tibétains y sont,
par exemple, donnés en transcription phonétique,
ce qui les rend audibles autant que lisibles par tous. Deuxièmement
il ne néglige jamais l'aspect pratique - ici, évidemment,
au double sens du terme. C'est un véritable
exploit d'avoir su limiter à 540 pages le fruit d'un
travail de quinze ans, que certains jugeront insuffisamment
exhaustif et d'autres trop ! Les pratiquants dans la voie du
bouddhisme tibétain y trouveront un instrument indispensable
et qui faisait défaut. Mais il n'est pas indispensable
d'être un grand voyageur pour apprécier la lecture
des guides...
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en haut de page
Un
extrait
« Les Tibétains sont certainement
un des peuples les plus religieux de la terre. Sans grande philosophie
ni interrogation complexe, leur attitude tient en deux mots
: dévotion et bénédiction, la première
ouvrant la porte de la seconde. Le mot bénédiction
est certainement celui qui revient le plus fréquemment
dans la bouche du Tibétain dans ses rapports avec les
divinités ou les lamas. Souhaite-t-on accomplir un voyage
en toute sécurité, avoir un fils, conclure une
affaire, guérir d'une maladie, aider un mort dans l'au-delà,
etc. ? Dans tous les cas, on recherchera la bénédiction
du Bouddha, de la divinité ou du lama, par les offrandes,
les prosternations et les pèlerinages. Un lieu sacré
est intéressant par la bénédiction qu'
on peut en recevoir ; une initiation à laquelle on ne
comprend rien est utile par la bénédiction qui
en découle ; la main d'un lama posée sur la tête
est bénéfique par la bénédiction
qui descend sur le fidèle, etc. Les Occidentaux, qui
entretiennent souvent une vision abstraite du bouddhisme, jugent
parfois cette dévotion populaire comme étrangère
à l'enseignement du Bouddha, comme une déviation
ou comme une concession à une mentalité inculte. Les
grands maîtres tibétains semblent loin de partager
cette opinion. Tant par leurs connaissances que par leur propre
expérience intérieure, ils savent parfaitement
comment les divinités s'intègrent au niveau le
plus élevé de la pensée bouddhiste. Pourtant,
non seulement, ils approuvent et encouragent la dévotion
populaire, mais ils en donnent l'exemple, étant les premiers
à disposer de magnifiques offrandes sur les autels des
divinités, à allumer des milliers de lampes à
beurre et à se rendre en pèlerinage sur les lieux
sacrés du bouddhisme. »
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